CHAPITRE m
Répartitioi^ des croix entre les premiers corps de Viut et les fontionpaires p|))>lics. — Distributiou de^ pfûi| au çai^D de Boulogiie.
Napoléon, dans un grand consei) de Tordre tenu en 18^049 avait déclaré qu'en principe la décoi*atioq ne serait point donnée aux fonctions, c^est-à-dire , que la nomination à un emploi élevé n'aurait pas pour conséquence immédiate l'entrée dans l'ordre de la Légion d'honneur; mais au moment de son institution les emplois publics étaient tous occu* pés par des sujets éminents^ grâce à l'attention quele chef de l'État avait apportée dans ses choix; la justice commandait de leur accorder cette distinction. Le sénat se composait^ dès sa formation, de législateurs qui avaient siégé avec éclat dans les diverses assemblées depuis 1 789 ; le premier consul y fit entrer, de son autorité privée, des hommes placés dans des situations entièrement opposées , afin fie \fs fondre, pp^çjpb.^e fjffps une
commune pensée. Ainsi, il fit asseoir Tronchet » le défenseur du roi, auprès d'anciens conventionnels qui avaient pris part au terrible arrêt de 1793. Le peintre Yien , né au sein d'une famille indigente, siégeait auprès du duc de Lu y nés, le propriétaire le plus riche de France. Le notaire Bévière, aussi célèbre par sa probité que Junot par sa bravoure, vint se placer à côté du duc de Choiseul-Praslin, chef d'une des plus antiques maisons. La constitution du sénat obligeait donc le fondateur du nouvel ordre d'y admettre tous les membres ; c'est ce qui arriva. Mais pour que la règle fût puissante , il fallait une exception : elle tomba sur le sénateur Saur; nous ignorons quel en fut le motif'.
Dans les nominations subséquentes de sénateurs, on en revint au principe adopté dans la séance du grand conseil tenu en j 8o4 ; et lors de la chute de Fempire, en 18149 on comptait vingt sénateurs qui n'avaient point encore été admis dans Tordre.
A la fin de i8o5, le tribunat, ayant été réduit de moitié, ne renfermait dans son sein que cinquante membres, tous d'un mérite incontestable : chacun d'eux, sans exception, fut admis dans l'ordre, mais dans des degrés différents. Car not, qui avait joué un grand rôle dans la révolution, soit comme conventionnel, soit comme ministre de la guerre sous le Directoire, entra au tribunat en i8o3, combattit avec chaleur la proposition de nommer Bonaparte
* Le sénateur Saur reçut la croix plus tarde