‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 52 sur 117 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DE 185G A 1859 (en Algérie).

1X50. — Formntion du régiment au camp de Sathonoy. — Départ pour IMiilippevillc. — Itéceplion du di*u])oau. — 1867. — Pormalion d'un ttntailion d'élite pour Texpédilion de Kabyli»*. — Colonne de Kaby- \\f\ — Travaux sur l«*s roulns de Bouj^io à Akbou ri do Bougie à Si'iir. - ColfiiiiK* sur la rriiiili«Mt' LiniisiiMHii*. — l'iinpIactMnfiit dns liaUiilloiis. — IX5.S. — (ioloniio dans les environs de Sélif. — (loUnmr «•nlre Milali et hjidjelli. — Kmplacemenl des bataillons. — Le fjisil I8'r2 est changé et remplacé par le fusil modèle 1842 rayé. — Le colonrd de Bmyer prend le commandement du régiment.

L(î nouveau 1" régimenl étranger est formé le 26 juin 1850, au camp de Sathonay, avec les militaires apparteii.uil à la 2" brigade étrangère. Los hommes de Tex-bataillon (le tirailleurs sont aflectés spécialement à la formation do den.x compagnies de chasseurs qui conservent leur tenue et leur équipement et sont attachés à chacun des Jwitaillons on dehors des huit compagnies qui les compo- ^ent.

1. Pour la plus grande rncililé dos Icr.lours, nous avons réuni on parties distinclos les faits (pii inlcressont riiislorlquo do clioquo régiment. Lo livre VII couiproud l'iiistoriquc du i^' régimout jusqu'au licencioment on

Lu livn* VIII comprendra celui du s« régiment jusqu'à la mdmeë|KMpic.

(Noie (Us auleurê.)

208 LA LÉGION ÉTHANGÈUK.

Le 6 juillet 1856, le 1'' régiment, sojs les ordres du colonel Meyer, s'embarque à Toulon pour Philippeville, où il doit tenir garnison.

Son elTectif étant très faible, puisqu'il n'a reru que les 1,021 hommes qui formaient la 2* brigade, le 2* élraui;cr lui envoie GOO bommcs pour conipléler ses eom|)agnies.

Par décision impériale du 19 décembre, il reçoit son drapeau qui porte d'un côlé: V Empereur Napoléon au 1^ étranger, et de l'autre : Valeur et discipline.

La tin de l'année 1856 est employée à l'organisation et à l'instruclion du nouveau régiment.

Deux compagnies vont occuper Stora et Collo.

1857. — L<; 28 mai 1857, on Tonne un kiLiillon d'élite composé de deux compagnies de grenadiers, de deux compagnies de volligeui*s et de deux compagnies de chasseurs (etîf^ctif 594 hommes), sons les ordres du commandant Lion, pour faire partie de la colonne de Kabylie, sons le commandement en chef du maréchal gouverneur liandon.

Le balai lion est attaché à la 2" brigade (colonel Nesnies- Desmarels) de la 4* division (général èlaissial). Le but de re.xpédition était de soumettre déiinitivement la Kabylie qui, jusqu'à ce jour, .ivait su se soustrain^n nuln* iloniination. Trois divisions actives formées avec les troupes des provinces d'Alger et d'Oran doivent aborder la Kabylie par le Djurjura, tandis qu'une colonne formée dans la province de Conslauline l'attaquera par le Sud.

Au début des opérations, la colonne de Constantine s'échelonne d'abord entre Sélif et Djidjelli pour surveiller celte contrée toujours un peu agitée, puis elle est employée à l'ouverture d'une route entre Bougie et les lieni-Mansour.

Au mois de juin, la colonne est arrivée sur le torriloir.j des Cheurfa, près d'Akbuu. Ces Kabyles, qui ont appris les succès des colonnes du maréchal, ne font aucune résistance, et le 27 juin, le général Alaissial, afin de donner

1*' RÉGIMENT ÉTUANGEIl. 209

la main aux divisions de la colonne Uandon qui opèrent au nord de la Chaîne, attaque le col de Chellata.

Les Kabyles ont mis en état de défense tous les pitons qui avoisincnt le col ; des retranchcmenls ont été construits. Il faut d'abord s'emparer du rocher de Tizibert qui commande les approches du col ; 4 pièces de montagne hont hissées à bras sur le ilanc des hauteurs, pour battre ce rocher occupé par Tennemi.

Pendant que trois bataillons attaquent de front, le bataillon étranger, placé à la gauche de la ligne, est chargé de tourner l'ennemi. Une section de chasseurs protège la marche des tirailleurs on exécutint des feux de peloton. Les Kabyles abandonnent leurs positions, la colonne s'erapar«' ducol, s'y établit fortement et fait suivre son convoi qui monte lentement les pentes très raides qui conduisent à Chellata. Pendant la nuit, les Kabyles, embusqués dans les ravins, tirent sur nos grand'gardes et cherchent à les enlever. A la pointe du jour, une sortie faite par quelques liataillons les rejette dans leurs montagnes.

Le 11 juillet, la colonne attaque le village de Tobana, chez les lUoul ou Maloii, territoire sur lequel nos colonnes n'ont jamais pénétré. Les Kabyles, menacés de front par la colonne Maissiat, et se sachant tournés par la division Mac-Mahon qui monte par le nord, abandonnent leur village avant l'attaque et se jettent dans les ravins. Le soir, ils viennent solliciter l'aman qui leur est accordé. Cette soumission met fin aux opérations de la colonne Maissiat. De l'autre côté du plateau montagneux, toute la Kabylie était soumise.

Les troupes delà province d'Alger restent en Kabylie, j»our terminer la route qui traverse les montagnes et construire le fort Napoléon.

