CHAPITRE lU
empereur, et fut le seul de rassemblée qui refusa de signer sur le registre d'adhésion : il fut nommé membre de l'ordre en frimaire, comme tant d'autres notabilités; on lui destinait, dans la promotion qui (levait avoir lieu, la croix de grand officier; mais, redoutant un refus de sa part^ à cause de la modification apportée dans les termes du serment, le gouvernement impérial s'abstint de la lui envoyer. Le corps législatif se composait de trois cent cinquante membres ; la plupart d'entre eux paraissaient pour la première fois sur la scène politique; cinquante environ furent admis dans l'ordre.
Le conseil d'État était formé d'hommes qui appartenaient au sénat ou au tribunat, et qui remplissaient des fonctions élevées dans l'administration : à ces titres ils faisaient partie de la Légion d'bonneur. Ceux qui n'étaient pas compris dans cette catégorie , tels que Siméon , Dauchy, Kéal , Pelet, Redon, etc., etc., furent nommés grands officiers ou commandeurs.
On observa à l'égard de l'Église des nuances assez curieuses : Napoléon ne faisait rien au hasard. L'empire français se composait alors, par suite des conquêtes faites depuis 179^2, de cent si^ départements^ lesquels étaient administrés spirituellement par soixante-cinq archevêques ou évéques. Beaucoup de ces prélats gouvernaient deux départements, quelques-uns en avaient même trois'.
' Aucun département n'avait deux évéques comme il ^'en
5S LA LÉGION D'HOSNEim.
Nous avons vu le vénérable Dubelloi , archevêque de Paris, sénateur, revêtu de la pourpre romaine et admis dans la nouvelle corporation comme grand officier : on voulut , en accumulant toutes ces dignités sur la même tête, honorer le doyen de l'épiscopat français qui, le premier, avait donné l'exemple de la soumission aux volontés du pape, lors du concordat , en se démettant de l'évêché de Marseille. Les cardipaux Boisgelin, Caipbacérès, Fesch et Caprara, légat du pape, furent également nommés grands officiers; tous les autres archevêques légionnaires. Les provinces conquises^ la Belgique, la Gaule rhénane, la Savoie et le Piémont étaient habitées par des catholiques fervents; aucun siège ne demeura vacant dans ces pays. Napoléon, jugeant que l'intervention desévéques pouvait servir puissamment à seconder son autorité, les admit tous dani^ l'ordre, croyant sans doute relever leur caractère aux yeux des populations. Il n'en fut pas de même pour les évéques de l'ancienne France ; la moitié seulement reçut la croix : nous citerons parmi les élus Bernier, évêque d'Orléans, qui avait prfté son concours au premier consul pour pacifier les provinces deTOuest'; Bourlier,
trouve plusieurs aujourd'hui. Les cinq évéchés de la Corse n'en formaient plus qu'up seul, celui d'Ajacçio.
' Bernier, l'ancien curé de Saint-Laud d'Angers, fut également employé de la manière la plus heureuse par le premier consul, dans les négociations entamées avec la cour de Rome à l'occasion du concordat.