KM AFRIQUE DR 18G7 A OGTOBUB
I8G7. — Liccnciemonl des fractions d'armes spéciales; formation à 4 bataillons. — Emplacements des bataillons. — Le colonel Deplanque remplace le colonel Guilliem nommé général. — Inspection du général d'II.int()oiil. — Héiliirilun il»* rriï«'clif à 3,000 lioni mes. — 1868. — Dissémination drs rompagnirs. — (lolonm* d*» Cîéryvillo. — Suj»pri'ssion des cuiiipiigiiif.'S d'élite. — ICmplacennmls des bataillons. — 1800. — Clohmne contre les Onled-Sidi-Clieik. — Inspection du général de Wimpfon. — Installation des bataillons à Géryville. — Situation précaire des troupes installées dans ce poste. — 1870. — Expédition du j^'énéral de Wimpfen sur rOued-Cliaïr. — Emplacements dos bataillons. — Déclaration de guerre à l'Allemagne, — Formation crnn bataillon à Tours. — Envoi des [*' et 2« bataillons à l'aiiiiée de la Loir»'.
1867. — Le régiment étranger rentre en Algérie tel qu'il était constitué au Mexique, c'est-à-dire à 6 bataillons d'infanlerie complètement formés, 2 bataillons formés sur le papier pour régulariser la position des éléments français des corps franco-mexicains, deux escadrons de cavalerie, 2 batteries d'artillerie et une compagnie du génie.
Au fur et à mesure des débarquements, les fractions souL dirigées vers les garnisons suivantes :
l** État-major et compagnie II. R., débarqués le 30 mars et envoyés à Mascara;
2*^ 1" et 2* bataillons, débarqués le 26 mars, désignés
pour Géry ville où ils arrivent le 26 avril , aprèe avoir laissé 3 compagnies à Saïda;
3* Les 3* et 4' bataillons, débarqués le 17 avril, vont à Mascara ;
4* Les 5* et 6% débarqués le 30 mars, ont Bel-Abbès pour garnison ;
ô* Les fractions d'armes spéciales, débarqnées le 3 avril, 8ont dirigées sur Mascara.
Quelques jours «iprès le débarquement à Oran, trois officiers surcoinbaienl aux suites des fatigues éprouvées dans cette campagne : c'étaient MM. le lieutenant-colonel d'Omano, les capitaines lirou et Munier.
M. le commandant Saussier est nommé lieutenant-colonel au 29' de ligne. Il quitte le régiment étranger où il servait depuis 17 ans.
Un décret du 4 avril 1867 prescrit de licencier immédiatement les fr<ictions d'armes spéciales et de réduire le régiment à 4 bataillons. Ces opérations ont lieu en mai et en juin ; 84 olHciers prissent dans des régiments fnmrais.
Dans chaque grade, les ollicicrs les plus anciens sont conservés au régiment. Le Ministre prescrit de comprendre d'abord dans les cadres tous les sous-ofllciers, caporaux et soldats servant au titre étranger et de les compléter avec des éléments français.
Par décision du f) juillet 1807, 387 sous-oHiciers et caponiux quittent le régiment. Ca mode de licenciement porte une grande atteinte à l'esprit de compagnie par les mutations en nombre considérable qu'il entraîne et pendant longtemps le régiment en soutire.
La réorganisation est d'autant plus longue, d'autant plus laborieuse, que la dissémination du régiment dans des petits postes est grande et les changements fréquents dans les di'U'U-henients. La (tohéhion se Tait d'autant plus difficilement (]ue la plupart du temps ces fractions isolées sont sous les ordres de connnaudants su|)érieurs de coloiuie onde cercle, qui ne s'occupent des troup:*s ipiedaus
rintéi'él du but qu'ils ont à poui*suivre et se désintéressent complètement de rorganisation du régiment.
Los nouveaux bataillons occupent les g<irnisons suivantes : 1*"' bataillon, Bel-Abbès et Saïda ; 2'' bataillon, Géryville ; 3* et 4*, Mascara.
Ils emploient Tété à se refaire, sauf le 2* bataillon qui est occupé à Géryville à la construction de gourbis, à l'ouverture de routes et à des corvées de bois éloignées de 10 kilomètres.
Les soldats regrettent la vie large et plantureuse du Mexique, qui fait contraste avec celle qu'ils ont depuis leur rentrée en Algérie. C'est Tannée de la famine qui flt périr tant d'Arabes de misère, du typhus et de la faim, malgré Irs scMOurs qu'on leur distribuait. Les denrées sont hors de prix, les hommes des postes du sud sont réduits à la ration de biscuit ; la viande est mauvaise. De phis, les sorties qu'on fait à chaque instant, sans jamais voir l'ennemi, apportent un surcroît de fatigues et de privations.
Le colonel Guilliem est nommé général de brigade et remplacé par le colonel Deplanque.
