Fils du gdnûnil de ce nom
lâa. ÈTUAMQàtlU.
Le 1^ bataillon, éclairé pai* les voltigeurs du capitaine Renault ', chassa Tennemi de ses positions et s'établit sur la route de TArlaban. Le lendemain au point du jour et par un brouillai*d très épais, une colonne de carlistes, forte de 14 bataillons, et dont les clairons sonnaient le refrain de la Légion, attaque à Timproviste le 6* bataillon, qui se remet vite de la surprise. Les compagnies reprennent roffensive et se jettent sur Tennemi à la baïonnette; mais la disproportion est trop grande, il faut battre en retraite, les renforts arrivent trop tard.
La pluie et la neige interrompent les opérations, et, au mois de février, les compagnies sont chargées d'établir une série de postes fortifiés pour relier Pampelune à la frontière française et isoler la Navari*e.
Le 24 avril, une colonne de carlistes est signalée aux environs de Pampelune; les troupes se mettent à sa poursuite. Lo 4' b:it;iiUon est mis on embusc<'ule derriciH) un mamelon; après plusieurs heures d'attente par un temps affreux, il se décide à rentrer à Pampelune. Il marchait par le flanc, la gauche en tôte, lorsqu'il fut surpris par la colonne ennemie, qui le fusilla à demi-portée de fusil, et chargé par 150 cavaliei-s. La compagnie de voltigeurs ^e forme promptcmentetengigeavec la cavaltTie, uncombiil corps à corps fertile en actes de courage. Pendant ce temps, le bataillon se rallie sur le mamelon et prend l'offensive, le combat devient acharné.
En entendant la fusillade, le ô* bataillon vient au secoui*s du 4* bataillon, mais l'ennemi a eu le temps de forcer le passage après avoir mis une centaine de légionnaires hors de combat.
200 carlistes restent sur le champ de bataille et 40, pris les armes à la main, furent fusillés en représailles.
Le sergent Bercet, surpris par des cavaliers carlistes.
l.OOuéral do division tué au sidge du l'uris.
refuse de se rendre et reçoit 27 blessures; le sergent Maillet tue un carliste avec sa propre lance.
Le 2* bataillon, qui jusqu'alors était resté à Lerida, rejoint les autres bataillons.
Pendant ses expéditions en Catalogne, ce bataillon se vit tout à coup cerné dans le village de Santa-Lena, qui est dominé par des hauteurs. Le chef de bataillon fait charger les gi*enadiers à la baïonnette, pendant que les autres compagnies maintiennent Tennemi sur les flancs par des contre-attaques rapides ; le bataillon peut alors se dégager el rentrer à Lc^rida sans grandes pertes.
Le 26 avril vers midi, 3 bataillons carlistes attaquèrent 1ns avant-postes près du blockhaus de Terapegui, organisé par le 4* bataillon ; le général f^ernelle y envoya 3 compagnies et se porta sur les lieux. Il sut s'y maintenir jusqu'à l'arrivée des 4* et 5* bataillons, dont l'effectif n'atteignait pas 1,000 hommes; une compagnie espagnole et 4 obusiers de montagne arrivèrent à leur tour.
Les carlistes, renforcés par 2 bataillons frais, se ruèrent trois fois sur nos troupes sans pouvoir entamer la ligne défendue par la Légion. On se battait corps à corps ; le lieutenant Ferraudy, entouré d'ennemis, y tombe glorieusement les armes à la main. Le général Bernelle, couvert par CO sapeurs, voit 22 de ces braves tués ou grièvement blessés ; mais les carlistes sont obligés de se retirer sur les crêtes, sans pouvoir enlever la position. Il fallait rejoindre les cantonnements dans la vallée, et cela sous le feu de l'ennemi. Pendant que le 3^ bataillon se retire en combattant, le 4' bataillon va prendre position plus bas ; au lieu de tenir ferme, il suit le mouvement de retraite du 3* avec trop de précipitation, l'ennemi le presse alors vivement et le succès de la journée aurait été compromis, si le 3* bataillon n'avait exécuté vivement un retour offensif soutenu par le 2* bataillon, qui arrivait sur le lieu du combat.
L'affaire de Terapegui fut la plus brillante de la cam-
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pagne: 5,000 carlistes avaient lutté pendant 6 heures contre 1,000 légionnaires, et n'avaient pu les entamer.
Le vice-roi de Navarre, informé la veille du projet d'attaque des carlistes, ne bougea pas avec sa division, malgré la canonnade qu'il entendait distinctement de Pampelune.
Peut-ôtre que, semblable à son illustre aïeul Louis XI Y, sa gi*andeur l'attachait à la ville.
