‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 55 sur 117 · Voir le dccrol aux pièces justincoUvcs · texte numérisé non relu

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l.ko. KTRAKOJtRK. 15

226 LA LÉGION ÉTRANGKnB.

qu'on était en di*oit d'attendre du nouveau régiment formé, qui se souviendrait des brillants exemples donnés x>«'^i* les anciens i*égin)ents.

Tous les bohlats qui, ponrun motirquelconque, n'étaient pas appelés à jouir des droits accordés par le décret du 16 avril, sont inscrits sur les nouvelles niatriculcs du corps.

Malgré les difllcnllés sans nombre qu'entraîncMit la dislocation de deux corps et la formation d'un nouveau régiment, la réorganisation a marcbé si rapidement, grâce au zèle de tons, que vingt-deux joni-s après, les ti*ois compagnies (le droite du 1'^ bataillon, sous les ordres du capitaine Louis, sont envoyéesà l'ilabra pour y exécuter des travaux d'irrigation et d'assainissement.

Le 3 septembre, 5 autres compagnies du P^iaLiillon, sous les ordres du conunantlantde Fresne, partent pour Ain- Témoucbent pour y être employées aux travaux de routes.

A cette époque, de graves événements se préparaient dans l'est de la colonie. Les populations de la Grande- Kabylie, toujours insoumises, persuadées que la guerre de Crimée nous avait affaiblis et privés de la majeure partie de nos troupes, avaient levé l'étendard de la révolte et, sous le commandement du marabout El - iladj - Amar , avaient attaqué le poste de Dra-el-Miian.

11 imiK)rtait d'étoutTer cette révolte le plus promptenient possible ; d'antres tribus, fortement travaillées par les émissaires du maraboul, n'attendaient que l'beure propice |»our se soulever à leur tour.

Pendani que ces faits se produisaient, l'organisation du 2* régiment étranger avait continué à mnrcber avec le même entrain, et les 2' et 3* bataillons, complètement formés, étaient appelés à prendre part, sous le commandement du lieutenant-colonel Mnrlinez, aux colonnesqui s'organisaient sous les ordres du gouverneur généi*al, le maréclial Randon.

Les deux bataillons étaient désignés |K)ur faire partie de la 2* brigade(général Deligny)de la T* division (général Renault).

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Les deux bataillons partentdeI3el-Abbèsle5 septembre, arrivent à Oran le 7, et y passent le 8, l'inspection générale du général Walsin-Esterliazy.

Le 13, ils s'embarquent sur le Cacifjue, les voltigeurs du îV bataillon sin* le Tilan, et débarqncntà Alger, où ils campent près de la porte d'Isly.

Le 17, le maréclial Randon les passe en revue, ils se mettent en ronie le 18, arrivent le 24 à Dra-el-Mizan après avoir fait étape à la Maison-Carrée, La Rigaya, TOued- Colzo, aux Issers, et aux Beni-Ameur.

La 2* division, sous les ordres du général Yusuf, occupe le sommet des montagnes au pied desquelles la division UrnniiU est campée ; Tobjeclif est de prendre entre deux fïMix les villa^'cs soubîvés. Les doux divisions pénètrent sur le territoire des Reni-Koulli, la 1" division remontant la vallée de l'Oued-Boglini.

Le 25 septembre, à 2 beures du matin, les compagnies d'élite du 2*^ étranger formant Tavant-garde se mettent en route pour Bordj-Bogbni. Le lieutenant-colonel, à la tôte des 2 bataillons, les suit à nne lieure de distance et flanque la marche de la division.

Dans ce pays coupé à chaque pas de ravins, la marche est dillicihî, et on a devant soi un ennemi déterminé qui, outre une bravoine très grande, a l'avantage de connaître admirablement le terrain sur lequel il combat.

Si la bravoure est grande du côté des défenseurs, celle des attaquants ne lui cède en rien et le 2^ régiment, qui reçoit le baptême du feu, se montre en tous points digne de ses aînés.

L'ennemi est chassé, après une vive résistance, des hauteurs qu'il occupait, ses villages sont brûlés.

Le lieutenant Véniai'd se distingue particulièrement à la tcte d'une section de voltigeurs ; il reçoit une blessure grave en délogeant l'ennemi d'une position protégée par des retranchements.

