CHAPITRE II
DE 185λ A 18G2 (guerre d'italie et Algérie),
IS.VJ. — Déciarnlion (U^ picrro avec rAiilriclic. — Le n'gimcnl est «•nvoyé l'ii Corso, puis einlmrqiH; pour In campagne d'Ilalic. — Op«^ralions de guerre. — Occupation de 8an-Martino. — Bataille (h? Magenta. — Le rcgiinent vient en garnison à Milan jusqu'à la (in de la guerre. — Ketour en (îorse. — Formation du régiment à 3 balailliMis ilr X foinpagnies. — Le colonel de Braycr permute avec le «iiJoiH'l Martine/..
ISîHi. — Knihanpiement pour Pliilipp(;villc. — Emplacements des h I taillons en Algérie. — Bourras(fue de neige entre Gonstantine et Sùtif. — Colonne dans la subdivision de Sétif.
isrd. — IGniplaecmcnt dos hataillons. — Colonne dans Uîs lîabors. — (Joinliat dans le llodna. — Licencienicut du régiment. — Formation d'mi seul n''Kinient étranger.
Dès les premiers jours de rannée 1859, les relations mire la France et rAulriche étaient très tendues; en prêsenre des événements qui se passaient en Italie, le Gouvernement imx)érial pense qu'une guerre poun^ait bien avoir pour théâtre les provinces italiennes encore occupécvs par rAutriclie, dont le joug était devenu pesant aux Italiens.
L'oiVcctif du 1" régiment étranger était toujours peuconsidOrable; espérant que les patriotes italiens viendraient s'engager à la Légion, si celle-ci était plus rapprochée d'eux, le régiment rcrut l'ordre de se rendre en Corse. Kmharqué le 8 avril 1858, il vient tenir garnison à Ajac- (io et à Bastia. An commencement de mai, il est concentré à Dastin, attendant impatiemment Tordre d'embai*quenient cl craignant qu'en raison de son peu d'effectif, il ne soit pas admis à l'honneur de faire cette campagne. Ces crainl(»s sont vaines heureusement, et le 11 mai, il s'embarque
à Bâstiâ pour Gènes, où il arrive le 12. L'effectif total est à peine de GOO hommes.
Le recrutement italien n'a pas donné de résultats.
Le 1" étranger doit former avec le 2* étranger, venu de la province d'Oran, la 2* brigade (général Castagny) de la 2* division (général Espinasse) du 2" corps, sous les oitires du général de Mac-Mnhon.
En arrivant dans le port de Gônes, qui est i*empli de navires de guerre et de transports amenant les dernières troupes de la gai*de impériale, le régiment assiste au débai*quement de l'empereur Napoléon. Les musiques jouent l'air national italien. La joie et l'espérance sont sur tous les visages.
Le régiment est cantonné dans un grand couvent situé près des fortiiications. On s'occupe de s'organiser pour la campagne qui va s'ouvrir. Une commission composée de trois ofliciers du régiment est chargée d'acheter dans le commerce deux mulets et une voiture à deux roues par bataillon, plus une voiture pour l'état-major. Les ofliciers s'occupent de l'organisation de leurs popotes ; cette besogne est vite faite, chacun ayant gardé son campement et ses cantines algériennes. Les hommes touchent quatre jours de vivres, et le 14 mai, le régiment se met en route pour rejoindre le 2* corps qui est, dit-on, aux environs de Novi.
Le premier jour, on fait étape à San-Quirico ; le lendemain, la route s'élève à travers les Apennins, que l'on franchit. Le terrain est d'abord couvert de vignes et d'oliviers, mais à mesure qu'on s'élève, on trouve des massifs boisés et même des pins. On cantonne à Yoltaggio, petite localité qui a déjà eu beaucoup de troupes à loger, et dont l'enthousiasme pour l'armée française paraît se refroidir, en raison du grand nom1)ro de ses r(î[n*ésentants qui passent par cette petite bourgade. Le 10, on arrive à Novi, à l'entrée des plaines de la Lombardie.
D'après les renseignements recueillis, l'armée française
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s'est vite concentrée, mais Tartillerie n'estpasau complet. Des farceurs prétendent que les fameux canons rayés, envoyés dans des caisses cachetées, ne sont pas arrivés, etc., etc. Les ambulances ne sont pas préparées.
Tant mieux, disent les légionnaires, nous serons arrivés à temps pour la bataille.
