‹ La Légion étrangère en Espagne, 1835-1839Chapitre 1 sur 106 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

A mes camarades de Varmée espagnole^ dont fai pu éprouver Vamitié en maintes circonstances^ et à mes camarades de Varmée d'Alrique, dont fai partagé la vie pendant cinq ans, {e dédie Vhisloire de la Légion en Espagne.

Les uns et les autres sont devenus plus chers encore, par cette étude, au petit-lils d'un olficier qui combattit pendant plusieurs années avec la cocarde espagnole, sous les drapeaux de la reine Isabelle, dans les rangs de la Légion.

La légion étrangère est, de tous les corps de l'armée d'Afrique, celui qui, depuis les premiers jours de la conquête, est resté le plus semblable à lui-même.

Le légionnaire est un type curieux et original ; dans la vie monotone et pacifique des garnisons, il est bientôt envahi par une vague mélancolie et se laisse parfois aller au vice et à rindiscipline pour tromper son ennui ; en campagne, au contraire, c est toujours un soldat actif, discipliné, brave, capable de tous les efforts et de tous les dévouements.

Il a abandonné son pays, sa famille, ses amis : quelquefois il a dans son passé un drame mystérieux dont il garde le secret ; il ne compte plus dans la société ; il ne sert même pas sous son nom véritable, mais sous un sobriquet choisi par lui ; il ne veut plus exister que comme numéro matricule, il est uniquement soldat ; son sacrifice reste anonyme, sa mort même ne doit pas laisser de traces.

Il vient à la légion chercher une nouvelle patrie, un asile hospitalier, Toubli d'une douleur, le pardon d'une faute ; il a besoin d'espace, il aspire à l'effort, il dédaigne la souffrance, il souhaite le danger ; c'est l'amertume même d'une existence laborieuse et difficile qui réahse ses désirs et qui constitue sa raison d'être.

Que de légionnaires ont échoué sur les bancs du conseil de guerre d'Oran parce qu'ils étaient restés quelques mois de trop à Saïda ou à Sidi-bel-.\bbès ; s'ils avaient été envoyés dans les postes avancés, s'ils avaient été chargés d'accompagner les convois du Sud-Oranais, s'ils avaient pu partir au

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Tonkin ou à Madagascar, ils eussent peut-être été cités à Tordre, médaillés, décorés ; ils se fussent, comme leurs camarades, couverts de gloire. Ces hommes émeuvent quand on entre dans leur intimité, parce qu'ils se révèlent presque toujours comme des caractères fortement tnempés ; on devient indulgent pour leurs travers quand on sait comprendre ce qu'ils ont dans l'âme de généreux et d'héroïque (1).

Pour connaître la légion, il faut l'étudier pendant une campagne. Nulle période n'est peut-être aussi caractéristique dans son histoire que celle de 1835 à 1839, pendant laquelle ce corps, cédé au gouvernement constitutionnel d'Espagne, fît campagne contre les Carlistes dans la Catalogne, l'Aragon et la Navarre.

La légion était préparée à cette guerre par quatre années de luttes et de travaux en Afrique et elle conserva toujours auprès du peuple espagnol le nom de légion algérienne. Les hommes qui la composaient avaient déjà vécu de la vie des camps et pris part à maintes expéditions ; aussi los Argelinos, les Algériens, firent-ils honneur au courage et à l'endurance de l'armée d'Afrique naissante. Ils eurent l'occasion de développer en Espagne toutes les qualités qu'ils avaient acquises ; en les suivant pas à pas dans celte guerre difficile et prolongée, on arrive à se faire une idée exacte de leur véritable caractère.

Ce n'est pas au point de vue stratégique et tactique que les campagnes de la légion en Espagne présentent un réel intérêt ; elles ne comprennent que des opérations décousues

(1) Souvent j'ai reçu des oonfidenoes, quand j'étais rapporteur au conseil de guerre d'Oran, au cours des interrogatoires que je faisais subir aux légionnaires inculpés ; le délit reproché m'apparaissait alors comme un accident banal dans ces existences étranges, et je plaignais ces malheureux qui auraient parfois mérité une meilleure destinée.

et éparpillées, résultat du mode de cette guerre et de la nature du sol sur lequel elle se déroulait ; tout au plus peuton y puiser quelques principes relatifs à la guerre de montagne.

