De|mU général tlo division
un olTîcier supérieur pour représenter au Gouvernement le triste état de la Légion. On n'obtint rien, la discipline courut alors de grands dangers, des désertions eurent lieu.
Les officiera, sollicités de passer dans les rangs carlistes avec leurs hommes, résistèrent à toutes les tentatives, et cependant en deux jours, 30 hommes entrèrent à riiôpilal les pieds et les mains gelés.
Une nouvelle organisation eut lieu : la Légion fut formée en trois bataillons et fit partie des expéditions tentées en pays Basque par le général Irribarren.
Dans le courant du mois de mars 1837, la Légion est cniitonnée au village de Larainzars, la 1^ compagnie du 1'' bataillon occupe en grand'gai'de une bergerie en ruines qu'elle cherche à mettre tant bien que mal en état de défense. Elle est attaquée vigoureusement par les carlistes qui échouent devant la bravoure du capitaine de Hebich et do ses lionmies. Le lioutcnaiit Sokaski et 12 hommes sont tués à ses côtés. Le colonel Conrad se porle sur les hauteurs pour dégager la grand'garde attaquée; les ennemis sont repoussés.
Pendant la marche en retraite, les carlistes redoublent leurs efforts, on se bat à Tarme blanche. Le sergent Bary s'empare d'un guidon après avoir tué à coups de baïonnette l'officier carliste qui le portait. Mais nos pertes sont sensibles : 6 officiers, 50 sous-officiers et soldats sont tués et 120 sont mis hors de combat.
Le lendemain, le corps d'armée continue à battre en retraite sur Pampelune. Les carlistes cherchent à couper la colonne en deux en s'einparant d'un village qui commande la route, mais le capitaine commandant la batterie d'artillerie de la Légion ouvrit le feu contre eux et les forra à abandonner leurs positions. Ils n'en continuèrent pas moius a harceler la colonne, et la Légion eut encore un lieutenant tué et une centaine d'hommes tués ou blessés.
En liaison des pertes éprouvées pendant cet hiver, on fut obligé de réduire la Légion à 2 bataillons et à 1 escadron.
Son dénûment était tel, qu'elle n'aurait pu prendre part aux opémtions qui vont suivre, si le Gouveniemeut français, ému par les souffrances endurées par la Légion, n'avait envoyé un convoi considérable d'effets de toute nature.
Don Carlos, laissant un rideau de troupes devant les Espagnols qui débai*quent à Saint-Sébastien, se dirige avec le gros de son armée vei*s Aragon, tourne Pampelune par le sud et arrive à lluerca.
Le 24 mars 1837, l'armée de la Navarre l'y attaque sur trois colonnes. Le colonel Conrad est à droite avec toute la Légion ; il culbute tout devant lui, et va entrer dans Huerca, lorsqu'il apprend l'échec de la cavalerie qui a été ramenée et a découvert sa gauche. Il est obligé de se replier. Dès que ce mouvement commence, la Légion est attaquée par des forces bien supérieures. Le général en chef Irribarren, voyant l'échec de la cavalerie, se jette dans la mêlée, à la tête des lanciers Kraievoski,a la cuisse brisée par une balle. Un lieutenant est tué.
Le commandement eu chef revient aloi*s au colonel Conrad qui, pressé sur la droite, appiHînd que la gauche de l'armée est battue. 11 ordonne la retraite qui s'effectue sous la protection des bataillons de la Légion.
Dans cette journée, la part de la Légion est la plus glorieuse, mais sur 1,200 hommes qui la composent, elle a 3&0 hommes tués ou blessés dont 20 officiers. Le commandant Montallegri est tué au centre de sou bataillon.
A la suite de cette affaire, la Légion est réduite à un bataillon.
Enhardis par ce sucrés, les carlistes se portèrent sur Barbastro; les troupes de la Reine, renforcées par les garnisons de TAragon, s'établissent aux environs de Berbegual.
Le 2 juin, le commandant en chef tente une reconnaissance sur Barbastro, mais les carlistes attendent avec des forces nombreuses : une colonne attaque le centre, une autre tounm la gauche do rarmco constitutionnollo où se trouvaient Tunique bataillon de la Légion et un bataillon espagnol (2* de la garde).
lia brigade du centre se débande, deux régiments de chasseurs s'enfuirent sans charger, et la Légion et le bataillon espagnol se trouvèrent isolés du reste de Tarmée.
Après avoir soutenu un combat acharné dans un bois d'oliviers, et afin de se dégager pour battre en retraite, le colonel Conrad tente une dernière charge à la baïonnette; il mrl l'épéc à la main et se porte en avant on criant : « A moi, mos onfants, ;\ la baïonnette » ; mais il est frappé d'une balle au front et tombe....
Leur chef tombé, les troupes se mettent en retraite et la compagnie de grenadiers de la Légion a fort à faire pour défendre le cadavre du colonel qu'elle ramène à Berbegual.
Après ce combat, la Légion avait nui son rôle en Espagne : le commandant Meyer avait été blessé; 100 hommes étaient hors de combat. Le général en chef garda près de lui la batterie d'obusicrs et l'escadron de lanciers, et donna l'ordre à l'infanterie de se diriger sur Saragosse, en escortant un convoi de 400 blessés. Cette petite colonne était sous les ordres du capitaine de grenadiers Studinger et du capitaine Bazaine, chef d'état-major de la division. Ce fut dans Saragosse que fut inhumé le colonel Coni'ad.