Le régiment va camper à San-Giuliano, puis il se dirige sur Sale, où se trouve le quartier général du 2*" corps. La marche se fait au milieu de plaines bien cultivées, couvertes do mûriers ; les rivières qui descendent des montagnes, torrents en hiver, n'ont qu'un lllet d'eau en cette saison. Laissant la Scrivia sur sa gauche, le régiment rejoint la 2* division du 2" corps, du côté du village de Grava, où il s'installe dans les fermes environnantes. Il est à sa place de bataille, près du 2** étranger; il est arrivé à temps, la campagne peut commencer.
Le 1" corps, placé en première ligne, fait face à l'ennemi ; le 2'' l'appuiiî à gauche. Pendant deux jours, le régiment se contente d'envoyer de nombreuses reconuaissances sur les rives du Pô.
Le 20, on entend le canon vers l'Est; les Italiens disent que c'est à Voghera, mais c'est un peu plus loin, à Montebello, que la division Forey lutte contre une forte reconnaissance autrichienne et parvient à la repousser.
Le 2* corps arrive le 21 vers Castelnuovo de Scrivia, pour soutenir de plus près le 1" corps : le l'*" étranger va camper vers Gaseï et détache des grand'gardes qui doivent appuyer leur gauche au Pô.
Le 22, le 2" corps fait mouvement ; la 2' division va occuper Voghera, où le régiment n'arrive qu'à six heures du soir. Le lendemain, à trois heures du matin, tout le corps d'armée prend les armes ; la V division fait une reconnaissance ; la 2*" division est en soutien et attend la rentrée de la 1" division.
Le l*"' bataillon du 1" étranger est envoyé à Torre-Meiiacapo et délaclie une compagnie à San-Gaudergio.
Les mêmes emplacements sont occupés les 24, 25, 2(î et 27.
Le 26, à la nuit toml)ante, une section du génie «juitlu Yoghera et va coucher à Menacapo ; le 27, le 1**' bataillon et la section du génie sont dirigées sur le Pô, vers Cervi*sina, où un ))ataillon du 45' vient renfoi*cer la colonne. On construit des batteries sur le bord du fleuve \ on prépare des rampes d'accès; les travaux durent une partie de la matinée, puis les troupes regagnent leurs emplacements.
Le 28, le 2^ corps se met en marche et revient sur ses pas ; c'est le commencement du mouvement que veut faire TEmpereur pour tourner la droite des Autrichiens.
Le régiment va camper à Grava, presque à l'endroit où, onze jours auparavant, il avait rejoint le 2' corps. Le 29, on campe à Valenza, puis à Casalc où Ton passe le IV), lu régiment bivouaque de l'autre côlé de la léte du ponl. A la fin de Tétape, on entend le canon sur la droite à une distance assez rapprochée ; on s'attend d'un moment à l'autre à être dirigé de ce côté, mais la route en avant continuelle lendemain matin, on apprend que les Piémontais ont repoussé les Autrichiens.
Le temps est affreux , une pluie serrée ne cesse de tomber.
Le 31, la marche vers le nord se continue sur Vercelli ; c'est là qu'on doit coucher. Le canon se fait toujours entendre à droite, mais plus faiblement : c'est le jour du combat de Palestre. On franchit la Sesia, rivière tràs large avec un fond de galets, et on arrive à Borgho- Vercelli, à trois kilomètres à l'Est. Le régiment est placé à gauche de la route ; devant lui se trouve le 3* corps, mais on n'en établit pas moins des grand'gardes. Le campement est médiocre, il pleut à vei'se et les prairies sont presque inondées; de plus, la distribution de vivres se fait très tard dans la nuit.
Le 1'' juin, le régiment, qui est en queue de colonne.
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liasse la nuit à Novare; le lendemain, la division continue «a marc.ho en avant, suit la roule de Milan et va occuper le village de Trecate. En avant, se trouvent des petits postes de cavalerie qui écliaiigeut des coups de feu avec les cavaliers ennemis ; tout annonce rapproche de Tennemi ; on est impatient, ou a entendu le canon des Autrichiens et on ne les a pas vus.
Le 3 juin, la 2* brigade est chargée de faire une reconnaissance sur San-Martino. Elle doit s'emparer du pont do pierre qui traverse le Tessin. La brigade anive à San- Martino et ti*ouve évacués les ouvrages constiniits par les Anlricliiens. Huit pièces de canon sont restées, elles sont (ur.Ionéc's ; la brigade ramène trois factionnaires que, dans leur précipitation, les Autrichiens avaient oublié de rebner. Le pont a deux arches de démolies; la compagnie du génie rétablit la communication avec des madriers et dos planc'.bos.
