DERNIERS ET COURAGEUX EFFORTS DE CABRERA
Pondant quo ces ôvônemonls se passaient en Biscaye et en Navarre, Cabrera luttait avantajreusement dans les provinces de Barcelone et do Valence. Il av:;,it 18 bataillons et 9 escadrons ; les forces qui lui étaient opposées ctaieift de 17 bataillons, 13 escadrons el»5 baltorios; mais il avait l'avantage rlos positions. Kn pou do temps il enlève les villes do lîoni-l'arlo, Morclla, (landossa, SaragossG où le général Esteller est assassiné par les habitants; Calanda, Alcorisa, Samper sont prises à leur tour par l'infatigable Cahroni ; son armée devient le rcfn£j;o do toutes les autres, battues ailleurs. \s libéral Oraa se bute en vain contre Morella, qu'il voudrait reprendre; il livre trois assauts qui sont re-
(1) Gustave Hubart, déjà citô.
poussés avec de grandes pertes. Oraa est forcé do lever le siège et devient l'objet de Tirri* tation publique. Cabrera prend le titre de comte de Morella.
Les fails militaires se pressent avec une vivacité inouïe : Cabrera poursuit le christino Pardinas qui recule devant lui; il enveloppe sa gauche à Maella, et le bat. Pardinas, désespéré se fait tuer. Sur cinq bataillons dont se composait cette gaiuche, doux seulement parviennent A s'écJuippor.
Antonio Van-lIaelnrem[)laceOraa; féroce à régal de Noguéras, le nouveau général christino commet des atrocités auxquelles Cabrera répond par des représailles; la convention Elliot est tombée dans l'oubli; l'Angleterre, l'Europe entière s'en émeuvent, et les gouvernements nomment des commissaires pour la renouveler.
Cabrera, maître du Bas- Aragon, se fortifie au château de Ségura, à quelques lieues de Montalban d'où il menace Madrid. Van-Halen veut l'en déloger; mais, arrêté dans les montagnes, il est forcé d'abandonner son entreprise.
Un ouragan terrible se forme contre les derniers défenseurs de la cause carliste.
Toutes les ressources disponibles du gouvernement de la régente sont réunies sous les ordres de O'Donnel, successeur de Van-Halen, qui se trouve à la tête de 31.500 fantassins et 2.500 cavaliers. Tous les efforts sont diriges contre Cabrera qui inflige encore une sanglante défaite aux Christinos à Carbonneras, le l'*" septembre 1839.
Le bruit de la Convention de Vergara parvient à l'armée carliste. Cabrera exhala sa fureur en phrases frénétiques contre Maroto.
H ne put empocher qu3 Maroto trouv»^t un imitateur dans Cabagnéros, qui s'adressa à tous ses com|)agnons pour les engager â déposer les armes. Cabrera domina celle première émotion; mais comme la pacification des provinces du nord rendait disponibles 4l.0il0 fantassins, 3.000 chevaux et 100 canons, le gouvernement mit ses forces i\ la di«îpoi=;itinn d'Ksparlero qui put tracer son plan (le (*iiïn|î;igiie et Texccuter avec la certitu le d'avoir parlout la supériorité du nombre. Ce plan consistait à enfermer les Carlis-
tes dans un corcle so resserrant peu à peu.
Cabrera, tombé gravement malade dans les premiers jours do décembre, ne pouvait pas commander ses troupes dans lesquelles rinquiôtude se mil, puis le découragement, suivi de désertions.
Espartero alla assiéger Morella, dernier boulevard des Carlistes, qui se rendit le 30 mai 1840.
Dès qu'il eut connaissance de la reddition do Morella, Cabrera comprit qu'il n'ovait plus rien à l'aire sur la rive droite do TÈbro, et se concentra en Catalogne. Le 2 juin 1840, G.OOO Carlistes fidèles qui, après la convention de Vergara et la prise de Morella, voulant suivre la fortune do Cabrera, passèrent de Tautre côté de l'Ebre, dans les environs do Fleix. Ils luttèrent encore sur ce théiUre restreint de la Haute-Catalogne; mais que pouvaient ces efforts d'une cause vaincue, alors que la convention de Vergara modifiait de tout point la situation générale des carlistes?
Le rcprùscnlant de don Carlos en Catalogne, le comte d*Espague, devenu odieux par ses cruautés, tomba dans un complot ourdi
lant Français, mort par devoir pour une cause qui lui était ôtrangôro^ furent transporlôs à Saragosse où ils reçurent les plus grands honneurs qu'on put imaginer.