Le général Perigot, commandant la subdivision de Sétif, reçoit Tordre de former une colonne qui sera chargée d'assurer la rentrée des impôts et d'exécuter les travaux des routes de Sétif à Bougie etdeBougieàBeni-Mansour,

210 LA LÉGION ftTnANGànB.

(le concert avec les troupes de k province d'Alger, qui restent chargées du tronçon d'Akbou à Beni-Mansour.

Le 2* bataillon du 1*' étranger fait partie de cotte colonne (sauf deux compagnies du centre qui restent à Cous* tantine). Parti de Constantine le 11 septembre, il arrive h Sétif le 15.

On commence les travaux do la i*outo de Sétif â Bougie, s*attachant moins à faire une belle route qu'un chemin par lequel puissent passer l'artillerie et les prolonges du train. Les travaux marchent rapidement, malgré les tâtonnements de la direction technique. A plusieurs endroits, on est obligé de modifier les tracés et de recommencer le travail. Les grognements, les brocards, pleuvent sur les ingénieurs ; on les cliansonne dans les c<imps.

En octobre, le 2* bataillon quitte la pioche pour le fusil. Il fait partie d'une petite colonne volante chargée du recouvrement des impôts. Cette colonne doit aussi châtier la tribu du marabout Sidi-Saddoh, qui a assassiné le lieutennnt-colonel Pritust, du 70".

Le 10 octobre, la colonne so met on niouvemont, mais le marabout ne Tattcnd pas, il fuit avec ses tentes en Tunisie. La colonne longe la frontière, ramène la sécurité par sa présence, (|ui en impose aux pillards tunisiens, et rentre k Bôno le 12 novembre, où elle est licenciée.

En lin d'année, le régiment est réiKirti de la faron suivante: État-major et le 2* bataillon à Sétif avec des déta* chements à Bordj-bou-ArrcridJ, Bou-Saada et Bougie, le 1" bataillon à Bône.

1858. — L'expédition de la grande Kabylie avait bien amené la pacification du i^iys, mais les populations remuantes qui l'habitent, nécessitent une surveillance ac< tive ; aussi doit-on faire de nombreuses colonnes destinées à panourir lo {Kiyb et y montix^r do temps en tonq»» l'uniforme français.

Une coloime mobile est organisée dans la subdivision

(le Sétif : le 2* bataillon du 1*' étranger eu fait partie. La compagnie de voltigeurs de ce bataillon occupe le bord de Takitount, à 33 kilomètres environ de Sétif. Le 2 avril, on vient annoncer au capitaine Reinbert qui commande le 1)ordj, que les Kabyles des environs sont rassemblés en armes et veulent enlever le poste. Le capitaine fait rentrer le troupeau et les provisions à Tabri des murs du l)ordj, et envoie une reconnaissance du côté où Tennemi est signalé. Celle-ci aperçoit Tennomi en force et se replie sur Takitount, qui est presque immédiatement attaqué. La lutte dure depuis 10 heures du matin jusqu'à 5 heures du soir. Les voltigeurs, bien abrités par les murs du bordj, ne tirent quïi coup sur et font subir de grandes pertes à Tenncini, dont la première attaque avait été seule un peu vigoureuse. Les Kabyles, qui avaient cru surprendre le poste et sachant que la colonne de Sétif vient au secours des voltigeurs, se retirent dans les montagnes. Ces Kabyles appartenaient îi la tribu des ncni-Salah.

Pendant Tété, les tribus des territoires avoisinant rOued-Kébir, entre Milah, Sétif et Djidjelli, se soulèvent et chassent les caïds nommés par nous.

Du côté de la frontière tunisienne, Sidi-Saddok, le marabout, qui a fui devant nos armes Tannée précédente, fait exciler les Nemenchas à la révolte par de nombreux émissaires.

Pour pacifier la contrée traversée par TOued-Kébir, une colonne, sous les ordres du colonel Chabron, du 3' zouaves, doit myonner dans le pays depuis CoUo jusqu'au débouché des montagnes dans la plaine. Le 2* bataillon du 1" étranger, qui était employé à la route de Sétif à nc)u;;i«), rcroit ronirc de quitter ce travail et do se rendre à Sétif. Il en part le 19 novembre et se dirige sur Milah, où la colonne se concentre. Le 24, la colonne se met en route ; le terrain qu'elle doit parcourir est très accidenté, les marches sont pénibles et fatigantes dans ces monta- ^Mies où les chemins sont à chaque instant coupés par la

pluie et la neige : le pays rentre dans l'ordre, et après un mois de courses, le bataillon est envoyé àBou-liamet, sur la route de Milah, avec mission de travailler à cette voie de communication.

C'est pendant cette colonne que les troupes furent ap^M*lées à se servir de cartouches faites avec les halles Noss* 1er, évidées à rarrière. Le hut-eu-hlaiic du fusil était porté à 150 mètres, sa justesse était considérahlement augmentée et on se servait du pouce conune hausse. Ou pouvait tirer jusqu'à 400 mètres. C'était un progrès, précurseur du fusil rayé.

A la iin de l'année 1858, le régiment occupe Sétif, Hordj-hou-Ârreridj et les divers camps des travaux île route. A cette éiKK|ue, le corps verse ses fusils nitxlèle 1822 et reçoit le fusil rayé 1842 transformé, tirant la kille allongée à évidement triangulaire.

Le 22 avril, le colonel Meyer avait été admis à la retniite et remplacé par le colonel Duinn de Saini-André, remplacé lui-même par le colonel Gianchetli, A la mise eu retrailiï de ce dernier et par déci*et du 7 novembre 1858, le colonel de Brayer prenait le commandement du régiment.

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