‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 87 sur 117 · I.KO. KTKAKOKRE. X · texte numérisé non relu

I.KO. KTKAKOKRE. X

420 LA LÉGION ÉTRANGKRK.

part eu deux convois, les 21 et 25, pour Alger. Lee armes sont mises en caisses et embarquées par les soins de l'artillerie ; le bataillon quitte le 27, le camp du champ de manœuvres de Mustapha inférieur où il était campé ot s'embarque sur le Tonkin qui part le jour même.

Afin d'éviter l'encouibrement dans le Imteau, les sacs sont descendus dans la cale avec les fourniments, les hommes ne gardant dans la musette que les effets de rechange nécessaires.

Le 3 octobre, le Tonkin arrive à Port-Saïd où deux liommes atteints de fièvre typhoïde sont débarqués. Le 5, on entre dans le canal de Suez et le 7, dans la mer Rouge. Le 13 octobre, on louche à Aden où les officiers peuvent descendre à terre et visiter la ville arabe. Le 28, on touche à Singapore, où Ton fait du charbon. Un soldat mort à l'hôpital du bord est enterré dans le cimetière européen. Pendant cette escale, il se produit 5 désertions, entre autres celles de deux anciens officiers russes.

La mer jusque-là clémente devient plus dure dans les détroits et dans la mer de Cliine ; le 8 novembre, le transport mouille dans la baie d'Along. Le transboixlement se fait sur des bâtiments do petit tonnage. Le bataillon prend passage sur la Saône et débarque à Haï-Phong le 8 novembre, à 1 heure ; les compagnies occupent l'ancienne concession chinoise.

Dès le 11 novembre, le bataillon est fractionné par petits détachements qui s'embarquent sur des canonnièi*es à faible tirant d'eau, des chalands, des remorqueurs qui les transportent à Hanoï, où le bataillon est concentré en entier le 18 novembre.

11 est installé dans les baraques de la citadelle construiles par le génie à la mode du pays. Ces baraques sont surtout fiménagées en vue de la naisou chaude et jouissent d'une ventilation excessive, très utile pendant les chaleurs, mais dont on se passerait volontiers à Tépoque où le bataillon vient les occuper.

AU TONKÎN ET A FOOMOSE. 419

suri ès (le la inanlie sur Soiilay el des opéralions conlre Io8 Pavillons noirs dont Tnitleur et le nombre augmentaient cliaquo jour.

Le 12 Feplonibrn 1883, le 1"' iKitaîllon de la Légion (rominandant Donnior) rocovait Tonlre de se tcMiir prêta •Hre omJ)ar(|U('î pour le Tonkin. Il devait faire partie d'un régiment de marche composé d'un bataillon du 1" tirailleurs, un du 3* et \\\\ bataillon de la Légion : ce régiment f'sl sous les ordres du lieutenant-colonel Belin, du 1" tirailleurs.

En raison de la distance (pii le sépare de la portion centrale et de la lenteur des communications, le bataillon est ( omposé d'après le type des bataillons détachés eu Tuuisic.

li'élat-major du baUiillon comprend, en outre du chef de bataillon, de l'adjudant-major et du médecin, un ofHcicr payeur monté et un ollicier d'habillement et d'armement. Kn dehors des cadres des compagnies qui sont sur le pied de paix, ou incorpore deux ouvriers armuriers, un sergcul-mnjor vaguemestre, un sergent-fourrier, un aidemniéchal ferrant et le secrétaire du commandant.

L'eiïerlif du bataillon est de 600 hommes. Les ofllciers «îl les hoinmrs (^mjtorlent la tenue dr rauqiagur, couvrcmiqur, lent«»-al)ri, demi-couverture de campement et pantalon de treillis. Les bagages, en outre des cantines médicales et des cantines à vivres, comprendront une cantine d'effets pour chaque officier.

Le bataillon est muni d'une réserve d'effets d'habillement s'élevant au quart de l'effectif et d'une collection complète d'effets de petit équipement; il n'emporte ni vivres, ni cartouches.

Le bataillon louche, en partant, trois mois de solde d'avance, l'entrée en campagne est égale à celle de la marine : ces dépenses de supplément de solde et de vivres sont au compte du ministère de la marine.

Prévenu le 13 septembre, le bataillon tout organisé

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part eu deux convois, les 21 et 25, pour Alger. Les armes sont mises en caisses et embarquées par les soins de l'artillerie; le bataillon quitlc le 27, le camp du champ de manœuvres de Mnstapha inférieur où il était campé (*t s'embarque sur le TonUin qui part le jonr môme.

Afln d'éviter l'encombrement dans le l>ateau, les sacs sont descendus dans la cale avec les fourniments , les hommes ne gardant dans la musette que les elTets de rechange nécessaires.

Le 3 octobre, le Tonkin arrive à Port-Saïd où deux hommes atteints de lièvre typhoïde sont dél)arqués. Le ô, on entre dans le canal de Suez et le 7, dans la mer Rouge. Le ]•'{ octobre, on touche à Aden où les oinciers peuvent descendre à terre et visiter la ville arabe. Le 28, ou touche à Singapore, où Ton fait du charbon. Un soldat mort à l'hôpital du bord est enterré dans le cimetière européen. Pendant cette escale, il se produit ô désertions, entre autres celles de deux anciens ofllciers russes.

La mer jusque-là clémente devient plus dure dans les détroits et dans la mer de Chine ; le 8 novembi-e, le transport mouille dans la baie d'Along. Le transboitlement se fait sur des butinientsde petit tonnage. Le biitaillon prend passage sur la Saôue et débarque à llaï-Phong le 8 novembre, à 1 heure ; les comp^ignies occupent l'ancienne concession chinoise.

Dès le 1 1 novembre, le bataillon est fractionné par petits dét^ichenients qui s'embanjuent sur des canonnières à faible tirant d'eau, des chalands, des remorqueurs qui les transportent a Hanoï, où le bataillon est concentré en entier In 18 novembre.

11 est installé dans les baraques de la citadelle construites {Mw le génie à la mode du pays. Ces baraques sont surtout ;iuiéiiagées eu vut* de la haisou ehaudoet jouissent d'une ventilation excessive, très utile pendant les chaleurs, mais dont on se passerait volontiers à Tépoqueoù le bataillon vient les occuper.

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Depuis Farrivéo du bataillon le temps est humide et froid ; les hommes couchent sur leur tente-abri et leur donii-converlure ; il n^existe aucun moyen de confec- Lionn(;r des paillasses avec la tente-abri. Lorsque cette situation est portée à la connaissance de Tautorilé supélifMirc, «:(dlo-ci répond qno tout cela n'est que provisoire et qu'on ne peut songer à avoir la commodité et le confortable d'un casernement.

Si les hommes sont mal couchés, en revanche, ils sont adniiral)leincnt nourris, ce qui fait compensation.

Avec les 20 centimes versés par jour à l'ordinaire, les liomines trotivent à bas prix le cochon, les poules, les M'uis et le riz «jui viennent s'ajouter à la ration réglementaire de la marine ; la nourriture est aussi variée que copieuse. Sauf quelques cas de diai-rhée, l'état sanitaire «îRt bon. On fait des marches sur la route de Sontay pour entraîner les hommes.