Lr 2' /.oiiavcs Iraiirliil lo [Mint vX s'établit sur la rivis gauche ; les deux régiments étrangers restent en soutien, à San-Martino. A 9 heures, une compagnie de zouaves plafée aux avant-postes ouvre le feu contre une reconnaissance ennemie. On le signale en face, dans une bonne position, à trois kilomètres en avant. Les deux régiments étrangers se portent au pont. A 2 heures, la brigade se replie sur la rive gauche et est remplacée dans l'occupation tlo San-Martino par la garde impériale.
La 2** brigade se replie sur Trecate et de là, surTurbigo, (Ml passant par Gallarate, pour y rejoindre le gros du corps (rarmée. Elle franchit le Tessin sur un pont de bateaux jeté par les pontonniers, traverse Turbigo, le grand canal de Naviglio et vient camper, à 8 heures du soir, à sa place de batciille, à la gauche do la 2** division.
Le lendemain 4 juin, le 1" régiment est formé en coloinie par peloton à demi-distance derrière le 72*; l'artillorie Mian-Jie sur la route ; les zouaves occupent le terrain à droite de la route.
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Le flanc gaucho de la colonne esl couvert par deux escadrons du 7* chasseurs et par les deux compagnies de chasseurs du 1*' Régiment étranger.
Toute la division se met en marche ; on iravei'se Buscate, Inveruno, Misero et Marcallo; le pays est coupé de haies, couvert d'arbres auxquels grimpent des vignes; de nombreuses maisons sont bâties dans la campagne et interceptent la vue. Dans les premiers villages, on ne rencontre pas Tennemi. La marche est lente, les troupes, qui marchent à travers champs, sont obligées de xn*endre la route dans certains défilés, et retardent le p<issagc de Tartillerie. Marcallo est occupé sans coup férir, mais à 500 mètres en avant, la brigade fait halte sur un chemin qui conduit à Magenta. On commence à entendre la fusillade. La brigade, formée en deux colonnes par division, à distance de peloton, o])liquo à droite et va se poster derrière une briqueterie dont les murs et les matériaux confectionnés offrent une position défensive.
Le terrain est très fourré ; on connncnce à recevoir des balles de Tennemi qu'on n'aperçoit pas, abrité qu'il esl derrière des arbres. Le lieutenant Lecomle est blessé.
L'ennemi débouche de Magenta en trois colonnes et s'efforce de couper la 2' division du gros du corps d'«armée, qui marche sur Buffalora. Les chasseurs à cheval qui relient les deux divisions se replient et viennent annoncer l'approche des Autrichiens.
Vers notre droite, le colonel de Brayei^ place de suite la l**' compagnie de voltigeurs (capitaine Robert) en tirailleurs. Cette compagnie ouvre le feu à 100 mètres, mais les Autrichiens continuent d'avancer; la brigade se porte en avant à la baïonnette ; le 2' zouaves est à la di*oite avec le 2*^ bataillon du 1" étranger (commandant Guillaumont), pendant que de front, le 1" bataillon, couvert par la l'** compagnie {Spir)^ le 2* régiment étranger et un bataillon de zouaves repoussent les Autrichiens jusqu'au chemin de fer.
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L'arlillerie ennemie ouvre le feu à mitraille, son infanterie i-eroit des renforts et la 2* brigade se replie jusqu'à laliriqueterie, où elle entretient le combat.
A H.'i g.'uiclie, vers Marcallo, la l"' brigade se défend vigoureusement ; la 2^ brigade se relie avec elle, et toutes deux parviennent à repousser les Autrichiens.
Vei-s cinq heures, legénérîil de division Ejpmajs^ donne Tordre d'enlever le village de Magenta ; lui-même se met à la tùte du 2* zouaves.
Le colonel du 1" étranger avec le 1"' bataillon et la 2** compagnie de chasseurs, auxquels se sont joints deux bataillons du 2" étranger, arrive jusqu'au chemin de fer. (^Iiar*;é d'attaquer la droite du village, sou action se relie ;i celle de la 1"* brigade (général Gaulî). Le chemin de fer est franchi sous un feu très vif; le commandant de Grammont est blessé grièvement au bras gauche ; la tôle du bataillon arrive quand mémo sur la place do Magenta. L'artilhjrio cniieuiio, surprise par le mouvement tournant, bat en retraite ; on la poursuit jusqu'à la sortie du village; elle met deux pièces en batterie pour enfiler la route à la sortie de Magenta.
