‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 29 sur 117 · I. Depub générai «le brigade · texte numérisé non relu

I. Depub générai «le brigade

1" nÉGIMENT DE LA LÉGION ÉTRANGÈRE. 111

(loii("»l, rejoignent cette colonne le 17 avril à Tlemcen et visitent avec elle Lalla-Maghrnia, Nedroma et Nemours.

La tribu des Messidas, qui refuse d'acquitter Timpôt, est razziée, le village brnlé, les femmes et les enfants emmenés comme otages. Enfin cette tribu demande l'aman, et la colonne est dissoute à Tlemcen, le 25 juin. Les 2 bataillons rentrent à Bel-Abbès, le 3 juillet.

Le général Pélissier passe l'inspection générale du régiment, qui est terminée le G août. Son ordre est un des plus flatteurs qu'ait reçus le régiment.

]*cu do cor[i8 ont servi plus activement que le 1" rcgiineut <îc la lA'.f^ion étrangère, bien peu ont plua souffert du choléra et des fatigues de la guerre, qu'il a vaillamment supportées, ainsi que les pénibles travaux qu'il a accomplis.

Par décret du 2 décembre, le colonel Mellinet est promu général de brigade et remplacé par le lieutenantcolonel Lesueur de Girry, du 70" de ligne, qui permute avec le colonel Bazaine, du 55* de ligne.

1851-1852. — L'année 1851 est tranquille et le l"régiment continue ses travaux à Bel-Abbès et dans la province d'Oran ; il en est de même pendant les premiers mois de l'année 1802.

Le 22 avril 1852, 2 bataillons, sous les ordres du commandant Vilar, se rendent par Tlemcen à Lalla-Maghrnia où ils trouvent 3 escadrons du 2* chasseurs d'Afrique et une section de montagne. Le 11 mai, le général Montauban arrive avec 2 bataillons du 2* de ligne, le 4* bataillon de chasseurs et 2 autres sections de montagne ; cette colonne (4,500 hommes) est destinée à opérer contre les Beni-Snassen, qui étaient venus, jusque sous le canon de Lalla-Maghrnia, razzier les troupeaux de nos tribus.

Los Beni-Snasseu occupent une chaîne de montagnes, d'environ 80 kilom. de longueur sur 16 à 20 kilom. de largeur, située entre TOued-Kiss, la plaine de Lalla-

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Maglirnia, celle de la Triffa el la rivière de la Mouloiiïa. Cette trihUy qui est sédentaire, cultive le sol, niais ses travaux agricoles ne Tempechent pas de piller aniih ou ennemis trop faibles pour lui résister. L'autorité du sulLiu du Mai'oc n'est que nominative, et ce n*est qu'à la tcte du son armée (ainsi que cela se pratique encoi*e de nos jours), qu'il vient recevoir les impôts.

Le 12 mai, le général lève le camp; la colonne longe la frontière du Maroc et vient s'installer à Menah-el-lviss, à 4 heures de la mer. Le 13 et le 14, les troupes sortent pour protéger les foniTagcs opérés par la cavalerie ; dans la plaine de la Trilfa, nos tirailleurs reçoivent quelques coups de fusil de cavaliers aral)es qui galopent dans la plaine. Les Beni-Snassen ont rassemblé leurs contingents et viennent s'installer, au nombre de 5,000 à 0,000, sur des liauteui*s en face de notice camp, d'où ils timillent contre les avant-postes. Les ti*oupes se portent en avant, mais legoum seul est engagé; les Arabes battent en retraite devant la colomiu. Pendant nu mois, ou coupo ou ou br/ib; clifique jour une partie des récolles et quelques villages; les B(Mii-Snassen restent tranquilles spectateurs.

Un nègre, qui avait quitté le Marabout Sidi-el-Mekki, indique au général un plateau où se trouvent 300 silos contenant les grains de la tribu. Le lô juin, ordn; rsl donné d'enlever ce plateau situé à V2 kilom. du camp, sur une hauteur escarpée, et défendu par de nombreux contingents aral>es. A 4 heures du matin, les 2 bataillons du l" régiment étranger, qui sont à l'avant-gaixle, se mettent en marche. Le convoi est n^sté dans la plaine sous la garde de la cavalerie. Arrivé au pied de la niontiigue, legénér.*! partage ses forces en trois colonnes, fortes de 2 bataillons chacune. Les 2 bataillons étrangers sont au centre, leur front est couvert par les 2 coin[>agnies de grenadiers déployés en tirailleurs et par (|uelques sections de chasseurs à pied.