Le général Bernelle, voyant que les troupes espagnoles étaient peu disposées à venir au secours de la Légion, sentit la nécessité de donner à son infanterie, un soutien qui lui faisait souvent défaut.
En mars 1836, il organisa, avec des éléments pris dans le corps, une batterie d'obusiers de montagnu, dont le matériel fut fourni par la France.
Les artilleurs portent le pantalon gris de fer avec passepoil en drap de capote; le képi, recouvert d'une toile imperméable, porte sur le bandeau 2 canons en drap jonquille. M. le lieutenant Roussct, nomme capitaine peu de temps après, prit le commandement de la batterie.
Quelques jours plus tard, le général Bernelle organise 3 escadrons de lanciers entièrement composés do Polonais. Leur armement se compose d'un sabre de cavalerie espagnole,-d'un pistolet et d'une lance avec flamme rouge et jaune; de grandes boites montant au-dessus du genou et tenues par une courroie i*emplacent les souliers. Le képi est orné sur le bandeau de deux drapeaux croisés en drap jonquille; le numéro de l'escadi^on est aussi entre les hampes. M. Kraievoski a le commandement des 3 escadrons.
Il fallait que le général Bernelle fît appel à toute son énergie et à toute son habileté pour mener à bien ces organisations.
L'Espagne ne pouvait fournir ni argent ni matériel. Les obusiers furent donnés par la France ; une souscription faite dans l'armée espagnole et 190,000 fr. recueillis
LA LÉGION ÉTHANGÈHE en ESPAGNE. 37
en France, permirent d'acheter les chevaux et le harnachement. On a vu que les changements d'uniformes se réduisaient à peu de chose.
Tout légionnaire fait prisonnier étant fusillé par les carlistes, le général Bernelle organise une compagnie de brancardiers et d'infirmiers , sous le nom de fusiliers d'ambulance, troupes modestes qui rendirent de grands services en allant relever les blessés jusque sous le feu de l'ennemi, et qui épargnèrent à beaucoup d'entre eux d'être passés par les armes.
A 50 ans de distance, cetle organisation de brancardiers n'est encore qu'à l'état d'ébauche dans l'armée frani^aise.
Pendant ce temps, les escarmouches continuaient sur la ligne occupée par l'armée de la Navarre; les carlistes dirigent une attaque contre son aile droite, vers Zubiri. Les bataillons espagnols allaient plier devant des forces 8uiM3ricun;s, lorBcm'arrivoiit à leur sncourH le l**' et le 2* bataillon de la Légion qui, après avoir enlevé un bois très touffu, repoussent Tennemi sur les hauteurs ; puis ils se forment par bataillon en colonne serrée sur une seule ligne, l'arme sur l'épaule droite, marchent à l'ennemi qui lâche pied et leur abandonne sa position.
Le l^août, les carlistes reprennent l'offensive; 8 bataillons sont destinés à attirer l'armée espagnole sur la droite, tandis que dix autres, maintenus en réserve, doivent enlever la ligne fortifiée.
Le combat devient acharné, la Légion arrive au pied d'un mamelon occupé par les carlistes, abrités derrière îles murs en pierres sèches. Les lanciers polonais chargent par la goirge de cetle espèce d'ouvrage ; l'artillerie de la Légion, mise en batterie à demi-portée, prépare l'attaque de l'infanterie, et deux bataillons culbutent l'ennemi à la baïonnette.
Les 10 autres bataillons carlistes avaient pris position sur les Jiauteurs, mais le général les fait tourner par leur
droite et leur gauche et les attaque de front avec la Légion. Le choc fut rude \ les Navarrais, renforcés par ô autres bataillons, se conduisent vaillamment, mais, débordés sur leurs flancs, ils se débandent et laissent 1,000 à 1,500 hommes sur le champ de bataille, tant tués que blessés ou prisonniers.
Le combat commencé à 4 heures du matin avait à peine pris fin à 10 heures du soir. Les lanciers polonais avaient reçu le baptême du feu et s'étaient distingués par des prodiges de valeur.
Cette affaire fut la dernière à laquelle assista le général Bernelle.
Des tiraillements constants existaient entre le chef de la Légion et le gouvernement de la Reine, rindifféreuce que tous témoignaient envers la Légion, le manque de solde et même de vivres, la façon dont les carlistes traitaient les prisonniers, tout faisait un devoir au général Bernelle de réclamer près du Gouvernement français.
