‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 61 sur 117 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DE SEPTEMDIIE 1850 A FIN 1861 (eN ALGÉRIE).

1859. — Honlrce du régiment dans lo province d'Oran. — Colonnos conln* los Boni-Snasseii. — Le choléra se déclare dans la colonne.

— liO colonel Bnlol pormale avoc le colonel Signorino. — Grande roloime commandée par le général de Martimprey — Perles subies par le régiiiicnt pend.inl répidrniic. — Dislocalion d:* la colonne.

— Ufiilréi*. des halaillons à Siili-bcl-Abhcs. — Le lienlcnanl-colonel Martiiicz est nommé colonel au l*' étranger. — 18 H). — EmplaceiniMils des baliiillons. — Formation d'un bataillon <le manœuvres. — Travaux divers. — Knvoi d'une députatiou du régiment recevoir riOiiiperenr à Alger. — Inspection du ;:éuéral Deligny. — 18G1. — Travaux <le colonisation. — Inspection du pénéral Deliguy. — Emplacments des compagnies. — Lo l*"" bataillon va à Uran recevoir lo maréchal Pêlissier. — Le l*' étranger est dissous et les hommes siuit versés au 2« qui prend le titre de : Hégimont étranger. — Elleclifau l" janvier 1802.

La (onceiilratioii rapide du 3" bataillon et puis du reste du régiment dans la province d'Oran était motivée par les événements qui se passaient sur la frontière du Maroc. Les HtMii-Snaesen, soulevés par un aventtuier, Si Mohamed- Ben- Abdallah, de la Zaouïa d'Ouazzan, oubliant leurs défaites de 1852, s'agitaient vigoureusement; ils attaquaient le 31 août à Sidi-Zaher, deux escadrons de cavalerie et les gonnis de Mahrnia qni prennent la fuite ; on appelle, en Afrique celte affaire, la journéî des éperons. Le lendemain, ils attaquaient le poste de Sidi-Zaher, défendu par une conipa^Miio ; le 10, ils va/.ziaient la tribti des M'sirda, du cercle de Nemours, et le lendemain ils 8(î jetaient sur le camp d'observation établi sur TOued-Thyouli ; mais une charge de cavalerie les mettait en déroute ; tous leurs baf^'ages furent pris.

Ce succès et divers avantages de nos goums rétablissaienl nos alfaires, mais il fallait remettre de Tordre dans

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A08 territoires et venger l'injure qui avait élé faite h la France.

Une expédition contre les Deni-Snassen fut résolue.

Parti par étapes de Milan à Gènes, où il avait été embarqué, le 3' bataillon (13 oiliciers, 344 hommes, 13 chevaux) arrivait à Mers-el-Kébir le 18 aoîït; il complétait ses effectifs avec des hommes pris dans le dépôt et dirigeait 3 compagnies sur Daya et 2 sur les Lauriers-Roses.

Le 1" et le 2* bataillon débarquenl à Oran le 22 (effectif : 44 ofliciers, 1,251 hommes et 6 chevaux).

Le 4' bataillon et le dépôt avaient quitté Nîmes le 18 août et s'étaient embarqués à Toulon pour Oran.

Arrivés le 29 août à Bel-Abbès, le 1" et le 2*^ haUiillon reçoivent Tordre le 2 septembre de se rendre à Tlemcon ; la musique reste à Bel-Abbès.

Le 3 septembre, les 2 bataillons se mettent en roule; le 7, ils font étape à la Tafna ; le 8, à Lalla-Mahrnia, où ils sont rejoints par le général Thomas, qui prend le commandement de la brigade, formée de 2 batiillous du tr de ligne, 2 bataillons du 2* zouaves et 2 bataillons du 2^ étranger.

Le 9, la brigade s'établit à Ras-Mouïlah, à Touest de Mahrnia. Le 10, le 1'' balaillon appuie la cavalerie dans une razzia et ramène 7,(H)0 moutons.

Quelque temps après, quchjues cas de choléra se déclarent dans la colonne ; le général Walsin-Ësterhazy qui la commande depuis le 11 septembre, prescrit les précautions les plus minutieuses pour empêcher le développement du fléau. Mais, malgré les efforts des ofliciers et des sous-oiilciers pour assurer les précautions hygiéniques, l'épidémie augmente d'intensité.