Les grenadiers du capitaine Blandowski commencent

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rattaqiie, mais, reçus par un feu meurtrier, ils ne ppuvcnt avancer. Les voltigeurs du 1" l)ataillon, commandés ce jour-là par le lieutenant Gabrielli, reçoivent Tordre de se porter en avant et abordent Tennemi au pas de course et à la baïonnette.

Une partie des Kabyles se jettent dans les ravins où ils sont fusillés par les troupes de la colonne ; l'autre partie 60 masse dans un bois d'oliviers d'où Ton est forcé de les débusquer d'arbre en arbre.

Quelques cbasseurs à pied sont arrives au plateau où se trouvent les silos; ils sont reçus à coups de pierres par les Beni-Snassen (|ui n'ont pas eu le temps de recharger leurs armes; les grenadiers arrivent au secours des chasseurs, chassent les Kabyles du plateau et les jettent dans les ravins. Le plateau est h nous. De la plaine, la cavalerie qui était restée à la garde du convoi, battait des mains à l'atlaque du plateau par la Légion.

Les points dominants sont occupés pendant G heures; pendant ce temps, 1,500 à 2,000 chameaux, mulets, bourriquots enlèvent les grains des silos. Puis la colonne bat en retraite. Le 2" balaillon, (fui esta Tarrière-garde, éprouve quelques portes et doit lutter jusqu'à sa descente dans la plaine.

Los jours suivants furent employés à couper les récoltes. Le 24, les contingents arabes, qui s'étaient augmentés, di»scendont des montagnes et font une démonstration offensive contre le camp. Le goum, appuyé par la cavalerie régulière, occupe la plaine et les pentes du djebel Idjaoum, le 1" bataillon du régiment prend position sur un mamelon, pendant que le 2*^ bataillon et un bataillon du T** léger sn dirig^MiL sur Ir. village d*Ag/J»al, qui est fortcîîuonl occupé. Lo 2** balaillon se précipite au pas de course ol pénètre dans le village ; le grenadier Deraide enlève un drnpoau cH tue celui qui le porle. La cavalerie fait untî ch;u-ge sur un plateau séparé du village par un ravin profond ; les Arabes sont refoulés, mais la charge ayant été

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poussée trop loin, la cavalerie se trouve sur un terrain peu favorable à son action ot est sé^^arée do riuranlerie. (^c.s Arabes s'aperroivenl de sa position et se jettent en niasse sur elle. Le 2* bataillon reroil Tordre de la dé^a^^or. Les hommes, qui comballenl déjà depuis le malin, gr.ivissmu I>éniblement les pentes abruptes, pressés i>ar les ortlres du général et par les appels des cavaliers qui crient que les munitions vont manquer. Deux compagnies sont laissées en réserve, doux autres relèvent la cavalerie qui peut se replier ; le général envoie la compagnie de voltigeurs occuper une hauteur sur la droite ; un feu nourri s'engage alors sur toute la ligne. Le sous-lieutenant de grcnadiera Nouvelle, ainsi qu'un sergent et plusieurs hommes sont tués; plusieurs olUciers et sous-ollieiers sont bl(*ssés; rennemi avnnce toujours et menace de déborder la ligne. Le commandant Tristan- Legros fait battre la charge, 1rs compagnies de réserve s'élancent à la baïonnette, rennemi est repoussé; la retraite s'effectue par échelons; trois HOUH-olIiciers sont iMir.on* bh;.ssrs dans lurllr rrlniile. Lt^ bataillon prend position pour relever les conipaguies engagées, lorsque tout à coup on aperçoit sur la hauteur la compagnie de voltigeurs (]ui n'a pas entendu les sonneries des clairons et qui, exécutant les ordres du général, est venue appuyer la droite de la position qu'occupait h* batjiillon avant la retraite.

