CHAPITRE IX
Nouvelle guerre contre l'Autriche. — Sentiments d'enthousiasme excités dans Tâme des soldats par le désir d^obtenir la croix de la Légion d'honneur. — Campagne de 1 809. -^ Batailles d*Essling et de Wagrara.
La prise de Saragosse^ principal foyer de Tinsurrection^ couronnait les brillants avantages remportés dans la seconde campagne d'Espagne, à laquelle la présence de l'empereur avait imprimé une si vigoureuse impulsion ; néanmoins , cette
« Le général Palafox, gouverneur de Saragosse, fut amené prisonnier en France; il resta enfermé au donjon deVincennes jusqu'à la fin de décembre i8i3, époque à laquelle fut signé le traité de Valençay, entre les ministres de Napoléon et le duc de San-Carlos, chargé des pleins pouvoirs du roi d'Espagne. Le général Palafox est mort en 1843, après avoir été disgracié plusieurs fois sous le gouvernement de Ferdinand VIL
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dernière conquête ne suffisait pas pour corriger |e fâcheux effet produit en Europe par la résistanoe des peuples de la Péninsule, La perte éprouvée à Baylen de deux divisions, et la mort du général Gobert^y frappé d'une balle au front, étaient des malheurs faciles à réparer, au point de vue militaire ; mais cet échec, le premier essuyé par nos armes, répété de bouche en bouche à l'étranger, prit des proportions immenses et fit tressaillir de joie les ennemis de la France, L'Autriche épiait dans une attitude résignée une occasion favorable pour venger ses affronts passés, Les agents de l'Angleterre ne manquèrent point de lui montrer le revers de Baylen comme l'avant-coureur de la ruine totale des troupes françaises engagées au delà des Pyrénées. Suivant eux, le moment était venu pour la monarchie autrichienne de se dédommager des sacrifices qu'on lui avait imposés. Ils offrirent en même temps, de la part des ministres de Georges III, des subsides considérables : le conseil aulique ne put résister à cet appât. C'est ainsi que
> Le général Gobert^ commandant de la Légion d'honneur, fut tué, la veille de la capitulation de Baylen, en combattant à la tète d'un escadron de cuirassiers. L'empereur, recevant en audience particulière sa veuve six mois après, lui dit. : « Madame, votre mari a trouvé la gloire là ou d'autres n'ont trouve que la honte ! » Le général €k>bert était le père de M. le baron Gobert qui, en mourant, a institué les deux prix d^histoire décernés chaque année par l'Académie française et par TAcadémie des inscriptions et belles-lettres «
FrançoisII, naguère pénétré de reconnaissance pour la générosité du vainqueur d'Àusterlitz, se vit entraîné dans une nouvelle coalition. Des levées extraordinaires se firent au comnnencement de 1809 dans la Bohême et dans la Hongrie, sans que la guerre fût déclarée. A ces premiers symptômes, dont il fut instruit à Valladolid, Napoléon comprit les secrètes intentions du cabinet de Vienne; il regagna Paris, et lui-même fit des dispositions préliminaires en prescrivant des précautions dedéfense aux maréchaux Masséna, Davoust et BernadoUe, commandant les divers corps stationnés en Allemagne, en leur ordonnant de ne porter aucune atteinte aux traités existants, afin de laisser à ses adversaires l'odieux de Fagression; et par une prévoyance admirable, il s'empressa de rappeler de l'Espagne quelques vieux régiments, ceux de sa garde en particulier, les plus rapprochés des Pyrétiées; puis les généraux qu'il jugeait les plus capables d'enlever le soldat, de lui communiquer l'ardeur martiale qui les transporte, faculté que le ciel refuse quelquefois aux capitaines les plus consommés. D'après ses ordres, les maréchaux Lannes, Bessières, Lefebvre, rentrèrent en France, ainsi que les généraux Lassalle, Montbrun, Reiile, Mouton, Dorsenne, Puthod, Roguet, etc., etc.
Les événements ne tardèrent pas à justifier les prévisions de l'empereur. L'Autriche, au mépris de la paix signée à Presbourg, ouvrit les hostilités en franchissant l'Inn et en attaquant inopinément les troupesbavaroises, auxquelles se trouvaient mêlés