Après avoir fait leurs adieux aux camarades blessés, les 500 hommes et les 20 ofRciers, débris de la Légion, furent mis en route pour Pampelune.
La route était sillonnée do nombreuses guérillas carlistes; d'autre part, des symptômes d'indiscipline s'étaient manifestés au départ de Saragosse; on dut prendre des mesures de rigueur.
Un oflicier ayant été couché en joue par un soldat,
celui-ci fut passé par les armes immédiatement. Un sousofficier qui avait abandonné sa compagnie pendant 24 heures et vendu une partie de ses elTets, fut condamné à mort et fusillé. Des sous-offlciers et des caporaux furent cassés pour inconduile ou faibleirsc. Ces exemples portèrent leurs fruits. En arrivant à Tudela, Tordre était rétabli.
Les légionnaires valides furent cantonnés à Villara et Télat-major à Pampelune. Quelques officiers, entre autres le commandant Gros d'Avenas, obtinrent leur rentrée en France. Il fut remplacé par le lieutenant-colonel Ferrary, qui prit le commandement de ce qui restait de la Légion.
A peine était-on installé à Villara, qu'une émeute éclate à Pampelune, le général en chef, comte de Saatisfrields et son chef d'état-mcajor sont assassinés par leurs soldats ; le chef des révoltés tente d'entraîner la Légion dans larévolte.
Le lieutenant-colonel Ferrary, se voyant pris entre les révoltés et les carlistes, réunit tout son monde à Villara, arme les ouvriers et les infirmiers, et arrive à organiser un bataillon de 1,100 hommes, dont une compagnie, dite compagnie sacrée, était formée d'officiers à la suite.
Le Gouvernement insurrectionnel de la Navarre fait distribuer à ses troupes plusieurs mois d'arriéré de solde, mais la Légion est exceptée de cette distribution, et obligée pour vivre de faire des razzias dans les villages environnants. L'entrée de Pampelune lui est interdite, et au cas où elle devrait abandonner ses cantonnements, elle devra occuper les avant-fossés de la place.
Quoiqu'on butte à des vexations de toute sorte de la part du Gouvernement insurrectionnel, elle sut lui rendre encore de grands services.
Le chef des révoltés avec 3 bataillons et 200 chevaux s'était porté au-devant des carlistes, 4 compagnies de la Légion, sous les oi*dres du capitaine de Noue, furent en-
voyées à 8oa secours, et contribuèrent puissamment à repousser Tennemi. Quatre jours après, ces compagnies étaient à Tarrièrc-ganle, et attaqut^os par d?*s forces supérioui-cs, faisaient bravement leur devoir et tenaient l'ennemi à distance.
Mais la situation n'était plus tenable, deux oiBcierSy MM. Bravard et Guédin, étaient assassinés dans Pampelune parles insurgés; les carlistes resserraient leur ligne, le lieutenant-colonel Ferrai^ fit alors ouvertement ses préparatifs de départ pour Val-Carlos, route de Pampelune à Saint-Jean-Pied-de-Port; mais, le 11 octobre 1837, il prend la direction de Jacca.
Les carlistes qui Fattcndaient sur la route de Val-Carlos n'eurent pas le temps de se réunir et de recounaître la route suivie par la Légion.
Arrivé à Lumbier, le lieutenant-colonel Ferrary apprenant que les carlistes se dirigent à marches forcées sui* Sangucssa pour lui couper la route, fait une marche de nuit et, malgré la fatigue des malades, passe le pont de Sanguessa deux heures avant l'ennemi et gagne heui*eusement Jacca. L'état-major, les blessés et les malades sont admis dans la ville, les troupes valides sont cantonnées dans les villages environnants.
Pendant son séjour dans cette place, la Légion eut à étouffer un commencement de révolte dans la garnison espagnole, et elle prit part à des colonnes mobiles destinées à repousser les carlistes qui faisaient des incursions à Aragon.
En avril 1838, elle fut envoyée à Saragosse, laissant 100 hommes détachés à Jacca. Son premier soin, en arrivant dans celte place, fut d'élever un monument sur la tombe du colonel Conrad.
La situation précaire dans laquelle se trouvait la Légion ne faisait qu'empirer, elle ne reçoit que 125,000 piécettes sur 800,000 fr. de solde qui lui sont dus ; mais ses souffrances allaient prendre fln. Par ordonnance royale du
8 décembre 1838 \ la Légion était licenciée et autorieée à rentrer en France, le 17 janvier 1839.
L'escadron de lanciers polonais et la batterie d'obusiei's, conservés par le général Aiaa et incorporés dans Tannée espagnole, se signalèrent en 1837 et en 1838, sons les yeux d'Espartoro.
Le 1" avril 1839, la Laiterie rentre en France venant de Logrino.
Le licenciement des lanciers polonais suivit de près; et quelques ofliciers restèrent au service do. Tiilspagne.
Tels sont, en un résumé succinct, les travaux, les souffrances et les glorieux combats de la Légion en Kspngne.
Malgré les misères qui Taccablèrent, les situations dans lesquelles elle se trouva, elle sut toujours accomplir son devoir et fidèle à son serment, résistant aux olVres brillantes qui lui étaient faites d'abandonner un gouvernement qui ne lui assurait ni la solde ni les vivres, elle combattit jusqu'à son dernier souille pour lo gouvernement de la Reine auquel elle avait été vendue.
23 officiers y furent tués, 109 blessés sur le champ de bataille, et sur 4,100 hommes embarqués à Alger, ÔOO tout au plus rentrèrent en France.