Mais au point de vue de l'éducation morale des troupes, elles fournissent de précieux enseignements ; les légionnaires qui allèrent défendre la reine Isabelle subirent stoïquement des souffrances terribles et supportèrent sans se plaindre les plus dures privations ; ils surent être héroïques dans des combats sans éclat, et mourir loin de leur pays, obscurément.

Ce sont là des exemples qui ne peuvent être oubliés, car la valeur morale du soldat jouera toujours, sur les théâtres de toutes les guerres, un rôle plus considérable que la stratégie et la tactique.

L'élude de cette campagne a aussi l'avantage de mettre au jour un épisode peu connu des relations franco-espagnoles.

L'Espagne et la France ont eu, pendant la première moitié du xïx' siècle, des existences étrangement mêlées. L'histoire a gardé le souvenir des campagnes de Napoléon et de l'expédition du duc d'Angoulême ; mais elle n'a pas conservé les traces de l'émotion intense avec laquelle les événements de la Péninsule furent suivis en France depuis 1823 jusqu'au milieu du siècle.

Les relations diplomatiques, les passions populaires et les influences politiques, qui ont exercé leurs effets sur la conduite de la campagne carliste et sur l'existence même de la légion, seront étudiées suivant leur importance respective.

Les Espagnols pourront trouver quelque intérêt à lire les appréciations portées sur les affaires de leur pays par des militaires ou des diplomates français qui y ont été mêlés ; les jugements sont reproduits avec fidélité, et les faits sont

racontés avec une impartialité d*aulant plus complète que nul sentiment favorable ou hostile aux partis en présence ne peut animer l'auteur.

Si les événements diplomatiques sont exposés dans leurs lignes générales plutôt que dans leurs détails, c'est parce que la période à laquelle ils se rapportent est encore très près de nous et que les Archives des affaires étrangères ne peuvent être exploitées qu'avec réserve.

Les documents à l'aide desquels les diverses parties de l'ouvrage sont composées ont été tirés pour la plupart des Archives historiques du ministère de la guerre à Paris ; un certain nombre proviennent des Archives du gouvernement général de l'Algérie, par l'intermédiaire de M. le commandant Lacroix ; quelques autres ont été extraits des Archives du ministère des affaires étrangères.

Les Archives espagnoles devaient être très riches sur le sujet et il était naturel de les consulter. Dès 1869» l'ambassadeur de France à Madrid fit des démarches auprès du gouvernement espagnol pour retrouver les registres concernant la légion, laissés jadis par ce corps en Espagne. Des recherches furent aussitôt entreprises dans les dépôts d'archives ; le Ministre de la guerre envoya même le 4 février 1870 une circulaire aux directions générales de Tétat-major de l'armée et des places, de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie, du génie, de la garde civile et du corps de santé, ainsi qu'à l'inspection générale des carabiniers ; les réponses qui lui parvinrent en février et mars certifièrent l'absence de tout registre (1).

(1) lie dossier relatif à ces recherches se trouve aux Archives militaires de Ségovie ; il contient toutes les lettres relatives à l'enquête, depuis la demande adressée par Tambassadeur de Franoe. La lettre du Ministre de la guerre donnant le résultat général des recherches est du 29 mars 1870.

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Un incendie qui avait éclaté, en novembre 1840, dans les Archives du ministère de la guerre, avait en effet anéanti les contrôles de la légion jusqu'au dernier ; presque tous les documents concernant ce corps, tels que lettres, rapports, demandes, avaient en même temps été détruits. Cependant, quelques rares feuillets avaient été sauvés des décombres, à demi consumés ; ils ont pu être retrouvés en 1906, grâce aux indications de M. le sous-secrétaire de la guerre de Madrid, au dépôt d'archives militaires de Ségovie, et les plus intéressants ont été reproduits dans la deuxième partie de l'ouvrage.

Une circonstance particulière a d'ailleurs permis de réparer en partie les pertes causées par l'incendie : les documents envoyés par le commandant supérieur de la légion aux autorités espagnoles étaient aussi expédiés par ses soins au général Harispe à Bayonne ou au Ministre de la guerre, à Paris ; ces copies françaises des pièces officielles ont aujourd'hui le précieux privilège de combler dans l'histoire espagnole une lacune qui, sans elles, serait irréparable.

