‹ La Légion d'honneurChapitre 50 sur 209 · CHAPITRE IV. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. H

niers; enfio, la prise de vingt-cinq pièces de canon. Desmichels, déjà légionnaire^ fut nommé officier de Tordre et capitaine dans le même corps. Sur les trente chasseurs composant son peloton, cinq avaient péri en combattant; les vingt-cinq autres recurent tous la croix.

Le lecteur sera surpris de ne pas voir passer sous ses yeux le nom d'officiers généraux dont la réputation n'était pas douteuse ; ce n'est de notre part ni oubli ni indifférence. Nous avons dit que Masséna, Gouvion Saint-Cyr et Ney commandaient des corps d'armée opérant en Italie et dans le Tyrol. Autour d'eux se groupaient d'autres célébrités militaires, telles que les généraux Reynier, Molitor, Grenier, d'Anlhouard, Chabran, Verdier, Lariboissière , Lamarque, Durutte, Bonnet, Lasalle, Frécheville, Godinot, Merlin, Partouneaux, Bachelu, Clausel, Chambarlhac, etc., etc.

Les troupes composant ces divers corps reçurent leur part dans la distribution des récompenses faites après la campagne de i8o5; mais elles furent moins bien traitées que les divisions qui venaient d'opérer sous les yeux de Napoléon. Aucun Grand-Aigle ne fut conféré parmi les principaux chefs.

Dans le moment où le général Mack capitulait sur les glacis d'Ulm, la marine française essuyait, à la hauteur de Trafalgar, un affreux désastre. L'amiral Magon, montant XAlgésirasj fut tué, ainsi que plusieurs centaines d'ofïiciers. Le vice-amiral Villeneuve, accablé de chagrins, s'était donné la mort

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en rentrant en France ^ La défaite de nos vaisseaux avait causé à l'empereur encore plus de colère que de regrets; néanmoins il comprit^ comme souverain, que la gloire ne s'attache pas seulement au succès; en efTet^ la résistance que le capitaine Lucas, commandant le Redoutable, avait opposée pendant plus de quatre heures à l'attaque de trois vaisseaux anglais, supérieurs en forces, devait passer pour un fait d'armes des plus éclatants ; c'est du Redoutable que partit le coup de feu dont l'amiral lielson fut atteint mortellement sur le Fictor/. La justice voulait que l'on consolât, par des récompenses si bien acquises, les braves marins quj avaient survécu à cette sanglante catastrophe. Lucas fut nommé commandant de la Légion d'honneur, ainsi que le capitaine Infernet, qui montait ï Intrépide^ dont la résistance fut également héroïque. Le chef de division Cosmao, commandant le Plutorif qui, le lendemain de l'action, parvint à arracher aux Anglais plusieurs prises, fut aussi nommé commandant de l'ordre.

' Le vice-amii*al Villeneuve ^ issu d'une des plus illustres familles de Provence, étant resté plusieurs mois piîsonnier en Angleterre, rentra en France par Saint-Malo; il s'arrêta à Reunes le temps nécessaire pour y recevoir quelques lettres des amis qult avait au ministère de la marine : ces lettres lui parvinrent •n effet; elles ne cachaient pas qu'il devait s*atlendre à la disgrâeé la plus humiliante dès son arrivée à Paris. Me pouvant supporter une telle pensée, l'infortuné Villeneuve se donna la mort dans la chambre de l'auberge où il était descendu. Suivant l*usage, on débita sur ce suicide mille contes ridicules.

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