DOMICILE
OBSERVATIOKS.
POOONOWSKI
CaplUine.
Id.
Id.
Paris, rue Copeau, 22.
Toulouse.
Villeneuve sur Lot...
Officier du génie (quartier m&ilrei. i Officier d'arlillerie.
Brzozowski
Ujardowski (Vincent) . . .
SWIDRINSKI (Louis)
Lieutenant.
Paris, rueSt-Honoré,
PosiNSKi (Henry)
Id.
Beauvais (Oise)
Je désire vivement voir arriver le plus tôt possible les ofr ciers portés sur le présent éUt, en Itf prenant par ordre d'inscription; sortout les deux i re-
Stadmcki (Bronislas). . . .
PlWOWAHSKI
Id.
S.lieuien.
Paris, à Chaillot, rue de Bataille, 16.
Paris, rue Greuelle- Saint-Germain, 18.
NiERADiTOwsKi (Jérôme) .
MûLLER (Maurice)
Id.
Id.
Amiens (Somme).
Paris, rue Tivoli, 3.
miers, Tun officier d u génie, l'autre, officier d'artilJerio.
WoDRYXSKi (Antoine).. . .
Paris, Faubourg Montmartre, Cité Bergère, 4.
Le Général Joseph Bbbhelu.
TvvARDUKOwsKi (Kustache).
Id.
Frolssancourt , près Breteuil -sur - Noyé (Oise).
TiTTENBKONN
Id.
Bourganeuf (Creuse).
Pampelune, le 11 juin 1836.
Le Colonel général de la division auxilia ire Jran ça z «c,
J. Bernelle.
DOCUUEKTS COXTEICPOILAINS 453
A. H, G., Aff. d'Esp., carton 45. Etat nominatif signé par Beruelle
(original).
État nominatif de MM. les officiers venus de France pour faire partie du régiment de lanciers.
A Pampelune^ le 12 juin 1836.
Kraiewski (Henry) ^ chef d'escadron.
Horain (Michel), chef d'espadron.
Przyluski (Stanislas), capitaine.
Skarzynski (Vincent), capitaine.
Woroniecki (Lucien), capitaine.
Nalencs Bonsewski (Calixte), capitaine.
Pangowski (Clément), lieutenant.
Bielinski (Valérien), sous-lieutenant.
Ciedszowski (Charles), sous-lieutenant.
Le Maréchal de camp commandant la division auxiliaire française^
J. Bebnellb.
A. E, G., Aff. d'Esp. carton 44 (original).
IjO général Bernelle au Ministre de la guerre, à Paris.
(R&prort sur les opérations de Juin 1836.)
Pampelune, le 1" juillet 1836.
Monsieur le Maréchal,
J 'ai rhonncur de vous rendre compte que les troupes de la légion ont occupé pendant le mois les cantonnements de Larrasoafia, Illa retta, Znbiri, Saigos, la borda de Femandorena, Inigo, enfin Linzoin et Viscamct.
Le 6 juin, le général Bernelle reçut avis que Sa Majesté venait de lo nommer grand'croix de Tordre d'Isabelle la Catholique, en récompense de l'affaire du 26 avril sur les hauteurs d'Esain.
Jusqu'au 22 juin, les rebelles n'avaient fait aucune démonstration hostile sur aucun des points, et avaient occupé la vallée qui borde notre ligne, mais avec un peu de troupes.
Le 28 juin, le général, ayant appris qu'ils s'étaient réunis à 01a-
gue et Burutain (1) et que des paysans travaillaient à établir des routes destinées au transport de l'artillerie, en avertit le vice-roi.
Le 24; à 3 lîeureâ du matin, treize bataillons et quelques cavaliers couronnaient les hauteurs de Tirapegui sur leequelles ils avaient transporté cinq pièces de canon d'un gros calibre ; ils commencèrent à 4 heures un feu d'artillerie très vif, qui fut dirigé sur le blockhaus placé sur le premier mamelon qui domino LarraBoafLa ; ils jetèrent sur oe point des projectiles creux qui bientat l'incendièrent et forcèrent enfin l'officier qui y était de garde avec 20 hommes à opérer sa retraite sur Larrasoafia en ayant soin cependant de faire sauter les restes du blockhaus, avec les cartouches et les grenades à main qui y étaient en réserve. Cette retraite no fut opérée que quand l'étage supérieur du blockhaus eut été anéanti par le feu et après cent coups de canon reçus qui avaient presque entièrement démoli la redoute du blockhaus.
L'officier contint l'ennemi tout en opérant sa retraite et fit payer chèrement le faible avantage qu'il venait d'avoir, en détruisant à force de boulets un poste qui n'était pas destiné à lutter contre l'artillerie.
L'ennemi continua son feu et le dirigea sur la redoute située sur la rive gauche de l'Arga, en faoe de Larrasoafia; il chercha aussi à incendier quelques maisons du village en y jetaîit des obus; mais ses efforts furent paralysés par l'adresse de nos artilleurs qui, ne possédant que deux pièces de canon, dirigèrent si bien leurs coups * qu'ils parvinrent à démonter une pièce ennemie et à faire oesser entièrement le feu des quatre autres, dont plusieurs des ai*tilleurs furent tués.
La garnison de LarraeoafLa se composait de deux faibles bataillons, formant un effectif de 900 hommes; elle fut renforcée d'un bataillon qui était à Urdaniz et qui avait reçu l'ordre du général de se porter sur ce point, dès qu'il serait aiTtaqué; durant sa marche, ce bataillon essuya le feu de l'artillerie ennemie qui ne lui blessa que deux hommes.
Le vice-roi, ét^nt sorti de Pampelune à la tête de 6 bataillons, arriva à Zuriain à 7 heures du matin et attira de ce côté l'attention des rebelles, qui bientôt abandonnèrent l'attaque de Larrasoafia pour venir le combattre.
Le 26, les rebelles vinrent attaquer quelques tirailleurs qui mettaient en état de défense la redoute du blockhaus, qu'il était indispensable d'occuper pour éclairer les environs.
Le général Bernelle, malgré la maladie très grave qui le retenait à Pampelune, se transporta à Larrasoafia, s'empara des positions qui dominent la redoute et chassa Tennemi des hauteurs qu'il occupait.
Le 27, le général ayant appris que les factieux avaient reçu du renfort et qu'ils menaçaient les pointe de Zubiri, des bordas de Fernandorena et d'Inigo, Linzoin et Viscarret, se porta en avant avec 2 bataillons de la légion et 4 bataillons espagnols et alla occuper les hauteurs de Zubiri et de Linzoin.
L'ennemi se contenta d'envoyer quelques tirailleurs qui firent feu
(1) Au nord-ouest de Larrasoana, dans la vallée de Lanz. (Note de f.A.)
sur le% bordas et qui bientôt après se retirèrent, en manquant le mouvement de retraite des bataillons qui s'étaient placés en observation au-dessus de Silvety (1), sur les hauteurs de droite qui dominent ce point.
Il avait une pièce du calibre de 8, qui fut retirée à l'apparition de nos trouiies.
Le général coucha à Zubiri, et le lendemain 28, ayant su que les bataillons rebelles s'étaient retirés sur Eugui et ayant la conviction par les reneeignements reçus qu'ils avaient renoncé au projet de couper notre ligne, fit rentrer ses troupes dans leurs cantonnements et se porta de sa personne à Pampelune, pour y recevoir le général en chef qui y arriva le 29 au soir.
Le général fut investi du commandement d'un corps d'armée âfi 10.0ÛO hommes, destiné à opérer en Navarre.
Le Colonel général commandant la division
attxiliaire française
et V armée d^ occupation de Navarre y
J. Bebnellb.
A. A. G,, Dossier Bernelic (copie signée par Bemelle).
Le vice-roi de Navarre à Bernelle.
A S. Exe. D. Jos, Bernelle, comm^andant général du corps d'opérations de cette vice-royauté.
Excellence,
Son Ezoellence le général en chef, cous la date du 3 courant, me mande ce qui suit :
« Excellence, une longue expérience m'a prouvé que le moyen le plus efficace de combattre la rébellion de ces provinces consistait dans la destiniction des ressources qui servent à les soutenir à l'abri des barrière» naturelles d'un pays qui, dès les temps les plus reculés, a toujours opposé à la valeur, au nombre, au génie, des difficultés naturelles contre lesquelles sont venus échouer en tout temps les efforts des meilleures troupes et les conceptions les mieux dirigées des généraux les plus éclairés et les plus célèbres. Le système de blocus que j'ai établi il y a peu de temps avec des ressources insuffisantes, bien qu'imparfaitement observé faute de moyens, a porté à la faction le coup le plus funeste qu'elle ait pu recevoir, et par son seul moyen je serais arrivé à la pacification si désirée, etc., etc.
» Afin d'arriver à cet heureux résultat, en se rappelant d'ailleurs les généreux sacrifices de l'Espagne et de toutes les autres grandes
(1) Zilbeti, an nord-est d*Eugui. (Note de P, A,)
nations de l'Europe pour soutenir une cause si juste et si nationale, j'ai décidé ce qui suit :
» Article premier. Dans tous les pays que nos avant-postes ne pourront pas protéger et dans tous ceux soumis à la domination des rebelles, les récoltes seront immédiatement et irrémissiblement brûlées sans excuse^ exception ou considération aucune, et sou& la plus sévère responsabilité des chefs qui restent chargés du meilleur moyen d'exécution afin d'éviter tout danger pour les troupes.
» La présente disposition s'étendra aux récoltes en gerbes, en meules ou en granges, qu'elles appartiennent aAix particuliers ou à l'administration ; qu'elles fe composent de froment, orge ou de toutes autres céréales.
» Art. 2. Les chefs respectifs prendront les plus grandes précautions pour que tout se fasse avec ordre et régularité, afin que le soldat ne brûle que ce qui est prescrit et ne rende pas l'opération dangereuse pour nous-mêmes.
» Art. 3. Les cheifs de colonnes ou de points fortifiés de quelque grade qu'ils soient, qui se montreraient peu zélés dans l'exécution de oette vigoureuse mesure, qui doit être si efficace et contribuer d'une manière si certaine au bien et à la tranquillité de la nation, seront responsables envers moi de leur faute d'énergie et d'obéissance, et remplacés dans leur emploi comme indignes de servir la cause publique qui exige de tous le sacrifice des sentiments et affections particuliers qui doivent disparaître devant l'intérêt général qui les domine tous.
» Art. 4. L'exécution du présent ordre doit passer avant toute autre opération et les chefs qui le rempliront avec le plus d'exactitude nous seront particulièrement agréables et auront acquis des droits à des récompenses.
» Art. 5. Chaque commandant général de province ou de district oommuoiiqiiera la présente dans les vingt-quatre heures à tous les commandants sous ses ordres, avec des instructions spéciales sur les démarcations du pays où les récoltes doivent être détruites, en exigeant un rapport journalier sur l'accomplissement des présentes dispositions. Ils réprimeront toute faiblesse ou retard dans l'exécution partielle qui doit concourir au grand résultat que l'on se propose et devant lequel il faut étouffer les sentiments de philanthropie qui le rendraient pénible.
» Art. 6 et 7 contiennent des ordres de détail qui prescrivent les moyens d'exécution, m
Au quartier générai de Pampelune, le 4 juillet 1836.
Lt Général chef de Vétat-major général^ Signé : M. Obaa.
Transmis le 7 juillet 1836, par le vice-roi de Navarre :
Joaquin de Ebfelleta.
Pour extrait et traduction conformes :
Le Colonel J. Bernelle.
DOCUMENTS CONTEUFOSAINS 457
A. A, G. y carton : légion étrangère (original).
Bernelle au Ministre de la guerre.
Pampeluoe, le 14 juillet 1836.
Confidentielle.
MoDfiicur le Maréchal,
Ainsi que j'ai eu Thonneur de le déclarer à Votre Excellence, par ma lettre écrite en rade de Palma qui a dû vous être remise par votre aide de camp, M. de La Rue, je ne me auiu décidé à passer au service d^Espagne eb à changer ma cocarde, même momentanément y qu'après plusieuns jours d'hésitation, ert lorsqu' après les exhortatiens de MM. le comte d'Ërlon, le général Rapatel, M. Meloion d'Arc, et surtout M. de La Rue, commissaire du Roi pour la cession de la légion au service d'Espagne, il m'a été donné l'assurance, au nom du Roi et de celui de Votre Excellence, que par cette démarche je serval» mon pays et que j'aidais son chef et son gouvernement dans l'intention oti ils étaient de secourir et de soutenir le gouvernement constitutionnel en Espagne de S. M. la Reine Isabelle IL
Je l'ai déclaré alors, et je le déclare de nouveau : aucune autre considération ne m'aurait déterminé à une semblable démarche et encore moins à user comme je l'ai fait de mon influence sur mes subordonnés et de la confiance qu'ils avaient en moi pour les engager à se soumettre aux intentions et au désir du Roi, en rendant possible, par notre soumission, quelque douloureuse qu'elle nous parût, l'exécution de la convention faite à Paris en date du 28 juin 1835.
Depuis près d'un an que je suis en Espagne, et que, dans les positions si pénibles et si périlleuses dans lesquelles nous nous sommes trouvés, nous avons fait preuve d'un dévouement sans bornes et d'une entière abnégation de nous-mêmes au Roi des Français, à notre pays, à son gouvernement, en remplissant en conscience la mission dont nous sommes chargés, je me suis persuadé que, par des motifs que je ne me permets pas d'approfondir, le gouvernement français ne porte pas à la Reine Isabelle et à sa cause, que nous sommes venus défendre en Espagne, l'intérêt aussi vif qui l'avait déterminé à céder à ce pays un corps nombreux, faisant partie de son armée, et dont la presque totalité des officiers et une partie des sous-officiers et soldats sont Français.