Les chevaux sont nourris avec du paddy (riz non décortiqué) et des herbes des marais. Ce régime est peu nourrissant poiu' les chevaux arabes amenés d'Algérie, mais suffit parfaitement aux petits chevaux du pays. L'administration de la marine donne à chaque officier une indemnité pour la nourriture de sa monture.

On s'étonne Eeulement que le bataillon ait amené ses «hevaux qui, en raison de leur taille, sont peu propres à faire un bon service dans un pays où les chemins ne sont que des chaussées fort étroites, boueuses et très glissantes, et où la traversée des canaux, des rivières, ne se fait qu'avec des moyens souvent improvisés. Les officiers d'infanterie de marine sont montés en chevaux du pays dont la tailhî ne dépasse pas 1"',20; véritables chèvres avec lcs(|uclles on passe partout et dont on n'est jamais «îinbarrassé ni sur terre, ni sur eau.

An mois de décembre 1883, l'amiral Courbet, chargé «hi commandement des forces de terre et de mer, se dispose à repousser les Pavillons noirs et à leur enlever leurs

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places d'armes principales, Sonlay et Bac-Ninh. T) dispose de 7,000 hommes, de 7 canonnières et d'un grand nombre de jonques réquisitionnées et remorquées par les cliaioupes à vapeur de Tescadre. Le premier objectif est Soutay. Le bataillon est prêt depuis plusieurs jours. Les hommes ont touché 4 joui*s do biscnit et 120 carlouchob ; ils ont rrnii des casques en liège qui sont recouverts d'une étolTe brune qui les rend moins voyants. Tous les bagages sont embarqués sur la flottille, de sorte que les oiliciers et la troupe n'ont aucun coolie à leur disposition; il n'en est alVeclé qu'aux ambulances et à l'iidniinislration.

Le 11 décembre, les troupes réparties en deux colonnes se mettent en mouvement. La colonne de droite, composée de compagnies de débarquement et d'infanterie de marine, est embarquée sur les jonques et les chalands qui remontent le fleuve. Elle doit atterrir au delà du Day qui seni abordé de front par la colonne de gauche, formée du régiment de marche du 19" corps (lieutenant-colonel Deiin), d'un bataillon d'infanterie de marine, de trois lialterics servies par l'artillerie de marine et de 800 auxiliaires annamites ; cette colonne suit la route de Sontay.

Du premier coup, on prend à revers la ligne de défen^fe de l'ennemi qui ne la défend pas. Le bataillon campe près du Day et l'on s'occupe de disposer les moyens de passage de la rivière. Mais le courant est très fort, le pont préparé a 40 mètres, alors que la rivière est large de 80 mètres ; il faut donc recourir aux jonques et aux sampans.

Le bataillon est d'avant-garde, il prend pied sur rauti*e rive sans rencontrer de résistance et se porte à 3 kilomètres en avant à rembranchement du chemin de Sontay et d'une digue, de manière à proléger le passage de la colonne qui dure toute la journée.

A 8 heures du soir, la marche est reprise. On quitte la route mandarine de Sontiiy pour suivre une digue qui serre le fleuve de plus près. Celle digue est très étroite, les hommes sont obligés de marcher un par un ; une

pièce (le canon roule dans le marais, on la retire avec les plus grandes dillicultés. A 3 heures du matin, on fait halte ; les hommes s'abritent de la rosée qui tombe et du froid qui sévit, dans les maisons annamites (cagnias) qui se trouvent à côtô de la digue.

Le pays est complètement plat et à cette époque de l'année relativement sec ; il est couvert de villages qui re8seml)lent à ceux des environs d'Hanoï et forment de vérital)lns forteresses.

l.e 13, la marche est reprise, après 2 kilomètres les bataillons descendent de la digue et vont se former près de la colonne qui a remonté le fleuve en jonque. On passe la nuit là, 1rs troupes ont grand besoin de repos.

Le l(Muleniain 14, ii G heures du matin, le baUiillon part en tetc du gros de la colonne. Deux digues se dirigent vers Sonlay et se réunissent en avant de Phu-sa, Tavancée de la place : la colonne du lieutenant-colonel Belin suit colle de gauche. A Phu-sa, les Pavillons noirs ont construit deux forts armés d^u'tillerie disposée sur les digues, ils ont élevé des parapets percés d'embrasures et de créneaux ; tout cet ensemble constitue un ouvrage solide.

Les deux colonnes se réunissent; la colonne de droite s(î dirige sur les relranchements ennemis qui sont canonnés par la llottille et par deux batteries d'artillerie.

L'attaque progresse sur notre droite, le bataillon de la Légion destiné à l'appuyer, se masse derrière la pagode de Thuyen-Quan ; mais à ce moment, l'ennemi sorti par la porte est de Sontay tente une contre-attaque qui menace les derrières de la colonne. Trois compagnies sont déployées en tirailleurs, une compagnie en réserve ; la fusillade dure jusqu'au soir et nous coûte 16 blessés. Pondant ce temps, Phu-sa est enlevé par les tirailleurs algéri(Mîs qui éprouvent des perles sérieuses.

Le bataillon de la Légion est installé pendant la nuit dans la pagode de Thuyen-Quan ; la 1"" compagnie prend le service des avant-postes, mais nos sentinelles ne sont

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pas inquiétées. Vers Phu-sa, reimemi tiraille toute la nuit; il essaie même, vers 4 heures du matin, une attaque sérieuse, mais se voyant repoussé, il abandonne toutes les défenses extérieures et se concentre dans la viile de Sontay.

Le 15, le liataillon (h; la J^c^gion prend la tcto de la colonne et se prolonge sur la digue qui longe le fleuve ; il lance une compagnie contre la grande batterie chinoise de la porte nord qui était construite pour battre tout le fleuve. L'ennemi brille le faubourg nord qui va du fleuve à la ville ; les Chinois embusqués sur notre droite tiraillent avec nos avant-postes formés par deux compagnies, les deux autres compagnies sont cantonnées.

Le 16 décembre au matin, les bataillons de tirailleurs algériens sont envoyés en reconnaissance vers la ville et sont reçus par une vive fusillade. Une attaqiie simulée est dirigée contre la porte nord, pendant que Tattaquo réelle se porte vers la porte ouest dérendue par une batterie de 4 pièces, mais placée à nu saillant très aigu, sur un pan coupé de 30 mètres de large et mal flanquée.

Autant qu'on peut le voir d'après les croquis xiar renseignements distribués aux oiUciers, Sontay se compose d'une citadelle carrée, bâtie en briques, avec des mui*8 de 5 mètres de hauteur perces de 4 portes, plcicées dans des tours situées au milieu des faces. C'est Là que se trouvent les magasins, les casernes et les logements des mandarins.

Autour de la citadelle est construite la ville composée de quelques maisons en briques et de nombreuses paillotes, le tout est enveloppé par un parapet de4 à 5 mètres de hauteur, percé de créneaux et d'embrasures. Au pied de ce parapet existe un fossé de 5 mètres de large rempli d'eau et couvert par une ligne d'abatis en bambou. Entre le fusse et le parapet, se trouve luie benne plantée de bambous vivants qui forment un obstacle redoutable.

