I. Tnû à Magcnla, gônéral do division
t. Tué en Criméo, général do division.
68 LA LÉr.fON ÉTRANGÈHE.
son départ, elle est liarcolée par les réguliers d'Abd-el- Kader et par les Kabyles; elle va camper à Soiik-el-Arha, sur le Chélif. Le lendemain et le surlendemain, elle longe le pied des monlagnes; les Arabes ont négligé d'occuper le col de Mouzaïaoù ils auraient pu arrêter le corps expéditionnaire. L'avant-gardojsous les ordres du général Cbangarnier, Toccupe par une marche de nuit, mais Abd-cl- Kader attaque Tarri ère-garde composée du 48' de ligne, du 3* léger et du 2^ bataillon de la Légion, pendant que les Kabyles mettent le convoi en désordre. Le 2** bataillon occupe, à la gauche de la ligne, un bois d'oliviers où Ton s'est chaudement battu pendant l'expédition précédente; ce bois s'étend sur deux arêtes qui commandent le défilé. Le chef de bataillon fait coucher tout son monde ; l'ennemi croyant la position inoccupée y moule vivement, il est près d'arriver sur la crête; les légionnaires se lèvent, font feu à dix pas et le jettent dans le ravin. Mais les Arabes furieux se précipitent sur l'extrême arrière-garde ilès qu'elle a quitté le bois des oliviers; elle est recueillie par le 48*^. Le 2* léger doit mémo être envoyé pour la dégager.
Les blessés du combat sont dirigés sur la redoute d'Haouch-Mouzaïa et l'escorte ramène un convoi que l'armée conduit le 20 mai à Médéali. Pendant le mois de juin, le bataillon est employé aux escortes des convois de ravitaillement entre lilidah et Médéah; le 2 juillet, la colonne quitte celle vilh; a[n'ès avoir bri'klé l(*s moissons des tribus hostiles; le 5 juillet, le colonel et le bataillon vont reprendre leurs emplacements à Kouba. A la suite de ce fait d'armes, le commandant Ferrari, plusieiu's ol!iciei*8 ci sons-officiers sont cités à l'ordre.
Par ordonnance royale du 17 juin, en récompense de sa belle conduite àConstantine et à Djidjelly, la Légion reçoit son drapeau. Il n'a ni coq, ni cravate.
Durant cette année 1840, chaque fraction de la Légion a sa part de combats et aussi §a part de gloire.
Dans la Mitidja, les Arabes, excités par les émissaires
NOL'VKLLK LÉr.ION KTHANr.KRE. G9
irAbd-el-Kader, prolitenl des colonnes de Médéali et de Milianah pour venir razzier les tribus soumises. Le colonel de Ilulsen, aussitôt sa rentrée de Milianah, commando une colonne composée d'un bataillon de la Légion et du ;V hussards. Il reji»lto Tennemi jusqu'à la Maison-Rouge, après avoir passé 1 1 rivière de THarach.
A Bougie, les Kabyles viennent jusqu'aux portes de la ville assassiner et voler. Le lieuteuant-colonel Picouleau, à la tête de f)00 légionnaires, part la nuit et arrive au [loint du jour dans les douars qui recèlent assassins et pillards. Tout est brûlé; les troupeaux sont emmenés, mais au bruit de la fusillade, les Kabyles descendent des montagnes au secours de leurs frères, et la lutte s'engage sans trêve ni merci, i^a Légion en fait un carnage terrible, et se met en retraite en emmenant sa razzia.
150 hommes placés en réserve au fortdu Gouraya, apercevant la colonne harcelée par Tennemi, descendent dans la plaine et viennent relever les grenadiei*8 qui sont à Tarrière-garde. La retraite continue en bon ordre et tous rentrent à Bougie.
Plusieurs ofliciers sont cités à Tordre, entre autres le capitaine de Gaprez ' qui, quoique blessé, n'a pas quitté son post(ï de combat.
Dans la province d'Alger, à Milianah, la Légion prouve que, si elle a de brillantes qualités dans l'attaque, elle possède aussi celles de la défense et qu'elle supporte courageusement les ennuis et les privations d'un long siège.
La colonne qui avait pris Milianah presque sans tirer un coup de fusil, avait à peine quitté cette place, que celle-ci est assaillie par les Arabes qui savent que la garnison n'est forte que de 2 bataillons.