Le capitaine Saussier, qui est à l'arrière -gai de avec sa

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compagnie, quand la division regagne le camp, est harcelé de toutes parts par les Kabyles, qui inquiètent sa retraite. Il est obligé plusieurs fois de faire des retours ofl'oasifs pour se di^gager. A un moment même, il entend crier : Nous sommes toutmés ; mais il a apeiTu un de ses hommes blessé qui va tomber aux mains do Teimemi. Dédaignant l'avis qui lui est donné et n'écoutant que son conragu, le capitaine Saussier, suivi de quelques hommes, s'élance sur les Ka1)yles, les repousse et enlève U) blessé; mais on se retirant, il est frappé d'une balle au-dessous du genou.

I/alTaire avait été vigoureus(.*ment menée et nos [lerlob étaient sensibles. M. le lieutenant Véniard et le sous-lieutenant Jandon mouraient le soir même des suites do leurs blessures, nous comptions 4 oHlciers blessés, 3 hommes morts et 35 blessés.

Le surlendemain, la colonne installe son camp au milieu des lieni-KoufTi ; le 28, elle entre sur le territoire des Deni-bouAddou, qui n'avaient pas encore fait leur soumission.

Le 29 septembre, une petite colonne dont fait partie un bataillon du 2^ étranger, Aa i*azzier les Beni-Bouglieidou.

Le 30, nouvelle attaque des villages-, le 2* bataillon, sons le commandement du capitaine Aubry, pnnd paria cette opération, qui réussit grâce au courage et à l'opiniAtrcté de nos troupes. Cette affaire nouscoi^to le sergentmajor Wagner, qui meurt di^s suites d'une blessure rciuie au commencement de Taction, et 12 hommes blessés.

Il importait d'en ilnir avec les Beni-bou-Addou; le 4 octobre, le général Deligny se met à la liMe des troupes.

Les compagnies d'élite, commandées par le capitaine Mariotti, font partie de la colonne deganche sons les ordres du lieutenant-colonel Martinez.

Toute la résist^uice des Beni-bou-Addou s'est concentrée dans le village de Djennna, adossé aux derniers contreforts du Djurjura, et dont l'accès n*est possible que d'un seul côté. Le chemin qui mène au village est une montée

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très raidc, longue de deux kilomèlres environ, coupée d'obslacles naUirels et de retranchements derrière lesquels les Kabyles fusillent nos troupes. Les compagnies d'clito montent av(îc entrain à Tassant et franchissent tous les obstacles, sans se laisser arrêter parle feu de Tennemi, elles arrivent dans le village avec une telle impétuosité que tout cède devant elles. En raison de la rapidité avec laquelle les compagnies d'élite ont franchi la distance qui li^s séparait du village, les pertes sont presque nulles : cinq blessés seulement.

Legouverneur général, qui est entréà la suite des troupes, félicite chaleureusement les compagnies sur leur belle conduite. CcHle affainî mot (\n aux hostilités et les tribus de la vaIl(*Mî (le rOnod-Boghni demandent Taman.

Jja colonne se dirige alors vers Tizi-Ouzou, où lesBeni- Doullas étaient encore en armes. On entre le G oclobre sur leur territoire. Lo 7, le 3* bataillon attaque le village d'IkhonclKîlrn et en chasse les Kal)ylcs. Le capitaine Crignier, à la Irte de la 5" compagnie, arrive un des premiers dans les retranchements, tue un grand nombre de ses défenseurs et met les autres en fuite.

Lorsque le 3* bataillon regagne son camp, il est assailli de tous côtés par des groupes nombreux qui le suivent à la piste et inquiètent la retraite par des attaques réitérées; 8 hommes sont blessés et le capitaine Crignier reçoit une blessure grave, dont il meurt dans la soirée.

Le 8, la colonne reprend roETensive, pousse vigoureusement en avant et vient camper au milieu des Beni- DouUas, après avoir brûlé les villages et coupé les arbres fruitiers. Tout le monde a fui, et le 9, la colonne campe sur le Sébaou, ayant chassé Tennemi de toutes ses positions. Dans celte marche, les 2 bataillons du régiment qui formaient Tarrièro-garde ont un oflicier et 8 hommes blessés.

