‹ La légion étrangèreChapitre 23 sur 37 · MELLINET · texte numérisé non relu

MELLINET

Si le général Mellinet n'a pas été un des plus brillants — ou bruyants — colonels de la Lôf»ion ôtrangôro, aucun n'a été plus aimable et plus aimé que lui. Brave comme son épée, très fort en science militaire, esclave de son devoir, artiste après avoir déposé ses armes, paternel sans faiblesse envers SOS subordonnés, bienveillant et gracieux envers les personnes qui avaient affaire avec lui, le général cachait ses charmantes qualités avec autant de soin que d'autres en mettaient à montrer les leurs, et n'en laissait voir que ce que sa modestie ne parvenait pas à couvrir.

Ses qualités morales se reflétaient sur sa personne qui était d'une rare distinction. On voyait qu'il était de race; et, en effet, il était fils d'un général de l'Empire.

Né à Nantes en 1798, il était sous-lieute-

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nanton ISIS, et blossé, la mAmo annôo, sous los murs do Motz. On peut dire do lui, qu*il reçut, i\ la fois, bien jeunooncoro, lobaptômo du feu et celui du sang. En 1822, il prit part i\ la guerre dM^lspagno, et fut blessé au siôgo do Saint-Sébastien; enfin, on 1840, il fut nommé chef de bataillon — 25 ans comme officier subalterne, et avec deux blessures, ce n'était précisément pas brillant.

Officier supérieur en Algérie, il va marcher plus vite, parce que lo gouverneur lui confie des missions où ses aptitudes militaires et administratives se produiront et lo feront mieux connaître. Lieutenant*colonel et commandant supérieur do Mostaganom, il bat Bou-maza qui s'était aventuré vers cette place. Nommé colonel de la Légion étrangère en 184(>, il fonde Sidi-bel-Abbés, et reçoit le commandement do la subdivision de ce nom.

Le grade de général de brigade lo ramène en Franco; et, à la création do la garde impériale, il reçoit lo commandement d'une brigade do ce corps d'ôlito. Mii 1855, il part pour rarniôe d'Orient, et reçoit sa troisième blessure à la première attaque do Malakoflf.

Sa conduite en cette journée lui valut le grade de général de division.

Rentré en France-un an après, il prend le commandement de la première division d'infanterie de la garde, à la tète de laquelle il fait la campagne d'Italie. L'altentionde l'Empereur était désormais fixée sur le général McUinet; il lui confère tous les honneurs et dignités dont il dispose : grand-croix de la Légion d'honneur cl sénateur. Il l'avait nommé, en 1863, commandant supérieur des gardes nationales de la Seine; et en 1865, Napoléon, qui espérait se servir de la Franc- Maçoimorio comme d'un instrument de règne, le lit élire grand maître do Tordre maçonnique en France, en remplacement du maréchal Magnan. Mais Mellinet était trop militaire pour des soldats citoyens, et trop loyal pour des ritualistes ténébreux; il résigna son commandement et sa présidence.

J'cas l'occasion de voir de très près le colonel Mellinet lors de l'expédition que nous fîmes en 1847, aux oasis du sud oranais, sous les ordres de Cavaignac. Notre généra!, grand appréciateur de son mérite et voulant

le proposer pour l*avancoment \ la suite do la ctimpagno qu'il entroprenait, l'avait pris on passant à Daya avoc quatro compagnies d'ôlito do son pôgiment, fortes chacune do 100 liommos, prosquo tous allemands, d'un aspect superbe et d'une tenue irréprochable.

Ces compagnies ne tinrent pas tout ce que leur prestance promettait, ainsi que j'aurai l'occasion de le raconter; mais elles prouvèrent, malirrô leur incontestable bravoure, quo tous les soldats no sont pas aptes indiffôromment aux diverses manières de l'aire la guerre.

Le colonel Mellinet n'y pouvait rien ; on no refait pas en quelques mois le caractère et le tempérament du soldat pour l'approprier & tel ou tel emploi déterminé, contraire â sa nature. Le colonel paya partout de sa personne comme un simple grenadier, et acquit de nouveaux titres à l'estime de la colonne expéditionnaire et de son général.

L'armée et la population civile avaient pour Mellinet une respectueuse affection, et la Légion étrangère gagna beaucoup sous son commandement.

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