Leur attaque principale se porte sur le poste crénelé
1. Dcpuifl roloiiol du S« étranger en Criiiiôc ot riu i'^* régiment do la légion suisse, reiraitû.
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qui commande la ville ; le ca{K)ral de la Légion, Moreau, assailli par de nombreux adversaires, les i*eruit de pied ferme et lombe frappé de 4 coups de feu. La réserve dégage le posle. On organise une troupe de francs-tirailleura, sous les ordres du lieutenant Rernolle. Cette petite phalange fait lieaucoup do in.il à rcnnonii ot roin|M^clie, à deux reprises dilTércnles, d'enlever le troupeau de la place. Le 22 juin, la garnison rcroit un convoi amené par le général Changamier. Elle u des vivres jusqu'en septembre.
Dans les derniers jours de juillet, Tenncmi tente l'assaut; il est victorieusement repoussé. Mais nos pertes sont sensibles, les (lèvres et les dysenteries encombrent les ambulances; cette situation est connue de Tennemi qui attaque de nouveau le V' août, mais toujours s.ins succès. La petite garnison redouble d'énergie et de constance. Le 20 août, la place n'a plus de sel pour cuire bc^ aliments. En septembre, nouvelle attaque infructueuse do l'ennemi ; endn, le 5 oclobro, une colonne vient au sc^cours des héroïques défenseni^s de Milianah.
Le haUiillon de la Légion, qui comptait 7r)0 hommes au premier jour du siège, n'a ()ue 208 honuiios valides, 8<) sont à l'ambulance et le reste est mort !
Le commandant supérieur, colonel d'illiers, cite dans son rapport : le chrf du 4" bataillon Ferrari, le capiLiiniï Bazainc , les sous- lieutenants Duplcssis et Uernolle qui, toujours sur pied, ont assuré le service des tirailleurs pendant tout le siège et sauvé plusieurs fois le troupeau.
800 hommes sont enteriés dans l'enceinte resserrée do Milianah, dont4C2 de la Légion.
Le 4* iKilaillon réorganisé est envoyé à Cherchell, sous les ordres (h; M. Kcrniri, débigné pour <*u rtre counnandant supérieur. Peu de tiinps après, M. Ferrari est nonuné lieutenant-colonel et remplacé au 4* bataillon [iai M. Gautrin.
NOUVELLE LÉGION KTnANGÈRE. 71
Sur un autre point de la province d'Alger, le colonel de la Légion, M. de Ilulsen, avec 2 bataillons, va occuper le poste du Fondouck, au milieu d(i tribus poussées à la révolte i»ar un lieutnuaut d'Abd-el-Kader, ncu-Saloni.
Ces 2 bataillons sont décimés p;ir les lièvres, mais malades et convalescents oublient leurs souffrances pour repousser les attaques incessantes de Tennemi qui ne leur laisse pas une minute de repos; ce ne sont qu'alertes et escarmoucbes.
La triste situation de ce détacbement se complique d'une extrême sécheresse qui tarit les puits. On creuse des trous cpii un donnent que de Teau boueuse. Tout le monde est plus ou moins malade, le colonel de Ilulsen, 9 ollicicrsel 207 soldats meurent; lorsque, le 4 décembre, le général Pijrchappe vient ravitailler le camp, ou évacue 240 malades sur Alger.
Ce détacbement a plus coulé à la Légion qu'un combat meurtrier.
Quoique les fatigues que supportait la Légion soient nombreuses, le renom qu'elle s'était fait dans tous les combats où elle avait pris part, attirait toujours de nombreux engagements volontaires, surtout sur la frontière d'Espagne.
Par ordonnance royale du 28 août 1840*, un 5' bataillon élait formé à Perpignan, le 3 octobre, et dirigé sur Poil-VenJres, pour y élre embarqué. L'état-major du balaillou ol 2 compagnies arrivent le 1) à Alger, suivis, le 10, par les dernières compagnies.
Malgré les nombreuses colonnes dont avait fait partie la Légion, les postes disséminés qu'elle occupe, le corps n'en passe pas moins l'inspection générale du général Scliraunn.
L'état-major est stationné à Mustapha et à Uoudoudab, le T' bataillon à Kouba, le 2^\ Bougie, le 3" à Djidjelly et