Les opérations militaires sont fuiies, les tribus ont obtenu Taman. Le 10, le gouverneur passe la revue de la

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colonne, complimente les troupes et prononce la dislocation des deux divisions.

Les doux bataillons sont dirigés sur Alger, où ils s'embai*quenl pour Mers-el-Kébir et rentrent le 24 octobre à Bel-Abbès.

Pendant que les 2'' et 3"" bataillons accomplissaient en Kabylie ces brillants exploits, le 1*' bataillon continuait à riiabra sa tâche plus modeste, mais tout aussi meurtrière que celle des colonnes.

Les travaux d'irrigation entrepris dans un pays des plus malsains, n'avaient pas tardé cà amener de nombreux cas de flèvre et de dyssenterie. Le capitaine Audibert et 25 hommes meurent.

Beaucoup d'hommes sont évacués sur les hôpitaux. Le 1*^' bataillon est tellement décimé, qu'il faut le faire relever parla moitié du 3*" bataillon arrivant do Kabylie, qui laiè^sc le fusil pour prendre la pioche jusqu'à la saison des pluies.

Le l"'' novembre tous les soldats de l'ancienne I^égion étrangère qui étaient passés dans des régiments franrais, recevaient l'ordre de leur mise en route et partaient imméiliatemeiU.

A la fin de décembre, tout le régiment était concenirc à Bel-Abbès, sauf 5 compagnies, dont 2 détachées à Daya et 3 h Aïn-Témouchent.

1857. — La sévère leçon iniligée par les colonnes de 1856 n'avait pas abattu l'orgueil et la jactance des Kabyles.

A peine les colonnes avaient-elles quitté le pays, que ces montagnards avaient rebâti leurs villages et réparé leurs pertes d'armes, la fabricalion de la poudre avait repris un nouvel essor, et entraînés parles prédications do leurs marabouts, ils appelaient do tous leurs vœux une revanche des échecs qu'ils avaient subis. L'étendard de la révolte était relevé et tous les contingents kabyles se mas-

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saieiit chez les Beni-Raten qui, grâce à la configuration du pays où ils sont établis, se croyaient inexpugnables.

Il fallait donc <mi finir une Imnno fois avec ces roinnantcs tribus et loin* infliger une telle défaite, que de longtemps elles n'eussent envie de recommencer. Une expédition en Grande- Kaby lie fut donc décidée : toutes les troupes devaient être sous le commandement du gouverneur général, le maréchal Randon.

La conduite brillante tenue par le 2'' et le 3* bataillon aux colonnes de 185G désignait le régiment pour concourir à cette nouvelle expédition.

Au coinmencoment d'avril, le colonel de Chabrière riMcvait Tordre do former deux bataillons de guerre. Les ellectifs des compagnies d'élite devaient être portés à 120 hommes et ceux des compagnies du centre à 100 hommes.

Le 1" bataillon (commandant Manouvrier de Fresne) et le 2'' bataillon (commandant Mangin) quittent Bel-Abbès If» I I avril, sons hîs ordres du «-.olonid.

Ces deux bataillons comptent 1,57G hommes.

Ils se dirigent par étapes sur Alger.

Le général Cousin-Montauban, commandant la division d'Oran, vient les passer en revue le 15 avril à Saint-Denisdu-Sig ; le 2'^, ils sont à Orléansville, le 18 à Milianah et arrivent le 3 iuaià Blidah où, le 4, ils sont passés en revue par le général Bonrbaki.

Le 7, ils arrivent à Alger où ils restent jusqu'au 13, employant leur temps à des tirs à la cible où pour la première fois ils sont appelés à se servir de la b.ille Nessler.

Les 2 bataillons quittent Alger le 13; ils sont placés dans la 2* division (général de Mac-Mahon), 1'* brigade (général Bourbaki), avec le 2" zouaves et le 54' de ligne.

Cette brigadtî fait étape successivement à la Maison- Carrée, à l'Aima, aux Issers, à Azib-Zamounsur le Sebaou, à Tizi-Ouzou, et vient le 19 camper à El-Zaouîa, à 2 kilomètres à l'est du camp de la 3" division, au pied même des montagnes des Beni-Raten.