Les archives particulières n'ont pas été négligées ; nombre d'impressions personnelles ont été glanées dans les lettres ou les papiers laissés par les officiers qui allèrent défendre en Espagne la cause de la royauté constitutionnelle contre l'absolutisme : Conrad, de Noue, Roussel, Chéré, Bernelle, le grand-père de l'auteur, Bazaine, etc. Des anecdotes typiques ont été extraites des mémoires de quelques autres, tels que Bamberg, de Collcville, von Rosen, d'Ortasini, etc.

Les dossiers des officiers et les registres matricules de la troupe, conservés aux Archives administratives du ministère de la guerre, ont permis de reconstituer la physionomie de la légion à cette époque ; aussi les chapitres de l'ouvrage sont-ils semés de portraits individuels ou de tableaux d'ensemble, qui cherchent à donner une idée exacte d'une des plus belles troupes de l'armée d'Afrique.

Les terrains sur lesquels s'est déroulée la campagne de la légion n'ont guère changé d'aspect depuis soixante-dix ans, et répondent encore aux descriptions qu'en donnaient les légionnaires de 1835.

Les villes seules ont pris de l'essor. L'antique Lerida survit encore autour de la citadelle et dans les rues étroites qui descendent vers l'Ebre. Barbastro a conservé ses maisons originales et ses arcades branlantes ; le bois d'oliviers qui fut le théâtre d'une lutte sans merci borde toujours la ville de sa verte couronne. Huesca, dans les parties hautes qui entourent la cathédrale, reste telle qu'aux jours où la bataille faisait rage dans la plaine de l'Alcoraz, et le petit ermitage de Saint-Georges, dont l'occupation donna la victoire aux Carlistes, permet de contempler avec émotion les champs où la légion perdit tant de braves.

Saragosse a conservé la plupart des monuments qu'avait laissés debout la guerre de l'Indépendance et que les légionnaires admiraient en 1837. Son cimetière a cependant été remanié : le brave Conrad, le chef de la légion, tué à l'ennemi, ne repose plus dans le tombeau que l'affection de ses soldats lui avait élevé ; mais ses cendres ont du moins été pieusement conservées, tandis que celles du général espagnol Iribarren, son compagnon de gloire et d'infortune, ont été jetées à la fosse commune lors des travaux exécutés !

Vitoria n'est plus la même qu'à l'époque où la légion y faisait son entrée aux applaudissements d'une foule enthousiaste ; mais on peut se faire une idée de l'ancienne ville en parcourant les quartiers qui dominent l'église de la Vierge blanche. Pampelune, au contraire, est restée jusqu'à ces derniers temps presque identique à elle-même, enserrée dans une pittoresque ceinture de vieilles murailles et ne prenant jour sur les campagnes qu'elle domine que par des

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portes étroites, surmontées d'écussons et de sculptures ; des travaux commencés vont lui permettre de s'étendre, mais lui enlèveront son cachet archaïque.

Il est impossible d'exprimer, au cours d'un récit qui doit conserver tous les caractères de l'impartialité, l'émotion ressentie en visitant les lieux où les légionnaires souffrirent et luttèrent ; ces pages ne doivent pas en effet laisser transparaître des impressions personnelles, car elles ne visent qu'à raconter fidèlement l'épopée du corps français qui partit d'Algérie pour Tarragone fort de plus de 5.000 hommes et qui revint à Pau, quatre ans plus tard, réduit à quelques centaines de combattants.

Le récit aura peut-être ainsi moins d'intérêt pour les lecteurs qui recherchent la couleur plutôt que l'exactitude et pour ceux qui préfèrent le roman historique émaillé d'aventures au livre d'histoire forcément plus sec. Mais ceux-là trouveront des ouvrages serrant de moins près le document et qui ont paru depuis quelques années : tel est l'excellent exposé du général Grisot et du lieutenant Coulombon, intitulé la Légion étrangère de 1831 à 1887 ; tel le volume coloré d'une flamme toute militaire et rempli d'anecdotes typiques de Roger de Beauvoir ; tel encore le récit brillant et pittoresque de Georges d'Esparbès, intitulé la Légion étrangère.

La période de quelques années pendant laquelle la légion a fait campagne en Catalogne, en Aragon et en Navarre, permet mieux qu'aucune autre d'étudier ce corps sous son véritable aspect ; la légion se trouvait en effet tout entière en Espagne, avec son colonel, son élat-major, ses bataillons

et son dépôt, tandis que dans la plupart des expéditions postérieures elle n'a figuré que par des bataillons isolés.

