FIN DR LA GUERRE DE SEPT ANS
Lorsque Cabrera fut rétabli, il n'était plus temps de remédier à l'état des choses totalement compromises. Une junte s'était formée à Berga, travaillant à la paix avec la connivence de Sagarra. Cabrera se rend dans cette ville et y est |)arfaitomei)t ror.u par ceux-là mômes qui méditent sa perte. II employa le mois de juin A o-ganiser une administration et une armée; mais tous ses efïorts furent inutiles, tant la démoralisation était profonde.
Le 4 juillc!, Espartero se présente devant Jîcrga et Toccupe le jour môme.
Celte fois, tout était perdu pour les Carlistes; chefs et soldats ne songeaient plus qu'à gagner .d'un pas rapide les frontières de la France. Au moment où il leur fallut livrer
aux gendarmes français, accourus pour pro« tôger le territoire^ leurs armes et leurti chevaux, ce no fut parmi eux qu'un cri do douleur et de désespoir.
Cabrera, dans ce moment suprômo, trouva des accents qui expliquent l'ascendant qu'il avait su prendre sur ces natures à la fois généreuses et sauvages. Il réunit autour de lui tout son corps d'officiers, et leur exposa qu'il no leur restait plus d'autre ressource que do chercher asile sur le territoire français, puis il ajouta : « Si cependant il on est un parmi « vous qui veuille continuer la guerre, je « suis prêt à lui céder le commandement. Je M crois avoir toujours rempli mes devoirs; a s'il en est un qui ait des reproches à me a faire, qu'il les fasse maintenant. Nous « sommes encore sur le territoire espagnol, « qu'on me juge, non comme général, mais a comme volontaire; j'aime mieux souffrir « la mort qu'émigrer avec honte. » A ces mots, il se fit un profond silence; tous se mirent à pleurer et se résigiiôront i\ leur destin.
Pendant tout le moisdejuillet, les Carlistes
no cessèrent d'affluersurlo territoire français, à la Qn du mois, leur nombre s'élevait à 21.000.
ACTIONS d'Éclat de la légion
Bien que la Légion étrangère no soit arrivée en Espagne qu'après le commencement de la guerre civile de Sept ans, et qu'elle en ait disparu avant la fin do cette guerre, jo n'ai pas cru inutile de retracer.sommairement les phases principales de cette lutte opiniâtre, pour qu'au récit de tant do combats acharnés, de tant de haines des deux partis, mes lecteurs puissent juger do l'ardeur do la fournaise dans laquelle notre gouvernement d'alors avait jeté des bataillonscomposésd'élrangers, il est vrai, mais généralement commandés par des officiers français qui déjà leur avaient connnuni(iaé i(Uol(iuo chose do noire esprit chevaleresque.
L'iispagne de 1835, précédant dans la voie de l'ingratitude une autre nation sœur qui devait même la dépasser un jour, se montra
lendemain les troupes carlistes iraient se présenter, h Verp:ara, au général en chef de Tarméo libérale. Maroto donna A tous les commandants des ordres en conséquence, et se rcnJil io premier, au malin du 31 août, dan-s le camp chrîstiiio, avec ses aides de camp et son escorte.
. Il attendit une grande partie do la journée l'exécution do ses ordres; enlin, la division castillanno, commandée par Urbiztondo, se décida la première h se présenter dans les champs do Vorgara; elle fut reçue avec grande effusion par Espartéro à la tôte de son état-major. Les Basques suivirent deux jours après les Guipuscoans, mais divisés, les uns ayant accepté la Convention, les autres l'ayant ropousséo. Los divisions alavaisos et navarraisos n'ctant pas arrivées le 7 Esparlero se décida à aller au-devant d'elles.
Les provinces carlistes du nord de l'Espagne étant irrévocablement perdues, don Carlos abandonna, le 11 septembre 1830, le sol dosa patrie, à Udax. Plus do 20.000 Espagnols émigrôrent avec leur roi et consentirent à manger le pain de l'exil. La fureur des
soldats fidôlos alla jusqu'à assassiner leur ^ônoral, Morôno, soupçonnô do complicit6 avec Marolo (1).