Le bataillon de la Légion vient se former derrière les hameaux de Phu-nhi dont la lisière extérieure est occupée

par le 1* tirailleurs. A deux lieures et demie, arrive Tordre de pieinir..* la Torrualion de combat à droite et à gauche de la clianssrMî conduisant à la porte ouest. Un petit tertre à droite de r.rXUi chaussée forme un premier point d'appui ; l'atlaque est préparée par les leux de 4 batteries bientôt renforcées par une 5" ; à droite du bataillon, les fusiliers marins sont placés en soutien.

Trois grands étendards noirs flottent sur la porte ; Tennemi répond vigoureusement au feu des tirailleurs du bataillon qui prolitent des ressauts des rizières et se rapprochent peu à peu de Tenceinte. La ligne de combat formée de la .T et de la 2'" compagnie arrive à 150 mètres de l'abalis, y reste pendant une heure répondant par des salves au feu des défenseurs. Une patrouille de la 3' compagnie reconnaît l'existence d'uue poterne sur la face ouest, l'accès eu est trouvé facile. La patrouille se loge hardiment à quelques pas de cette porle en attendant FattacpK». \ln dernier bond de la ;V compagnie l'amène à 50 mètres du fossé contre une chaussée, qui se dirige vers un pont construit sur un arroyo qui coule à notre droite.

A 5 heures, Tamiral donne le signal de Tattaque, les r*' et 4" compagnies sont poussées en avant. L'assaut est exécuté par le peloton de gauche de la 3* compagnie et les 2'' et 4" compagnies contre la porte nord-ouest ; le 1" peloton de la 3' compagnie et la f* compagnie se dirigent contre» la poterne: le bataillon de fusiliers marins tenu jusqu'alors eu réserve marche entre nos deux fractions.

Ija colonne lancée contre la porte la trouve murée et pi'oté^MNî par trois obstacles : une palissade en bambou, nu parapet en terre glaise à talus très raides et une sorte (le caponnière demi-circulaire en maçonnerie et fraisée.

La colonne; rsl arrêtée, les soldats cherchent à se frayer un [Kissige en arrachant les palissades, mais les pertes sont nombreuses ; là tombe le capitaine adjudant-major Melil pendant qu'il excite ses honunes. Une brèclie est

1 iw

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enfin pratiquée, les légionnaires s'y précipitent et chassent les défenseurs.

Le soldat Minnaërt escalado le premier la plate-fnrnic de la porte et y arrive en même temps que le commandant des fusiliers marins dont le bataillon est entré |>ar la droite. L'attaque latéraliî exécutée par la 1" compii^nie et le 1*"' peloton do la IV compagnie soutenus par Tinfanterie de marine, a aussi un plein su<*ces; le capitaine Conte de la P* compagnie, y est blessé.

Les deux colonnes poussent à travers la ville et se rejoignent à 300 mètres do Tenceinte, Tennemi a abandonné en toute hâte cette partie du faubourg.

Le bataillon se déploie pour surveiller la face ouest de la citadelle, trois rompaguies sont en 1^** ligne et se placent dans les maisons qui peuvent les abriter : la 4' compagnie forme la réserve o,l se fortifie dans une pagode qui doit servir de réduit.

Le bataillon de fusiliers marins est en soutien en arrière.

Les pertes de cette join*née sont de 10 tués dont le capitaine adjudant-major Mehl et 48 blessés dont trois officiers, les capitaines Conte et Bergounioux et le lieutenant Lamole.

Les hommes blessés au commencement de i'aclion sont conduits au posle de pansement en arrière du village de i^lui-nhi ; ceux touchés plus tard sont pansés au posle de secours des fusiliers marins, près d(i la porte nord-ouest.

Plusieurs alertes ont lieu pendant la nuit. On fouille les maisons et on y trouve un certain nombre de Pavillons noirs qui s'y sont cachés au moment de la déroute. Un incendie se déclare dans Tintcrieur de la citadelle.

Le lendemain 17, vers G heures et demie du matin, une patrouille de tirailleurs annamites, informée par les habitants de la retraite de Tennemi, pénètre dans la citadelle.

Une section de la V compagnie est envoyée en reconnaissance et trouve la porte ouest ouverte ; elle [H^nèlre

et est suivie d'une compagnie de réserve ; elle visite les principaux Mllinents pour s'assurer qu'il n'y a rien de suspect : renuenii n'a songé qu'à fuir au plus vite.

Les liommes se répandent alors dans la ville et s'emparent de tout ce qii'ils rencontrent. Ils ont à venger les morts profanés et les blet^sés torturés et décapités. Ils détruisent tout ce qui leur lonibe sous la main, s'habillent en mandarins, font des trophées avec les drapeaux conquis ; le quartier où loge la Légion est entièrement pavoisé avec des étoffes de toutes sortes.

Quant aux gens du j)ays et aux tirailleurs annamites, ils déménagent la ville sans bruit ni tapage.

A f) heures du soir, le bataillon est rassemblé pour reudre les derniers devoirs au capitaine Mehl et aux î) soldats tués. L'aumônier de la Hotte oilicie; l'amiral Courbet et son état-major assistent à la cérémonie.

Les jours suivants, on fouille la ville et on y découvre des armes, dcîs nnniitions et (h) la poudre en grande quantité.

Le 20 décembre, le bataillon fait partie d'une reconnaissance chargée de parcourir les collines qui dominent la rivière Noire ; le 21, il revient à Sontay où, après un court séjour, il (îst eniliai(jué et va rejoindre sou ])araquemenl à la citalcdle d'Hanoi jusqu'au ')! décembre.

Justement préoccupé de la révolution qui s'est produite eu Anuaiu et de l'appui que la Chine prête aux Pavillons noirs, le gouvernement français se décide à envoyer de nouveaux renforts dans l'extrême Orient.

Les renforts sont placés sous le commandement des généraux Millot, de Négrier et Brière de l'Isle ; ils comprennent un régiment de marche composé de bataillons pris dans des régiments (h; France et d'un deuxième régimenl de mnrchc fourni par le 19" corps, sous le commandement du lieutenant-colonel Duchesne de la Légion et dont fait partie le 2* bataillon de ce corps.

L(îs instructions sont les mêmes que pour le 1" batail-

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Ion, seulemenl reffeclif est élevé à 800 hommes. Les cadres des compagnies sont augmentés de 4 caporaux et de 2 sergents. On envoie de plus 8 sergents, IG caporciux et 176 iiommes destinés à renforcer le l*"' bataillon. Ces gradés supplémentaires sont pris en partie dans le régiment, en partie dans les corps do la division d'Oran et doivent continxAer à compter dans leurs corps d'origiru !

Expliquera qui pourra cette mesure. Les bataillons do la Légion sont considérablement appauvris, les compagnies n'ont presque plus de gradés ; cette organisation crée bien des diilicullés.

Le 2*^ bataillon et le renfort sont formés avec des hommes pris dans les autres bataillons de la Légion ; le 23 décembre 1883, le détachement part pour Oran. Les renforts du 1" bataillon et la 3* compagnie s'embarquent à Mei*s-ei-Kébir sur le transport VEuropèen qui part le 27 ; le reste du l)ataillon sur lo CMoa qui lève l'anrrcî le 30 novembre 1883.