Je me permettrai de faire ci-dessous à Votre Excellence l'énumération des motifs qui ont formé ma conviction sur l'indifférenoe au moins du Roi des Français et de son gouvernement pour la cause qu'ils nous ont envoyé défendre en Espagne :
1® Les officiers français, qui, lors de l'embarquement de la légion en Afrique, non seulement n'ont pas répondu au vœu du gouvernement, mais ont cherché à faire avorter ses projets en excitant leurs camarades et leurs subordonnés à refuser comme eux de venir en
Espagne et dont les noms aveo des notes avaient été adressés à Votre Excellence par M. le lieutenant-général Rapatel, ont été presque immédiatement replacés dans les régiments français, ce qui jufiquelà leur avait été refusé ; ainsi, ils ont été par le fait récompensés de leur opposition à ce qu'on nous disait être le vœu du gouvernement.
2<* Il en a été de même des officiera étrangers, dont la conduite avait été la même que celle des officiers désignés ci-dessus; ils ont été replacés dans la nouvelle légion qui s'organise en France, tandis que Votre Excellence annonçait par sa lettre au comte d'Erion, en date du 2 juillet 1835, et qui m'a été transmise par lui le 17 du même mois : a Que je devais engager les officiers, sousrofficiers et soldats à suivre la destination qui leur est offerte ; que c'était d'ailleurs une nécessité pour les étrangers et que, dans le cas où quelques-uns d'eux montreraient de l'hésitation et refuseraient à passer au service d'Espagne (ce que Votre Excellence ne pouvait supposer), je devais les prévenir (et c'est ce que j'ai fait) qu'ils perdraient leur emploi et n'auraient droit à aucune espèce d'indemnité, le gouvernement ne ee trouvant nullement oblige de les conaerver à sa solde. Ils seraient alors remis à la disposition de l'autorité civile et n'auraient droit à aucun subside, car ils ne pourraient plus être traités conmae réfugiés; que, quant aux sous-officiers, caporaux et soldats étrangers, tenus au service par un engagement, ils ne pourraient quitter la légion qu'à l'expiration de la durée de cet engagement, et qu'ils étaient donc liés jusqu'à un certain point au sort de la légion, etc., etc. ».
3* Des officiers, qui après avoir consenti à venir en Espagne ont donné leur démission après avoir fait tout ce qui était en leur pouvoir pour entraîner leurs camarades et leurs subordonnés à suivre leur exemple, ont aussi été replacés immédiatement dans l'armée française, bien que j'eusse rendu compte à Votre Excellence de la manière dont ils avaient quitté le eervice d'Espagne ; entre autres M. Conrad, qui a donné sa démission après plusieurs actes d'insul:x)rdination et qui vient d'être replacé lieutenant-colonel au 4« léger^ contrairement à une note écrite de la main de M. le lieutenantgénéral Schramm, que j'ai sous les yeux, et portant que M. Conrad ne pouiTait être replacé dans l'armée française, même comme lieutenant-colonel, qu'autant qu'il prouvera qu'il est sorti de l'armée d'Espagne d'une manière honorable et, ainsi que je l'ai prouvé par pièces authentiques envoyées au Ministre, il en est sorti par suite de divers actes d'insubordination !
4® L'indifférence du gouvernement français à l'égard des militaires français et étrangers de la légion faits prisonniers et massacrés par les bandes de Don Carlos, contrairement à ce qui se pratique pour les autres troupes de la Beine depuis le traité de lord Elliot. On ne comprend pas que le gouvernement français puisse souffrir que les militaires d'un corps faisant partie naguère de l'armée française et dont une grande partie compte toujours dans les cadres de cette armée, et considérés comme en mission, soient traités comme des aventuriers et que je sois mis dans l'alternative, ou d'agir avec la même barbarie que nos cruels ennemis, ou de laisser sans vengjeance le massacre des militaires sous mes ordres.
DOCUMENTS COirT£MPO£A.INS 45&
5^ Dans la lettre précitée, qui m'a été remifse le 17 juillet 1835, par M. le lieutenant-général comte d'Erlon, il est dit expreBeément :
« Que les officiers ou souft-officiers régulièrement pourvus de leurs grades dans l'armée française, et qui consentiront à passer au service d'Espagne dans la légion, sont susceptibles d'obtenir des avantages positifs; que je dois les prévenir qu'ils seront considérés en mission, qu'ils seront en conséquence maintenus sur les contrôlée de l'armée, qu'ils conserveront leurs droits aux récompenses que leur assurent leurs anciens services et ceux qu'ils rendront dans leur nouvelle position, eta, etc. »
Cependant, malgré ces promesses que je me ©uis empressé de faire connaître à mes subordonnés pour les engager à accéder aux vœux du Roi et de son gouvernement et après une année de campagne la -plus laborieuse, entourée de tous les dangers, de toute» les privations, dans laquelle les militaires de tous grades' ont donné des preuves multipliées d'une bravoure, d'une résignation et d'un courage sans exemple à supporter toutes les fatigues et toutes les privations, aucune des demandes que j'ai adressées n'a été accueillie, bien que je me sois borné à ne demander que la confirmation de quelques-uns des grades acquis par suite d'actions d'éclat sur le champ de bataille et pour des militaires réunissant les conditions d'avancement voulues par la loi du 14 avril 1832.
6® Malgré les promesses positivement faites de la part du gouvernement français d'alimenter et même d'augmenter considérablement l'eiîectif de la légion, en facilitant et encourageant les engagements des Français et des étrangers pour le service d'Espagne dans la légion étrangère, il n'a rien été fait pour arriver à ce but; ou du moins les mesures qui ont été prises pour y parvenir ont été tellement tardives et incomplètes qu'elles ont fait avorter entièrement ledit recrutement : 1*^ parce qu'on s'est refusé d'accorder les moindres avantages ou garanties aux militaires de tous grades, ou individus nés Français qui ont témoigné le désir de venir joindre la légion en Espagne; 2® parce que, contrairement à ce qui a été fait en Afrique,, d'après les instructions expresses du Ministre de la guerre qui me prescrivait de déclarer aux militaires de tous grades « qu'ils n'avaient pas le choix de suivre ou non la légion en Espagne, mais que c'était une obligation pour eux », il a été laissé à la faculté de chaque sous-officier et soldat du bataillon organisé à Pau de passer ou non au service d'Espagne, bien qu'ils fussent liés de la même manière et par les mêmes obligations que ceux de l'ancienne légion ; la question même qui leur a ét^ posée en leur demandant leur consentement semblait être une invitation à refuser puisqu'on se contentait de leur faire répondre oui ou non, à cette question : « Préférez-vous servir la France que l'Espagne ? » et, par suite, ces simples mots : <( France? ou Espagne? » Il en est résulté, comme il était naturel de s'y attendre, un refus presque général puisque, sur un bataillon d'un effectif de près de 800 hommes, une soixantaine environ ont consenti à venir joindre la légion en Espagne, et cela même soit par des motifs particuliers, soit parce qu'ils y avaient déjà servi précédemment dans le corps. Non seoilement ce bataillon n'a donc été utile en rien au recrutement de la légion, mais son voisinage de la frontière a excité à la désertion plusieurs militaires qui
s'y sont rendus dans Tespoir de s'y faire incorporer, eb qui, à la connaissance de leurs camarades restés en Espagne, ont reçu dans le principe des pa^eeports avec le secours qu'on accorde aux indigents pour se rendre dans leurs foyens.
7^ Malgré que j'aie fait connaître au gouvernement français par mon intermédiaire naturel, M. le comte de Rayneval, amba£Badeur do S. M. le Boi des Français à Madrid, la pénurie dans laquelle nous nous trouvons par suite de l'inexactitude involontaire de la part du gouvernement espagnol à payer régulièrement la solde aux officiels, sous-officiers et soldats et à assurer les subsistances et l'habillement de la troupe, le gouvernement français n'a fait, à cet égard, aucune démarche, ni pris aucune mesure pour faire cesser un tel état de choses, et me laisse par conséquent dan? une position excessivement dangereuse, ayant à craindre avec raison que le manque de solde n'entraîne les soldats à la désertion pour amener la dissolution du corps que je commande en grossissant les rangs des factieux.
8® Il entre journellement par tous les points de la frontière de France des secours de toute nature à Don Carlos ; il existe dans les villes de France voisines des Pyrénées des agents du Prétendant recrutant pour lui, formant des magasins de toute nature qui lui sont expédiés de la manière la plus ostensible; ses partisans traversent nos départements du Midi, ou séjournent dans une ville frontière, entretenant avec lui ou les siens une correspondance active, sans qu'ils soient inquiétés, ni même contrariés d'aucune manière. Outre que cette indulgence du gouvernement français pour une cause qu'il nous envoie combattre nous place journellement dans une position fausse et difficile envers les autorités constitutionnelles et les partisans d'Isabelle II qui nous reprochent cette coopération de notre gouvernement, elle ajoute au scrupule que j'ai de servir, bien malgré moi, une cause qui n'obtient pas l'assentiment du Roi des Français et celui de son gouvernement.
Si donc, ainsi que j'ai eu l'honneur de l'exprimer plus haut à Votre Excellence, toutes ces causes énumérées me faisant supposer que, par des motifs que je ne me permettrai pas d'approfondir, S. M. le Roi des Français ne portait plus à la Reine Isabelle II et à son gouvernement constitutionnel l'intérêt vif qui a dû le décider à céder à l'Espagne un corps composé en partie de Français, je me croirai dans l'obligation de supplier Votre Excellence de vouloir bien obtenir que le Roi m'autorise à rentrer dans l'armée française dans telle position qu'il lui plaira de m'y assigner, mon intention bien prononcée étant de ne servir aucune puissance étrangère qu'avec la certitude de céder aux vœux et aux intentions du Roi.
Bien que je ne me permette d'exprimer ici que mon opinion individuelle, je croirais cependant manquer à mon devoir si je ne faisais pas connaître à Votre Excellence qu'elle est partagée par la totalité des militaires français et une grande partie des étrangers de la légion, qui, tous, ne sont passés au service d'Espagne que dans la persuasion qu'ils continueraient à servir la France dans cette nouvelle position et qui, comme moi, sont décidés à quitter ce service dès qu'ils auront acquis la certitude, soit par la déclaration du gouvernement, soit par la continuation de la conduite qu'il a tenue
jusqu'ici envers nous, que la cause que nous défendons en Espagne lui est devenue indiff évente.
Je ne saurais trop attirer l'attention et les hautes méditations de Votre Excellence sur le contenu de cet écrit dans lequel j'ai regardé comme un devoir d'honneur, autant enveiB le gouvernement du Boi qu'envers mes subordonnés, de m' exprimer avec toute la franchise d'un vîeux fioldat ; j'ajouterai que si, par des motifs que je ne puis deviner, ni ne dois approfondir, il convenait à Votre Excellence de ne pas me faire connaître, d'ici au 15 août prochain, ses intentions et œlles du Roi, soit officiellement, soit indirectement, je regarderai son silence comme l'aveu de l'indifférence que je suppose et dont j'ai déduit les motifs, et oonséquemment comme l'autorisation tacite de faire officiellement auprès des deux gouvernements la demande de ma rentrée personnelle en France.
J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Monsieur le Ministre, votre très humble et très obéissant serviteur.
Le Maréchal de camp, colonel-général de la légion étrangère^
Joseph Bbbnsllb.
A. H.'G , Aff. d'Esp., carton 45 (copie signée par Alava, et jointe à une lettre qu'il écrit au maréchal Maison, de Paris, le 5 août 1836, pour se plaindre des ternies employés par Bemelle).
Le général Bemelle au général Alava, ambassadeur d'Espagne à la cour de France.
Quartier général de Pampelune, 25 juillet 18S6.
M'onsieur le Général,
J'ai l'honneur de vous annoncer que j'ai reçu votre letère en date du 18 courant, à mon retour d'une expédition sur Estella, dont les résultats ont été très honorables et très avantageux pour les armes de la Heine.
Je dois vous prévenir que le refus formel que contient cette lettre de venir à mon secours dans un moment où je manque absolument de ressources pour assurer la solde de la troupe, joint au silence que gardent le gouvernement espagnol, le général en chef et le vice-roi de Navarre sur de pareilles demand<es, excessivement pressantes, que je leur ai adiressées depuis deux mois à ce sujet, m'ont déterminé à solliciter des deux gouvernements l'autorisation de rentrer personnellement en France; malgré tout mon dévouement pour la cause constitutionnelle en Espagne et ma vive sympathie pour les intérêts du trône de S. M. la Reine Isabelle II, il m'est impossible de conserver plus longtemps un commandement dans lequel je ne trouve appui ni concours de la part du gouver-
nement et des hautes autorités, et lorsque les vivres, la solde et les autres moyens indispensables ne sont jamais assurés, et d^assumer en conservant un commandement impossible à remplir ^convenablement, par les motifs exposés ci-dessus, une responsabilité immenee des événements futurs, facilea à prévoir, qui retombera naturellement sur les personnes qui, n'ayant aucun égard à mes demandes et à mes avertissements réitérés, m'ont refusé le concours et les moyens que j'étais en droit d'attendre d'elles. Je vous prie, etc.
Signé : J. Bernellb.
Pour copie conforme :
Alaya.
ii. A. G., cartoti : légion étrangère (minute).
Le Ministrd de la guerre à Bernelle.
Paris, le 27 Juillet 1836.
Monsieur le Colonel,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, le 14 juillet courant, pour m'exposer les motifs qui vous déterminent à penser que le gouvernement français ne porte pas à la cauae de la Beine Isabelle un intérêt aufiei vif qni'aurait pu le faire présumer la cession faite en 1835 de la légion étrangère au gouvernement espagnol.
Ces motifs sont la prétendue faveur avec laquelle ont été traités ceux de6 officiers de la légion, soit français, soit étrangers, qui ont refufié à Alger de la suivre en Espagne, ou qui, après avoir consenti à la suivre, l'ont quittée pour rentrer en France ; l'indifférence du gouvernement français à l'égard des militaires de la légion faits prisonniers et massacrés par les bandes de Don Carlos ; la non-acoeptation des propositions d'avancement ou de récompenses faites par vous et que vous m'avez transmises en faveur d'officiers et de militaires de la légion; rai»enoe de mesures pour le recrutement en France do ladite légion ; le défaut de concours officiel auprès du gouvernement espagnol pour faire assurer la solde, la subsistance et l'entretien de la légion; enfin, la non-répreseion des actes des partisans ou émissaires de Don Carlos qui ont pour objet de fournir à tes bandes, par notre frontière, les munitions de bouche et de guerre qui lui sont nécessaires.
