CHAPITRE XX. M
cavalerie eùi la plus grande part a la gli^tre qae nos arnies acquirent dans cette campagne. Les généraux Exelmans, Milhaud, Pajol, Letort, Brtcfae, THëritier, Bordesoulie, se montrèrent dignes de leurs aines. Le général Gérard aurait reçu, sans aucun doute, le bâton de maréchal, si le cours des événements n'avait été aus^ii précipité. Molitor y soutint sa haute réputation. Le généÉ*al Lagrange, l'un des héros de la grande journée d'Héliopolis, y brilla d'un éclat que le souvenir récent de Tudela rendait encore plus vif. Le général Priant y sou<tint sa belle renommée commencée aux champs d'Àusterlitz. La garde impériale supporta en réalite tout le poids de cette campagne : elle se décupla, les étrangers la trouvèrent partout. Le général Curial, un de ses derniers commandants, y acquit une réputation impérissable. Le lecteur sera étonné de ne pas voir relater, en parlant de la garde, le nom du comte de Lobau : ce général , blessé dans la campagne de Saxe, était resté à Dresde, où il fut fait prisonnier avec le corps du maréchal Gouvion Saint*-Cyr, comme nous l'avons déjà dit.
Le général Maison, chargé de défendre l'entrée du territoire du côté de la Belgique, accomplit dignement sa mission : il disputa pied à pied, avec quelques bataillons, le terrain contre une multitude d'assaillants.
Les souverains étrangers avaient adopté pour principe de ne point faire de siège; néanmoins ils paraissaient tenir extrêmement à la possession de Metz. En conséquence, ils commencèrent par blo-
4M LA LÉGION I^HONNEUB.
quer cette place , espérant que le /léploiement de forces coDsidërables pourrait iofimider le commaudant, aussi bien que les habitants, et obtenir Feutrée de la ville sans avoir besoin de recourir à un si^e en règle. Le général Durutte se trouvait dans la même situation que le duc de Guise défendant Metz en i553 contre Tarmée impériale commandée par Cbarles-Quint en personne; il déploya la même valeur que le Balafré, et poussa Taudace jusqu'à faire des sorties pour aller débloquer Thionville. Ce général fit éprouver, à l'armée combinée chargée de l'attaquer, des pertes successives qui déconcertèrent tous ses plans et firent évanouir les espérances du généralissime autrichien ^. Le général Broussier, chargé de la défense de Strasbourg, resta constamment maître des abords de la place en repoussant par de vigoureuses sorties les troupes qui voulaient les occuper. Le général Marulatz, n'ayant pour garnison que quelques détachements de divers régiments, soutint dans Besançon un blocus de trois mois et parvint à faire essuyer encore des pertes à l'ennemi. La plupart de ces chefs illustres, dont les noms devraient être gravés sur des tables de bronze, furent grièvement blessés; ils donnèrent une grande preuve de patriotisme en se multipliant pour assurer le succès d'une lutte dont ils prévoyaient la fatale issue. Que pouvait-on espérer d'une telle défense en voyant le
^ Les habitants de Metz offrirent au général Durutte, à la fin de la guerre, une épée en témoignage de leur reconnaissance pour avoir garanti leur ville de Toecupation étrangère.