‹ La Légion d'honneurChapitre 30 sur 209 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

assimilée à celle de maréchal; celte coutume cessa d'être observée après 1789.

L'état-major général de la marine se composait en 1804 de dix vice-amiraux : Latouche-Tréville, Thévenard, Truguet, Villaret-Joyeuse, Martin, Rosily^ Bruixy Villeneuve, Decrès, Gantheaume; et de douze contre-amiraux : Missiessy, Bouvet, Leissègues, laCrosse^ Bedout, Courand, DordeUn, Linois, Dumanoir, Magon, Savary, Émériau.

Les vice -amiraux furent nommés grands officiers, excepté Rosily, qui fut nommé commandant ainsi que tous les contre-amiraux. Nous avons dit comment Truguet avait été rayé des contrôles. Sa disgrâce dura jusqu'en 1809; il fut remis alors en activité et rentra dans les cadres de la Légion d'honneur en qualité de commandant; on lui rendit sa grand'croîx d'officier deux ans après.

La croix de grand officier fut également conférée au vice-amiral en retraite Pléville-le-Pellay, une des gloires de la marine française, dont la longue carrière fut un enchaînement d'actes d'une valeur héroïque et de traits d'une austère probité. Plévillele-Pellay venait d'entrer au sénat.

Tous les capitaines de vaisseau, dont le grade était assimilé à celui de colonel, furent nommés officiers de l'ordre.

Nous avons vu le premier consul exercer une sorte d'exclusion, dans les choix qu^on lui avait proposés pour récompenser les hommes politiques, les savants, les hommes de lettres et même les artistes. Il était naturel que les militaires entrassent

pour leur part dans cette exclusion ; eu eflet , les généraux Lecourbe, Moulin, Gfanier, Grignon, Souham^Duplessis, et bien d'autres, ne furent point admis alors dans la Légion d'honneur. Lecourbe, Beaufort de Thorigny ' avait été un des meilleurs généraux du Directoire; il marchait sur la ligne des Hoche, des Joubert, des Championnet, des Kilmaine, etc. , etc.;- il méritait évidemment d'entrer dans le degré le plus élevé de l'ordre. Au montent du procès de Moreau, dont il avait été un des lieu-tenants, Ijccourbe prit la défense de son ancien chef avec une véhémence inconsidérée, en se livrant, à l'égard du premier magistrat de la république, à des imputations très-condamnables. Son nom fut rayé de la liste préparatoire des membres de la Légion d'honneur^.

Le général Foy, que nous avons vu briller d'un grand éclat dans nos assemblées législatives, âgé alors de vingt-neuf ans, servait depuis 1792; il avait été jeté dans les cachots sous le régime de la Ter-

» Des biographes ont avancé que l'expulsion du général Beaufort <le Thorigny, des registres de U Légion d'honneur, èeeaii à «n ressentiment particulier que ik)Qaparte nourrissait contre lui depuis la journée du i3 vendémiaire, dans laqueli^, suivant ces écrivains, une vive altercation se serait élevée entre Beaufort et le général commandant les troupes de la Convention ; aucune preuve raisonnable ne vient à Tappui d'une pamile allégation.

* Le général Leconrbe fut nommé grand officier en 1814 , par l'intervention du général Dupont, ministre de la guerre.

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