I.éo. KTUANOKRE. IG
242 LA LÉGION ÉTnANGKHE.
va à Nîmes, où il doit tenir garnison pendant la campagne; les trois bataillons de guerre sont dirigés par voie de terre sur Toulon, où ils s'embarquent le 25 sur le Vmiban; ils débarquent le lendemain à Gènes.
Les autorités militaires françaises ne sont pas encore installées dans cette ville, qui est remplie de troupes réccnuiient arrivées. Cost nu toliu-bobu géuénil, chacrun cliercliant à se caser ; le 2* régiment va caiitonner à l'abbaye de Saint>Bartbélemy, clans le faubourg de Saint- Pierre-d*Arena. Très bien n eus par les habitants, les légionnaires se permettent nores et festins. Pour des troupes qui sont toujours par voies et par chemins, les préparatifs d'entrée en campagne ifont vite faits ; il n'en est pas de même des officiers venant de France, qui courent toute la ville pour s'équiper. Le corps d'armée dont doit faire partie le régiment, n'est pas coui^tilué: état-major, inlendance, ambulanc('s, tout est à l'état d'embryon. Cela préoccupe peu les légionnaires, qui sont prêts à boucler le sac et à marcher.
Le régiment, laissant à Gênes son petit dépôt au fort San-Benigno, est dirigé le 29 avril sur San-Quirico, situé dans une gorge des Apennins \ les hommes sont cantonnés dans les maisons, les églises ; le colonel est obligé de faire enfoncer la porle d'un couvent pour loger l'élatmajor et la nmsique.
On reste 4 jours à San-Quirico. Le 3 mai, on franchit les Apennins et on cantonne à Voltaggio. Le service des vivres n'est^pas organisé ; les distributions se font ou tard ou pas du tout; on est obligé de réquisitionner; les habitants refusent de rien vendre aux soldats. Le temps devient mauvais et l'on séjourne les 4, 5 et G dans cette ville. Le 7, départ pour Gavi et séjour les 8 et 9. Le 1" bataillon est détaché a Paslurana, où le singe du docteur Millot oblient un succès énorme.
Le général Gault prend le commandement de la brigade, qui est formée des 2 régiments étrangers et fait partie de la
^1'^ nÊGlMENT ÉmANOEU. 243
2* division, général Espinasse, du 2'^ corps, commandé par le général de Mac-Mahon.
Le 10 mai, les 2*" et 3" bataillons vont camper sur le platran de Pintcnna; le 1" bataillon reste à Pasturana. A partir du 8, on a fait des reconnaissances tous les matins; on a établi des grand'gardes face à Test. Les 11 et 12, les 2 l)ataillons font séjour et sont rejoints par le 1" bataillon.
Le 1'^ corps passe devant le 2* et se concentre plus à Test ; on n*a aucune nouvelle de Tennemi : les pays qu'on a traversés sont riclies, bien cultivés, plantés de vignes et d'arlnos fruitiers.
Lo !.•>, hîs 2'* et 3' balaillons vont occuper un mamelon à Casa-Pinta, qui n'est éloigné que d'une portée de fusil ; l(î J" bataillon prend l'emplacement du 3'' bataillon. Le 14, séjour.
L'Empereur, arrivé le 12 à Gônes, a pris le commandement (In Tarmée et a transféré son cjuartier général à Alrxandrie.
Le 15, départ pour Marengo ; le temps est à la pluie et l'on bivouaque dans la boue. Les distributions commencent à se faire régulièrement, les services s'organisent.
Par suilc du faible elfectif du 1" étranger qui estattendu de Corse, le 2** zouaves passe à la 2** brigade et est remplacé à la 1" par le 71' de ligne, qui vient de la 1^* division.
Par le môme ordre, le général de Mac-Mahon fait connaître que la brigade de cavalerie ne reste pas réunie ; il alfccle mi régiment de cavalerie à chaque division ; le V chasseurs à cheval fait partie de la 2* division.
lift sitiiiitioii des n'î^iiiictits do cavalcrio dans les divisions d'infanterie, dit l'ordre du général, au point de vue du commandement, des services adininistraHfs et de la discipline, sera celle (IcH troupes d'artillerie endivisionnées vis-à-vis de leurs généraux divisionnaires et de leurs eonnnandaiits d'armes.
