‹ La Légion d'honneurChapitre 62 sur 209 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

sieurs jours avant la bataille d'Eylau par le maréchal Berthier. Napoléon lui adressa celte vive apostrophe : « Monsieur, pour vous réhabiliter dans « l'estin^e de vos frères d'armes, il vous faut un « baptême de sang. » — « J'espère le recevoir bience tôt, » répondit l'ancien colonel du 12^ hussards. En effet, il Ht preuve d'une témérité héroïque dans les charges que la cavalerie légère exécuta contre les cuirassiers russes. Fournier fut nommé légionnaire, alors qu'il aurait pu être commandant, commebeaucoup d'autres colonels de son âge, si de folles incartades n'avaient attiré sur lui une disgrâce bien méritée. Nous consignerons ici un fait peu connu, qui prouvera les progrès que la Légion d'honneur avait faits dans l'estime des hommes. Combosos, mameluk de la garde, natif de Nazareth, en Syrie, avait mérité la décoration à Auslerlitz en suivant le général Rapp dans sa charge contre les cuirassiers du czar. Un boulet lui brisa la tête à Eylau, lorsqu'il perçait les rangs de l'infanterie russe avec les grenadiers du colonel Lepic; son frère, mameluk comme lui, combattant à ses côtés, sauta de cheval, et, au milieu de la mêlée, prit sur la poitrine de Combosos la croix, se promettant dé rapporter dans sa famille cet insigne glorieux. En effet, ce projet fut exécuté plusieurs années après '.

^ Nous même, voyageant en Orient dans Tintérét delà science historique, nous avons vu à Nazareth, dans la maison d'un troisième frère, cette croix suspendue au-dessous du yatagan du mameluk; elle portait avec elle un témoignage irrécusable d authenticité : la couronne fermée n'y figure point, car la croix d*honneur ne revêtit les formes impériales qu'à la fin de 1808.

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