Le général Millol est nonuné au commandement en chef des troupes de terre ; l'amiral Courbet reprend le commandement des forces de la marine.

GIIAPITRK II

1884 ^AU tonkin).

Arrivé»' (In 2« balaillon. — Ociiipation du poste des 8cpt-P«godes. — Oigîiiiisalioii des moyens de tninsport. — Inslruelioiis du géuôral de Négrier sur la marche dos colonnes. — Goloniio contre Bac- Nluli. — Occu]mtion de Bac-Ninli. — Occupation de Ilong-IIoa. — Oés'Tlions chez les légionnaires. — Occupation de la ville et de la 'tiladi'llr (h* Thnyen-Qnan. — Krliec de la colonne Dngenue contri" Lang-Son. — Les Chinois cherchent à isoler la garnison d»* Tiiyrn-Qnan. — Kntrée dune colonne destinée à relever la garnison ri. à rrtahlir les eomuninirations. Los 2 premières compa- ^nirs dn (" hataillon rornienl la garnisim <h* 'rhuy»Mi-(,)uau. — lien- Iréi" d'^ la rolmnn*. — Mrronnaissanci's autoin* «lu 'l'huyen-C^uan. — Opération <lu 2« hataillon sur \o liOC-Nan. — Colonne du lieutenant- • oloncl Donnier sur Chu. — Allaqnes des retranchements rhiu<iis. — Ocrupotion de Chu. — Nouvelhîs troupes envoyées au Tonkin. -- Le 3« bataillon part de lîcl-Abbès pour le Tonkin et le i« pour l'ile de Formosi».

L'FMvopéen arrive le 8 février 1884 dans la baie d*Along. La B** compagnie dn 2" bataillon et les renforts destinés au V sont transbordés sur lo Spliinx et arrivent le 10 à Haï-Phong.

liO Clmloi}, qui a en une avarie dans sa machine et a été obligé de relAcher à Colombo pour la réparer, n'arrive à Along que le 24 février. Le 25, les 3 compagnies dn 2*ba- Liiliou sont concenlrées à Ilaï-IMiong. Le 27, elles sont embarquées sur des canonnières et transportées à ilaï- Dzuong, où elles sont installées dans les pagodes, à Test rt au nord de la ville. Elles y retrouvent la 3" compagnie du bataillon, qui a tenu d'abord garnison à Hanoï et a été dirigée ensuite sur llaï-Dzuong, menacé par des bandes jMiueinies.

Les renforts du 1" bataillon ont rejoint ce bataillon qui orcupo les Sept-Pagodes. Ce bataillon, pendant son séjour ;» Hanoï, a fait diverses reconnaissances soit autour de la

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ville, Boit sur la rive gauche du fleuve Rouge, où il a dA occuper le village de Batang, inquiété fréquemment par les Pavillons noirs.

Du 5 au 13 février 1884, il est transporté en Ixaleaux jusqu'à Sontay et pousse uuo reconnaissance le long du llenve ilougn, il ivprond ensuilo son poste à Hanoi.

KniKHrqué par fractions sur dns canonnières, il est transporté par llaï-Dzuong jusqu'aux Sepl-Pagorles, poste situé sur la rive droite du Taï-Binii près du confluent de cette rivière, du Song-Cau et du canal des Rapides. Il commence ainsi le mouvem(?nt projeté contre Bac-Ninh.

Le général Millot forme deux colonnes dcstiut^es à opérer sur Bac-Ninli. La colonne de gauche, formée des troupes de la marine, partira d'Hanoï, longera la rive droite du canal des Rapides qu'il franchirai Chi, tandis que la colonne de droite, sous les ordres du général de Négrier, renionlera le Stnig-Cau soit sur la flottille, soit par la voie de terre et menacera les communications de Bac- Ninh avec Lang-Son.

Le 1*' haUûllon est occnpé, du 20 février au 3 mars, à mettre le poste des Sept-Pagodes en état de défense, i construire des envisages de fortiflcation passagèra, un appontemen! pouvant permettre le dél)arquement des chaloupes, quelle que soit l'heure de la marée, enfln i faire des reconnaissances dans les villages environnants.

Dans la nuit du 25 au 2(> février, h^s Pavillons noir8 tentent une surju'isc contre le camp. Nos sentinelles, prévenues par les aboiements des chiens et les lumières qu'elles voient briller dans les villages avoisinant le camp, donnent l'alarme. L'ennemi arrive à 30 pas des ouvrages sans tirer un coup de fusil ; il est repoussé au bout de 20 minutes; le capitaine Bergounioux reçoit nue balle dans l'œil.

L'ennemi est signalé sur la rive gauche du Tai-Binh, le commandant du 1*' bataillon, M. Donnier, croit utile de prendre pied sur cette rive. Il y envoie une compagnie qui

AU TONKIN KT A FOnMOSE. 431

so couvre de suite par des travaux de fortificaliou. Des reconnaissances soûl poussées sur la rive gatiche où Ton détruit divers ouvrages de reiuieini.

Le 2 mars, renneuii en grandes masses se porte contre la nMloule qu*ou a éleviie et Tattaqui; dr. trois côtés. Des pièces d(î 4, cjui ont été étalilies nwx Scîpt-Pagodes, et les canonnières le Léopard (ît la Caialntie, canoinient les assaillants qui se mettent en retraite vers 11 heures.

l.e 4 mars, le 2' bataillon de la Légion et un liataillon du 14)3'' viennent camper près du 1" bataillon ; le reste de la brigade avec le général de Négrier reste ii bord de la Houille.

I/nspect du pays est sensiblement le même que du côté d'il.inoï, seulement on remarque quelques hauteurs peu élevées ïiui émergent au-dessus du terrain d'alluvion. On dit que sur presque toutes ces hauteurs sont construits des forts chinois ; on ajoute que le Song-Cau est barré en deux endroits.

L'administration s'occupe des moyens de transport, la marine ayant compté jusqu'ici sur le concours unique de la (loi tille.

rji.'Kjue compagnie reçoit 20 coolies dont 8 sontafTectés au servic(î des brancardiers et 12 au transport des bagages «les ulliciersiH du matériel d(î la compagnie. 15 coolies sont attachés à Télat-major du bataillon. Ce groupe total de coolies est commandé par un doi (sergent) et celui de chaque compagnie par un caï (caporal). Tous ces coolies (107) sont j)lacés sous les ordres du vaguemeslre du bataillon.

Le conlie porte sa charge (22 à 27 kilogr.) suspendue aux extrémités d'un bambou placé sur l'épaule. Loi'sque la charge dépasse ce poids, elle est suspendue au milieu du bambou rt portée par deux coolies. Le même système est employé pour bî transport des nnmitions d'infanterie et d'artillerie.

Les olliciers se débaiTassent de leur campement et n'emportent qu'une valiee légère, les ustensiles et les vi-

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vres de popote. En route, on cantonnera dnnsles villages, de préférence on occupera les pagodes et à leur défaut les habitations du pays.

Le général de Négrier (alors qu'il avait pris dans la province d'Oran le commandement de la Légion) avait donné des prescriptions pour la marche des colonnes sur les hauts plateaux eu Algérie. Il réglemente de nouveau la marche des colonnes au Tonkin , et donne la méthode pour diminuer leur longueur et assurer la sécurité de leurs flancs, lorsque les troupes s'avancent en file indienne sur une (ligue au milieu des rizières.