Deux jours plus lard, une circulaire de l'Empereur mo-
244 ^A LEGION ÉTHANGKnB.
diile cello diàposilion : il n'esl alFocté qiio deux escadrons à chaque division ; le reste de la cavalerie formant réserve sous les ordres du général commandant la brigade. Dans cette môme circulaire, on trouve différentes pi*escriptions au point de vue du service de sûreté.
UiK* th'iiii-liriirc iivaiit Ir jour, Ivn tnHi|irK |irciiilroiit \vh iiriiKm truuiiiie ai itllctf lUrvait^ut vtrv att:u|iicrB; cllctt ne rfpi|;iicr(*iit Ivun liivuiiuctf (|iie lors<iiroii Hcra etrtuiii que IViiiieini n'a fuit nucun inouveuient. Il est tlt^fentlii d'avuir une grande tente, les ufiîcicrtf trouvant tuujuura un abri dan» le» niaisuns près de leur trou|K.*.
Ce imragrapho qui autorise les oiHciers à s'éloigner de leui*s soldats, est resté dans la mémoire de Tannée. C'est sans doute à lui que Ton peut attribuer ce fait, que pendant la 2** partie de la guerre 1870, prescpio ions les ofilciei*s quittaient leurs compagnies bivonaquées et s'insiallaient dans des maisons quelquefois trop distantes des
bivouacs.
fil* 1(), le r(''giin(*ut se diri^M.» vers Tcslavec tout le corps d'armée qui serre sur le 1*" corps -, le quartier génénil est à Sale. Le 2** étranger cantonne à Grava, dans les granges et dans les maisons \ il fournit des grand'gardes et des patrouilles pour surveiller le cours du Pô ; mais on n'aperroit sur la rive opposée que quelques cavaliei*sautriiiiiens. Le régiment reste cantonné jusqu'au 20.
C'est là qu'un rcMoit du major général de rariuée las instructions relatives aux moyens de transport.
Clia(iue compagnie a droit à deux mulets et reçoit 130 francs par nnilet pour l'achat de bAts et de cantines. 4 mulets sont aifectés à l 'étal-major du régiment, 1 pourchar|ue adjudant-major, 1 i>out le porte -drapeau, l'ofllcier payeur et le chef de musique. Les officiers venant d'Afrique et pourvus de mulets, doivent présenter leurs mulets à la commission de remonte établie dans chaque corps d'armée, qui leur remettra un bon représentant le prix d'évaluation des animaux.
2* IIKGIMKNT ÉTR.VNGER. 245
QiKîlques jours tiprès, une mitre circulaire proscrit do transporter les bagages des officiers sur des voitures à 2 roues, attelées do 2 chevaux eu taudoin, du modèle :ulf)pt<'; |Kii' If's l'iiMUoiilais, a i.iisoii dn t\r,\\\ voitures par ôlat-major de régiineut et do 1 par bataillou. Ce système n'est pas appliqué au régimeutqui, devant rentrer en Afri- «jne, garde ses mulets.
Le général de Castagny remplace à la 2* brigade le géiiL'ral Gault, qui passe à la 1"^.
Le 18 mai, le 1*' régiment étranger, le régiment suisse, comme on Tappelle, rojoint le corps d'armée près de Grava. Il n'a que doux bataillons à 7 couipagnies. Ce régiment no porte pas la cartouchière de la Légion.
Ijo 20, on entend le canon vers Test ; les Italiens prétendent que Ton se bat à Voghera, mais Taction est bien plus loin. Deux jours après, un ordre du corps d'armée fait connaître que la division Forey a repoussé brillamment, à Moiitoliello, une forte reconnaissance autrichienne.
Le 21, le régiment, on tête de La division, va s'établir à Castel-Nuovo-di-Scrivia.
Le 22, départ pour Voghera, où l'on arrive à G heures du soir. Quelques fractions sont cantonnées, le demi-bataiUou do droite occupe l'église. On voitpasser les prisonniers autrichiens et les blessés du combat de l'tavant-veille. Le V étranger est campé sur la gauche du 2\ un peu en avant du côté du Pô.