Le général d'Hautpoul vient passer l'inspection générale à Bel-Abbès et à Mascara II constate : < qu'avec son « effectif imposant (5,000 hommes), le régiment fait bon « effet sous les armes, la tenue des oiliciers et des hommes « est réglementaire ; c'est remarquable pour un corps reve- « nant à peine d'une aussi longue campagne : le nombre « des punitions semit très minime si un grand nombre « d'hommes ne se laissait aller à un penchant déplorable, « à l'ivrognerie, et ne vendaient leurs effets pour le satis- « faire. L'instruction est à reprendre dans tous les déta- « chemcnls. La majeure partie des masses est de 13 fr. 28 c. « eu débet. »
Peu de jours après l'inspection générale, le choléra éclate dans presque tous les détachements et fait de noml)r(îuses victimes dans le régiment. Pour donner moins de
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prise àrépidémio, les compagnies sont dispersées et campées autour de leurs garnisons.
Une dépêche ministérielle en date du 30 aoïkt prescrit de ramener Teffectif à 3,000 hommes. A cet effet, 274 Français sont dirigés sur Tlemcen et incorporés au 92* de ligne, et les actes d'engagement de 952 étrangers sont annulés. C(uix-ci sont dirigés sur Oran où ils sont renvoyés dans leurs foyers.
A la fin de Tannée, les 1*' et 2' bataillons occupent Mascara, les 3' et 4* Géryville.
1868. — Pour mener à bicm la réorganisation et Tinstruction du régiment étranger, reformer Tespritde corps et mettre à jour l'administration, il eût été indispensable que, pendant quelque temps, il fut entièrement réuni. Malheureusement c'est le contraire qui a lieu. Chaque jour le nomlne des postes à occuper augmente et les mouvements de détachements sont incessants.
l.e 1'' bataillon parti le 16 décembre 1807 pour Tiaret, y re^te jusqu'au mois de mars et est ensuite dirigé sur Géryville, où il est employé à constiTiire une chaussée à travers les Chotts. Pour damer cette chaussée, chaque soir, après le travail, le bataillon tout entier fait une heure de pas gymnastique ; ce travail dure 20 jours. Son camp est placé dans un endroit où il n'y a ni eau ni bois. L'eau est ap|)ortée dans des baquets. Pour si; garantir du froid, les hommes se terrjnt comme des lapins. Us creusent un trou de I mètre de profondeur et tendent leurs petites tentes en guise de toit.
Le 2* bataillon escorte sur les hauts-plateaux les convois partant de Saïda pour ravitailler Géryville et est de plus chargé de l'entretien de la route.
Du mois de septembre 1807 au 28 février 1868, les 3* et 4* bat'iillons en garnison à Géryville ont fait 5 sorties contre les dissidents, mais sans jamais les apercevoir. Les sacs sont toujours faits, les vivres d'ordinaire achetés et
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les bagaqes des olïiciers prels à être chargés. Souvent le relrain dt; la coloime est sonné à midi et ce n'est que le soir quo les i)alaillons se mettent en route.
Le 2îJ février, nouvelle grande sortie. Si-Sliman, marabout des Ouïe i-Sidi-Cheik-Gliaraba, qui, depuis sa soumission, habite Géryvilie, nous olTro de nous faire entrer à Figuig et d'aller razzier ses cousins de Test, les Ouled- Sidi-Cheik qui ont fait défection depuis 1864.
Dans ce but, une colonne composée des 2 bataillons étrangers, 2 compagnies du bataillon d'Afrique, 2 escadrons (hi cavaleri<' ot une section d'artillerie quitte (iéryvillo ot suit la ligne des points d'eau jalonnée au nord du (îrainl-Atlns.
\jC 4 mars, on campe à la Daïa de Maksen-Onled-Guelifa, an nord du Khodonr (roche de basalte vertérnptive); les goums de la colonne ramènent la razzia qu'ils ont faite sur les dissidents.
fia «olonnr* pnsse (msuil(î par Naama ot Gallonl on le froid se fait rigoureusement sentir. La neige tombe en abondance, la mortalité frappe les chameaux et les mulets (lu convoi, quelques hommes même sont victimes de ce fi'oid intense.
On est obli;;é d'installer des postes pour empocher la di''.soilioii dos sokrars qui se sauvent eu masse.
Ces sokrars n'ont ni solde ni ration. Ils doivent transl)orler eux-mêmes leur nourriture qui consiste en farine d'orge contenue dans une peau de bouc. Ceux qui sont cliirgés de la conduite des i)agages des compagnies sont moins malheureux; les soldats leur donnent x>ar jour deux biscuits et du café.
A|>rùs 7 jours de repos forcé, la colonne touche au Ghott Tigri, passe à Tennïd-ben-Salem (combat de la Légion en 1882), descend TOued-Moussifer, l'Oued-Uallouf ol arrive à Figuig le 1**' avril. Cette oasis, qui est un point do ravitaillement pour les caravanes qui vont au Gourara, est outourée de murs en terre que dépassent les loies des