‹ La Légion d'honneurChapitre 76 sur 209 · CHAPITRE VllL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllL

massacra sept capitaines généraux^ ou gouverneurs de provinces, qu'il accusait de tiédeur pour la dé* fense du pays. On dut recourir à la force des arnaes; les premiers efforts furent couronnés de succès: le maréchal Bessièresi ayant sous ses ordres les généraux Lassalle, Merle, Mouton^ battit (i 4 juillet 1808) complètement l'armée espagnole, commandée par les généraux Black et Cuesta. A la suite de cette victoire ' de Médina del {lio*Secco, Joseph Bonaparte put faire son entrée dans Madrid. Ainsi des événe^ments entièrement semblables se reproduisaient dans la Péninsule au bout d'un siècle. Le maréchal Bessières, vainqueur à Rio-Secco, remplaçait le duc de Vendôme, vainqueur à Villa-Viciosa ; et, par un jeu bizarre de la fortune, des Français venaient établir dans Madrid un nouveau roi, au préjudice du petit-fils de celui que d'autres Français y avaient placé quatre-vingt-dix-huit ans auparavant (17 10);

1 Le maréchal Bessières', ayant triomphé à Mcdina del Rio- Secco d'an ennemi bien supérieur en forces, s'empressa d'envoyer à Bayonne, où Tempereur s'était arrêté, un rapport détaillé des divers incidents de la journée, en faisant connaître la conduite des chefs et des soldats qui avaient concouru au gain de la bataille ; il demandait pour eux des récompenses si bien méritées ^ l'empereur réduisit de beaucoup le nombre des décorations demandées. Le général Lassalle, commandant la cavalerie, avait frappé le coup décisif; il fut nommé gmnd officier, ainsi que le général Merle. Les généraux de brigade Ducos et Thiry furent nommés commandants de Tordre. L'adjudantcommandant Guilleminot fut nommé officier. Ces croix furent les premières données à l'armée dans la guerre d*£spagne.

et, pour que la similitude fût encore plus complète^ Joseph Bonaparte se \it obligé, comme Philippe V, de sortir de sa capitale, menacée par les armes victorieuses de l'ennemi. Deux divisions françaises, aux ordres du général Dupont, furent engagées imprudemment au fouddeTAndalousie; les défilés de la Sierra-Morena devinrent pour elles les Fourches Caudines : elles subirent la même humiliation (!%!2 juillet 1808) que les Samnites avaient infligée aux légions romaines. Cet événement produisit une vive sensation dans le pays qui en fut le théâtre, et ranima le feu de l'insurrection. Joseph, ayant abandonné Madrid pour se retirer dans le nord, s'établit dans la ville de Victoria, située à quelques journées de la France.

Napoléon versa des larmes de sang sur ses aigles humiliées pour la première fois; Tidée de la capitulation de Baylen ne cessa de l'importuner au milieu des pompeuses fêtes données à Erfurt; néan* moins, rassuré pleinement sur les intentions pacifiques du czar et des princes de l'Allemagne, qui venaient de lui prodiguer les témoignages d'un dévouement sans bornes, il quitta Erfurt le i4 octobre 1808. Ayant franchi le Rhin et séjourné une semaine â Paris, il arriva à Bayonne le 3 novembre; le lendemain, l'empereur passa la Bidassoa, voulant montrer sans plus attendre aux peuples des Espagnes son front fumant encore des foudres de Friedland. Décidé à frapper des coups décisifs, il avait depuis deux mois envoyé des renforts considérables au delà des Pyrénées, et prit pour lieule-

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