Le 2;3, à 3 heures du matin, les troupes prennent les armes, les sacs sont faits et laissés à la garde de quelques houinies, d'après les on-dit, on s'attend à une attaque ce jour-là. Le lendemain, même branlo-bas, on se porte sur la SlalVora. Los troupes reprennent alors bîurs c«uitonncments à Voghera où elles reçoivent les instructions du général de Mac-Mahon sur la manière de combattre.
L(;s plaines de la Loinhunlie, dit-il, rcssciublciit à celles que riirméc :i eu à parcourir, c'est uu pays couvert d^arbrea, coupu
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de fossés, souvent impraticable à la cavalerie et à rinfanterie réunies en niasses un peu nombreuses; un fantassin, un cavalier auront à chaque pas des difficultés pour franchir des obstacles naturels, la guerre se fera donc par de nombreux tirailleurs; ce sera pour nous un moyen de tenir notre infanterie moins exposée au canon de l'ennemi. Les tirailleurs n'auront pas à craindre la cavalerie, qui aura rarement ruccasion de charger en ligne; il leur suflira de se rallier sans courir et de se fumier par petits groupes qui leur permettent au besoin de rallier leur réserve.
Les bataillons marcheront en culoniie par peloton à demi-distance; ils seront à même de former le carré. En pays couvert comme celui-ci, le premier soin de tout officier commandant une troupe sera donc de reconnaître en avant, à sa droite, à sa gauche, sur les derrières, les communications qui le relient aux troupes voisines, de manière à maintenir sa troupe dans la direction générale de la ligne de bataille. En arrivant sur les chemins perpendiculaires à la direction suivie, les officiers commandant les troupes devront arrêter leur tête de colonne pour permettre aux troupes placées en arrière, de venir se placer en ligne. En face de l'euiiemi, éviter les chemins qui seront le plus souvent enfilés par son artillerie; quitter les chaussées et marcher à côté d'elles pour se dérober au feu de l'artillerie.
Pour éviter les erreurs qui résultent ile sonncrii;» trop multipliées, ne répéter que les sonneries prescrites par les chefs de bataillon, en les faisant toujours précéder du refrain du régimeut et du bataillon. L'artillerie, dès qu'elle déboite des colonnes, doit toujours avoir un soutien.
Les troupes conservent hmrs emplacements les jours suivants ; le V étranger, dans le but d'attirer Tattention de Tennemi de ce côté, va exécuter quelques Iravciux sur les rives du Pô.
Le 27 au soir, on reçoit Tordre de se mettre en marche, non en avant, mais en arrière. liC régiment avec la division revient camper près de Grava; le 29, on franchit le Tanaro en amont de Bassignana et on va camper à 2 kilomètres au delà de Valenza, près de la roule de Casale. On a quitté les plaines fertiles de la Scrivia pour un pays plus accidenté cl couvert d'arln'cs.
Le 30, la marche se continue vlms le nord ; on traverse le Pô à Casale, qui est envahi par des troupes d'artillerie
et (le cavalerie. Vers 5 heures du soir, on campe dans la tute de pont, sur la rive gauche.
Vers 6 heures, ou entend le canon vers la droite ; c'est le canon piémontais. La nuit est mauvaise ; il pleut à torrents, impossible d'allumer du feu.
Le 31 mai, le régiment se met en marche à 4 heures et demie pour Vercelli, où il arrive à 10 heures du matin. On s'y repose et on touche des vivre.?. Le canon se fait toujours entendre sur la droite où doit se livrer un violent combat ; on s'attend à marcher de ce côté et, jusqu'à 5 heures du soir, la division reste derrière ses faisceaux; mais à cette heure, la marche est reprise et on campe à Borglio- Vercelli, à 6 kilomètres au delà de la rivière. Les ofTiciers ont dû laisser à Casale les bagages non indispensables ; les vivres ont été complétés à 4 jours ; les distributions se font maintenant régulièrement, et les hommes trouvent à acheter dans le pays tout ce qui leur est nécessaire.