Le chemin principal est laissé à Tarlillerie et à l'ambulance. L'infanterie marche à droite et à gauche sur les levées de terre qui divisent les rizières : chaque section, en colonne par un, utilise chaque levée de leiTe dont la direction se rapproche le plus de la direction principale. Sur le chemin, à hauteur do la Idlo de chaque baUiillon, marclio un fourrier porteur d'ini fanion (fui sert de guide à la marche et assure la direction do ce bataillon. Ou pi*o> file des haltes horaires pour faire serrer les têtes de colonnes à la même hauleur et reconnaître les passages en avant dos compagnies. Les villages sont toujours tournés \ l'avant-garde les attaque de front, pendant que les compagnies du gros de la colonne continuent leur mouvement en avant, les débordent et menacent la ligue de retraite dos défenseurs.

iiC 8 mars, au malin, la colonne so met ou roule ; le 1*^ bataillon est d'avant-garde, le 2^ est en tête du gros. La digue suivie est très étroite et ruinée en bien des endroits. Elle cesse du reste au bout de 3 kilomètres; ou marche dans les rizièi'es où souvent l'infanterie déi)ose les sacs ponr porter l'artillerie.

La colonne arrive sur les hauteurs de Cap-Crau, au niomenl où la flottille commence à canon ner les forts de Yen-Ninh, de Naou et de Dan-Son qui sont enlevés par les bataillons transportes sur les canonnières. Les 2 ba-

AU TONKIN ET A FOllMOSE. 433

lailloiis (le la Légion concouronl à cette attaque en tirant (les feux de salve. Le soir, ils cantonnent dans les villages situés près du fort de Dan-Son et y séjournent jusqu'au 11, pour permettre à la T* brigade de franchir le canal des Rapides.

Le 12 mars, la marche est reprise, le 2* bataillon est d'avant-garde et le 1*' bataillon marche avec la colonne. Vers 9 heures, Tavant-garde trouve un village occupé par renuemi^ le général le fait canonner: les compagnies se déploient dans les rizières, enveloppent le village et menacent la retraite des défenseurs qui se retirent précipilannnent. Le 2* bataillon les suit, il se ln'urte contre des (ihinois qui plantent leurs pavillons à GOO mètres en avant ries tirailleurs : il hnn* fait subir de fortes pertes par des feux de salve bien dirigés. Dans cette position, le 2* bataillon llanque la gauciie de la 2* brigade et la relie à la 1'*. Il se dirige ensuite sur le fort du nord où il passe la nuit. Il a un homme tué et 8 blessés.

Pendant cette opération un peu excentrique, le 1" bataillon continue sa marche en avant. Son objectif est le village catholique de lleroi ou de Xuan-Hoa dont on aperroit le clocher de l'église, au-dessus des bambous.

Le pnys est complètement inondé; les hommes sont dans l'eau jusqu'aux genoux ; la formation de combat est prise à 800 mètres du village; à 400 mètres, le feu est ouvert et le bataillon se porte en avant en maintenant l'ordre le plus parfait et en exécutant des feux de salve. A 300 mètres, un peu trop loin, la charge sonne, mais les hommes ne peuvent courir longtemps dans les rizières ; la chaîne s'arrcte, recommence un feu bien nourri et se lance de nnuv(;au à l'assaut: renn(*nii fuit en désordre sur le fort de Dap-Ciau, qui est à 4 kilomètres plus loin sur la gauche.

Ce mouvement et la prise du village forcent les Chinois à abandonner le barrage de Lag-Buoï.

Le général de Négrier montre le fort de Dap-Cau comme

434 ' LA LÉGION KTRANGÈnB.

nouveau point de direclion. Le 1*' bataillon, appuyé par ;3 compagnii^s de fusiliers marins, exécute un changement de direction à gauche et reprend sa marche.

Les Cliinois cherchent à Tarrétur en défendant successivement deux villages, entre autres celui deDap-Cau ; les compagnies n'en continuent pas moins leur niai*che en avant, mais elles se trouvent arrêtées par un arroyo qu'on ne peut franchir qu'un à un sur une planche jetée en travers.

Les marins passent ciAnement et sont suivis au pas do course par la Légion. Ils arrivent au pied du fort que les Chinois évacuent ; les marins y arborent le drapeau national et le 1*' bataillon s'y concentre.

Du haut du fort, on voit dans la plaine, à 4 kilomètres, la place de Bac-Ninh. A mi-chemin sont bâtis deux fortins qui paraissent faiblement occupés.

Le général de Négrier donne Tordre au lieutenant-colonel Duchesne de prendre 2 compagnies et de s'emparer du fort nord, et au lieutenant-colonel Donnier ^ d'attaquer le fort sud. Les bataillons de ligne suivent comme réterve.

Les compagnies de la Légion arrivent au moment où les Chinois, qui ont fui du fort de Da^vCau et du village, cherchent à s'éiablir dans les deux forts et à y organiser la défense; mais quelques feux de salve les mettent en Fuite et les fortilications honl or<ni[iées presquii .sans n^sîs lance. La ligne d'attaque u*est plus qu'à 2,000 mètres de la place de Bac-Ninh.

Le général de Négrier arrive dans le fort du nord avec ^on artillerie. Les troui^es chinoises, démoralisées par la brusquerie de ces attaques successives, errent dans la plaine en désordre et cherchent à se réunir.

L'artillerie ouvre un feu violent contre ces colonnes profondes qui se débandent et fuient dans toutes les di-

1. Chef du i*' l;atailluD, récomiuent promu Uoutenuiit-coloiiol.

Ali TONKÎN KT A FOllMOSK. 4)î5

reclions. Le fort du Biid conlribiie par des feux de salve à la déroute des fuyards ; le général suit attentivement les progrès de sou artillerie.

Vers 5 heures et demie, il dit au lieutenant-colonel Duchesne : « A la Légion, riionneur d'entrer dans Bac- « Niuli. Prenez rn que vous avez sons la main, je vous fais « soutenir. Emmenez le génie avec des pétards de dyna- « n)it(», il faut prendre ce soir une porte de la ville. »

L(3s compagnies partent: à 500 mètres de Bac-Ninli, elles trouvent deux petits ouvrages que les Chinois évacuent aux premiers coups de fu^;il, les légionnaires se jettent à leur poursuite et entrent en même temps qu'eux, par la i»orte du nord, dans I5ac-Ninli vide de troupes et (l'lial)itanls.

Lcn compagnies de la Légion occupent la citadelle; une compagnie du 111* qui a suivi comme soutien, occupe la porle du sud. Le restant de la 2' brigade se concentre peu à pi'U. Deux compagnies du 1"' bataillon bivouaquent dans la citadelle et les deux autres compagnies dans un village enviroimant.

Les pertes du 1*' bataillon ^'élèvent à 2 tués et 12 blessés.

Le lendemain, la 1'* brigade, accompagnée du 2' bataillon de la Légion, entre dans Bac-Ninh. La 2* brigade connncucc immédiatement la poursuite de reimemi sur la route de Lang-Son ; le 1" bataillon est à Tavant-garde.