Le colonel Bulet, ancien lieutenant-colonel au 1" régiment étranger, ariivii le 12 octobre prendre le commandement du régiment par permutation avec le colonel Signorino, qui passe au 86*" de ligne.

De nombreuses troupes sont concentrées sur les frontières

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ilu Tell, lo général tlo Martiniprey, coin mandant les forces de terre et de mer de l'Algérie, vient en prendre le commandement.

On forme deux divisions, la première est sous les ordres du général Walsin-Esterhazy ; la deuxième est commandée [MiY le général Yusuf qui a sous ses ordres les généraux de Linières et Thomas. En plus, une petite colonne de cavalerie sous les ordres du général Durricu opère vers Sebdon cl an sud d'Ouchda. Cette dernière colonne est chargée d'attaquer les Maia et de les rabattre vers le nord. Plus au sud, M. de Colomb, commandant supérieur de Géryville, poursuit les Beni-Guill et surveille les nomades.

Au milieu de cette grosse concentration de troupes, le choléra poursuit ses ravages et enlève le cinquième de reffcctif ; le général Thomas, 5 officiers, I médecin et 200 hommes du régiment succombent.

Le petit corps d'armée va camper à Menaceb-Kiss. Celte luarrho relève le iiionil dos troupes, mais le fléau, quoique ayant diiuiiuié d'int(*nsité, continue à sévir.

Le colonel Butet prend le commandement de la 2" britçade ; le lieutenant-colonel Martinez, celui du régiment.

Le 25 octobre, la colonne se met en marche et s'installe ^^ans être inquiétée à Adjeraoua; elle contourne par le nord, le massif des montagnes des Beni-Snassen.

Le 26, le camp est installé au marabout de Sidi-Mohauied-ben-Berkan, sur l'Oued-Cheraa. Les contingents des Beni-Snassen, au nombre delO,OOOà 15,000, ont pris une excellente position dans les montagnes, dans l'espoir d'attirer nos troupes, mais ils sont déçus dans leur attente et rcjoi;^nu;nt leurs villages pour les défendre.

Le lendemain, la ( olonne se porte sur l'Oued-Tagma, mais le général apprenant que Aïn-Tafouralet, point centrai des monlagnes, était ino« cupé, s'y porte vivement et s'y installe sans coup férir, il y reste 8 jours.

Le cheick des Beni-Snassen vient lui-même demander la paix et accepte une contribution de 100 fr. par fusil.

266 LA LÉiSION ^.thangkhk.

Le 3 novembre, le 1*' ImUiillon fait partie d'iiiK-roloiine ronflt^e au général Dos vaux, cliarg(*e do surprendre los Maïa et les Angad ; malgré la rapidité de la marche, ceux-ci se dérobent, mais ils vont toml)er dans la colonne Durrieu qui vient du sud, ils sont i*azziés.

Le 11 novembre, la colonne rentre à Sidi-Zaher où elle est disloquée. Cctlc expédition aussi politique que militaireavait rafl'ermidans le devoir nos tribus quechercliaient h entraîner les Beni-Snassen, derrière lesquels on trouvait les intrigues de la cour du Maroc.

Aprôs 0 jours de repos, les 2 bataillons reprennent la route de Tlemcen et rentrent à Bel-Abbës le 17 novembre. Dans cotte môme annôe, lo rôgimont avait combattu avec gloire en Italie et supporté avoc courage Tépidémie du choléra, sans montrer un seul instant de défaillance.

Lo lieutcnantcolouol Martinez est nommé colonel du 1'' étranger et est remplacé au corps par M. Giraud, chef du 2" bataillon de cliass(Mirs à pied ; lo capitaine Aubry passe chef do b.itaillon ot lo cumtnanJaut do Fresue est nouuné officier de la Li^gion d'honneur.

1860. — Si raunoe 18;V.) a éié mouvementée. Tannée 1800 |Kir contre, se passe dans le caluu lo plus complet.