Un seul motif pouvait faire hésiter un officier français dans la publication de ce volume : ces pages rappellent aux Espagnols des souvenirs pénibles, et elles évoquent des jours ensanglantés par l'insurrection carliste. Mais elles font du moins ressortir toute la part que la France a prise aux souffrances de l'Espagne, et c'est, comme le prouve chaque jour la vie, par des douleurs partagées plus que par des joies communes que se cimentent les sincères et profondes amitiés.

Plan de l'ouvrage. — AbréTiatlons employées. — Documents. — Livres.

— Orthographe des noms français : noms de personnes ; noms de lieux.

— Orthographe des noms espagnols : noms de personnes ; noms de lieux. — Les noms dans les documents de la deuxième partie. — Noms étrangers de tous pays. — Biographies.

Remerciements aux collaborateurs de l'ouvrage : en Espagne, en France; aux descendants des familles; aux membres de la Sabreiache.

La méthode de composition adoptée pour ce volume est la même que pour le premier de la série, et les obseiTations générales exposées dans la piiéface et ravertifisement de Sidi-Brahim pourraient être répétées ici.

Une première partie contient le récit deâ événements; une deuxième reproduit lee documents contemporains les plus importants; une troisième renferme des récita et des mémoires dont la critique est faite par des notes placées nu bas de^ pages. Des annexes comprennent la liste des officiers ayant appartenu à la légion étrangère en Espagne^ une bibliographie et une iconographie. Un index général des noms propres termine le volume.

Les abréviations employées pour désigner les archives les plus fréquemm^mt consultées sont les suivantes :

A. H. G. : Archives historiques du ministère de la guerre.

A. A. G. : Archives administratives du ministère de la guerre.

A. A. E. : Archives du ministère des affaires étrangères. • Lor«qu'im document utilisé est reproduit dans la deuxième ou dans la troisième partie, lé dépôt d'archives d'où il est extrait n'est pas indiqué dans la référence, mais seulement le n° d'ordre de la pièce permettant de la retrouver facilement. Si, au contraire, le document n'est pas reproduit dans ce volume, des indications complètes sont données à son sujet.

Les ourvra^acâ imprimés sont désignés en note par le nom de l'auteur suivi de tout ou partie du titre du volume. L'édition employée est celle qui figure dans la bibliographie; néanmoins il a paru bon de la faire figurer dans. certains cas où elle peut fournir une indication utile au lecteur.

. L'orthographe dos noms français a été facilement établie : celle des iioms-de personnes, d'après les pièces d'état civil, ou, à défaut, d'état militaire; celle des noms de lieux, d'après le Dictionnaire des communes de France et la carte d'état-major.

L'orthographe des noins espagnols a été plus difficile à déterminer, on raison dw differonoes sensibles qui existent entre les variantes contenues oans les divers documents.

VtJ'Ta^k'^^^ ^-^ persoT.nes ont été écrits d'après l'excellent ouvrage espa. S^lf /'T,^'''''^^ ir«<oWa de la guerra civil, et d'après divers renseignements tels que documents originaux et signatures.

Les noms de lieux ont été mis en accord avec les cartes de Capitaine,

reproduites à la fin du volume ; leur orthographe aotuelle, dans lee cartes espagnoles ou françaises, est généralement la même. Quelques-un» d'entre eux ont tout^ois été rectifiés d'après les cartes modernes; ainsi, le nom du village d'Eugui est écrit Engui sur la carte de Capitaine, tandiB que dans beaucoup de documents et sur les cartes modernes il est écrit Eugui; cette dernier© forme a été adoptée par exception.

Les mêm€6 principes ont été appliqués aux pièces insérées dans les deuxième et troisième parties ; les divers documents présentent une telle variété pour Torthographe d'un même nom que la rectification est nécessaire pour faciliter la lecture et éviter des notes trop nombreuses. La forme des noms propres employée dans le docujnent a cependant toujouns été respectée quand Pidentificatâon était douteuse ou impossible; dans ce cas, une note donne Thypothèse faite par Tauteur, et Tindex contient les variantes à leur ordre alphabétique, en reportant de Tune à l'autre.

Les noms étrangew de tous pays sont nombreux dans l'ouvrage, en. raison de la composition même de la légion. Les noms des Polonais ont été écrits d'après les pièces officielles qui les désignent, ou d'après leurs signatures quand elles figurent dans certains documents; quoiqu'ils aient parfois ain^i une physionomie bizarre, il n'a pas été possible de les identifier mieux; ce pourra être le soin d'un écrivain qui étudiera l'histoire de l'émigration polonaise en France.