Ku arrivant sur le Song Thuong, il est reçu par une vive fusillade partant de la rive opposée. La rivière est fran( liie en barques, Tenneuii se retire et le bataillon canloune sur la rive gauche, il a un homme tué.

Le liudemain, 14 mars, le 2' bataillon qui estàTcavantgarde, rencontre Tennemi sur la route de Kep et tiraille avec lui; il a 1 tué et 1 bh^Fsé. La brigade cantonne à Kep où l'on trouve 4 canons Krupp enfouis dans une man\

Du côté de Kep on a quitté le Delta et Ton se trouve en pays monlagueux et assez tourmenté.

Le 17, la brigade pousse une reconnaissance dans la direction de Lang-Son, puis revient prendre ses cantonni*ments où elle séjourne le 18.

La brigade se replie le 19 mars sur Bac-Ninli, laisse le 2* bataillon à Phu-Lang-Tluiong sur le Song-Tliuong pour y construire une tdte de pont solide et un pont on bambou.

Le 1" bataillon séjourne à Bac-Ninli jusqu*au 4 avril ; il est employé au service des reconnaissances.

Le 5 avril, la 2* brigade dont fait partie le 1" bataillon, quitte Rac-Ninh et est dirigée sur Hanoï, puis sur Sontay, d'où elle remonte le fleuve Rouge pour se portera TalUique de Uong-lloa.

Le 2* bataillon quitte Phu Lang-Thuong le 3 avril et rejoint la 2* brigade à Sontay après avoir rallié la 1*^ compagnie qui était restée à la garde du poste des Sept-Pagodcs.

La 2* brigade arrive le 11 avril près de la rivière Noire, et de là, Tartillerie bombarde la ville et la citadelle de Hong-IIoa qui sont évacuées par Tennumi après y avoir mis le feu.

Les 2 bataillons de la Légion francliisscnt le 12 la rivière Noire, et vont cantonner dans les villages situés en avant de la ville. Le 18, ils occupent cette place et le lieutenant-colonel Ducliosne est nommé commandant supérieur de la province.

Les travaux d'installation et d'assainissement commencent immédiatement. Le conmiandant supérieur clierche à remettre de Tordre siu* le territoire, à attirer les Annamiteti, à établir un marché, à rétablir les communications, à ramener le calme dans les villages qui se pillent et se brAlent réciproquement.

Pendant ce temps, un souille de désertion passe sur les 2 bataillons. Le bruit s'est répandu parmi les légionnaires, que les Indes anglaises ne sontqu'à une ou deux journées de marclie vers le nord et que les Anglais donnent une primo

de 1,000 fr. par homme; un certain nombre de soldats désertent. Mais au bout de quelques joure, certains d'entre eux reviennent après avoir souffert des misères épouvantables et racontent que la plupart sont morts de fairn, d'autres ont été pris par les pirates et martyrisés.

On voit descendre sur le fleuve des cadavres de légionnaires décapités. Quelques exemples sont faits et arrêtent la fièvre de désertion, 17 hommes sont disparus et on n'en a jamais eu de nouvelles.

Quelques jours après, le lieulenant-colonel Donnier est nommé commandant supérieur de I3ac-Ninh.

Le capitaine Franger, du 1" tirailleurs, est nommé au <ommandenient du 1*' bataillon. Le commandant Hutin, du 2* bataillon, est nonuné lietitenant-colonel et remplacé par M. Diguet, capitaine au 111* d'infanterie.

Le 2* bataillon est laissé pour tenir garnison à Hong- Iloa, pendant que le 1" bataillon fait partie d'une colonne qui se dirige sur Thuyen-Quan.

Le 1" bataillon so met en marche le 25 mai avec une batterie d'artillerie et une section du génie ; sur le fleuve s'avance une flottille portant 2 compagnies de tirailleurs et 15 jours de vivres. Le chemin suivi par le bataillon n'est qu'une digne étroite, en partie détruite, ou un sentier tracé à travers bois. 11 est coupé d'airoyos qui ont quelejuefois 20 mètres de largeur et dont les ponts sont impraticables et à moitié ruinés. Ces ponts se réparent avec l'airle des habitants, lorsque les villages qui les avoisinenl sont habités; mais lorsque le pays est désert, la compagnie d'avant-garde et la section du génie doivent exécuter ces travaux sous un soleil de plomb, dont la chalcMir humide entretenue par des averses journalières, est insupportable. Au bout de 3 jours de marche, on remarque que tous les villages ont été brûlés.

Le 28 mai, le général en chef avec one compagnie de tirailleurs rejoint la colonne et suit la voie flaviale. Les diflicultés de la marche sont tellement grandes que le

438 LA LÉGION ÉTIlANr.kllE.

général décide que lorsque la (loltille aura débarqué los tirailleurs, elle viendra chercher les coni[>agnics de la Légion et Tartillerie.

liO 1*' juin, on arrive près de ThuyenQuan. Lu cuionne, partie à 4 heures du malin, est arrêtée [Uiv un arroy o «lont on ne connatt pas les gués ; le colonel demande des volonL'iiroK pour sondiu* U) passage. I/adjudanl («ueuber «iescend dans Tarroyo tout habillé, et reconnaît (pic Teau ne dépasse pas la ceinture d'un homme ; la colonne passe. On entend le canon delà llotlille et le guide assm-o qu'on n'est pas à plus de 2 kilomètres de la ville. On aperroit au loin la |)agode qui est au centre de la citadelle dont les murs sont masqués par des bambous.

Un nouvel arroyo sans pont barre la route ; le mrnie adjudant se jette à Teau, trouve un gué do l'alto de profondeur; Tavant-garde passe et se porte di*oil en avant, se dirigeant vers une des portes de la ville. Prévenu par un Annamite que cette porte est murée, ravaut-garde prend un chemin à gauche et arrivii au bout dcî 300 mètres à la porte sud de la citadelit^, qui (^st ouverte.

L'avant -garde pénètre dans la citadelle et gravit le monticule où est construite la pagode; elle est rejointe [»ar les matelots de la c<monuière le Yatagan, à qui le général eu chef, voyant la nuit arriver, avait donné Tordre de débai*qucr ; le gros du bataillon ne rejoint qu'à G heures du soir.

Les 3* et 4* compagnies du 1**' bataillon sont désignées |K>ur former la garnison de Thuyen-Quan. Le commandant Frauger est nommé conuuandant supérieur.

Ia*s autres troupes composant la colonne repi*eunent [uir eau la route de Hong-lloa.

Pendant ces opérations et lors des i-econnaissances journalières, qui ne peuvent avoir lieu que le matin et le ^oir, on a à signaler de nombreux cas d'insolation. Un lionune qui ôte son casque pendant 2 minutes est foudroyé ; de plus les lièvres sont terribles et mortelles. Par ces chaleurs

AU TON Kl N ET A FOUMOSK. 4;)9

les hommes sont atteints de boubouille, bontonsquipronnenl sur tout le corps, et de plaies annamites qui affectent surtout les pieds.

Pondant l'été, les 2 bataillons sont répartis de la manière suivante: 2 compagnies du 1" bataillon à Thuyen- Qnau, Icî 2** baliillou entier à II ong-IIoa, les 2 autres compagnies du 1" bataillon à Hanoi.