Apres quelques jours de repos bien mérité, les cornliagnios des deux liataillons rentrant de colonne sont disséminées sur diiréronts points de la subdivision de Bel- Abl>ès et employées aux travaux do route. Les 2' et 3' compagnies du 2* bitaillon sont envoyées à Daya ; les 4*, r/ 4*t les voltigeut*s de ce bataillon à la Tenira ; les grenadiers du iV bataillon à lioukanétis; les voltigeurs, à Sidi* Khaled ; enlin IVà hommes sont commis à la gai\le du pénitencier do honkanôlis.

p4Mir obvior à r(*tt(* dissrmi nation p. rinanoiile, lo général de division prescrit la formation d'un bataillon de manœuvres dirigé sur Oran. Celui-ci, après sa période d'ins-

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truction, est remplacé par un autre bataillon, qui reste en garnison à Oran jusqu'en octobre.

Par décret impérial du 14 avril, le capitaine Delebecque est nommé chef de bataillon au 81* de ligue.

Au moment des grandes chaleurs, la majeure partie du régiment se concentre à Bel-Abbès pour se refaire et reprendre Tinstruction militaire.

An mois de septembre, une dcputation composée du colonel, du drapeau, de la 2* compagnie de grenadiers, capitaine Saussier, et de la 3' compagnie de voltigeurs, capiL:iiiin Wolkcnsin^nr, (îsL fonnér pour se rendre î\ Alger, à Toccasion du voyage de l'empereur et de l'impératrice en Algérie.

L'inspection générale du régiment est passée par le général Deligny, qui signale les dégradations causées aux sabres par l'emploi qu'on en fait comme outils pour confectionner des piquets de tente, creuser des fossés autour des tcnt(^8, rtr., r\v..

Après l'inspection, les compagnies sont de nouveau réparties dans les diilérents camps de route, de travaux ou dans les petits postes.

Cette existence plaît beaucoup tinx soldats qui, en tenue de toile, occupés à des travaux peu assujettissants, sous la surveillance débonnaire dcssous-ofliciers et des caporaux, ont une indépendance relative ; les services rendus compenscîut, et bien au delà, la rétribution minime qui leur est allouée par jour.

De plus , cette vio active au grand air empêche les honmies de s'ennuyer, et on les retrouve alertes et vigoureux au moment où on a l»C80iu d'eux.

Quant aux oiUciers, ils emploient leurs loisirs à lâchasse ; en dehors de cette distraction, leur existence est d'une monotonie désespérante. Dans les villes, un grand nombre de soldats sont employés au génie, dans les administrations et même chez les civils, car les besoins de la colonisation priment toute autre considération.

1861. — La situation est aussi calme eu 1861 que Tannée précédente.

Les compagnies du régiment sont employées auxméuies travaux.

L'inspection générale est passée par le général Deligny.

Après les chaleurs, au mois d'octobre, les compagnies repartent en détachement, 5 compagnies du 2* bataillon sont employées aux travaux dans la subdivision de Mascara, ce qui donne un total de 16 compagnies employées aux travaux de colonisation.

Au mois de novembre, le 1*^ bataillon est envoyé à Oran pour recevoir le nouveau gouverneur dn TAlgérie, maréchal Pelissier. Ce bataillon rentre le 15 à Bel-Abbès où le maréchal arrive le mcTme jour.

Par décret du 14 décembre* (et par mesure d'économie), le 1" régiment étranger est supprimé ; quelques jours après, une décision ministérielle ' suspendait jusqu'à nouvel ordn*. les engagements pour la légion étrangère.

Au 30 décembre, une circulaire ministérielle fait connaître que les militaires servant dans les deux- régiments étrangère, au titre étranger et qui se trouvent dans leur avant-dernière année de service peuvent, sur leur demande, être renvoyés dans leurs foyers, par anticipation. Les hommes venant du 1" régiment licencié seront versés dans le 2^.

Au 1" janvier 1861, l'effectif du 2* régiment, qui était de2,428homnies, dont 243 condamnés et 51 disciplinaires, est modifié ainsi qu'il suit, le 31 décembre 1861 :

Effectif au !•' janvier 18G1 2,428

Incorporca pendant l'annue 1,248

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