Les Beni-Snassen se jettent sur cette compagnie isolée, comme sur une proieassurée. On se Imt corps à corps. Les hommes sont saisis par leurs vi*temouts, le sous-lieulenant Marcille, le sergent-major, un sergent toml»ent ainsi entre les mains de l'ennemi et ont la tête tranchée ; plusieurs voltigeurs sont tués ou blessés. Cette attaque se passait à 500 mètres du bataillon qu'un ravin profond em}K;che d'arriviM* à trnips pour sec(nu'ir les voltigeurs. Enlln ceux-ci peuvent se dégager, non sans pertes, et la retraite continue. Un retour olfensif des Arabes est arrêté par une section de grenadiera et par l'artillerie qui s'est

mise en batterie et qui les foudroie. Le 17* léger prend alors Tariière-garde. A la suite de cette affaire, le chef de ))ataiIlon TrisUm-Legros, plusieurs officiers et sous-olficicîrs sont cités à Tonlnî. IjO général dit dans cet ordre :

Toutes les troupes qui ont pris part à Taction, se sont admirablement conduites, mais, au milieu des éloges à décerner, il en est un spécial que le général est heureux d^adrosser au commandant Tristan -Lcgr os et à son brave bataillon. C*cst, sans contredit, au sang-froid et à rintclligeuce de cet ofticier supérieur, secondé par les efforts inouïs de courage du 2° bataillon du !•' ré^çimcnt étranger, c[u'cst duc la retraite do la cavalerie, sans une {icrti; triionimcK plus considérable.

Ce combat fut le dernier de la campagne ; l'envoyé du Marix', yVbil-cl-Sadok, vint trait(îr avec le général. Le 3 juillet, les troupes quittaient le camp et rentraient à Tlemcen en passant par Nemours ; le 12 juillet, les deux bataillons rentraient à Bel-Abbès, et, quelques jours après, les compagnies allaient reprendre leurs travaux de colonisation.

En novembre, les grenadiers du 1'' et du 2' bataillon, le» voltigeurs des 2*' et 3" bataillons forment un bataillon d'élite destiné à faire partie d'une colonne qui a pour mission de maintenir les Hamyan, les Rezaïna, et les Maïa, tribus saliariennes, pendant la grande expédition exécutée dans la province d'Alger. Ce bataillon d'élite part le î) novembre avec le G" «îscadron de spabis, sous les ordres (lu lieutenant-colonel llidouel. 11 est le 12 à Sebdou, où il renconlre un bataillon de zouaves destiné à la même colonne. Le général de Montauban arrive, escorté de deux escadrons de cbasseurs d'Afrique, et en prend le commandement.

Le lieutenant-colonel Ridouël reçoit l'ordre du général Pélissier, commandant la province d'Oran, de se rendre avec sa colonne à Aïn-Fekarine. Campée le 29 novembre à Taërziza, elle est surprise par la neige, qui devient si intense le lendemain à Ras-El-Ma, qu'on ne voit jdus le

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bois qui n'est qu'à Skilomèlres du camp. Après un séjour forcé, on se dirige sur El-IIainmani, El-Amra, Soiuiiia, et Ton arrive à Aln-Pekarine, où la situation n'est p;is brillante.

L'eau est salée et le bois se trouve dans l'Ant^ir, à 11) ou 12 kilomèlres du cam|K;nieut. Le but de cette rolouno est de protéger les llainyan et les Hezalua, dont les cavaliers et les chameaux font partie de la colonne de Gér)'ville, qui opère vers liaghouat sous les ordres du général Pélissier.

Au 30 décembre, la colonne reçoit l'ordre de se replier sur Daya en passant par Bouguern , Djarf-El-Uorab , Souïga, Melga-El-Srir et Msouian. Le 6 janvier 1853, les troupes sont rentrées à Bel-Abbès.

Pendant l'année 1852, quelques changements avaient été ap[>ortés à l'uniforme. L'aigle française à ailes étendues avait remplacé la phnque du shako conservée depuis 1848 ; les grenades brodées en or et paillettes sont rétablies pour les officiers 6tipérieiii*s, puis bieiilôl pour tous les officiers de l'état-major du régiment. Le drap bleu du lionnet de [>olice est remplacé i>ar du dnip garance ; le Imndeau et le turban sont eu drap bleu. Les conlre-épauletles sont remplacées i)ar des épaulettes franges et corps vertes, les doux tonniantes en laine écarlali^. I^e U août, une troisième tournante placée au-dessus des deux autres est adoptée pour toute l'armée.

1853-1854. — Peu de chose à signaler en 1853.

Les compagnies qui ont occupé les centres de nouvelle cré«'ilion rentrent pendant les chaleurs à Hel-Abliès. Le 26 novembre, les deux compagnies d'élite du 3* liataillon vont à Daya chercher la razzia faite par le capitaine Lacretelie dans le cliott Gliarbi, sur |les nez«uiia-(jhar:ilKi et les Maia dissidents.