Il n'est pas dans mon intention de discuter ici un à un les griefs que TOUS avez réunis pour justifier le reproche d'indifférence pour la t^ause de la Eeine que vous adressez au Gk)uvernement français. Cependant, je ne puis m'empêcher de vous dire que la plupart de ces griefs reposent sur des indications complètement inexactes. C'est ainsi, par exemple^ que vous avancez que les officiers qui ont refusé
DOCUMENTS COXTEMFO&AINS 463
do suivre la légion étrangère en Espagne, ou qui Font quittée depuifi, ont été récompensés par des emplois qui leur ont été donnés presque immédiatement : la vérité est que quelques-uns d'entre eux seulement, après examen de leur conduite, de leur position actuelle et de leurs anciens services, ont été replacés, la loi leur attribuant des droite au concours pour les emplois de leur grade qui viennent à vaquer.
Le peu de fondement de vos plaintes tient en général à l'oubli du fait qui domine toutes les questions que vous avez soulevées. Je veux parler de la cession de la légion étrangère à TEspagne. Cette ceasion a été pleine et entière; el!e a placé la légion étrangère dans la dépendance absolue du gouvernement espagnol et soumis les militaires qui la composent aux lois et au régime de l'armée nationale. Dans cet état de choses, il est évident que le gouvernement français ne peut, en aucune façon, prendre l'initiative, soit pour accorder des récompenses ou de l'avancement aux militaires de la légion, soit pour faire aonirer la solde et l'entretien de oe corps; la même raison l'a empêché d'intervenir pour faire régler, d'après les lois de la guerre, le sort des prisonniers qui pourraient tomber entre les mains des bandes du Prétendant.
D'un autre côté, vous semblez ignorer que le traité de la Quadruple Alliance a imposé aux parties contractantes des conditions restrictives du droit d'intervention armée dans les affaires de la Péninsule. La politique et la raison d'Etat font une loi étroite au gouvernement du Roi de ne point s'écarter de la lettre de ce traité, et d'agir à cet égard avec la prudence eb la circonspection commandées par de grands intérêts; ceci vous explique pourquoi il n'a pas été pris aussi promptement que vous l'auriez souhaité des mesures pour le recrutement en France de la légion étrangère.
Cependant, les principales difficultés ont été aplanies, et vous devez connaître à l'heure actuelle les dispositions qui viennent d'être prises par moi pour accroître de 4.000 à 5.000 hommes l'effectif de cette légion.
Quant à la répression de la contrebande et dos actes qui auraient lieu sur nos frontières pour fournir à Don Carlos des approvisionnemenFs de boucHe et de guerre, le gouvernement du Roi a pris toutes les mesures convenables pour que cette répression fût réelle et efficace, et, choque fois qu^une infraction lui a été révélée, il s'est empressé d'en punir les auteurs et de recommander à ses agents un redoublement de surveillance.
Si, malgré les explications que je viens q'c vous donner, vous persistez à vouloir quitter le commandement de la légion étrangère pour rentrer en France, vous voudrez bien préalablement m'instruire de votre résolution définitive à cet égard, afin que j'avise aux moyens de confier ce corps à un autre chef, qui puisse le maintenir dans l'excellente voie où il est, et lui faire acquérir de nouveaux droits à la reconnaissance de l'Espagne et à l'estime de la Franoe, qui sait apprécier ses services et ne les laissera pas dans l'oubli.
Reoervez, Monsieur le Colonel, l'assurance de ma considération distinguée.
Le Maréchal, Ministre de la guerre ^
Marquis Maison.
464 I^ LÉGION ÉTSANGÈfiE EN ESPAGNE
A, E. (t., Aff. d'Esp., carton 45 (traduction signée par Bernelle). Ordre dn Jour du corps d'opérations de Navarre.
(Traduit de Te^pagnol.) Quartier général de Zubiri, le 2 août.
Soldats,
Je ressens un noble orgueil de me voir à la tête de troupes dont la valeur et \& discipline sont au-dessus de tous éloges, et j'éprouve une bien vive satisfaction d'avoir de si nombreux et de si justes motifs de le déclarer hautement. Hier, témoin de votre courage, que n'avais- je comme je le désirais des pouvoirs assez étendus pour récompenser tous les actes de bravoure qui se sont passés sous mes yeux; qui ennoblissent et qui caractérisent le soldat qui, oublieux da sa propre existence, sacrifie aux autels de la liberté et de la patrie jusqu'à son dernier soupir I D'aussi grandes vertus doivent être consignées dans l'histoire pour servir d'exemple à vos descendants. Déjà éprouvés sur les champs de bataille, je savais que les corps que j'avais l'honneur de commander feraient bien leur devoir ; mais tous ils ont surpassé mes eepéranoes 1
La cavalerie espagnole et polonaise mérite particulièrement l'application de ces dernières lignes, car elle s'est eouveitte de gloire en offrant à l'armée le spectacle d'une charge sur une position ardue, enlevée à l'ennemi chassé de derrière les parapets qu'il y avait construits.
Ce serait pour moi un bonheur de pouvoir citer ici tous les militaires qui se sont distingués ; mais, les états que j'ai demandés ne m'étant point encore parvenus, je suis privé de cette satisfaction.
Je voudrais avoir plus d'éloquence pour faire sentir à tous combien je suis content de leur belle conduite et particulièrement do celle des officiers, tant d'état-major que de troupe, dont le bon exemple dans leurs postes respectifs, la grande précision et l'activité à communiquer et exécuter mes ordres nous ont acquis la gloire de déjouer les projets du chef fanfaron des hordes rebelles et de punir sa jactance. Je suis persuadé qu'il ne reviendra pas tenter de coups sur la ligne que votre patriotisme et votre valeur ont convertie pour lui en un champ de funérailles; mais s'il l'osait, n'en doutez point, ses efforts seraient encore vains et si vous vous comportez comme toujours je l'ai vu, sa frayeur serait à son comble ; c'est ce que vous prédit votre général.
J. Bernelle.
A, R, G,, Aff. d*£sp., carton 44 (original).
liO général Bernelle au Ministre de la guerre, à Paris.
(lUrrort des opérations du mois de juillet et des* premiers jours du mois d'août.)
Le 1^ du mois, les trou|)es de la légion occupaient Larraeoaûa, TJrdaniz, Zubiii, la borda Fernandorena, celle d'Inigo, Linzoin et Yiacarret; elles restèrent dans ces cantonnements jusqu'au 3 inclus^ époque à laquelle le général reçut de nouvelles instructions du général en chef Cordova, pour que la division français prit garnison dans les villages sur la route de Pampelune à Puente-la-Reyna^ afin de suivre le mouvement de Tennemi qui paraissait vouloir ee porter en face sur TÂrga ou la Ribera, en passant par Estella.
Ces différents mouvements avaient déjà reçu un commencement d'exécution, d'après lequel les bataillons s'étaient placés à Yillaba. et à Huarte, pour se porter ensuite dans les villages sur la route de Puente-la-Reyna et le général avait établi 'son quartier général à Pampelune pour être au centre des divisions françaises et espagnoles, quand pendant la nuit de nouvelles instructions du général! en chef l'empêchèrent d'opérer œ mouvement.
Le 4, à 6 heures du matin, le général reçut avis du brigadier Clonard qu'un parti de rebelles venait de se présenter sur les hauteurs de Zubiri et avait commencé la fusillade sur ce point; le brigadier ajoutait qu'il se portait sur ce point avec les 2 bataillons de la garde sous ses ordres, conformément aux instructions qui lui avaient été données.
Le général accéléra sa marche sur Huarte et y envoya des ordres. très pressants pour que cinq bataillons qui s'y trouvaient, le 6^ étant déjà à Berrio-Plano, se missent en marche sur Zubiri, et à la tête de ces bataillons se dirigea sur Larrasoaûa ; arrivé à hauteur de Zuriain, un envoyé du brigadier Clonard lui apprit que la borda d'Inigo venait d'être enlevée et qu'on ignorait ce qu'était devenue la garnison. Il reçut en même temps divers rapports qui lui firent connaître que les forces de l'enneimi étaient de 11 bataillons : en conséquence, il envoya l'ordre au bataillon de la légion qui avait été envoyé à Berrio-Plano le matin de suivre son mouvement en se dirigeant sur Larrasoafia; arrivé à Zubiri avec les deux premiers bataillons de la légion, qu'il avait pris à Huarte, les trois autres qui étaient à Yillaba suivant à une heure de distance, il jugea par la vive fusillade et la canonnade qui s'y entendaient que le brigadier était vivement engagé.
Bien que la chaleur fût insupportable et qu'elle incommodât le» soldats de telle manière que quelques-uns moururent asphyxiés, il monta à leur tête et arriva assez à temps avec ses deux batainons pour remplacer ceux de la garde et de Bourbon qui, déjà fatigués par un long et glorieux combat, avaient consommé presque toutes leurs munitions. Les deux bataillons de la légion furent accueillis L'^IOQ étrangère. 30
466 LA LÉGION ÉrBANGÈRE BN ESPAGNE
par leurs camarades de la division espagnole par des cris de vivat. Ils s'élancèrent avec impétuosité au pas de charge dans un bois très fourré où Tennemi combattait avec l'avantage de la position. Ce bois, quoique disputé avec acharnement, fut enlevé en un clin d'oeil avec une perte considérable du coté de l'ennemi, qui ee retira sur une éminence oii il prit ses dispositions afin de résister à notre attaque. De son côté, le général rallia ses deux bataillons et donna ordre au brigadier Clonard de suivre son mouvement, le prévenant qu'il allait faire enlever la position.
En effet, les 1*' et 2* bataillons de la légion française furent placés en colonnes serrées sur une même ligne précédée d'une forte ligne de tirailleurs, aussi de la légion et du régiment de Bourbon. Ik partirent au pas de charge, l'arme sur l'épaule droite, et se précipitèrent sur cette position formidable, que l'ennemi abandonna après une vaine résistance, laissant le champ de bataille jonché de morts et ne pouvant, dans sa précipitation, enlever quelques caisses de cartouches qui tombèrent en notre pouvoir ; il prit la direction d'Eugui.
L'artillerie de la division espagnole et deux de nos obusiers de montagne qui firent un feu très vif sur ces colonnes en déroute causèrent des pertes considérables à l'ennemi.
Le résultat de cette afiaire est une perte immense pour les troupes du prétendant qui ont fui dispersées dans différentes directions.
Le nombre des morts ennemis n'a pas été moins de 150, celui des blessés de 450 à 500, celui des prisonniers de 60 hommes.
Notre perte à nous fut de 8 morts et 30 blessés. Malgré la barbarie avec laquelle l'ennemi continua à traiter nos prisonniers en les faisant massacrer, ceux que nous fîmes dans cette affaire furent traités d'après les lois de la guerre, à l'exception de deux déserteurs de la légion qui, reconnus par leurs camarades, furent fusillés à Tinstant même.
Le général rentra à Zubiri avec ses troupes, y coucha et se dirigea le lendemain sur Larrasoafia et de là à Yillaba, où il établit son quartier général. Les troupes de la légion occupèrent Zubiri, Larrasoafia, Huarte et Yillaba.
Le 7, ayant été informé que quelques rebelles avaient paru sur les hauteurs de Zubiri, avec deux pièces d'artillerie, le général se mit en marche sur ce point avec une partie des troupes disponibles de la légion ; mais arrivé à Larrasoafia, il apprit du brigadier Clonard, qui avait reçu l'ordre dje> se placer dès le matin sur les positions qui dominent les bordas Fernandorena et d'Inigo, que l'ennemi s'était retiré. Il rentra dans ses camtonnements où il resta, jusqu'au 9, époque à laquelle ayant reçu avis que des bataillons ennemis s'approchaient de Puente-la-Reyna, dans l'intention de la bloquer, il réunit dans la nuit une partie de la brigade de M. Clonard, 4 bataillons de la légion, une partie de la cavalerie et 4 obusiers de montagne, et les dirigea à la pointe du jour sur Puentela-Keyna : arrivé à hauteur de Sagues, le général apprit que l'ennemi s'était présenté au nombre de quatre bataillons sur les hauteurs de Termitage del Pardon, et qu'il avait envoyé dans les villages des environs pour donner l'ordre aux jeunes gens en état de porter les armes de venir se joindre à lui, mais que cette démarche avait été infructueuse, attendu qu'ayant su par des espions que les
troupes de la Reine venaient de ce côté il s'était remis en route, sans attendre les recrues sur lesquelles il comptait.
Le général échelonna ees troupes à Saguee, Gazolaz, Zîzur-Mayor et Zizur-Menor, ayant toujours un bataillon à Berrio-Plano et l'autre à Villaba et se rendit de sa personne sur ce dernier point, laissant le commandement des troupes au lieutenant-colonel Horain, qui demeura d&tis ces cantonnements jusqu'au 10 inclus. Le 11, deux bataillons reprirent les cantonnements de Yillaba et Huarte ; les autres continuèrent à occuper les mêmes pointa.
Le 16, le général ayant reçu des instructions particulières du général en chef Cordova pour opérer une diversion du côté d'Estella et incendier en même temps les récoltes de l'ennemi, qui étaient encore sur pied ou venaient seulement d'être coupées, il se remit en route le 17 pour Puente-la-Reyna, avec les six baillions de la légion, l'artillerie et la cavalerie, ainsi qfue les tiradores et des troupes du génie, etc., etc. Il arriva à Puente-la-Reyna la même jour €t y coucha.
