‹ La Légion d'honneurChapitre 175 sur 209 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

d'ëlat- major; Lecapitaine, idem; Ducasse, idem; Leblondidier, idem.

Nous venons de dire que l'empereur avait fait, dans les trois premiers mois de 1814^ de nombreuses nominations dans la Légion d'honneur; elles auraient paru exorbitantes en des temps ordinaires; *il n'en fut cependant pas ainsi. Durant cette campagne 9 l'armée française, renfermée en quelque façon dans une enceinte de fer, que les lignes ennemies formaient autour d'elle, ne laissa point passer un seul jour sans en venir aux mains avec les troupes des souverains coalisés ; il arriva souvent que plusieurs actions se livrèrent dans la même journée, aux mêmes heures et sur des lieux • '

différents; et comme les soldats français se battirent constamment dans la proportion de un contre trois, quatre, cinq ou six, des traits de valeur extraordinaires durent s'accomplir dans une semblable situation. On peut assurer que, si le souverain donna beaucoup de croix d'honneur, il le fit sans les prodiguer, car des récompenses, quelque multipliées qu'elles soient, ne seront point prodiguées si elles sont réellement méritées.

Des renseignements recueillis à l'issue de cette campagne, auprès de plusieurs généraux et de beaucoup de chefs de corps, nous ont convaincu d'une vérité bien cruelle : si l'on en croit ces informations, la moitié des légionnaires nommés dans le courant de ces trois mois avaient succombé avant la fin delà lutte.

Depuis la campagne de Russie jusqu'à la fin de

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mars 1814» Tordre de la Légion d'honneur avait perdu huir grands aigles : les généraux Gudin, Baraguey d'Hilliers; le maréchal Bessières; les généraux Duroc, Junot, Walther, Reynier; Tamiral Villarel-Joyeuse. Le nombre de ces dignitaires, fi^l^és à 60 lors de Tinstitution, se trouvait réduit à 55. L'empereur conféra le Grand-Aigle au géné^ rai Belliard, à Fontainebleau, le 3 avril, huit jours avant son abdication.

Le général Pajol, nommé commandant de la cavalerie du corps du maréchal Victor, rejoignit l'armée le bras en écharpe. Le 20 février, il attaqua sur la rive droite de l'Yonne, à quelque distance de Montereau, le corps bavarois de Wrède , uni à celui de Palhen, formant une masse de 18^000 hommes. Secondé par l'arrivée subite de la brigade du général Girard, Pajol enfonça les trois lignes ennemies, leur enleva i5 pièces de canon et ramena à Montereau 5, 000 prisonniers. L'empereur, en le voyant arriver, courut à lui, l'embrassa cordialement et le nomma grand officier de la Légion d'honneur.

Le général Defrance avait été investi du commandement de9 gardes d'honneur; il assista avec ces escadrons d'élite aux principales actions de cette campagne, et s'y fit distinguer principalement devant Reims, où la division russe de cavalerie du général Sacken fut taillée en pièces. L'empereur nomma le général Defrance gran^ oflicier de la Légion d'honneur (a avril).

Napoléon nomma commandants de la Légion

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d'honneur les généraux d'Âlbignac, Petit % Lion: ce dernier, commandant les chasseurs à cheval de la garde, fut blessé deux fois au combat de Vauxchamp.

Furent nommés également commandants de la Légion d'honneur les colonels l'Église, des fusiliersgrenadiers de la garde; Braum, du 8^ de ligne; Saint-Hilaire, du a8®; Figier, du 34^; Cheneser, du 12^ léger; Cornebize, du i6®; Richardot^ du 7® cuirassiers; Morin, du 5® dragons; Hubert^, du 1^ chasseurs; Miller, du 3o®; Rouvroy, du 4® d'artillerie de marine.

Nous citerons parmi les nominations d'officiers celle du colonel Bouquerot des Essarts, du 4^ dragons. Ce vaillant militaire enfonça avec son régiment, nuprès de Nangis, un carré de 2,000 grenadiers russes. L'empereur donna trente croix de légionnaires au 4^ dragons : puis celles du colonel Clary, du i^^ hussards, du chef d'escadron d'Andlaw, des gardes d'honneur, du chef de bataillon Négrier, du 10® de ligne.

Durant les trois années qui précédèrent les événements de idi49 Ia Légion d'honneur avait vu augmenter son importance par l'agrégation de

X Le baron Petit fut le général que Tempereur embrassa à Fontainebleau en faisant ses adieux à la garde.

* Les services que le colonel Hubert rendit au combat de Nangis, le firent élever au grade de général de brigade, comme nous l'avons dit.

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personnages remarquables à divers titres et de fils des familles les plus considérables de France. Nous citerons, outre MM. de Mortemart, de Coigny, de Montesquiou, de Ségur, dont nous avons déjà parlé, MM, deTalleyrand-Périgord, Clermont- Tounerre,Castellane, Beau vau, Grillon, d'Aubusson- Lafeuillade, Grammont, Puységur, d'Aremberg, Hoban-Chabot, Béarn, Montalembert, Sainte-Aldegonde, Lagrange, Montaigu, Faudoas, d'Astorg, Bérenger, Bryas, Tilly, Chabrian. Ces jeunes officiers, héritiers de grands noms, devenus les compagnons d'armes des vétérans des armées de rOrient, du Rhin, de Sambre-et-Meuse, assistèrent aux actions mémorables des dernières campagnes, et y méritèrent la croix de la Légion d'honneur, comme leurs grands-pères avaient mérité la croix de Saint-Louis dans les champs de Fontenoy, de Lawfeit et de Raucoux.

Au début de cette institution, les membres de la Légion d'honneur furent rangés par ordre alphabétique; ce mode fut conservé jusqu'en 1806. A cette époque, l'empereur avait fait quatorze mille cinq cent soixante WQïXï\tï9X\oxis. En 1806, la chancellerie adopta une autre classification. Toutes les nominations furent successivement placées à leur date, et sous un numéro continu, jusqu'au 6 avril

La grande chancellerie fit imprimer, au mois de

septembre 181 3, un Annuaire delà Légion d'honneur, dans lequel se trouvaient relatées toutes les nominations faites dans l'ordre depuis sa création :

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