CHAPITRE IV
Ces officiers furent invités à faire connaître, de la manière la plus exacte, la conduite qu'avaient tenue les lieutenants, les enseignes, les aspirants et les matelots des équipages. D'après le travail fourni par eux, le lieutenant Dupotet fut nomme officier de la Légion d'honneur. L'enseigne Ducrest et l'aspirant Yon furent nommés légionnaires. Un certain nombre de croix fut distribué parmi les débris des équipages rentrés à Brest et à Roohefort.
Nous revenons à la journée d'Austerlitz, Considérée sous le rapport de l'art militaire, cette action est le chef-d'œuvre des batailles. Considéré sous le rapport politique, oe triomphe devait avoir des conséquences immenses ; il élargissait l'auréole de gloire qui entourait déjà la tête de Napoléon , et devenait le plus beau fleuron de la couronne impériale. L'empereur n'épargna rien pour perpé* tuer le souvenir de cette victoire. Par décret du 6 février 1806, il ordonna que le pont nouvellemeut bâti devant le Jardin des Plantes prendrait le nom d'JusferliU; l'espace contenu eutre le pont et le jardin porterait le nom de plac^ Val^ huberij nom. du général qui succomba le 9 décembre. Le quai qui borde la rive gauche> en sortant du jardin, dut s'appoler quai Morland ^ ^ du nom
* h$ peuple parisiai, dans m aimplicité, appelle ce quai ^im/ de^ Merlans^ en défigurant le nom du brave commandant des chasseui*s à cheval. H a donné à une prison cellulaire le nom du colonel du 1 4* de ligne Mazas.
du colonel des chasseui*s de la garde tué à Austerlitz. L'esplanade sur laquelle débouche le pont, ëur la rive droite ^ fut appelée place Mazas, en souvenir du colonel du i4^ de ligne, tué à la tête de son régiment dans la même journée.
Le conquérant du dix-neuvième siècle ne traitait point avec un dédain superbe lés beaux souvenirs de la monarchie, comme le faisaient certains esprits forts; il s'efforçait, au contraire, de relier la gloire des temps modernes à la gloire des siècles passe's. Une similitude assez sensible se faisait remarquer entre les -deux batailles de Bouvines et d'Austerlitz. La première, néanmoins, livrée entre 35o^ooo combattants sur les terres de France , avait eu des résultats bien plus décisifs. Cette victoire éclatante sauva la couronne de Philippe-Auguste et l'indépendance du pays. Napoléon voulut qu'un monument commémoratif fût élevé sur le terrain qui avait été ténioin , en 12149 de la défaite des alliés, commandés par l'empereur Othon. M. de Pommereul , préfet du Nord, reçut l'ordre de faire faire les études pour la construction d'un monument; il devait consister en un obélisque à quatre faces, sur lesquelles seraient inscrits les noms.de: Bouvines-Philippe-Âuguste^f AusierUizr Napoléon^ et les millésimes de : 27 juillet 1214, 2 décembre i8o5. Au sommet de l'obélisque devait s'élever une croix de la Légion d'honneur de grande dimension, en bronze doré. Sur l'un des côtés devait être bâti un pavillon destiné à loger un poste de vétérans commandés par un officier. De l'autre côté ^ on devait