Le lendemain, à la pointe du jour, il se mit en route, poursuivant sa marche sur Larraga; arrivé sur ce point, il fit prendre quelques rafraîchissements à ses troupes et dans l'après-midi il se dirigea sur Oteyza où il arriva le soir, à 5 heures et demie. Au moment où il entrait dans le village il rencontra la division de la Ribera qui déjà lui avait donné avis de sa jonction avec son corps d'armée;* la batterie de la Ribera était placée en dehors du village et sur un plateau à droite de la route d'Estella ; la cavalerie était en réserve dans le village et l'infanterie était placée derrière la batterie. L'ennemi occupait les hauteurs en avant d'Oteyza ; il paraissait avoir quatre batailloDA environ et le général ennemi avec son état-major étaient placés Aur un mamelon à portée de canon ; quelques tirailleurs s'étant avancés pour tirer sur nous, les tiradores furent détachés en avant avec doux compagnies de voltigeurs, et la batterie de la Ribera balaya par une vingtaine de coups de canon tout ce qui se trouvait à sa portée : deux obusiers de montagne de la légion lancèrent quelques projectiles dont le jet fut assez heureux et obligea l'étatmajor ennemi à se retirer. Nos forces qui se composaient des 6 bataillons de la légion, 4 obusiers de montagne, 200 cavaliers polonais, de la division de la Ribera, du 2* bataillon de Bourbon, d'un bataillon provincial d'Avila, du 6* léger, des tiradores du colonel Iriarte et de sa cavalerie, bivouaquèrent aux alentours d'Oteyza et dans les endroits les plus favorables à la défense.
Pendant la nuit, il y eut une alerte dont le résultat fut quelques
coups de fusils échanges, qui ne nous firent presque aucun mal, un seul officier de santé ayant été contusionné.
Le 19, au point du jour, le général, laissant en position à Oteyza la batterie de la Ribera, soutenue par le 2* bataillon de Bourbon et celui du régiment provincial d'Avila, commença son mouvement sur toute la ligne comprise entre les hauteurs qui dominent le chemin royal de Puente-la-Reyna à Estella et la rivière de l'Ega ; à droite la 2* brigade de la division française, soua les ordres du brave lieutenant-colonel Horain, menaça Morentin en se portant ; jusqu'au pont où il engagea un feu avec les tirailleurs de l'ennemi, qui occupait ce point avec deux bataillons : dans cette acj tion M. le lieutenant-colonel Horain fut contusionné au genou.
Ce fut la seule résistance que nos troupes rencontrèrent. Cependant comme le général savait que l'ennemi avait réuni aux environs d'Estella et sous les ordres du chef Garcia les !•', 2% 3*, 7% 9*, 10", 11® et 12" bataillons de Navarre, 3 escadrons de cavalerie, la compagnie sacrée et 6 pièces de canon et comme il le voyait en outre porter une partie de ses forces de Muniain (1) au mont Jurra (2), en laissant entre ce village et la rivière deux escadrons en position, il comprit que les rebelles» croyaient leur capitale menacée sérieusement et bien qu'il lui eût été facile de forcer leur position et d'y arriver, il ne voulut pas le faire, ayant rempli le but qu'il s'était proposé, qui était d'attirer l'attention de l'ennemi de ce côté.
Le général commença donc fion mouvement rétrograde sut Oteyza ; les factieux, toujours fidèles à leur tactique habituelle, lancèrent leurs tirailleurs sur notre arrière-garde, et ils furent repoussés tant par les troupes de la légion que par la cavalerie espagnole personnellement dirigée par le brigadier Iribarren; dans cette retraite on mit le feu à presque toutes les récoltes sur pied ou disposées dans les aires.
Le général imposa Oteyza d'une contribution qui n^ put s'élever qu'à deux mille réaux.
Lorsqu'il continua sa marche sur Larraga et quitta par conséquent Oteyza, deux bataillons ennemis y entrèrent et engagèrent le feu avec notre arrière-garde qui les repoussa.
Le général prit poâition et ofisit le combat aux troupes carlistes, qui venaient de recevoir un renfort de 6 bataillons que Villareal venait d'amener ; son attente fut trompée, l'ennemi n'osa se mesurer avec nos troupes que ses lâches tirailleurs insultaient.
Notre perte en ces deux jours ne fut que de 6 blessés.
L'extrême chaleur fatigua extraordinai rement nos troupes ; nous perdîmes quelques hommes qui furent asphyxiés.
Les troupes couchèrent à Larraga.
Le 20, à quatre heures de l'après-midi, nous nous remîmes en rolite; nous fîmes séjour le 21 à Puente-la-Beyna ; le 22, les 3 derniers bataillons de la légion allèrent se cantonner à Sagues et Gazolaz, notre cavalerie à Zizur et les autres bataillons restèrent à Puente-la- Eeyna.
Le général rentra avec son état-major à Pampelune, où il séjourna jusqu'au 26, époque à laquelle il repartit pour Puente-la- Beyna, où il vint établir son quartier général.
Le 28, le général, étant allé à Larraga pour y puiser des renseignements sur les mouvements de l'ennemi, apprit que des forces considérables devaient se porter sur Peftacerrada (3), pour chercher à enlever cette place ; il se décida alors à partir avec la plus grande partie des troupes du corps d'armée d'opérations de Navarre pour
(1) Mimiam par erreur sur la carte de Capitaine; c'est Muniain qu'il faut lire. {Note de P. .4.)
(2) Monte Jurra, hauteur située à un peu plus de 2 ki'omètres à l'ouest de Muniain (voir carte de Coello). (Note de P. A.)
(3) Le document porte Peiiia^Senada et ailleurs PeiUSerrada. Il s'agit de Pefiacerrada sur la route de Logrono à Vitoria. {Note de P. A.)
DOCTJME^'TS CONTEifPOEAIKS 469
se porter sur la Solana (1) d'oii il menacerait Ëstella, aiiusi que Los Arcofi et la vallée de la Bemeza (2), où rennemi craignait qu'on incendiât ae^ récoltes, et serait à même de secourir Peflacerrada, si une attaque sérieuEe avait lieu sur ce point, en sû portant sur Tarrière-garde de Tennemi.
Au moment où le général prenait les dispositions nécessaires pour cette expédition, le brigadier comte Clonard apprit par des confidences que Villareal, à la tête de 15 bataillons de Navarre, Alava et Castille, de 6 pièces d'artillerie et d'environ 120 chevaux, se dirigeait sur la droite de notre ligne dans l'intention de la couper en enlevant les points fortifiés placés entre Zubiri et Yiscarret ; de se porter dans les vallées prononcées pour les piller et en égorger les habitants et en même temps de se saisir d'un convoi considérable d'argent qui devait arriver de France. En cette occurrence, le général se mit en marche le 30, à la tête des troupes espagnoles et de celles de la légion qui étaient alors à Puente-la-Reyna, bagues, Gazolaz et Zizur-Mayor, et vint occuper les cantonnements de Huaite, Hari (3), Tillaba et Burlada. La manière ostensible dont cette attaque avait éibé annoncée lui laissait des doutes sur la véracité ; cependant dans la nuit du 31, ayant eu des avis certains de la présence de l'ennemi sur les hauteurs de Zubiri, le 1^ août, à 4 heures et demie du matin, il se dirigea sur Zubiri où il arriva à 8 heures.
L'ennemi s'était présenté dans la nuit du 31 au 1*^' août sipr les hauteurs de Linzoin et, ayant occupé la position formidable que nous lui avions enlevée le 4 juillet, y avait établi des retranchements; il s'était porté sur la droite de la redoute d'Inigo et avait construit une batterie de trois pièces qui enfilait cet ouvrage par son angle droit; le l** août, à la pointe du jour, il avait commencé une vive canonnade sur ce poste qui, muni de deux pièces, riposta vivement, fit essuyer à l'ennemi des pertes assez considérs^les, et lui démonta une des pièces de la batterie qu'il venait d'établir; les tirailleurs ennemis s' étant présentés très près de la redoute, la garnison fit une vive fusillade qui dut être meurtrière pour les rebelles ; la garnison fit une sortie contre les tirailleurs ennemis qui s'en approchèrent.
D'après les ordres du général, le brigadier Clonard avait au commencement du jour fait occuper les positions de droite par un bataillon de tiradores; les cavaliers du colonel Iriarbe, le bataillon de Malaga, les deux bataillons de la garde étaient placés avec le bataillon d'Africa sur une position à gauche de la route d'Inigo entre les deux bordas.
Le général fit renforcer ces positions par les trois bataillons de la légion qui étaient arrivés les premiers et établit ses postes avancés sur la lisière du chemin à droite et en face de la position enlevée le 4 où l'ennemi était retranché.
Il attendit ensuite à Zubiri pendant une heure et demie l'arrivée
(1) Ckstte vallée est située au sud d'Estella, à l'est de Los Arcos. (Note de P. A.)
(2) n s'agît sans doute de la vallée de la Berraeza, au nord-ouest de Los Arcoe. {Note de P. A)
(3) Probablement Arre des cartes de Capitaine et de Coello. (Note de p. A.) ^
(lu régiment de Bourbon qui, par suite d'un malentendu, n'avait pas suivi le mouvement qui lui avait ëté indiqué; à 9 heureSy les rebellos voyant nos troupes s'avancer et, craignant pofur leurs pièces, les firent enlever et les dirigèrent sur Ëug^i.
A 9 heui-es et demie, le général se mit en marche à la tête des trois derniers bataillons de la légion, du 6* léger et de deux escadrons du régiment de lanciers de Cordova et alla se placer sur les hauteurs de Fernandorena en ayant soin de mettre ses cavaliers sur la droite de la route en les masquant par un taillis.
Le régiment de Bourbon arriva et alla renforcer les positions déjà occupées.
Le général s'établit de sa personne sur le mamelon à gauche de la borda Fernandorena et observa Lee mouvements de l'ennemi, qu'il ne voulait attaquer que quand l'occasion lui semblerait opportune. "VilIai-eaJ, intimidé par la présence de nos troupes et ne voulant pas engager 1er combat, fit opérer un mouvement de retraite à deux des cinq bataillons qui oooupaient la position enlevée le 4 et ses environs, ce que le général voyant fit venir trois pièces d'artillerie sur le mamelon où il était et de là envoya quelques obus aux bataillons ennemis qui occupaient une position en avant de la borda Fernandorena, en face de celle d'Agorreta (1) : ces obus firent le plus heureux efEet, les Carlistes commencèrent à abandonner cette position et se retirèrent hors de portée de notre arillerie ; notre cavalerie s'avança alors vers la position enlevée le 4, au pied de laquelle se trouvaient environ 300 rebelles^ alla &e placer derrière ua mamelon ei attendit le signal de la charge; trois de nos obusiers venaient d'être établis un peu en deçà de cette position; et faisaient un feu très vif sur les troupes ennemies ; en même temps que les tiradores engageaient une fusillade itrès nourrie avec les tirailleurs des rebelles, nos bataillons s'avançaient pour soutenir notre cavalerie au moment où il en serait besoin. Il était alors 3 heures de l'après-midi ; l'ennemi commença une retraite précipitée, abandonnant la formidable position qu'il occupait et qui lui semblait si fortement menacée. Le 1" escadron de notre cavalerie s'élança alors sur eux, appuyé par le 2* bataillon de la légion et un bataillon de la garde royale, arriva au sommet de cette position au milieu d'une grêle de balles, sabra tout o© qui s'y trouvait et poursuivit l'ennemi jusqu'à la borda d'Agorreta; en même temps un bataillon du 6^ léger tourna la position à gauche, suivi des autres bataillons qui arrivaient en colonne et délogea l'ennemi de la .position qu'il occupait à gauche.
L'ennemi se mit à fuir dans le plus grand désordre, cette attaque si impétueuse n'ayant pas laissé le temps aux bataillons de Navarre qui avaient effectué leur retraite de venir pour renforcer ceux qu'ils avaient laissés pour la soutenir; ils arrivèrent trop tard et la démoralisation des bataillons qui fuyaient s'étant emparée d'eux, ils suivirent la même impulsion en laissant à nos cavaliers le regret de ne pouvoir les atteindre sur les pics inaccessibles, situés derrière Saigos et sur lesquels ils s'étaient retirée.
^|1) Agoireta^ non port^ sur la carte de Capitaine, à 2 ou 3 kilomètres au nord d'Ydoyeta, dans la direction de Linzoin. (Note de P. A.)
Immédiatement après, les bataillons ennemis placés sur les positions de droite de la route d'Inigo s'étant avancés pour appuyer ceux qui venaient d'être mis en déroute, le brigadier Clonard, avec les bataillons de la garde, prit position en avant de celles qui venaient d'être enlevées; notre cavalerie et les bataillons de la légion, ainfii que le 6^ léger et le régiment de Bourbon, se portèrent en avant et par des charges successives de cavalerie et celles d'infanterie (qui se servit presque constamment de baïonnette), chassèrent l'ennemi de toutes les positians et le forcèrent enfin à se retirer sur le versant de la montagne, à l'entrée d'un boip où une dernière charge T accabla à tel point qu'il se mit à fuir dans toutes les directions et dans le désordre le plus complet. La nuit était venue; quelques fuyards tiraient encore sur nos tirailleurs qui les poursuivaient. Le feu cessa entièrement à 9 heures et demie ; nos troupes revinrent occuper les positions de Linzoin, d'Inigo et de Femandorena; la cavalerie se porta sur Yiscarret où elle coucha; le général demeura de sa personne dans la redoute d'Inigo avec l'artillerie et les munitions de réserve; l'ambulance fut établie à la borda de Femandorena.
Le but du général en couchant sur ie champ de bataille était d'être prêt à recevoir Villareal, s'il s'était trouvé disposé à recommencer le lendemain ; il voulait aussi faire enterrer lea morts, enlever les blessés et recevoir les déseiteurs qui se présentaient en grand nombre.
Les nouvelle reçues donnent la certitude que Villareal a eu son cheval blessé ; qu'un brigadier navarrais, que les déserteurs n'ont pas pu nommer, a été tué par un boulet de canon; que Villareal a eu beaucoup de peine à réunir trois bataillons le soir de l'affaire; tout le reste s'était mis en dispersion, prétendant avoir été trompés, parce que pour les déterminer à retourner sur la ligne où ils ont éprouvé tant d'échecs on avait été obligé de leur annoncer qu'ils la surprendraient^ attendu que le général et ses troupes étaient à Lerin, qu'ils pilleraient un trésor de six millions de réaux, qu'ils entreraient dans les vallées prononcées pour la Reine, et qu'ils pilleraient et brûleraient tous les villages, etc.