J^es combats livrés à notre droite et le changement de direction exécuté par la division, font comprendre que nous tournons la droite de rennenii.
Le T' juin, le rigiiiient arrive à Novare à 2 heures et va camper en avant de la ville, à gauche de la route de Milan. La garde impériale est à Novare, le corps Niel est devant la 2" division du 2* corps.
Le 2 juin, on quitte Novare après le départ du corps Niel, qui appuie à droite du côté de la canonnade. Pour la première fois, les armes sont chargées ; nous sommes en première ligne; celle petite opération fait de l'effet, on sent l'enneini. La brigade escorte Tarlillerie et le convoi; mais un violent or.ige force le général à cantonner la division dans Trécaie ; l'opération se fait difficilement et sans beaucoup d'ordre. Une partie du régiment occupe l'église ; le» compagnies sont disséminées dans les ferme», dan» le» nin«;iia!]eries. Ou dit rennenii tout près, sur le Tcf»in, occtipanl uin' position retranchée.
248 LA LÉGION ÉrnANGKRE.
Les graiid'gardes sont poussées en avant vei*s l'est; la nuit est tranquille.
Le 3 juin, la division prend les armes de bonne heure. La brigade, sous les ordres du général de division, iiarl en reconnaissance sur la route qui conduit sur le Tessin a San-Martino. Avant d'arrivor à la rivinre, on apoivoil des ouvrages de campagne de construction récente ; mais ils sont évacués ; 8 pièces du canon enclouées et 3 factionnaires oubliés par les Autrichiens dans leur retraite toml>ent au pouvoir de la brigade. Ije régiment se masse près de la rivière; le génie organise une passerelle pour rendre le pont de San -Martine praticable, car en se retirant les Autrichiens on ont fait sauter deux arches.
Le 2' zmhives franchit le pont; le capitaine Duhosci| prend im bateau et avec quehiues soldats passe la rivière. On échange des coups de feu avec des cavaliers ennemis qui des hauteurs descLMulent dans hi plaine. Le régiment n'est pas engagé ; des patrouilhïs sont envoyées sur la gauche ptnir survcilirr le UM'rain (mi auunit.
Le soir, hi brigade ebt relevtHî par une brigade do la garde. IJlle se rei)li(î sur Trécate qu'iUe a quitté le malin. Pendant sa marche, on onlend de nouveau la canonnade sur la droite: les Autrichiens alt^iquc^it la V* division qui a suivi la rouh^ de Galliale et IVanchi le Tessin près de Turbigo ; rtinnenii est nqHMis.sé.
A Trécile, on n*ncontre les grenadiei*s de la garde cl rartiUerie; on prend à droite le chemin suivi par la 1** division. Sur ce chemin, on ^e croise avec une division Stirde, une division du rorps Niel, le;i voltigeurs de la garde et l'Empereur qui regarde déliler la brigade.
Les chemins qui conduisi'Ut aux ponts de bateaux jetés [Mir les ponionniers sont envahis par de la cavalerie, de rartillerif, <h's convois ; on arrivn à grand'peiiie à se fi^ayer un passage à la chute du jour. Encore, le capit«iine Poggi, des grenadiers, a- 1- il sa compagnie qui manque d'être coupée par une liatlerie d'artillerie ; le capiUiine l^oggi s'é-
'J'' HKr.lMKNT KTHANr.Kn. 249
laiirc à 1,1 ti*lr îles flicvaiix, les fait reculer iiial'çrê les rée>lainations du coniniaudaut de la batterie, et le provoque en duel.
On traverse Turbi^'o encombré de troupes; de Taulre <:6t édu village un retrouve la 1"* division.
Le terrain en avant du camp est reconnu par les capitaines adjudanls-majors Dclebecque et Danjou ; le cheval de ce dernier tombe dans un trou et se casse la jambe. On s'installe dans un cbampde seigle, dont la paille estcoucliée pourrtreétendu(î sur le sol qui est détrempé ; b's hommes n'ont rien pris depuis la veille; le cheval du capitaine Danjou est dépecé et maugé ; ceux des hommes qui n'ont pu profiler de cette» aubaine se contentent d'un mnigre café qu'ils parta.i^ent avec leurs officiers.