Le colonel jette sa colonne à droite et à gauche de la roule ; la mitraille ne lui fait éprouver que de faibles pertes. I^a sortie de Magenta est banûcadée et occupée solidement. Puis on commence le siège de chaque maison où se sont réfugiés les Autrichiens. A 9 heures et demie, le capitaine adjudant-major Lam6er(, du 2* étranger*, est blessé (l'un coup de feu sur la place de Magenta, en causant avec le colonel de Drayer.
Le 1*^' régiment va camper au nord du village. Sur son faible effectif de 480 hommes, il compte 5 olllciers blessés, 14 soldats tués, et 30 sous-olliciers ou soldats blessés. Le géiiévaA Espimtsse Si été tué à l'entrée du vilKige, ainsi que FOU ollicier d'ordonnance, le lieutenant de Froidefofid.
]. Aujourd'hui g<3n(5ral de division.
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Le lendemain 5, les positions des camps sont rec il fiées; le 1'' régiment va bivouaquer en avant de Magenta, près de la route de Milan. La journée se passe à diriger ios blessés sur l'ambulance organisée à Magenla, à enierrer les morts et à compléter les munitions et les vivres.
Le général hecaen prend le commandement de la division en remplacement du général Espinasse.
Le 6 juin, le régiment arriva à Rho, à 4 heures du soir; à peine arrivé, le maréchal de Mae-Mahon fait prendre les armes à la division et avec la cavalerie se porte vers Carbagnale, où se trouve le général UriHtn, avec une colonne autrichienne. L'ennemi se dérol>e et à 9 heures, le régiment rentre au camp; la cavalerie continue la poursuite, mais les Autrichiens l'évitent et se dirigent vers Monza.
Le 7, le régiment entnî à Milan avoc tout le corps d'armée et c«'impe sur les boulevards cxlcrieurs.
Le 8, à 4 heures du matin, le 2' corps se dirige sur Meleguano, pour soutenir une atUiquedu 1"' corps contre des forces autrichiennes qui se sont i-etii-ées sur cette localité. Le régiment arrive à San-Donato, y fait halte pendant trois heures et continue avec la brigade par Monticello sur MeJiglia, où pendant deux heures, il attend l'entrée en ligne de la l'* division.
Vers G heures du soir, il entend le c;iiion en avant et sur la di*oite. La marclie en avant est reprise ; on arrive à Balbiano. Les deux compagnies de chasseui*s sont embusquées le long d'un ruisseau atUuent du Lambi*o.
Un violent orage éclate, la pluie tombe à torrents; on est dans la boue jusqu'aux genoux. Impossible de faii-e du feu ; la nuit se passe dans cette position.
Le 9, le i-égimont reste au camp de Robbiano et le lendemain, il reiUni à Milan où il est caserne au château; deux compagnies occupent le fortin du chemin de fer.
I^e !•' i-égiment doit tenir garnison à Milan ; il ouvre un bureau d'engagement pour les Italiens ; pour aider à
r.UEHUE D*1TALIE ET ALGÉRIE. 221
cetle nouvelle organisation, le dépôt du régiment quitte Ajaccio le 2C juin, vient à Milan le 2 juillet, rejoindre les baUillons de guerre; quelques jours aui)aravant, 250 rernii'K r*l'ii('Ut veiuMîK rruforcîcîr relferlif du 1**' régimonl.
Kn outre de son service dans la place de Milan, le régiment a la garde de nombreux prisonniers cautrichiens qui sont internés dans les casernes et les établissements puJ)Ucs.
Un décret du 30 juin * autorise les engagements pour une durée de 2 à 5 ans et les rengagements pour 1 à 5 ans.
La ))ataille de Solferino termine la guen*e ; la paix est signée à Villafranca. Le 1"' régiment quitte Milan le 21 juillet, arrive à Gênes le 3 août, y campe les 4 et 5 août, s'(îni barque le 6, et arrive à Uastia le 7. Fort peu d'Italiens étaient venus s'engager, et la plupart de ceux qui l'avaient fait s'étaient empressés de déserter, avant que le ré;;iment quitte l'Italie !