Le bataillon des guides de Navarre seul résista à ces appâts et ne voulut pas s'éloigner d'Eetella pour venir sur la vallée de Lanz et il eut tant de déserteurs à cette occasion, presque tous passés dans les rangs de l'armée de la Reine, qu'il fut réduit à 200 hommes au plue.
Ainsi les principaux résultats du combab du l**" août sont :
1** L'entière déconsidération de Villareal ;
2^ La dispersion presque complète de 21 bataillons de la faction, car outre les 16 qui avaient pris part à l'affaire, 5 qui sont arrivés le soir, ont été entraînés dans la déroute générale ;
Une perte réelle et effective de 1.000 à 1.200 hommes pour l'ennemi, tant en tués ou blessés que prisonniers ou déserteurs, sans compter ceux rentrés en France ou dans leurs foyers, etc.
Notre perte a été de 90 blessés et 20 morte ; au nombie de ces derniers, outre le brave capitaine adjudant-major Bojewski, capitaine au 1"" escadron de lanciers polonais, nous avons fait une perte
bien sensible dans la personne du chef de bataillon Toyo, commandant le 1^^ bataillon de tiradores d'Isabelle II.
Le Colonel général de la division auxiliaire françaiie^ com/mandant le eorpt d^opérationg de Navarre,
J. Bernblle.
A. E. G., AS. d'Esp.; carton 45 (copie jointe à la lettre d'Harispe au Ministre, du 29 août).
Le général Lebeau au général Harispe.
Painpelune, 25 août 1836.
Le général Cordova est arrivé ici avant-hier, ainsi que voua l'a écrit M. de Senilbes ; il est parti hier. Quelques bruits avaient couru qu'il serait arrêté et outragé par les soldats; je lui ai donné un eecsîdron de lanciers pour l'accompagner, je lui ai offert de l'accompagner moi-même, car je n'aurais pas voulu pour rien au inonde qu'il lui arrivât quelque chose de désagréable; l'escadroç n'est pas encore rentré; mais s'il était arrivé quelque chose de iâcheux, j'en serais déjà informé.
Nous sommes toujours ici dans le même état de pénurie de vivres et d'argent, car le conunissaire qui est allé en chercher à Bayonne n'est rentré qu'avec 25.000 francs. Il est urgent, très urgent qu'on nous en envoie ; je me recommande à vous, car vous connaissez tous nos besoins. Les soldats ne reçoivent qu'une petite ration de lard de mauvaise qualité, point de vin, ce qui occasionne beaucoup de maladies.
La légion est pourtant tranquille, la tourmente est calmée; mais au milieu de tant d'éléments, j'ai toujours peur que le timon ne m'échappe. Je tiendrai bon; mais si vous saviez quelles têtes ce sont ! Au reste ils «ont bien braves.
J'avais vu le général Sarsfield et ne vous avais pas parlé de lui parce qu'il serait absurde de donner le commandement d'une armée à un tel homme et que je ne l'ai jamais cru. Il est sourd à ne pas entendre le canon, malade, faible, dormant toujours; en un mot, cacochyme. Il vient de perdre le commandement par l'ordre du jour ci-après :
(( Pampelune, 25 août.
» Le brigadier Cabrera, vice-roi par intérim de Navarre, après avoir pris les ordres du lieutenant-général comte Sarsfield, commandant en chef de Tarrnée des opérations de Navarre, informe les troupes que le général en chef n'avait pas pu à cause du mauvais état de sa santé se mettre à leur tête, ni se rendre au quartier général, mais que Pamour de son pays Ta décidé dans les circonstances extraordinaires où se trouve l'Espace à prendre les commandements désignés ci-dessus. »
DOCUICENTS CONTEMFOILAINS 473
M. de Senilhes et moi avons été lui rendre visite ; il est toujours dans le même état.
Signé : Général Lebeau.
P.S. — M. Mroszewski, colonel polonais, et son compatriote, le lieutenant Miomede Ghlebinski, viennent de »e présenter chez moi ; je n'ai point d'emploi pour eux, ni pour un capitaine et pour un lieutenant polonais qui sont également venus ici sans recommandation.
Ils sont dans une position pénible et je ne puis y remédier; je no peux déplacer personne pour eux. Je vous prie de détourner ceux qui voudraient venir, car c'est un embarras pour moi et un sujet de jalousie pour ceux qui ont des droits à l'avancement et -qui en acquièrent tous les jours.
Archives du général Bemelle, Imprime dans V Histoire de V ancienne légion étrangère, p. 478-479.
Les offlciers des lanciers polonais de la légion au général Bernelle.
Pampelune, le 27 août 1836.
Général,
Les officiers polonais, pleins de reconnaissance pour le touchant intérêt que vous avez prie à eux pendant votre commandement, viennent, pénétrés du regret de votre départ, vous offrir de partager la «eule chose qu'ils aient pu conserver intacte après la perte de leur patrie, cette marque distinct ive d'honneur dont ils ont décoré leurs poitrines dans les jours de gloire de la malheureuse Pologne.
Ils pensent, Général, que ce morceau de ruban ne peut être mieux placé que sur votre cœur, et ils espèrent que chaque jour, en le voyant, vous vous rappellerez votre dernière et glorieuse affaire du 1" août, dont l'éclat a si bien terminé votre noble tâche en Espagne.
Ils ont l'honneur d'êitre, etc.
Kraiewski, Horain, chefs d'escadrons ; Dumontbz, major ; Wern, Ludochowski (1), Skabzinski, PanooRSKi (2), Persluski (3), WoRONiEWSKi, Capitaines.
(1) n s* agit de Ludechowski. (Note de P. A.)
(2) H s'agit de Pangowski. (Note de P. A,)
(3) Orthographié ailleurs Przyluski. (Note de P. A.)
A. H. G,, Aff. d*£sp., carton 44 (original). Le général Lebeau au Ministre de la guerre, à Paris.
(Rapport sur les éyénements du mois d*août 1836.)
Pampelnne^ le 17 septembre 1836.
Après Taffaire du 1^** août 1836, sur les hauteurs de Zubirî, les troupes composant la division auxiliaire française furent cantonnées dans les environs de Fampelune ; la 1** colonne, composée des trois premiers bataillons d'infanterie, d'un escadron de cavalerie, d'une section d'artillerie, ainsi que d'une section d'ambulance, occupa Zizur-mayor et Menor, Sagues et Gazolaz ; la seconde, forte comme la première, vint se cantonner à Huarte, Yillaba et Burlada. Le 6, le général ayant reçu avis du gouverneur de Puente-la-Reyna, que des bandes rebelles se montraient dans les environs, la 2* colonne reçut l'ordre d'aller renforcer la garnison de cette place.
Le 8, les troupes composant la première colonne escortèrent jusqu'à Puente-la^Reyna deux pièces d'artillerie de gros calibre destinées à la redoute que l'on construisait à la gauche de Puente-la- Beyna ; à leur retour elles revinrent occuper les cantonnementa de Zizur, etc., etc. La 2* colonne quitta le même jour Puente-la-Reyna pour venir occuper Asttain et Mury (1).
Le 10, parut un ordre du jour dans lequel le général Bernelle annonçait que, rappelé en France, il remettait provisoirement le commandement général du corps d'occupation de Navarre à M. le comte de Clonard, commandant la 4^ division, et le commandement supérieur de la légion à M. le lieu'tenant-colonel Gros d'Avenas.
Dans la nuit du 11 au 12 août, les factieux forts de 4 bataillons se présentèrent à la redoute de Puente-la-Reyna qui n'était pas achevée, renversèrent les ouvrages commencés et vinrent prendre position près de Puente-la-Reyna. Le gouverneur de cette place, qui avait à sa disposition plusieurs obusiers, les délogea promptement en leur faisant éprouver une perte assez considérable. A la première nouvelle de ce coup de main, la 2* colonne de la légion reçut Tordre de se porter à la Venta del Pardon (2), pour occuper cette formidable position qui domine toute la vallée et d'où elle eût pu se porter promptement sur le lieu du combat si l'action était devenue plus sérieuse; mais, à 2 heures, elle reçut l'ordre de reprendre ses cantonnements.
Le 12, M. le maréchal de camp Lebeau, nommé par LL. MM. le Roi des Français et.la Reine d'Espagne au commandement supérieur des divisions auxiliaires française et étrangère, et au commandement supérieur du corps d'opérations de la Navarre, arriva à Pam-
(1) La carte de Capitaine porte Muro; mais les documents et la carte de Coello portent Muru. (Note d^. P. A,)
(2) Venta de Perdon sur la carte de Capitaine. (Note de P, A.)
DOCUMENTS CONTEMPO&AINS 475
pelune et prit le commandement le 13. Ce jour-là, il donna au corps d'opérations de Navarre Tordre du jour suivant :
« Le Boi des Français m'a honoré du commandement des légions auxiliaire et française au service d'Espagne, et la Beine d'Espagne Isabelle II a ajouté à oet honneur celui du commandement du corps d'opérations de Navarre. Je ne me dissimule pas que ma tâche est difficile ; mais je porterai dans les devoirs qu'elle mf'impose l'expérience d'un vieux soldat et l'admiration que la nation espagnole m'a toujours inspirée. Je précède 6.000 homntes, que la France, dans son alliance avec l'Espagne, envoie de plus à son service; le mois ne s'écoulera pas avant leur arrivée, mais ce que je vois de guerriers espagnols autour de moi est un heureux présage de nos préludes avant l'arrivée du renfort que j'annonce. »
Par un ordre du même jour, 13, le général fi^t connaître que M. le lieutenant-colonel Horain, chef d'état-major de la division, cessant ses fonctions et rentrant en France, est remplacé par M. le coDunandant Klein.
Le 16, à la nouvelle que quelques troupes de Sa Majesté Catho-: liqoe sous les ordres du brigadier Iribarren avaient proclamé la Constitution de 1812, le général Lebeau écrivit la lettre dont suit copie à S. E. le vioe-roi de Navarre :
« Mon Général, je viens d'apprendre que les troupes de Sa Majesté Catholique aux ordres du brigadier Iribarren, de concert avec les habitants de Lerin, viennent de proclamer la Constitution. Je n'emploierai point les forces militaires comme je pourrais le faire pour réprimer un tel acte d'insurrection ; ici nous ne devons avoir à combattre que les Carlistes; mais si cet acte de proclamation tout à fait en opposition aux conditions d'alliance de la France avec l'Espagne trouvait ici des imitateurs, je serais forcé de me retirer avec les troupes que je commande et d'arrêter, en attendant la réponse de mon gouvernement, les 6.000 Français qui entrent en Espagne, pour concourir avec les troupes espagnoles dévouées au gouvernement de Sa Majesté Catholique à l'anéantissement de l'insurrection, »
Le même jour, 16, le général Lebeau, malgré la fermentation et l'opposition qu'il rencontrait dans quelques autorités, donna des ordres dans la nuit aux troupes, et fit ses dispositions pour attaquer les insurgés le lendemain. L'attaque eut lieu en effet et les résultats sont consignés dans le rapport qui suit, adressé à S. E. le Ministre de la guerre espagnol :
c< Excellence, choisi par le gouvernement français d'accord avec celui de Sa Majesté Catholique pour venir prendre le commandement des légions étrangère et française au service d'Espagne et du corps d'opérations de Navarre, à la place du général Bernelle, je suis arrivé à mon poste le 12 du courant, persuadé, après avoir donné un ordre du jour de quelques lignes pour faire connaître la mission dont j'étais chargé, qu'il fallait que les factieux apprissent et sentissent mon arrivée; après avoir reconnu notre ligne, j'ai fait mes dispositions et une sortie avec un bataillon de la garde royale de Sa Majesté Catholique et les bataillons de la légion étrangère, me dirigeant sur Olague et Lanz, avec le projet d'aooaler
476 LA LÉGION £t&AK6ÈBE £K ESPAGNE
{l'ennemi] sur Eugui, derrière lequel j'avaifi fait placer avant le jour un bataillon de Bourbon, celui de Malaga et le 1^ bataillon de tiradorefi d'Isabelle II. Les factieux, informés sanfi doute de mon mouT& ment par la vallée vierge de Lanz, abandonnèrent Eugui et se portèrent vivement sur Lanz pour me faire face ; je les rencontrai en effet au-dessus d'Olague au nombre de sept bataillons échelonnés jusqu'à Lanz et après une succession de combats, pour m'attirer à la réunion de leurs forcefi, ce qui remplissait précisément mon but, ils m'ont enfin attendu sur les hauteurs de Lanz, position où ils se croyaient invincibles ; mes dispositions ont été de suite prises pendant le combat même et dans un instant tous mes bataillons ont été engagés avec les leurs, la position enlevée, et les bataillons factieux battus et dispersés dans l'espace.
» Nous avons eu 6 ou 7 blessés, dont 2 officiers; les factieux en ont eu bon nombre dont nous n'avons pu juger que par le mouvement lorsqu'ils les emportaient, quelques prisonniers et quelques déserteurs; ils avaient à Olague un petit magasin de biscuit que j'ai fait distribuer aux soldats; nous avons détruit les fortifications élevées par les factieux à la grange de Oumuaya situé en avant d'Eugui : cette opération fut exécutée avec ardeur par les sapeurs du génie et le bataillon provincial de Malaga auxquels j'en avais donné l'ordre.
» Je viens do rentrer, je n'ai pas eu le temps de recueillir de la part des chefs quelques actions qui méritent d'être récompensées par Sa Majesté Catholique ; incessamment j'aurai l'honneur de les soumettre à Son Excellence. Je ne puis résister de recommander dès à présent à Son Excellence un des bons guerriers que FEspagne ait produit^, qui rend journellement et au péril de sa vie des services signalés : c'est du colonel don Léon Iriarte, commandant les tirade- Tes d'Isabelle II dont je veux parler. Toutes les contrées dto la Navarre ont été témoins de ses exploits et admireraient l'équité de son avancement ; je vous demande pour lui le grade de brigadier pour lequel il a été déjà proposé plusieurs fois.
