CHAPITRE m
reur comme aristocrate ; la journée du 9 thermidor Imî sauva la vie. Employé longtemps sous les ordres de Moreau, il avait voué à ce général un attachement véritable ; comme Lecourbe il prit cbaudemêpt la défense du vainqueur de Holjenlindep; d^ plus, il désapprouva en termes énergiques le passage subit du consulat à Tempire. L'autorité militaire laqça contre lui un mandat d'arrestation ; Napoléon, ipstrjifit de cette particularité, arrêta les poursuites et, ne voulant pas priver le pays de$ services d'un homme d'un mérite aussi éminenjt, lui cpq$erva le commandement 4fi 5® régim^pt d'artillerie à cheval et le nomma officie^* d,e la ï-^gion d'honneur, cpmme tous les autre;; colpnels. Les esprits élevés comprennent seul^ les npble^ exceptions.
Paul-Louis Cou r^rier, également officier supérieur d'artillerie, s'était fait june certaine réputation comme hellénisl/e et pamphlétaire; ^1 ^e prononça pareillemi'i^t contre l'institution de l'empire; ^on humeur i^atirique Tentraîn^it .constap^ment daps l'pppo^ition. Il venifijt d'être nommé membre de ^'p^'dfe; ofl le laissa ^in^plp légionnaire.
jUp ^Xkif^ ^iUjtairie fut traité ^vec une riguegr <j^';l ay^^it l^i^efl n^pritée : c'/était le colpnel du 12® ^ju^iÇiarc^s, FpMrflier Saf/ovè?,e, ar^epjt répul^J^cain qjyi s'était ^it ui^/etf^sjte célébrité cpwme ,diiellis,tjç. ^ ^'âgp «Je yipgt-qji^-^tre ans, Fpurnier avait copquis par sa valeur le grade de colonel. Il ;5e pa^oi^lra
Tl'f'f'PPIV^ k l^ PfÂ^ffP^ 4^ ^^ Légion d'honneur et à yélé}'iffipn 4e Bpijiapaf jLe à l>mpire. jijl ne cwgnit
68 LA LÉGION l)*HONNEUR.
pas de maniFester son opinion de la manière la plus bruyante, sur les places publiques et dans les rues les plus passantes, en invoquant constamment le nom de Moreau , son général de prédilection. Ces clameurs, répétées chaque jour, produisirent un véritable scandale au sein de la capitale. Le colonel fut arrêté, jeté en prison; on l'embarqua quelques mois après pour les colonies. Son nom fut rayé des contrôles de la Légion d'honneur.
Le général DessoUes, l'un des officiers les plus distingués de son temps, avait rempli pendant plusieurs années les fonctions de chef d'état-major auprès de Moreau , aux succès duquel il contribua puissamment. Dessolles déplora sincèrement les malheurs de son ancien général ; mais il le fit avec dignité, sans se répandre en plaintes inutiles. Il abandonna le service et se retira dans ses foyers. Napoléon, honorant son caractère, lui fit expédier le brevet de grand officier de la Légion d'honneur.
Les grandes ambassades étaient remplies par des membres du sénat ou des généraux marquants : à ce titre ils occupaient un rang élevé dans la Légion d'honneur. Les autres diplomates envoyés dans des cours secondaires entrèrent dans l'ordre de la manière suivante: Grand officier, M. Otto; commandants, MM. de Larochefoucault, Laforest, Bourgoing, Beauharnais, Didelot, Dupont-Chaumont, Lezai-Marnésia ; légionnaires, MM. d'Aubusson-Lafeuillade, Eschasseriaux.
On donna la croix aux employés supérieurs du ministère des affaires étrangères , MM. Hauterive y