La réponse du maréchal Maison (voir page 27) qui foulait aux pieds les engagements pris par le Gouvernement français, lors de la cession de la Légion à TEspagne, ne permit pas au général Bernelle de garder plus longtemps la responsabilité du commandement de la Légion, il demanda sa rentrée en Finance et l'obtint fin aoilt 1836. Le colonel Lebeau, du bV de ligne, prit alors le commandement du corps d'opérations de la Navarre et de la Légion.
Cet ofiicier supérieur était envoyé en mission par le Gouvernement français, qui lui avait promis de nombreux renforts, mais ils se bornèrent à l'envoi d'un bataillon qui prit le n" 7 .
Le lieutenant-colonel Conrad, qui avait amené ce bataillon de France, fut nommé brigadier par le Gouvernement espagnol et prit le commandement particulier de la Légion.
Le général commandant l'armée de la Reine, ayant appris que les carlistes se préparaient à envahir la Castille,
résolut de les prévenir et de venir les attaquer dans Estella.
La colonne de droite sous les ordres du colonel Lebeau, qui comptait 4 b.iL'iillons de la Légion, fut cliargéo d'attaquer le centre de Tennenii au village d'Arronitz, pendant que Tarmée espagnole tournerait la droite.
Les l*'et 7' bataillons abordèrent Tennemi les premiers, mais ils furent forcés de se replier. La deuxième ligne rétablit le combat; la cavalerie menaçant la ligne de retraite, les carlistes s'établirent plus en aiTière sur les hauteurs, mais les légionnaires, électrisés par leurs premiers succès, s'élancèrent sur Tennemi et le rejetèrent en déroute sur Ëstella.
Le succès aurait été plus complet, parait-il, si le colonel Lebeau n'avait pas attaqué trop tôt. Les bataillons s'y couvrirent de gloire et eurent une centaine d'hommes tués ou blessés.
Après cette alTairc, la Jjégion reprit ses cantonnements autour de Pampelune. Il fallait constamment se garder, la campagne était tenue par des guérillas qui ne laissaient aucun repos aux troupes.
Le lieutenant Maillet étant en chasse, s'étant un peu écarté, fut pris par les carlistes et immédiatement fusillé, malgré ses G5 ans. On fusilla aussi M. de Fleurans qui rentrait en France et qui fut pris près de la frontière. Deux autres ofliciers faits prisonniers eurent le même sort.
En octobre, on ut contre Estella une nouvelle démonstration tendant à faire lever le siège de Bilbao.
La Légion, sous les ordres du colonel Conrad, formait la colonne de droite et enleva le village de Yillatuerta, qui était occupé x)ar 4 bataillons et 2 escadrons carlistes. Cette affaire coûta 8 officiers blessés et 40 hommes hors de combat.
Avant de battre en retraite, le colonel Lebeau, qui s'était emparé des hauteurs qui dominent Estella, bombarda la ville.
Suivant leurs habitudes, les carlistes inquiétèrent la retraite et attaquèrent la compagnie de grenadiers qui était à Tarrière-garde.
En quelques minutes, 25 grenadiers furent mis hors do combat et leur capitaine, M. de Noue ^, blessé. Deux compagnies espagnoles viennent dégager la compagnie de grenadiei*s, la Légion est obligée de se reformer en bataille et de reprendre la retraite par échelons ; à 9 heures du soir, les troupes rentraient dans leui*s cantonnements et reprenaient leurs positions sur la ligne fortifiée de Pampelune à Zubiri.
Le changement radical qui se manifesta dans la politique franraise à la chute du ministère Thiers, le licenciement dos 6,000 hommes réunis à Pau et destinés à renrorcer la Légion, i^nfort que le colonel Lebeau avait annoncé dans un ordre du jour, qui fut désavoué par le Gouvernement f^nrais, engagèrent cet oiiicier à demander sa rentrée en France qui lui fut accordée.
Le commandement en chef de Tarmée de la Navarre fut alors donné à un général espagnol et le colonel Conrad garda le commandement de la Légion. Ce changement fut très préjudiciable à la Légion, dont la situation était déjà très précaire ; ce nouvel état de choses ne pouvait que l'empirer.
La Légion s'établit à Lérin, au sud-ouest de Pampelune. Le colonel Conrad tenta une reconnaissance conlre le village carliste d'Allo, dans laquelle il eut 3 officiers et 60 hommes hors de combat. Puis on prit les quartiers d'hiver, où, pendant les deux premiei*s mois de l'année 1837, les légionnaires occupaient les villages de la ligne fortifiée, sans solde, sans ahris et souvent sans vivres, appelant de tous leui*s vœux, de nouvelles opérations qui leur permettraient alors de vivre sur le pays.
Ce fut en vain que le colonel Conrad envoya à Madrid