UNE CONSULTATION DE MÉDECIN
M. le docteur C est appelé certain
soir à la caserne de Mascara pour soigner un homme, très malade, lui disait-on, et il se trouve en présence d'un légionnaire tranquillement assis sur son lit.
— Qu'avez- Vous, mon ami?
— Moi?... Rien... On m'a dit que vous aviez unossilQ gueule k la lumière. .. J'ai vouluvoir!
Le pauvro docteur fut tellement ahuri, qu'il ne trouva pas un mot â répondre.
Cotait une vengeance du lôgioiniaire, non reconnu malade à la visite quatre jours auparavant.
l'ICRllfe SUU LE CODE
Un nommé Revoir, ancien officier de la garde civique de Gand, engagé depuis un mois, est entré à l'ambulance de Frenda, pour rhumatismes. 11 y reûcontre deux de SCS compatriotes, Reulcrs et Walil, et l'on combine un petit coup ingénieux. Revoir ot Wahl sortent de Thôpital; Reulers leur fait passer par une fenêtre, un stock de huit couvertures qui sont vendues immédiatement à ces introuvables receleurs juifs que les Français ont eu l'intelligence d'élever â la dignité de citoyens.
L'officier comptable de l'ambulancei remarquant un certain désordre dans la salle des malades, fait un inventaire et constate la disparition des couvertures. Le lieutenant-
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commandant lo dôtachomont, prévenu aus-> sitôt, interroge Revoir qui parait tomber des nues.
— IJovoir, vous vous ôtos introduit h rii(\pital, et vous y avez volé dos couvertures?
— Pardon, mon lieutenant, j'ai reçu les couvertures par la tenôtre. Il est vrai que je suis entré pour aider cet imbécile de Reuter, qui était long, maladroit et no savait pas désha-biller les lits vacants; mais remarquez bien que la fenêtre n'était pas grillée; (|ue Router l'avait ouverte, qu'elle donnait de plain-pied sur la rue; qu'il n'y a eu, en somme, ni escalade ni effraction... Un enfant de trois ans aurait pu entrer comme moi.
— Suffit!... quels sont vos moyens de défense?
— Je n'en ai pas! C'est chez moi une maladie. Quand j'étais officier de la garde civique à Gand, je m'amusais à faire le mouchoir ou le porte-monnaie à mes amis. Depuis, j'ai beaucoup travaillé, ot, tenez, mon lieutenant, nous causerions on iôlc-A-lôto dix minutes, que je vous ferais votre montre. Mais, maintenant, j'en ai assez; j'aime autant aller à
Nouméa me marier avec une femme canaque.
GrAco à sa connaissance du Code, au point (lo vue do l'olTrar.lion, Itovoir n'est pasîillô A Nouméa; il n'a pas épousé de femme canaque mais il cassera indéfiniment des cailloux sur les routes de l'Algérie.
TIIOIS BONS CAMARADES
Un jour, à Siessifa des Chotts, le détachement de la Légion étrangère constate la disparition do trois soldats de nationalité alloniando. ils îivuiont dcsertô avec armes et bagages. C'était en plein été, et l'on ne pouvait que plaindre ces malheureux, lancés dans le désert et condamnés à mourir de soif et de faim ou à être assassinés par les Arabes.
Quatre jours aprés^ on voit arriver un honnnc défait, hdve, exténué^ qui se précipite sur la première mare qu'il rencontre, et y boit i\ longs traits, ou, plutôt, qui s'y abreuve couché à plat ventre. C'était Tun de nos trois héros, un Bavarois d'une vigueur extraordinaire. Il porte encore, avec sa chemise et un
pantalon do treillis, son fusil ot sa ceinturo &, cartouches — invention do nos soldats d'Afrique — mais il a laissé en route sa capotOi son sac et ses aulros ofTets. On le conduit à rofficier qui commande le dôtachomcnt.
— Eli bien! Es-luconlent do ta promenade mon garçon? — Il ne répond pas.
— Et tes camarades?
— Imann n'a pas voulu revenir avec moi.
Quant à Schoeim, son compte est fuit.
— Comment? son complo est fait...
— Oui, mon lieutenant, je l'ai tué, ce sale Prussien, qui nous avait fait faire la folie de déserter.
Le lendemain, des Arabes des bords du Cliott ramenaient Imann qu'ils avaient trouvé mourant dans le sable. Co dernier confirma en tous pointsla déclaration du Bavarois. En proie aux horribles souffrances de la soif, ne pouvant plus marcher malgré l'abandon de leurs cfïets, les trois déserteurs s'étaient assis dans une petite clairière de thym et de drin pour y tenir conseil.
Schoeim leur avait promis de les conduire au Maroc; ils en étaient bien loin.
11 s'ébva entre eux une discussion au cours de laquelle Rescli, se levant, avait tranquillement cinnoncô à son camarade qu'il allait le tuer... Il avait pris une cartouche dans sa ceinture, chargé son fusil, armé, visé et fait feu à quatre mètres. Schœim avait été foudroyé.