I\ir décret du 14 octobre 1859', le 1" régiment est formé comme le 2" (trois bataillons à buit compagnies) ; le recrutement se fait sans distinction de nationalité; la tunique verte est supprimée, les deux régiments portent le même uniforme. Le numéro du képi qui était en drap est remplacé par un numéro en cuivre.
liO 5 décembre, le colonel de Brayer permute avec le colonel Marlinez.
1860. — Le 5 février, le régiment s'embarque à Bastia pour l'Algérie. Débarqué le 8, à Philippeville, il va occuper les garnisons suivantes :
État-major et 1" bataillon à Philippeville, Bougie, Milali, Djidjelli ; 2* bataillon, Sétif, Bordj-bou-Arreridj et Bousaada ; 3" bataillon, à Constantine.
Le 4 mars, le 2" bataillon allant de Constantine à Sétif est atteint à Bordj-Mamera par une bourrasque de neige
1, 2. Voir aux pièces jusUflcativos.
222 LA LÉGION ÉTUANGÈKB.
<|ui aurait pu entraîner les plus grandes pertes sans la discipline de la ti*oupe et le zèle du commandant et des oliiciers, aidés des chefs indigènes qui accompagnaient la colonne.
Arrivé à Sélif, le bataillon fait i)artie d'une colonne commandée par le général Nesme-Dcsmarels qui opère dans les montagnes, au sud de Sétif. Durant cette colonne, les soldats eurent à souiTrir dos dillicultés du terrain, des variations de température qui sont excessives à ces altitudes. I^a vue de l'uniforme français rétablit le calme dans le pays parcouru et la colonne rentra à Sétif, où elle fut disloquée.
1861. — Dans les premiers jours de l'année 1861, le régiment occupe les emplacements suivants : État-major à Philippeville; 1*' bataillon à Philippeville, CoUo, Bougie et Djidjelli; 2* bataillon à Sétif, Takitount et Bonsaada ; 3* bataillon à Constantine.
Au mois de mai, lo îV kUailloii (connnandaiit Aubrij) est dirigé sur Milah où doit se réunir une colonne commandée par le général Desvaux, pour opérer dans les Babors. Le 3* bataillon, avec un bataillon du 58* de ligne et un bataillon de tirailleurs, forme une brigade sous les ordres du colonel Lacroix, du 3* tirailleurs.
La colonne entre en Kabylie x>ar le Zouagha et se dirige vera Fedj-Hll-Arba. Au milieu de la nuit, le camp reçoit des coups de fusil; les assaillants sont repoussés, mais on reste sur pied le restant de la nuit. La colonne continue sa marche sur Taffertas; le 3* bataillon, cliargé de l'arriere-garde, n'a Uni de déliler qu'à midi. L'avantgarde a été obligée de tracer un chemin pour permettre au convoi d'arriver au camp, qui est installé sur un mamelon; le 3* bataillon, qui a suivi le convoi, ne dresse ses tontes qu'à 3 heures du malin.
Du camp de Taffertas, on rayonne dans le pays. Dans ces sorties, les hommes sont sans sac ; on se borne à cou-
OUKURE o'iTALlE ET ALOÉniE. 223
l)er les orges et les blés, à Taide des baguettes de fusil et îi scier figuiers et oliviers.
Chaque jour, un bataillon ravitaille le camp et accompagne le convoi jusquVi Milah. Aussitôt que ce bataillon a quitté le camp, les Kabyles descendent des hauteurs et viennent tirailler avec les grand'gardes qu'on est obligé de doubler.
Cette région soumise, le général porte la colonne vers le nord et livre le combat du Tlodna, où le bataillon, qui est au convoi, n'est pas engagé. On vient ensuite s'installer à El-Milah, point d'eau qui commande l'Oued-Kébir. Les tribus se soumettent, et les impôts rentrant sans diillcultés, la colonuo poursuit sa tournée jusqu'à CoUo. Au commencement de juillet, la colonne est disloquée, et le bataillon HMitro à ConsU'intino.
yV la fin de l'année, le régiment, dont reffectif atteint le chiffre de 2,600 hommes, occupe toujours les mêmes garnisons.
Par décret du 14 décembre 18G1 ', le 1*' régiment est licencié ; les sous-ofDciers et les hommes sont versés au 2* étranger; les soldats étrangers peuvent être congédiés par anticipation. Les officiers servant au titre français sont replacés dans des régiments français ; ceux servant au titre étranger sont mis à la suite du 2" régiment, qui prend le nom de Régiment étranger et conserve sa garnison de Bel- Abbès.
Le licenciement est effectué le 27 février 1862.