M. le capitaine adjudant-major Mason, du 2' bataillon, meurt de congestion cérébrale.

Jusqu'au mois d'octobre, les détachements de la Légion occupent les mémos emplacements.

iMais de graves événements étaient survenus, la France avait négocié avec la Chine et par le traité Fournier obteni il le protectorat du Tonkin.

Une coloime composée de 500 hommes et d'un fort convoi de vivres, sous les ordres du lieutenant-colonel DugeiHie, qui se dirigeait sur Lang-Son, est au delà de Bac-Lc attaquée par les Chinois en grandes masses. La colonne est forcée de rétrograder. A la suite de cette aff.iin», les relations se tendent de plus en plus avec la Chine» et Ton parle d'une déclaration de guerre contre relie puissance.

Kn octobre, lorsque la saison permet de reprendre les onôralions, les Chinois et les pirates commencent leur.s alliques contre nos divers postes. Depuis le 12 octobre jusqu'au 19 novembre, il ne se passe pas de nuit qu'ils ne viennent tirailler contre les remparts «le Thuyen-Quan ou conlr» les paillotes occupées par les Tirailleurs tonkinois et les cagnias annamitrs. Dans la journée, on voit l'ennomi faire des mouvements, préparer des ouvrages autour de la place. Les canonnièrc\s et les jonques qui ravitaillent Thuyim-Quan sont souvent assaillies et doivent sn frayer le passage à coups de canon et de hotchkiss. Ces ;il( rU»s sont d'auUnt plus latigantes que les 2 compagnie.^ de la Légion ont eu en octobre jusqu'à 170 malades.

Les Chinois établissent un barrage sur la rivière Claire,

440 LA LÉGION ÉTAANOènR.

en aval de Thuyen-Quan, de manière «î couper les coininunicalions avec le reste du Toukiu.

Pour rétablir les communications et relever la gcirnison, une petite colonne est formée sous les ordres du licuti;nant-colonel Duchesne. Elle comprend 2 compagnies «lu 1^' bataillon de la Légion, 2 com[>;ignie8 d'infanlerio do marine, unesection irarliilerie et une ambulance. EUeost embarquée sur 4 canonnières rjui doivent remonter le fleuve le plus liant possible. Le 18 novembre, ces troupes sont débarquées et continuent leur route par voie de terre; elles prennent le cbemin suivi au commencement de l'année.

L'ennemi a établi, à bauleur du barrage de Duoc^ une ligne de retrancbemenls protégée piir un ravin à pic et flanquée de deux mamelons fortifiés ; la longueur de ces fortifications est de 2 kilomètres. Le barrage de la rivière est formé de 9 jonques coulées.

Toute la colonne est engagée pour attaquer cette espèce de camp rotrancbé qui fait face au sud et à TIiuyeu-Quan. Cet ouvrage est enlevé : les troupes engagées comptent 9 tués, dont 1 homme de la Légion, et 5 blessés, dont 2 officiers.

La colonne amve le même soir à Thuyen-Quan.

Le lendemain, la colonne marche par le nord à la poursuite des pirates et leur brAle quelques villages.

Les !'• et 2* compagnies du 1"' bataillon sont désignées pour relever les 3* et 4* compagnies qui faisaient partie de la garnison de Thuyeu-Quan. Le commandant Franger est relevé dans le commandement de la place par le major

Dominé.

Le 20 novembre, les compagnies qui ont été relevées et le reslc de la colonne repreiuient la roule de Hong-Hoa. Kilos bivouaquent à Duoc, où elles détruisent les ouvrages faits par les l^ivillons noirs.

Les 3* et 4« compagnies du 1" bataillon^ vont tenir garnison à Sontay, où elles restent jusqu'au 19 janvier 1885,

AU TONKrN KT A FOUMOSK. 441

Pour faciliter les coimmiiiicalioiis cnire Thuyoii-Qii«'m pl llong-Hoa, un posle de 2 compagnies d'infanterie de marine est clabli à mi-rliemin vers Phu-Doan. Au nord, les (Illinois se rapprochent de la place. Une compagnie de la Légion est envoyée en reconnaissance de ce côté; elle trouve une tranchée appuyée par deux fortins qui paraissent fortement occupés, la tranchée est enlevée, mais les lieux forlins tiennent bon. Les Chinois montrent des forces qu'on peut évaluer à 1,500 ou 1,000 hommes: la reconnaiRsancc rentre à Thuyen-Quan avec 9 blessés.

l'iU présence de forces aussi considérables, la petite garnison de Thuyen-Quan travaille assidûment h mettre la placj* en état de défense.

Pendant que le 1" bataillon opérait du côté de Thuyen- Qnan, le 2' bataillon de la Légion ne restait pas inaclif et avait aussi sa part de danger, de fatigue et de gloire. Vers le Kuang-Si, de fortes colonnes chinoises envahissent le Tonkin. I/état-major du bataillon avec les 1'* et 4* compagnies qui ont passé Tété à Hong-Hoa sont dirigés sur Sontay.

Ce mouvement est nécessité par la nouvelle de Tap- ])roche des Chinois qui débouchent de Lang-Son en deux colonnes: Tune marchant sur Bac-Ninh, par Kep, en suivant la route mandarine; l'autre sur le Loc-Nam vers Chu.

Au nord du Loc-Nam, le pays change complètement de nature : il est montagneux, couvert en certains endroits do forêts épaisses ; les rizières sont plus rares, on ne les trouve que dans le fond des vallées. On cultive le coton et la barcliane, espèce d'anis étoile, produisant une huile employée en parfumerie.

Pour tenir tôte aux deux colonnes chinoises, le général de Négrier avec une partie de sa brigade opère vers Kep,

442 LA LÉGION ÊTRANGKnK.

tandis que le lieutenant-colonel Donnier, cominan«)ant supérieur de BacNinh, est chargé d'an*ôter la colonne débouchant à Chu ; il est iniporlant de s'emparer de ce iK>int qui commande la navigation du Loc-Nam.

La colonne du lieutenant-colonel Donnier se compose de 2 compagnies du 14.-)*' et dn 2 rompa^niies du 2^ haUiillon «le la Légion (2^ et )V) qui, cndiait|uécs à Hanoï, ont été dirigées sur Dap-Cau où elles ont été rejointes p.ir un renfort de 200 hommes arrivant directement d'Algérie et destinés au 2*" bataillon. Toutes ces IrouiHîs sont transportées par e^ui aux Sept-Pagodes, où elles arrivent le 3 octobre. Elles y trouvent les 3 canonnières la Hache, la Massue et le Mousqueton qui, Tavant-veille, ont soutenu un comliat acharné contre 4,000 Chinois; combat qui a coûté à la marine, la mort de M. le lieutenant de vaisseau Challier, commandant do la Massue, de 21 matelots et do 10 soldats d*infanterie do marine. La coioinio est embtuquée, le 4, sur les canonnières et remonte le Loc-Nam.

A la nuit, les canonnières et les joni|ues s'arrêtent au milieu du lleuve ; une compagnie est mise à terre et prend le service des avant-postes poiu* protéger le mouillage. On navigue ainsi jusqu'à hauteur du village de Lain, où lu manque d'eau empêche la Houille de remonler plus haut.