De nombreuses biographies, rédigées à l'aide des documents conservés aux Archives administratives du ministère de la guerre, ont été interoar lées dans le texte ou mises en notes, comme dans Sidi-Brahim ; elles constitueront peu à peu, avec l'aide des index, un dictionnaire historique des officiers de T armée d'Afrique.

Les nombreuses recherches qu'a exigées cet ouvrage, en Espagne et en France, sur le terrain et dans les dépôts d'archives, m'ont été facilitées par le concours de personnes auxquelles ce m'est un devoir agréable d'adresser mes remerciements.

Le lieutenant-colonel Echa^e y Santoyo, attaché militaire d'Espagne à Paris, et le colonel de Comulier-Lucînière, attaché militaire de France à Madrid, m'ont donné d'excellents conseils pour un voyage d'études en Espagne et remis des lettres qui m'ont fait accueillir partout avec une grande affabilité. L'ambassadeur de France, M. Cambon; le marquis de la V^a de Armijo, directeur de l'Académie royale d'histoire, une des personnalités les plus marquantes de l'Espagne contemporaine; le général Suarez Inclan, sous-chef do l'état-major de l'arméo, m'ont très aimablement accueilli et recommandé à Madrid. Le chef des Archives générales militaires de Ségovie, D. Vicente Vacani y Garcia, m'a guidé dans mes recherches avec une grande complaisance Le capitaine d'état-magor Pedro de Castro y Santoyo, de la capitainerie générale de Saragosse, m'a été très utile par les nombreux renseignements qu'il m'a fournis : il a en particulier retrouvé la tombe du général Conrad au cimetière de Saragosse et il m'a facilité la visite du champ do bataille de Huesca en m'adressant à son frère Pablo, établi dans cette ville. Un Français qui habite Barbastro, M. P. Bayle, et son gendre, M. Rafaël Mataix Marques, m'ont aide a me rendre compte des conditions dans lesquelles s'est livré devant cette ville le fameux combat de 1837. Il faudrait citer bien d'autres noms pour être complet.

En France et en Algérie, j'ai trouvé de même l'appui de collaboratours précieux. Le commandant N. Lacroix, chef du service des affaires indigènes en Algérie, a recherché dans les Archives du gouvernement gênerai les documents concernant la cession de la légion à l'Espagne et

me 1«6 a comniuniquéfi. Lee lieutenants René Sehmitz et Victor Paulier ont établi la liste des officiers de la légion de 1835 à 1897 j le lieutenant Patrolin a traduit l'ouvra^^e aJlemanU de Bamberg dont dee extraits sont reproduits aux annexes, et le lieutenant Latreille, quelques passages du volume de vom Kahden.

Le général de Noue, commandant la S* brigade de cuirassiers à Sainte- Menehould ; le lieutenant-colonel Rousset, ancien député et maire de Verdun; le lieutenant-colonel Chéré, chef du 2* bureau au ministèi^ de la guerre; le lieutenant-cc^onel Bernelle, du 54^ régiment d'infanterie à Compiègne; le capitaine Coni-ad, du 4^ d'infanterie à Auxerre; le comte de OoUeville, chambellan du Souverain Pontife, ont bien voulu me confier des papiers de famille, des portraits et des photographies qui ont été utilisés dans Touvrage. Fils, petit -fils ou petits-neveux des héros de la légion, ils ont presque tous, comnke on voit, embrassé la carrière de leurs aïeux.

Bien des personnes encore ont répondu à mes questions : M. Adrien Dutey-Harispe, petit-neveu du maréchal Harispe; M. le baron de Schwarz, oorsul général de Serbie à Paris, qui n'a pas de parenté avec le baron de Schwarz ou de Suarce dont il sera question ; M. Bemelle, de la Compagnie algérienne, à Alger; M. Fayolle du Moui^ier; le baron Chatry de la Fosse; M. Maoon, conservateur au musée Condé à Chantilly; M. Tliéodore Duret; le marquis de Cliennevières, etc.

Cest grâce à ces nombreux auxiliaires que j'ai pu mener à bonne ftn une œuvre que j'ai cherché à rendre impartiale, véridique et complète ; aussi je leur en exprime ici ma vive et sincère reoonnaissanoe.

Légion étrangère.

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