» Un autre sujet bien recommandable et pour lequel une récompense honorifique serait aussi un acte d'' équité de la part du gouvernement, c'est M. Jean-Pierre Aguirre de Val Carlos ; il rend des services immenses dans cette vallée qu'il a fait prononcer contre dan Carlos. Fatigues, dangers, sacrifices de sa fortune, rien ne l'arrête. C'est le meilleur patriote, l'homme le plus dévoué contre la faction •qu^il soit possible de nommer : une décoration distinguera en lui toutes les belles qualités que je viens de signaler ; je prie Votre Excellence do faire cas de mes recommandations que je ne prodigue jamais et qui sont justes.
» Il vient de m'arriver à l'instant un bataillon envoyé par le gouvemement français ; il n'est que l'avant-garde des 5.000 hommes, des 500 hommes de cavalerie et 'de l'artillerie que le Roi des Français envoie au service de la Reine d'Espagne Isabelle II ; bientôt j'irai me loger au cœur de la faction et la combattre avec tout le dévouement que nous portons et que nous inspire le gouvernement français pour l'héroïque nation espagnole. »
Le 18 août, les troupes de la division couchèrent à Villaba, Huarte, Arre et Burlada et, le lendemain, elles vinrent occuper Zizar, Sagues, Gazolaz, Astrain et Muru.
DOCUMENTS C0NTEMPOEAIN& 477
Le mên^e jour 18 août, le colonel Conrad, nommé au commandement de la légion étrangère, est arrivé à Pampelune conduisant un. bataillon qui prend le numéro 7. Par un ordre du 19, le général a fait connaître Tarrivée du colonel et lui a conféré le commandement de la légion.
Le 21 août, le 7* bataillon récemment arrivé va se cantonner à Zizur-Menor.
Le même jour, la Constitution de 1812 a été proclamée; le plus, grand ordre n'a cessé de régner.
Les 22 et jours suivants jusqu'au 28 inclusivement, la légion, cantonnée comme il vient d'être dit, s'est occupée des détails intérieurs.
Le 29 août, les trois premiers bataillons de la légion et le 7* bataillon sont partis avec M. le général Lebeau. Les détails de cette expédition seront donnés dans le rapport du mois de septembre 1836.
Le Maréchal de camp commafidant les léijions étrangère et française et le corps d'opérations de Navarre,
Lebeatt.
A. JI. G., Aff d'Esp., carton 18 (copie jointe à la lettre d'Harispe au Ministre, du 15 septembre 1836).
Lebeau à Harispe.
Mendavia, 4 septembre 1836.
Mon Général,
Le 27 et le 28 août, je fus informé par divers chefs qui sont sur la ligne et par le vice-roi, que la faction s'agitait, sortait de plusieurs points pour se réunir, tenter le passage de l'Ebre et se porter en Oastille. Je réimis de suite quelques bataillons et marchai à eux par Puente-la-Reyna. Des mouvements de leur part vers la ligne de Zubiri dont je m'éloignais m'obligèrent de laisser trois bataillons de la légion et un escadron à Huarte et Yillaba pour la soutenir au besoin. De nouveaux mouvements de la part des bataillons insurgésme forcèrent de laisser dans la formidable position d'Artajona le colonel Conrad avec les quatre bataillons restants de la légion, deux escadrons de lanciers et deux pièces de canon, parce que de ce point il est en mesure de protéger nos derrières et de se porter partout cil le besoin me commanderait de l'appeler. Je reste donc plein d'une confiance méritée avec les trois bataillons espagnols que je commande ; seul Français à leur, tête, parcourant la merindad d'Estella où j'ai fait ma jonction, le 31 août, avec le brigadier Iribarren et manœuvré de concert avec lui pour couvrir le passage de l'Ebre depuis Viana jusqu'à Milagro. Nos mouvements font craindre aux insurgée une attaque sur Estclla; aussi y ont-ils porté leurs force»
et, d'après les informations que j'ai re^^es oette nuit, ils y ont rëuni 18 à 20 bataillons.
Je ne sais si cette diversion les détournera du projet de pénétrer en Castille ; je vais leur en ouvrir le passage en rétrogradant un peu et 6* ils se lancent trop imprudemment vers les lieux que je vais quitter pour passer TEbre, je t<Hnherai sur eux à T improviste afin de les détourner d'un projet dont le succès pourrait avoir de funestes résultats.
Vous voyez, mon Qénéral, qujel est l'enchaînement des choses depuis mon départ de Pampelune, où vous savez que je manquais de tout. J'ai été conduit par la nature de cette guerre et par ma position au lieu où je me trouve. J'y suivrai vos coneeils et avec des secours, si Ton m'en envoie, j'en sortirai.
Signé : Général Lebeau.
A. H. 0,, AM. d'Esp., carton. 18 (copie jointe à la lettre d'Harispe au Ministi-e, du 13 octobre 1836).
Lebeau à Harispe.
Pampelune, 18 septembre 1836.
Je suis i-entré hier ici et en même temps dans les difficultés de vivres et de solde ; ma première visite a été chez le vice-roi auquel je fais toujoiiiis craindre les funestes résultats de la pénurie où on nous laisse, si Ton n'avise aux moyens de nous donner au moins de quoi vivre : si vous ne les trouvez, lui ai- je dit, je serai réduit à la nécessité d€ faire entrer la légion dans Pampelune et de la faire loger chez rhahitant. Il m'a répondu que depuis la lettre que je lui avais adressée de Lodosa, le 8 du courant, à ce sujet, on cherchait des fonds et qu'il espérait que l'emprunt de 40.000 douros qu'on ferait sur la ville serait rempli ; que cet argent serait réparti entre les troupes espagnoles et la légion en attendant que le gouvernement espagnol, qui lui a répondu ne pouvoir rien payer avant un mois et demi, envoie de l'argent.
Voilà des promesses : si elles ne se réalisent pas, je tiendrai parole, car enfin je veux bien mourir en combattant, maie non de faim.
J'ai l'honneur de vous adresser une copie du rapport que j'ai fait au général Oraa, comman^dant en chef par intérim, sur l'affaire d'Arroniz le 14 (1). Je voue as^re qu'elle a été chaude et que lea
(1) Ce rapport, rédigé le 16 septembre, est inséré dans la lettre suivante do Lebeau au Ministre de la guerre espagnol, pièce n® 46. CSoit àc F. A.)
DOCUMENTS CONTEMFOEAINS 479
insurgés s'en souviendront; le grand nombre de leurs morts sur le champ de bataille le prouve assez et plus encore leurs déserteurs et les 00 prisonnieiB que j'ai amenés ici.
C'est bien au cœur de la faction que j'ai été la provoquer, l'obliger de se réunir, la combattre, la vaincre et la poursuivre jusque sous les murs d'Estella dont je n'étais qu'à deux portées de fusil et où je pressais les insurgés rentrant en confusion. J'aurais pris Estella sans la considération que cette ville allait être infailliblement brûlée et il me fallait l'autorisation du général Oraa : sans cela, qui pouvait m'en empêcher f Les Carlistes étaient chassés de toutes parts et même du mont Jurra, position qu'ils prétendaient que nous ne prendrions jamais ; j'en occupais les crêtes élevées et chacun sait que de là on peut foudroyer tout ce qui est au-dessous ; Estella est au pied.
Signé : Général Lbbeau.
A, E. G., Aff. d'Bsp., carton 44 (copie adressée au lieutenant-général Bernard^ ministre de la guerre, à raris, de Pampelune, 1*^ octobre 18d6).
Le général Lebeau au Ministre de la guerre^ à Madrid.
(Rapport sar les opérations du mois de sei^tembre 1836 adressé à S. Exe. le Mlnl?tro de la ffuerre par M. le Génoral Lebeau, commandant supérieur la division auxiliaire française et du corps d'opérations de Navarre.)
Excellence,
Par ma lettre du 9 septembre datée de Lodosa, j'eus l'honneur de vous informer qu'en apprenant à Pampelune par divers chefs qui sont sur la ligne et par le vice-roi de Navarre que la faction s'agitait, sortait sur plusieurs points pour se réunir, tenter le paaeage de l'Ebre et se porter en Cafitille, je n'avais pas balancé un seul instant pour me mettre en mouvement avec les troupes qui sont soius mon commandement ; que ce projet existât ou non de la part des rebelles, je couvris l'Ebre dans l'intention d'en défendre le passage et de les poursuivre à toute outrance, s'ils l'avaient effectué par surprise : mais ils se réunirent en grand nombre sur les hauteurs dans les environs de Arroniz. Le mouvement de mes troupes et de celles du général en chef par intérim Oraa, avec lecjuel j'eus l'honneur d'avoir une entrevue que je vous fis connaître par la même lettre, firent croire à l'ennemi que nos tentatives avaient pour but de prendre Estella ; ilô le couvrirent donc de toutes leurs forces.
Enfin par mes mouvements entendus avec M. le général Oraa, aux ordres duquel je m'étais soumis, la bataille du 14 eut lieu. Le gé* néraJ Oraa a dû vous en adresser le rapport, et suit celui que j'ai eu l'honneur de lui adresser de Lerin le 15 septembre, le lendemain de la bataille.
(Rai port à M. le gÂnéral Oraa, commandant eiv chef par intérim l'armée du Nord et de réserve, sur la bataille d*Arroniz (14 septembre lb3G} par M. le général Lebeau, commandant sapérieur la diTision auxiliaire Iraoçalse ot du corps d'opérations de MaTarre.)
(( Mon Qënéral,
» ConforiîVément à votre ordre et à vos dispositions prises pour déjouer les projets qu'avaient les factieux de pafiser en Castille, je suis sorti de Sesma, le 14 courant, à 6 heures du matin, avec les troupes qui sout sous nion commandement et me euis dirigé par le col San-Juliano, où j'ai réuni les quatre bataillons de la légion avec les bataillons espagnols, à la tête desquels je parcourais depuis quelques jours la merindaU d'Ëstella (ces bataillons sont le 2* régiment de la garde royale, le V bataillon du 6"^ léger, le régiment provincial d'Avila, trois compagnies de tiradores d'Isabelle II et 50 flancadores de Navarre), pour marcher comme vous me l'aviez prescrit sur Arroniz. Non loin de ce lieu, je n'ai pas tardé à découvrir quelques bataillons de factieux se montrant sur la ligne des montagnes d'Arroniz jusqu'à Morentin ; j'ai de suite fait mes dispositions pour aller les attaquer, déployant mes forces à mesure qu'ils me montraient les leurs. L'engagement a commencé non loin d'Arroniz et s'est étendu jusqu'au village de Morentin. Le nombre de leuTis bataillons était supérieur aux miens d'environ le double ; mais les positions n'en furent pas moins enlevées à la baïonnette. Votre mouvement, mon Général, sur la crête des montagnes de Paile gauche du tableau que je viens de faire (sur l'aile droite de l'ennemi) contribua puissamment à sa plus prompte défaîte, qui aurait eu liefti néanmoins, car on n'arrête plus quand on est lancé de si près à la baïonnette.
» J'ai l'honneur de vous adresser, conformément à votre ordre, les états des militaires qui se sont distingués sur le eham^p de bataille et qui ont mérité des récompenses. Les bataillons espagnols et oeux de la légion ont rivalisé de courage et de gloire, ainsi que la cavalerie commandée par Iribarren, les lanciers de la légion et l'artillerie ; les chasseurs à cheval d'Isabelle II commandés par don Léon Iriarte ont chargé sur un bataillon et ont fait bon nombre de prisonniers (1).
» J'aurai aussi l'honneur de vous soumettre dans un rapport plus détaillé quelques demandes de récompenses en faveur des officiers de mon état-major qui ont été blessés et qui se sont distingués.
» RÉSULTAT : Les rebelles repoussés de toutes parts laissèrent un grand nombre de morts sur le champ de bataille ; nous leur fîmes 60 prisonniers ; ils furent chassés de position en position et de celle du Monte Jurra qu'ils prétendaient que nous ne prendrions jamais ; nous en avons occupé la crête qui touche aux cieux et chacun sait que de là on peut foudroyer tout ce qui est au-dessous. Estelîa où ils
(1) Dans la copie de ce rapport, jointe à la pièce n<> 45, on lit ici : « Mes pertes se répartissent ainsi : 1 officier tué, 8 officiers blessés; 3 sous-officiers tués, 3 sous-officiers blessés; 10 soldats tués, 62 soldats blessés. Les chefs de bataillons espagnols vous ont fait connaître leurs pertes respeotives. » (Note de P. A.)
rentrèrent en confusion est au pied, nous n'en voulûmes pas, pour lenir laisser le ipiège où nous prendrons don Carlos. » J'ai rhonneur, etc., eta... »
Apres vingt jours de mouvement au cœur de la faction pour la réunir, la vXjmbatlre et la vaincre, je suis rentré le 18 à Pampelune, oe qui veut dire danfi la difficulté de vivres et de solde. La solde est due à la troupe depuis quinze jours et nous en sommes réduits depuis longtemps, pour les vivres, à la ration de pain et deux onces de mauvais lard par jour pris sur les approvisionnements de la place et de la ligne. Dans cette crise pénible, je ne cesse de recommander aux chefs la fermeté et le courage néoeesaires pour ie maintien de Tordre et de la discipline ; mais je ne dois point dissimuler à Son Excellence leur crainte comme la mienne d'être débordés par un mécontentement général. Le gouvernement Taura prévu dans sa sagesse et nous attendons dans le pénible état que je viens de peindre, mais avec un entier dévouement, les moyens qu'il prendra pour y remédier.
Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur.
Le Général cotmnandant supérieur de la division auxiliaire française et dv^ corps d^ opérations de Navarre^
Lbbeau.
Deux bataillons de la légion et un bataillon du régiment de Bourbon sont partis le 21 septem<bre pour couvrir les bords de PEbre et remplacer la brigade Narvaez poursuivant les rebelles en Aragon.
A, H. G.; Aff. d'Esp., carton 18 (copie jointe à la lettre d'Harispe au Ministre, du 19 octobre 1836).
Lebeau à Harispe.
Commencée le 12 à Pôralta, terminée le 14 à Pampelune.