Le (S, la 3* compagnie, débarquée à 1) heures et demie, est presque immédialement attju|uée par les Chinois et KUp[K>rte leur feu jusqu'à midi.

La 2* compagnie, qui a suivi par terre le mouvement lie la flottille, rejoint la 3*" et se déploie à sa gauche, i^en- «lant le débarquement des 2 compagnies du 143**.

Ija marche en avant est reprise de position en position. Les Chinois que l'on a devant soi mauduivrent avec la plus grande précision *, on voit qu'on est en face de trou[)ei régulières ] d'ailleurs, l'ennemi a l'habitude de mettre en pi*emière ligue ses meilleures troupes (les braves)\ si elles sont repoussées, celles île deuxième ligne ne tiennent guère.

AU TONKIN ET A FOnMOSE. . 44.-^

Pour doniior le temps à rartilloric d'arriver, les 4 compa.î^nics françaises occupent une petite crête; ce temps d'arrêt enliardit Tennemi, qui vient de refouler les tirailleurs tonkinois chargés de repousser un mouvement tournant sur noire gauche. Il marche en avant et arrive à 20 mètres de nos tirailleurs. Ceux-ci se lèvent, mettent baïonnette au canon, toute la ligne s'élance et poursuit renneini pondant GOO mètres. Le capitaine Beynet, de la 2** compagnie, est frappé d'une balle qui lui fracasse la létc. Du point où combattent les compagnies, on distingue dans la plaine, environ à 5 kilomètres, un fort en avant de Chu et 5 camps chinois d'où sortent de nombreuses troupes qui se dirigent vers nous.

I/artillerie est mise en batterie et ouvre le feu contre les colonnes chinoises : la situation reste la même jusqu'à la nuit. Les grand'gardes ne sont pas inquiétées, nos pertes s'élèvent à 1 officier et 10 soldats tués, plus 22 blessés.

I-.e 7, la marche» vers Chu est reprise; le détachement occu[)e les hauteurs dominant ce point à 3 kilomètres. Une reconnaissance est envoyée vers l'ennemi et revient sans avoir subi de pertes. Cette journée et les deux suivantes sont employées à fortifier nos positions et cà creuser dus tranchées-abris. La colonne est renforcée parl'arrivce d'un b.itaillon d(î tirailleurs et de 4 pièces de canon.

Entre le fort de Chu et les positions que nous occupons, s'élèvent deux lignes de hauteurs où les Chinois établissent une double ligne de tranchées; ces gens-là sont de grands remueurs de terre.

Le 10 octobre, le mouvement sur Chu se continue ; la îV compagnie est à la g«auche du 143". Cette compagnie prend d'écharpeles Chinois qui occupent la première tranchée, et les force à l'évacuer. La droite de la ligne progresse ainsi successivement; elle est flanquée en arrière par 2 compagnies de tirailleurs qui ne peuvent arrivera temps i>our soutenir l'attaque de la compagnie du 14;^ contre la deuxième ligne de tranchées placée à 400 raè-

très des premières. Un retour ofTensîf des Chinois force le 143* à Lattre en retraite: il éprouve des pertes sensibles. La 3* compagnie de la Légion, par ses feux, protège cette retraite qui est soutenue p«ir une compagnie de tirailleurs.

Jusqu'au soir, 1o combat so loc«ilis(* entre les doux lignes de tranchées. On relournc contre rennemi celle qui a été prise, elle est occupée par 2 compagnies de tirailleurs et les 2 compagnies do la Légion. La 2* ligne se compose de la compagnie du 143' et de 2 compagnies de tirailleurs. Le feu dure toute la journée et les munitions commencent h manquer surtout aux tirailleurs. Les pertes totales de la journée sont de 24 lues et de 91 blessés. Ija Légion a pour sa part 3 tués et 30 blessés.

Pendant la nuit, les tranchées sont renforcées pour couvrir complètement les troupes, de sorte que le lendemain, la Tusillade des Chinois ne cause aucun mal. Dans l'aprèsmidi, ils placent une pièce de canon en batterie devant le fort de Chu, mais cetle pièce est démontée par notre artillerie après avoir tiré deux coups.

De forts délachements chinois se répandent dans la plaine et chcrcheht à nous tourner, mais rartillerie et les 2 compagnies de tirailleurs repoussent leurs attaques. A partir de 5 heures du soir, le feu des Chinois diminue considérablement. Dans la nuit, ils mettent le feu au fort et aux camps retranchés, puis se retirent et vont s'établir à cheval sur la roule de Lang-Son. Le mouvement de retraite est motivé par les succès du général de Négrier vers Kep et par son arrivée avec 1 bataillon et une batterie.

Les 12 et 13 octobre sont consacrés à des reconnaissances qui constatent la retraite des Chinois. La colonne place ses avant-postes dans la direction de Lang-Son et va cantonner à Clui, on rejoignent los T' et 4' compagnies du 2* bataillon, parties de Sontay au commencement de novembre.

Le magasin et le petit dépôt du 2* bataillon sont établis

ji Dap-Cau, près de Dac-Ninli. Les troupes sont occupées à construire la route de Lam à Chu, à fortifier ce point «le débarquement, à y élever un petit quai pour permettre aux canonnières et aux jonqnes d'accoster, et enQn à faire dos reronnaissanccs autour de la place.

Le 16 décembre, lo lieutenant- colonel Donnier, informé i\\\r. des l)andes de Cbinois drFccndcut des montagnes de Dang-Suug pour réquisitioimcr le pays et s'approvisiou- 11(4' au marclié de Ila-llo, envoie de ce côté 3 compagnies rn ro( onnaissnnce. La 3" compagnie du 2* bataillon renrfiiiir.; un millier de Chinois, les attaque vigoureusement, hîur lu(j 30 hommes et se replie ensuite : elle a 1 homme Iné, 1 disparu et 4 blessés.

fi.'i 4" ( ompagnie du 2*" i)a(aillon rntend la fusillade de raulro reconnai&snnce et se porte immédiatement à son recours, quoiqu'elle soit prévenue que les Chinois sont Hur son flanc droit; elle les repousse d'abord par ses feux, mais vers 9 heures (ît demie, la compagnie se voit enveloppée de trois côtés: 8 hommes sont de suite hors de ronibnt; le capitaine Gravereau ' fait faire d'.'ux crochets défensirs, attend les Chinois à 50 pas, les charge à la baïonnetle avec 2 sections, déblaie le teiTain, pendant i\\\o les autres sections vont j)rcudre position en arrière ,1 200 mètres, et prolègonl la retraite des deux premières. iiC mouvement se continue par échelons; le feu ne cesse eju'à midi et demi. Les forces chinoises s'élevaient à l,2CK) honnnes, la compagnie a 13 tués et 15 blessés.

A la lin de l'année 1884, par suite de la tension des relations avec la Chine, de la nécessité de repousser jusqu'au delà de la frontière les bandes chinoises qui envahissent le Tonkin, pour opérer en môme temps sur mer et s'emparer de l'île Formose, le Gouvernement décide l'envoi de nouvelles troupes.

La Légion a reçu l'ordre d'envoyer 2 nouveaux balail-

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