Au mois de février 18r>4, le commandant Vilar avec le 1*' bataillon reçut l'ordre de se rendre à Tlemcen et d'oc-

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ciiper les postes de Lalla-Maghrnia, de Garrouban et de Sebdou. Le 2 avril, ce bataillon va à Aïn-Temouchenl se mettre à la disposition dn génie, pour être employé aux travaux de roule.

Le 10 mai, une dépêche télégraphique annonce le départ du régiment pour TOrient. A cette date, les compa- ^niies sont ainsi disséminées: à Sidi-bel-Abbès,la G* compagnie du 1"' bataillon, 4 compagnies du 2*, 4 compagnies du 3', et la section de discipline ; à Sidi-Amouche, 4 compagnies du 2* bataillon ; à TOued-Mehedra, 4 compagnies du 3" bataillon; à Aïn-Temouchent, tout le 1" baliiillon, sauf la G" compagnie ; à Sidi-13rahim, la 5* compagnie dn 2" bataillon ; à Daya, la l"* compagnie du 2* bataillon et la 5' compagnie du 3* bataillon; à Boukanélie, la 1'* compagnie du 3* bataillon ; à Sidi-Lhassem, la 3' compagnie du 3* bataillon; à Oran, le petit dépôt et la 2* compagnie du 2* bataillon.

Au conniieiicninunt de mai, arrive Tordre do former deux bataillons de guerre destinés à faire partie de Tarméc crOriont, tandis que lo 3* bataillon, formant dépôt, ira tenir garnison à Gallipoli.

Le 24 mai, tout le régiment est réuni à Bel-Abbès, le 25 mai, le 3' baiaillou sous les ordres du commandant iNayral, part pour Saint- \ndré où il arrive le 26. Il y (îst rejoint le 30 par le 1'* bataillon, commandant Vilar. Ces doux bataillons et Tétat-major du régiment s'embarquent le 11 juin sur le Napoléon, à destination de Gallipoli.

Lo 10 juin, le 2'' bataillon, commandant Ganez, quitte Bel-Abbès, s'embarque le 15 à Oran, il fait escale à Alger du If) au 20. Lo rhiif dn bataillon, M. Gauez, entre à Thôpital et est remplacé dans le commandement du bataillon par le capitaine Blandovvski. Le 20 juin, le bataillon est transborde swvlc.lran-Barty qui se dirige sur Philippeville où il embarque 400 hommes du 2"" étranger, puis il cingle sur Gallipoli le 22.

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Avanl le départ du régimenl, le général Pélissier avait fait paraître Tordre suivant :

Ordre de la division (l** rdglmonl do la Ljgioo ëlrangèro), n* 19.

Au quartier général ù Oran, lo 22 mai 1864.

Officiers, Soos-Officicrs et Soldats de la Légion étrangère,

Vous ùieû appelés à l'honneur de faire partie de l'armée décrient.

Vous allez coinhiittre pour la plua noble des causes, à côté de ces vieux régiments qui ont déjà partagé eu Afrique vos fatiguen et vos dangers. Vous vous montrerez toujours dignes de vus anciens compagnons d'armes et de la confiance de l'Empereur.

Pour moi, qui vous ai souvent conduits au feu dans nos luttes de la conquête, et qui depuis nombre d'années vous ai gardés •cas mes ordres, j'ose me porter caution que vous ferez votre devoir. Les souvenirs de Milianah, de rOucd-Oer, du Nador, et do tant d'autres actions de vigueur, vos eouraos dans h: Sud, vos derniers combats de la frontière du Maroc, vous constituent de» états de services auxquels vous serez jaloux d'ajouter plus d'une page glorieuse.

Si, en Turquie, il vous faut manier l'outil du travailleur tout en vous servant de vos armes, vous saurez encore montrer ce qu'on peut attendre de vous. Vous vous rappellerez les créations que la province d'Oran doit à vos mains victorieusCH. A Sidi-brl- Abbés, vous avez fait d'un camp une ville florissante ; d'une solitude, un canton fertile, image de la Franco.

Les routes carrossables, Icm burrafçes, les [lonts, les canaux d*irri[|^tion, qui ont changé la fuce du pays, vous sont dus ; et c'est à vous que le colon reconnaissant saura reporter le mérite de ces grands travaux si dignes des Légions romaines.

Tjt Général de diviêion commandant la province d'Oran, Signé : PéLissiia.

Pour copie conforme :

Le Sout-chef d'éial^major, Signé : Pouucit.

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