Depuis que j'ai le commandement du corps d'opération de la Navarre, j'ai fait mes dispositions pour être informé jour par jour, et souvent à toute heure, du mouvement de l'ennemi ; aussi je ne pense pas avoir fait beaucoup de fautes. On s'est trompé quand on vous a informé que la ligne de Zubiri était menacée ; depuis la frottée de Lanz, elle a cessé de l'être, et il n'y a plus eu, dans le Bastan et rUlzama, que 4 ou 5 faibles bataillons d'insurgés, par intervalle, et depuis plus de 20 jours il n'y en a que deux. Je connais depuis plus de quinze jours ce qu'ils font à Elizondo (1), en fait de fortifia
(1) Elizondo, sur la route de Pampelune à Bayonne, à peu près à midistance entre les deux villes. (Note de P. A,)
Léi^on étrangère. 31
cations, ot ce qu'ils avaient le projet de faire à Urdax (1) ; c'est à tel point que j'envoyai il y a huit jours le colonel Iriarte, sur &a demande, avec le bataillon de tiradores, pour enlever, après une marche de nuit et en arrivant au point du jour à Elizondo, un général rebelle sans nom, qui était là avec une compagnie et un capitaine de génie qu'on dit Français, qui dirigent ces futiles travaux. Oe bataillon fut arrêta dans sa marche de nuit, après avoir franchi les trois quarte du chemin, par une pluie d'inondation, et le danger d'être emporté par des ravins. Le jour parut, l'ennemi fut informé, et Tadaire manquée.
J'ai été informé que plusieurs bataillons réunis à Mafteru, Cirauqui, et autres villages circonvoisins de Puente-la-Beyna, protègent la construction d'un pont volant sur l'Arga, pour y passer deux pièces de 4, et attaquer le fort de Mendigorria.
J'ai été informé qu'ils ont fait un mouvement pour passer dans la vallée d'Echauri ; à cette dernière nouvelle, j'ai fait faire une découverte hier dans cette direction, avec défense d'engagement; et en effet, un aseez fort bataillon d'insurgés s'est présenté de l'autre côté de la rivière TArga.
Aujourd'hui, pressé par vingt lettres que j'ai reçues hier et dans la nuit, m'annonçant que les travaux de oe pont avançaient; qu'hier ils avaient, de la position qu'ils ont prise de leur côté, tiré quelques ooups de canon à l'escorte du courrier, je vais faire une eortie, me dirigeant sur la montagne du Perdon, moitié chemin d'ici à Puentela'-Eeyua (2). Je rentrerai oe soir, si le gouverneur de Puente-la- Beyna ne m'appelle au secours, et si je n'entends le feu ou la canonnade vivement. Dans tous les cas, je ne ferai qu'aller et venir, car je me défie de faus&es attaques et je ne perds pas de vue ma ligne, croyez-le bien, mon Général ; si l'ennemi passe en Aragon, il n'y aura pas de ma faute.
Le mouvement que j'ai fait sur la Eibera peut être blâmé lorsqu'on n'en connaît pas le motif ; mais en peu de mots je le justifie. Les deux bataillons espagnols que je devais envoyer à Logrofio pouvaient être seuls à longer l'Ebre, ayant à leur droite, et toujours en vue comme je le savais positivement, deux bataillons d'insurgés à Cirauqui, Mafieru, Oteyza, Allô, Dicastillo, Arroniz et Los Arcos. N'avaisje pas, d'ailleurs, le double et le triple motif d'aller chercher les moyens de vivre, et les désertions qui se manifestent, chaque fois que nous restons quelques jours stationnaires au milieu de nos misères f
Pampelune, le 14.
J'ai été obligé d'aller jusques à Puisnte-la-Reyna, et dette lettre que j'avais laissée ici, le 12, dans l'espoir de l'ajcbever le soir, je ia reprends où je l'avais laissée. J'ai couché, le 12, à Puente-la-Iteyna ; j'ai fait tirer quelques coups de canon sur le pont flottant que les
(1) Urdax, sur la route de Pampelune à Bayonne, au nord d'Elizondo et près de la frontière. (Noie de P. A.)
(2) Il s'agit d'un autre lieu que la Venta de Perdon, qui est située à rai-oheniin entre Pampelune ou Puente-la^Reyna ; ou peut-être Lebeau, en écrivant de Peralta, 8*est-il cru à Pampelune. {Note de P. A.),
insurgés construisenk ; j'avak écrit au général Iribarren, qui ne pouvait rester là, à cause du mouvement de Tennemi que je savais à £chauri (trois bataillons et un escadron), d'approcher avec sa colonne, pour dérouter les projets de ce pont, ce qu'il a fait ; et informé qu'il se tiendrait dans les environs de Larraga, Mendigorria, qu'ils menacent d'attaquer, je suis reparti, le 13, et arrivé justement ici pour rejeter au loin, par quelques coups de fusil, un fort bataillon d'insurgés qui étaient venus» tout près et en vue de Pampelune ; je connaissais son mouvement, et il ne m'inquiétait pas.
Noua sommes toujouiB dans la plus grande détresse de vivres et d'argent; il ne m'en reste plus pour moi personnellement; je n'ai pas reçu un liard de mon traitement depuis que je suis en Espagne ; ma position, vous le savez, par expérience, mon Général, est pourtant un gouftre de dépensée pour les informations qu'elle exige, mes mouvements journaliers, ma repréeentation, etc., etc.
Un brigadier et quatre lanciers faisant patrouille sont passés à l'ennemi, ainsi que six autres soldats du 3* bataillon de la légion. Il est étonnant, incompréhensible que l'un et l'autre gouvernements nous laissent ainsi. Toujonirs des annonces de millions de réaux, et jamais rien! Que devenir??
Signé : Lebeau.
A. n. G., Aff. d'Esp., carton 44 (original). Le général Lebeau au liinistre de la guerre , à Paris.
(Raprort des opérations du mois d'octobre i83G.)
2 octobre.
D'après les ordres de M. le gén-éral en chef, le 2" bataillon du régiment de Bourbon, qui tenait garnison à Larrasoafia, dut rejoindre le l*' bataillon du même régiment cantonné à Arrubal, sur la rive droite de l'Ebre (1); à cet effet, M. le général Lebeau partit de Pampelune pour conduire ce bataillon (ainsi qme le 6* bataillon de la légion qiuii avait reçu l<a même destination) avec 4 bataillon» dia la légion, le bataillon provincial die Malaga, 2 escadrons de lanciers de la légion et fut coucher à Puente-la-Reyna ; les troupes espagnoles couchèrent aussi à Puente, celles de la légion couchèrent à Muruzabal et Uvanos (2).
3 octobre.
M. le général Lebeau, et toutee les troupes parties la veille de Pampelune et environs furent coiïcher à Lerin.
4 octobre.
Les mêmee troupes quittèrent Lerin et furent à Lodosa, où elles pas^
(1) Au sud-est de Logrono. (Noie de P. A.)
(2) Villages au nord-est de Puento-la-Reyna. (Noie de P. A.)
eèrent la nuit, excepté le £• bataillon de Bourbon et le 6* bataillon d<e la légion qui continuèrent leur marche en se dirigeant, le 1*' sur Agoncillo et rautne sur Murillo (1), où se trouvaient déjà des bataillons de leurs corps respectifs; oe renfort leur fut envoyé par ordre du général en chef.
5 octobre.
M. le général Lebeau et ks troupes sous ees ordres quiUàrent Lodosa pour se rendre à Peralta, où elles séjournèrent le 6 octobre.
7 octobre.
Départ de Peralta en passant par Termitage de la Yirgen del Soto pour aller ooaicher à Olite.
8 octobre.
Jje général et les troupes partirent d'Olite pour aller coucher le njême jour, savoir :
Le quartier général et le bataillon de Malaga, à Beriain; Le 1®' bataillon de la légion, à Noain ; Le 2* bataillon de la légion à Terres (2) ; Le 3^ bataillon de la légion, à Salinas de Pamplona.
9 octobre.
Le quartier général se rendit à Pampelune ; le bataillon die Mar laga fut prendre le cantonnement de Burlada ; les trois bataillons de la lésion, Tartillerie et les deux eBca<drons de lanciers se cantonnèrent!; à Saguefi, Gazolaz, Zizur-Mayor et Mener.
12 octobre.
Le général à la tête des trois premiers bataillons de la légion, quatre piëœs de canoo, les lanciers, le bataillon d!e Malaga et celui de tiradores d'Isabelle II, furent coucher à Puente-la-Beyna et environs ; dans la soirée, M. le général fit tirer deux coups de canon de la pièce de 24 du fort San-Qregorio, dans le but d'inquiéter les factieux qui cherchaient à établir suir l'Arga un pont volant au-dessous de Puente-la-Reyna.
13 octobre.
Les troupes désignées ci-dessus quittèrent Puente-la-Reyna; arrivées en vue de Panipelune, M. le général Lebeau fit chasser un bataillon insurgé qui occupait les hauteurs de Berrio-Plano (3), d'où il avait engagé une fusillade avec quelques tirarilleurs eortifl du fort des Capucins\
15 octobre.
Lee magasins de Pajnpelune étant dépourvniB de vivres et fourrsr ges depuds plusieurs jours, 2 bataillons de la légion, 4 pièces de
(1) Agoncillo et Murillo-de-Rio-Leza, sur la rive droite de TEbre. (Note de P. A )
(2) Beriain, Noain, Torres, à quelques kilomètres au sud-est de Pampolune. (Note de P. A.)
(3) Berrio-Plano, au nord-ouest de Panipelune. (Note de P. A^)
canon et 2 escadrons de lanciers furent occuper Legarda et iTterga (1).
Le général écrivit au vioe-roi la lettre dont suit copie : « Mon Général, vous connaissez la situation du corps d'opérations que je commande, sous le rapport du dénuement de tout, de vivres et dWgent, dont nous manquons depuis plus d'un mois; il est urgent, indispensable de prendre un moyen pour remédier à cet état insoutenable; les désertions se multiplient : comment les arrêter quand les hommes meurent de faim? Il est dû plus de trois mois de solde à MM. les officiers qui sont dans un état de dénuement complet et attendent chaque jour la distribution tardive du pain pour le dévoifer avec frénésie^ Toutes les mesures que vous daignerez prendre, pour nous procurer des secours dans Pextrême nécessité oii nous nous trouvons, ne pourront qu'être approuvées par Le gouvernement, le général en chef et le monde entier, quand ils sauront que c'est pour échapper à une crise dont les résultats pourraient causer la dissolution de l'armée, dissolution dont la pensée seule doit faire frémir. »
18 octobre.
Des coups de canon ayant été entendus dans la direction de Puente-ia-Reyna, le général fit prendre les armes au 2^ bataillon de la légion logé à Pampelune depuis le 16 octobre, le seul qui fût à sa disposition et se porta avec cette troupe dans la direction del Perdon jusqu'à Quendulain. M. le brigadier Conrad, et les troupes souB ses ordres, quittèrent Legarda et Uterga pour se porter à La Venta-del-Perdon, que 1.200 factieux occupaient, mais qui battirent en retraite dès qu'ils aperçurent que 1 on marchait à eux. M. le brigadier prit position au Perdon jusqu'à la nuit et fit coucher partie des troupes sous ses ordrea à Caltar et Guendulain. M. le général Lebeau et le 2* bataillon de la légion sorti avec lui rentrèrent à Pampelune à 7 heures du soir.
20 octobre.
Copie de la lettre adressée à M. le général en chef et au Ministre de la guerre, en forme de rapport sur l'affaire qui eut lieu le 19 du courant à Yillaba.
« PampeluQe, le £0 octobre 1836.
« Mon Général, j'ai l'honneur de vous informer que l'ennemi fort de deux bataillons, réuni à trois partis formant ensemble environ 1.000 hommes, s'est présenté hier sur les hauteurs de Villaba. Trois compagnies du 1*' bataillon de tirailleurs d'Isabelle II cantonnées à ce village en sortirent immédiatement, accompagnées de 40 lanciers de la légion, et engagèrent le feu avec l'ennemi ; l'instant d'après, le colonel don Léon Iriarte accourut et fit avec elles des prodiges de valeur ; il combattit avec ce peu de monde et résista à tant de forces pendant plus de deux heures avant mon arrivée sur ce terrain, où
(1) Au sud de Pampelune, dans la direction de Puente-la^Reyna. (Note de P. A.)
j'accourus aussitôt que j'en eus été informé avec un bataillon de la légion et le brigadier Conrad à la tête.
» A l'aspect de ces nouvelles troupes, Tennemi qui était venu là pour attaquer sans doute un convoi d'effets militaires qui arrivait de France cessa le feu et se retira précipitammeat, laissant cinq à six morts eur le champ de bataille, dont un colonel nommé N. Sagues; et, d'après le rapport de deux déserteurs, ayant eu plus de 30 blessés dont 5 officiers.
» On ne saurait trouver d'expressions assez vives pour peindre les éloges mérités par cetto poignée de braves qui ont résisté aux chocs réitérés d'une masse d'ennemis dont le nombre était de six oontre un ; c*est un trait héroïque et j'ai l'honneur de vous adreeser un état de ceux qui s'y sont le plus distingués, auxquels j'ai promis des récompenses que je vous prie de soumettre à la sanction de Sa Majesté Catholique ; ce sont les dénommés oi-après (l'état en a été fourni).
» Don Léon Iriarte, colonel des lanciers d'Isabelle II, qui ajoute à chaque combat un nouveau titre à l'avanoement demandé depuis longtemps pour lui, etc. (Suit l'état). »
27 octobre.
Les 4*, 5^ et G^ bataillons de la légion £ous les ordres de M. le lieutenant-colonel Cros d'Âvenas, détachés depuis le 21 septembre par ordre dui général en chef, ayant été relevés des postes qu'ils occupaient à Murillo, Arrubal et Agoncillo, par le bataillon provincial de Chenchilla., sont arrivés et passèrent la nuit à Astrain, Guendulain et Esquiroz.
28 octobre.