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Los montagnes des Beni-Raten se divisent en trois contreforts qui tombent eu pentes abruptes dans la vallée du Sebaou. Sur chaque piton est posé un village, qui de loin, avec ses tuiles rouges et ses murs blanchis à la chaux, ressemble à uu jouet d'onfant. En avant des premières maisons, on distingue les moulins à huiln. I^a plupart do ces villages n*ont d'accès que d'un seul côté et par une ponte très raide. Les deux contr.*forts de gauche se détaclient de Souk-El-Arba, qui est situé presque au ceutra de cette agglomération et dont le marché très important (le mercredi) a toujours été le lieu de réunion des fauteuils de désordres ; c*est do là qu'est parti le mot d'ordro qui a soulevé toutes les tribus.

L'objectif est donc la pris'i de Souk-El-Arba; la division de Mac-Mahon est chargée de gravir le contrefort le plus éloigné, d'enlever los villages qui sont outre elle rt Souk- El-Arba-, les deux autroi divisions gravissent les autres contreforts.

L'attaque devait se faire le 23 mai, mais les pluies rendent le terrain si glissant ce jour-là, ravinent le chemin à parcourir et provoquent de tels éboulements que c'est le 24 seulement, que les 3 divisions commonccnt leur ascension.

Le 1" bataillon, avec les voltigeurs du 2*, est au centime de la brigade, qui marche dt^ployéo en bataille et couverte par une ligne de tirailleurs. Le 2^ bataillon est au convoi. Dès les premiers pas, les tirailleurs reçoivent des coups de fusil. Derrière chaque haie de cactus, derrière chaque figuier, de nombreux Kabyles, vêtus d'une gandourah relevée autour de la taille par une ceinture en cuir, les jambes garnies de molletières en laine tricotée, portant presque tous le t;iblier de cuir, en usage dans toute la Kabylie, la tôto co.iviirte diiuo pelilc chéchia, dont la nuance a disparu sous la poussière et l'huile dont elle est imprégnée, font fou et vont reprendre position un peu plus loin, battant en retraite devant nos colonnes, mais ne ces-

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eant pas de les hai'celer. Ces Kabyles poussent de grands cris, s'excilent au combat comme les héros d'Homère et insuUout les roumis. L'habitude de gravir les niontagues, de faire de longues courses à pied, fait de cotte race kabyle une infanterie redoutable et très dangereuse dans une guerre d'embuscades.

Ils profitent de tous les accidents de terrain et se défilent de nos feux d'une façon remarquable. On voit descendre di's villages, des femmes qui viennent sous notre feu, apporter des munitious et aider au transport des morts et des l)h»ssôs.

liO pnMuinr villagi^ que r.'uconlre le V bataillon est celui di; Tacherahir, sur lecpiel rariillerie dirige ses feux. Aidés par le 11*" b:ït:iillon de chasseurs, nos légionnaires altiquent le village de front, pendant que les zouaves le tournent par la droite. Les Kabyles résistent courageusement, u'abnndouufn)t le village que lorsqu'ils s'aperçoivent du uiouvfjiMtMit exécuté par les zou iv(\s (ît craignent d'être enveloppés. Ils se précipitent alors dans les ravins et remontent vers les hauteurs se joindre aux défenseurs des villages non encore attaqués. Les grenadiers du capitaine Poggi entrent les premiers dans Tacherahir; ils ont un homme tué et 7 blessés.

Tacherahir enlevé, l'ascension continue. A 800 mètres plus haut, se trouve le village de Bélias.

Une section de la !'• compagnie est envoyée pour flanquer le mouvement de la colonne, les Kabyles cherchent à la déborder, 2 compagnies de voltigeurs sont commandées pour renforcer la section, elles n'joignent le bataillon sur le premier plateau, où l'on se reforme et l'on reprend haleine. La 3" compagnie est ensuite désignée pour tenir à distance les Kabyles qui menacent le flanc droit, pendant que les grenadiers, les deux compagnies de voltigeurs et le 2" zouaves enlèvent Bélias à la course malgré sa position sur un plateau escarpé.