Le 4 juin, la division ne part qu'à 8 heures et demie du matin au lieu de 4 heures, à cause des distributions. Pendant la dislribulion, le régiment reçoit l'ordre de prendre les armes : le vin est bu i»ar les hommes de corvée qui rejoignent en hâte leui's compagnies.
A 10 heures, le 2'' étranger se met en marche, le 1" bataillon (connnaiidanl de Fresne) escorte le convoi ; le 2* et le iV ainsi que le colonel et le lieutenant-colonel sont avec l'artillerie. C(»ll(»-ci suit le cliomin qui passe par Buscate, Inveruno, Marcallo et se dirige sur Magenta, tandis que les bataillons en colonne à demi-dislance marchent à travers champs vl non sans dillicultés.
L'appliralion des règles données par le général de Mac- Mnhon pour la marche, n'est pas connnode par suite de la nature du turrain. La propriété est très divisée ; ce ne sont que canaux, champs, rivières, haies vives, maisons isolées, vignes suspendues à des mûriers qui giînent la vue. La marche est iMicore ralentie par les villages qu'il faut ou tourner ou traverser en rompant les colonnes. La chaleur est forle ; heureuscMuent les habitants des villages que l'on traverse, olTrent de l'eau aux soldats.
Vers midi, le V^ bataillon reçoit l'ordre de quitter
le convoi et de rejoindre le régiment. Le lieuteaanl-colonel Martineza ordre découvrir, «avec le 3^ bataillon, Tintervalle qui nous sépare de la 1*^ division. On entend d'une façon intermittente le canon en avant et sur la droite.
La 2* brigade prend position à hauteur d'une briqueterie située en avant et sur la droite de Marcallo.
Le colonel envoie les c<uUinièrcs donner la goutte «'uix hommes ; cette précaution est toujours bien acceptée des légionnaires.
Le 1*' étranger est à droite; la 2*" brigade est couverte par les chasseurs à cheval. Ceux-ci ne tardent pas à se replier et annoncent Tarrivée d'une forte colonne ciutrichieune.
Les Autrichiens s'avancent en exécutant des feux de salve ; ils sont arrêtés dans leur marclie par une attaque du V étranger et du 2" zouaves ; mais ils ne Uu*dent pas à reprendre leur marche.
Le colonel de Chabrière, à cheval, en lunique à épauletles, attend quelques instants avant do prendre sa décision. « Non, dit-il I pas en retraite *, puis il commande: « Sacs à terre, en avant la Légion. »
Les 2 premiers bataillons se lancent au pas de course, la baïonnette basse; mais à cause de la configuration du terrain. Tordre ne peut êtrj maintenu, les compagnies, tout en marchant, se séparent ; les hommes continuent à crier : En avant et roulent comme une trombe sur les Autrichiens, qui, surpris par cette brusque attaque, battent en retraite posément, au pas accéléré.
Le colonel essaie, mais en vain, de remettre un peu d'ordre dans son régiment, il est entraîné par ses hommes qui crient toujours: En avant, lîne balle le frappe mortellement. L'élan est tellement gi\ind, que l'attaque se continue sur toute la ligne ; les Autrichiens sont repoussés jusqu'au chemin de fer ; c'est-à-dire que 3 kilomètres ont été parcourus par l'ennemi ayant dans les reins les baïonnettes de la Légion.
2* RKCflMENT ÉTRANGER. 251
Arrivés an chemin do fer et recueillis par de fortes réserves établies dans les premières maisons du village, les Autrichiens cessent de battre eu retraite et reroivent les poursuivants par un f<îu c!'artill(5ric très vif.
Les hommes du 2* régiment qui se sont mêlés à ceux du !•', se reforment dans un pli de tcrraiil ; lesolTiciers tentent de mettre un peu d'ordre dans toutes ces compagnies formées de solflats de deux corps différents.