Le .•*/ bataillon s'arrête pour donner le temps à la 2* bri-

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gade et au convoi de rejoindre, pendant que le 2"^ zouaves et le 54* continuent la montée vers AfTensou (ju'iU enlèvent brillamment. Le reste do la division cl le convoi qui montent vers Ailensou sont attaqués par les Kabyles qui sont descendus le long des ravins et cberchent à jeter le désordre dans Tarrière-garde. Ils finissent par disparaître après plusieurs retours offensifs laits parla 1'" brigade. On établit le bivouac dans Aiîensou, que Ton met en état de défense pour se mettre a Tabri d'une attaque de nuit.

Pendant cette journée, le régiment a 5 tués et 39 blessés. Plusieurs olliciers sont ci tés à l'onln;, entre autres le capitaine adjudant-major Delebecque et le fusilier Brandt, qui, bravant la mort, va relever un de ses camarades blessé que les Kabyles allaient massacrer.

Le lendemain 25, les Kabyles tirent sur nos postes, mais sans ciierclier à les enlever. Le sergent-major Devanx, de la 2' compagnie du 2* bataillon, est tué en allantrelever un petit poste.

La fusillade qui avait duré toute la nuit cessait subitement, le 26, à 10 heures du matin, on apercevait d' Aifensou de nombreux Kabyles décharger leurs fusils en Tair et se l'étirer vei's les hauteurs. C'étaient les contingents venus au secours des Beni-Raten, qui s.; retiraient à la nouvelle que ceux-ci allaient solliciter l'aman.

Le 26 et le 27, on prend la pioche et, le fusil au dos, on ouvre des chemins de manière à assurer la possession des hauteurs. Le 28, la division va (^unper sur le piton d'Aboudidi, le point le plus élevé des Beni-Haton, à 10 kilomètres de Souk-I'^i-Arba. Le gouverneur fait alors commencer les travaux du fort Napoléon à Souk-Kl-Arba et la route qui doit le relier à Tizi-Ouzou. La division do Mac-Mahon est chargée de construire la portion de route qui va du fort à Aboudidi et jusqu'à 4 kilomètres au delà.

Le 14 juin, le gouverneur pose la prjinièrc pierre du fort Napoléon ; le V bataillon vient campera Djemma; le 21 juin, il y est rejoint par le reste du régiment.

Eli 23 jours, la division termine la route qu'elle avait à faire. Les hommes y ont mis une telle ardeur que le général du génie vient les complimenter sur leur travail.

Le 23, toute la division campe à Aboudidi et se prépare à reprendre les opérations.

Les nombreux contingents kabyles qui avaient quitté les Beni-Raten avant leur soumission n'avaient pas encore déposé les armes; ils avaient fait appel à tous les fanatiques des tribus environnantes. Le petit village d'ischeriden avait été choisi pour le lieu de concentration. Ce villnge, situé à 4 kilomètres du camp de la division de Mac- Mahon, est hAti sur un petit piton et défendu par un ravin presque infranchissable. A gauche, lo terrain profondenuMit coupé est dominé par des contreforts sur lesquolô les Kabyles avaient éUïbli une ligne de retranchements: au-dessus et surtout sur les flancs de cette ligne, ils avaient construit plusieurs étages d'embuscades. On pouvait voir (lu camp l(;s travaux que toute la l'Opulation onfonnée à Ischeriden entassait pourla défense du village. Il importait d'en liuir et d'iîulevcr ce dernier boulovîird de l'insurrection.

Le 24 juin, à 5 heures du matin, la division lève le camp et la brigade Bourbaki prend position à 900 mètres de l'ennemi . L'arlilbîrie caiiounc pendant trois quarts d'heure les retranchements élevés en avant du village, pas un défenseur ne bouge. Le général lance en avant la 1"" brigade ; les Kabyles laissent les zouaves et le 54* approcher à 100 mètres des première retranchements ol ouvrent alors un feu tellement bien nourri, de face et de flanc, que la brigade arrête son mouvement et doit chercher à se déliler, sans cependant abnndonner le terrain. Le l*"' baU-iillou du 2* étranger se porte en avant et va renforcer les zouaves et le 54\

Le 2* bataillon du régiment, sous le commandement de sou chef, M. Maugin ', met sac à terre, cherche à tourner

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