Aux cris do : En avant, une nouvelle attaque est tentée contre la ligne du chemin de fer, fortement défendue par loR Anlrichions qui ont reru des renforts et cherchent à tourner notre flanc gaucho. Une chargea la baïonnette dégage les deux bataillons qui se replient sur Marcallo, où ils vont se reformer à hauteur du 72* de ligne. Nos pertes ont été sensibles ; le commandant Duchochoisa été blessé ainsi que nombre d*hommes.
Le soir de ce combat, les Autrichiens prisonniers disaient : Si nous avions su que vous n'aviez personne derrière vous, nous vous aurions enfoncés ; mais nous vous avons pris pour des tirailleurs couvrant la marciie des colonnes.
Le 3« bataillon, laissé à Inveruno avec le lieutenant-colonel Martinoz, roroit du général de division Tordre de se pcfrter en avant. Le bataillon est placé en soutien de Tartillerie, à la droite d'un bataillon de zouaves déjà établi. Une section de gi*enadiers est envoyée pour couvrir le flanc droit. A peine les tirailleurs sont-ils déployés que Ton aperçoit une forte colonne autrichienne tournant notre droite.
Les 2 bataillons (zouaves et 2* étranger) font face de ce côté, ouvrent le fou à courte distance et, à la sonnerie de la charge, se précipitent à la baïonnette sur cette colonne qui bat en retraite ; la poursuite est de courte durée : le générnl envoie par deux fois Tordre aux bataillons de revenir auprès do Tartillerie. On a fait 200 prisonniers.
Les rompagnies étant revenues à leur premier eniplace-
2n2 LA LÉGION ÊTUANtiKUK.
ment, on remet de Tordre dans les rangs. A co moment, voyant lont le corps d^armée se porter à rasôanl de Mafj;entay le lieutenant-colonel se conforme au mouvement général ; le bataillon du 2* étranger est placé à la gauclie do deux bataillons de zouaves que dirige le général Espi* na8S(}. On arrive aux premières maisons du village, au moment où le soleil commenc4î à baisser. Le 11* Imtaillon de chasseurs, les 2 autres bataillons du 2* étranger et le 1*' étranger, sous le connnaudemont de son colonel, eutr;*nt en même temps dans le village par l'est et menacent la route de Milan.
Jus^ju'à 9 heures du soir, on i^e bat dans Magenta ; les Autrichiens, retranchés dans les maisons, se défendent bravement, mais Unissent par succomber. Lu bat<iille est tlnie et chacun compte ses pertes. Le 2* régiment no s'est piis épiirgné ; le colonel de Chabriùre, les capitaines Alavoine, d'Assis, le lieiUenaut André et 41 sous-ollicieri cl soldats sont parmi les morts. Leconunandant Ducbochois, les capitaines Deirberque, Land)ert, leslieutenautsJauJon, Cond)e8 et CaUmus et 113 sous-otiiciers et soldats sont blessés. L'armée perd le général bispinasse, un ancien légionnaire, qui a trouvé une mort glorieuse à l'entrée de Magenta.
Le soir de la bataille, le régiment va camper dans les vergers ; rand)ulance est éuddie dans une ferme en avant du village, où les blessés sont dans une cour, exposés toute la nuit à la pluie et n'ayant qu'une couverture poiu* tout alu'i.
Le f), on reconslitne les conqtagnies ; les morts sont enterrés ; It's blcbsés cjui n'ont pu iHre enlevés dans la soirée de la veille sont r('cbei*chés et conduits à rand)ulance ; le.i vivres et les nmuitionssont complétés et l'on continue la marche sur Milan.
Legéuér.d Decaiu est uonnné au comuiandement de la 2* division, eu remplacement ilu général Kspinasse.
Le 19 juin, le régiment recevait les récom[>enses suivantes |K)ur la bataille de Magenta :
2" HKHIMICNT KTHANT.Kn. 253
Ml«'ii(Mil iioiiiiiic^s :
Ollicier de la Légion d'honneur: le capitaine Poggi.
Chevaliers do la Légion d'honneur: MM.. Jandeuil, médecin-major; de Grisy, Duboscq, Lavallée, capitaines; Aldini, sergeni; Vilain, sergent-major, et Keuder, caporal; plus 8 médailles militaires.