Le 2* bataillon de la légion, qui occupait Zizur-Mayor et Zizur- Mcnor quitte ces deux cantonnements pour aller à Val Carlos chercher et escorter un convoi d'obus et d'effets militaires arrivant de France et le conduire à Pampclune.
Le même jour lea bataillons de la légion furent occuper les cantonnements suivants, savoir :
Le 1" bataillon avec une pièce de canon, à Pampelune ; Le 2** bataillon avec une pièce de canon, en route ; Le 3* bataillon avec une pièœ de canon, à Yillaba ; Le 4* bataillon et 3 pièces de canon, k Zizur-Mayor et Mener ; Le 5"^ bataillon et 3 pièces de canon, à Gazolaz ; Le 6* bataillon avec une pièce de canon, à Sagues ; La cavalerie occupe les cantonnements ci-après, les deux Zizur et Villaba.
31 octobre.
Le 2* bataillon de la légion parti le 28 pour aller au devant d'un convoi qu'il dut prendre sous son escorte à Val Carlos, est arrivé heureusement avec ce convoi à Pampelune.
Le Général commandant supérieur
la légion auxiliaire française au service d'Espagne
et le corps d'opérations de la Navarre,
Lebeau.
DOCUMENTS CONTEICPORAINS 487
A. H, (r., Aff. d*Esp., carton 44 (copie jointe à une lettre du général Harispe au Ministre).
Le général Lebeau au général Espartero.
Oteyza, le 8 novembre 1836.
Excellence,
J'ai rhoTineur de vous informer qu' aujourd'hui même j'ai marché à la tète de ma colonne sur Eetella, que ses positions ont été enlevées, et qu'en ayant trouvé une à demi-portée do la ville, j^y ai réuni six obusiers, et en peu de tempe fait éclater sur les maisons et dans les rues d'Estella, plus de 150 obus, qui ont mis la plus grande consternation parmi les habitante, que l'on voyait fuir dans les montagnes. Cette action remplit le but exprimé dans la lettre que le Ministre m'a adressée par courrier extraordinaire le 31 octobre et celui des mouvements que vous m'aviez recommandés.
Les troupes ont rivalisé de oourage et de valeur. J'aurai l'honneur de vous rendre compte par un rapport détaillé dee actione des militairee de tous les grades qui se sont rendue dignes des récompenses que je demanderai pour eux.
A 9 heures du soir, les troupes étaient rentrées à Oteyza, n'ayant reçu dans toute la journée qu'une demi-ration de biscuit. La perte de Tennemi a été considérable en comparaison de la nôtre que j'aurai l'honneur de vous faire connaître dès que lee rapports me seront, parvenus. Je ne renverrai point à un autre moment, le devoir der vous informer que j'ai opéré de concert avec le brave général Irîbarren, que nous ne noue sommes pas quittés un seul instant de la journée et que je dois aux inspirations heureuses de ses conseils une grande partie de mes susoëe.
Signé : Lebbau.
A. H. G.j Aff. d'Esp., carton 18 (copie signée J)ar Lebeau, jointe à la lettre d'Harispe au Ministre du 17 novembre 1836) (1).
Le général Lebeau au Ministre de la guerre espagnol et au général en chef Espartero.
Pampelune, le 14 novembre 1836.
Exo&llence,
J'ai l'honneua: de vous informer qu'ayant réuni la colonne de M. le général Iribarren à la mienne, comme nous l'avions concerté et que
(1) Une autre copie signée par Lebeau, expédiée au Ministre de la guerre à Parie, existe aux A, A. G., carton : Légion étrangère.
j'avais eu Thonueur de vous rannoncer par ma lettre du 7 courant, je marchai le 8 du courant sur Estella. J'avais divisé ma colonne, d'aprèis Tavis du brave général Iribarren, en trois parties formant trois brigades ; celle de droite était composée de trois bataillons de la légion, de deux escadrons de lanciers de la l^ion et des flanqueurs d'Isabelle II; elle était commandée par M. le brigadier Conrad, et avait quatre pièces d'artillerie, obusiers de campagne.
La 2*, celle du centre, était composée d'un bataillon de la garde royale, d'un bataillon du 6* léger, de trois ou quatre compagnies dites ezploradoree de montagnes, d'une compagnie de grenadiers du régiment pro^âncial de Yalladolid et de deux pièces de canon de la légion (obusiers). Elle était commandée par M. Ezpeleta, colonel de la garde royale.
Celle de gauche était composée de six compagnies de tirailleurs d'Isabelle II, d'un bataillon de la garde royale, di'un bataillon de Malaga et de deux pièces de canon; elle était commandée par M. le Goloiiei don Marcellino Junquiera de Malaga. La brave cavalerie de la garde royale formait la réserve. Ces tr<ois colonnes formées en avant d'Oteyza, doat celle diu centre devait être celle de direction, je les fis marcher sur im point désigné; celle de gauche eut l'ordre de longer la rivière d'Ega, celle du centre de se diriger sur la ligne de la montagne de l'ermitage, ainsi que celle de d^roite. Cette montagne avait çà et là quelques postes avancés de l'ennemi qui ne résistèrent point. Aprè»9 l'avoir franchie et aperçu le village de Yillatuerta, j'ordonnai à la colonne de droite de faire le tour de la montagne qui nous le couvrait presque, d'en chasser l'ennemi sur lequel je serais tombé infailliblement avec la colonne du centre, s'il n'avait pris la direction des montagnes qui environnent Estella. L'ennemi occupait en efiEet ce village, qui fut enlevé par le brave brigadier Conrad, à la tête de sa légion, sans arrête * la direction, des colonnes vers Estella.
Avant d'aborder les montagnes qui le dominent et parce que j'avais vu des mouvements d'infanterie et de cavalerie, de l'autre côté de l'Ega se dirigeant vers nous, avec l'intention de passer un pont sur ladite rivière, je fis arrêter pour le garder la colonne de gauche, avec ordre de placer ses deux pièces de canon en position d'en défendre le passage ; j'allais opérer sur Estella et ne voulais point être inquiété sur les derrières. Nos tirailleurs avaient déjà engagé le feu avec ceux de l'ennemi auprès des montagnes qui l'entourent ; je les fis suivre par les masses de la colonne du centre, tandis que j'ordonnai au brigadier Conrad d'aller prendre le village de Zincoam (1) où se portait l'ennemi qui menaçait de nous déborder.
Ainsi gardé par la droite et par la gauche, j'opérai moi-même sur les positions en m'en emparant successivement avec la colonne du centre. J'en trouvai enfin une qui découvrait Estella et à demi-portée de mes obusiers; je les ûs rallier par là et en peu de temps plus de cent cinquante obus furent éclater sur les maisons et dans les rues d'Estelîa. Le feu de l'ennemi avait cessé de toutes parts, parce que nous étions au sommet des positions; mais la journée s'avan-
(1) Non porté sur la carte de Capitaine; c'est sans doute Zwnicvain de la carte de Coello, au nord -est d'Estelîa. (Note de P. A.)
çant il était six heures du soir et le soldat n'avait reçu qu'une demiration de biscuit ; le but était rempli même aiu delà des expressions de la lettre de Son Excellence, en date du 31 octobre.
J'ordonnai donc la retraite et à 9 heures du soir nous étions rentrée à Oteyza, où j'avais laissé en bonne position l'artillerie ronflante de la division Iribârren, sous la garde d'une petite colonne commandée par M. le colonel Nogiuez, et composée du 2^ bataillon du 6* léger, d'un escadron de la garde et de deux oompagniee de sapeurs. L'importance de cette position me fit prendre la détermination d'en donner le commandement à M. le colonel Noguez, chef d'état-major du corps d'opérations.
Je ne dois point négliger de vous informer qu'avant d'opérer ainsi j'avais écrit de Puente-la-Reyna à M. le général comte de Olonard, de réunir sur la ligne autant de troupe qu'il pourrait pour faire une incursion dans les vallées de Lanz et Ulzama, dans le but d'occuper les partis ennemis qui pourraient s'y trouver. Je dois des éloges à cet officier général distingué pour la manière dont il opéra cette diversion.
Il en fut ainsi de la part du gouverneur de Puente-la-Reyna, auquel je recommandai de sortir avec une partie de sa garnison la veille de mon attaque pour faire faire divension ; il exécuta ponctuellement et honorablement cette sortie.
Tous les corps ont rivalisé de courage et de valeur. J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence les états des sujets de tous les grades qui se sont distingués et ont mérité des récompenses. Il est de mon devoir de signaler ici à Son Excellence et à Sa Majesté Catholique comme des modèles de valeur et dignes de toutes récompenses analo^ giques à leurs gradée et à leurs actions :
MM. le brigadier Conrad, commandant la légion auxiliaire française, qui formait la colonne de droite ; les actions de cette colonne et de son chef furent, comme je l'ai déjà exprimé, dignes du plus graod éloge. Jç demande pour M. le brigadier Conrad la croix de San-Fernando de 3" classe ;
Le colonel Ezpeleta, commandant les bataillons de la garde royale et la colonne du centre ; trois fois il ramena au combat ses grenadiers aux cris de Viva la Reina et chassa à la baïonnette l'ennemi qui m'avait débordé de ma personne. Je demande pour lui le grade supérieur au sien bu la croix de San-Fernando de 2^ classe ;
Le colonel Marcellino Junquiera, commandant le régiment de Malaga et la colbnne de gauche ; défendit avec vigueur le pont de Navarro soir l'Ega, dont la garde lui avait été confiée et en chassa l'ennemi qui s'en était emparé pour nous tourner. Je demajide pour lui la croix de £• classe de Saint-Ferdinand et je rappelle que le grade de brigadier a déjà été demandé pour lui dans une autre action ;
Don Léon Iriarte, colonel des flanqueurs d'Isabelle II, commandant l'avant-garde ; il fit bon nombre de prisonniers et c'est son habitude. Je demande pour lui l'emploi effectif de colonel ;
Diego Ponce de Le^n, colonel des lanciers de la garde royale; a montré autant de valeur que d'habileté, en soutenant par la rapidité de ses mouvements divers points attaqués ; mérite une mention honorable ;
MM. le colonel Noguez, qui a mérité par ses bonnes dispositions militaires, une mention honorable; je renouvelle à Son Excellence
la demande du grade de brig^ier que j'ai adressée en sa faveur après l'affaire d'Arroniz ;
Le Heu tenant-colonel Ferrary, dont la bravoure mérite une mention honorable, oomme il Va, méritée toutes les fois qu'il s'est présenté devant l'enniemi.
Je recommande avec le même intérêt touA les sujets tant de Tétatmajor qu« diea divers corps qui sont portée sur les états pour des récompensée bien méritées, et dont les noms suivent :
Diaz, commandant du 6* léger ;
Rodriguez Arellano, commandant des biradores d'Isabelle II ;
Michel Oema, chef d'état-major de la 4« division ;
Mahieu Quintana, adjudant de Tétat-major du corps d'opérations ;
Jean Lacarte, adjudant d'état-major général ;
Pierre Orelli, adjudant de Tétat-major de la 4** division ;
Joseph-Marie Lavigne, chef d'état-major de la division de La Ribera;
Joseph Isnard, de l'état-major de La Rihera;
Le chef de bataillon d'exploradores de montagnes ;
Le capitaine Augustin FisanJû, des lanciers de Marie-Christine ;
Joachim Ravenct, lieutenant de la garde royale (infanterie) ;
Louis Perichet, lieutenant de la garde royale (infanterie) ;
Joachim Morales, lieutenant de la garde royale (infanterie) ;
Théodore Osores, lieutenant de la garde royale (infanterie) ;
Ramon Sanche7 Salvador, lieutenant de la garde royale (infanterie) ;
Gaspard Torrondegui, ©ous-lieu tenant de la garde royale (infanterie) ;
Manuel Uriondo, sous -lieutenant de la garde royale (infanterie) ;
Alexandre Ildefonse Gallegos, adjudant-major du 6» léger ;
Ferdinand Moreno, sous-lieutenant des lanciers de Marie-Christine ; ,
Xavier Jietas, sous lieutenant des lanciers de Marie-Christine ;
Remigio Iriarte cadete, scois-lieutenant des lanciers de Marie- Christine.
Pierre Aguirée, soldat d'élite des bataillons des tiradores d'Isabelle IL
Garde royale.
Ramon Laquesta, capitaine ;
Joseph Gonzales Contre, adjudant-major;
François Larocha, lieutenant;
Ramon Artigua, 2« commandant ;
François Gail, capitaine ;
Vincent Garcia, capitaine ;
François Pioo, capitaine ;
Antoine Ramon Val de Pares, capitaine;
Joaquin Ruîh, lieutenant ;
Pedro Guerre, lieutenant ;
Antolin Assedo, lieutenant ;
Marcos Suirita, lieutenant ;
Michel Rosell, lieutenant :
DOCUMENTS CONTEHFOfiAINS 491
Melchior Buetamentc, lieutenant ; Kudesindo Pioo, soiw-lieaitenant ; Joaqirin Eepina, sous-lieutenant ; Pierre Baleata, sous-lieutenant; Sébastien Espinelle, sous-lieutonant :
Mariano Palosios, eous-lieutenant ; Antoine Roselle, jsouslieutenant ; François Qil de Bernabet, sous-lieutenant ; Rafaël Malo, sous-lieutenant du 6^ léger; Plas Pegu-do, sous-lieuten-ant du 6* léger ;
Tiradoreg d'Isabelle IL
Laurent Anaïs, lieutenant ;
Charles Baso, sous-lieutenant;
Bernard Navas, capitaine ;
Pierre Irubietta, capitaine ;
Damas Gress^ capitaine ;
Juste Perez, adjudant- major ;
Nicolas Ridioti> lieutenant ;
Melcbior Beoaldé, lieutenant;
Joseph Goioochea, lieutenant ;
Vincent Javalar, lieutenant ;
Joseph Lopez, sous- lieutenant ;
Manuel Buzengué, sous-lieutenant ;
Maurice Gonsalez, sous-lieutenant ;
Constantin-Napoléon- Yanlandevick, exploradores de montagnes ;
Juan Sexti, lieutenant des lanciers de la garde royale.
Légion auxilia/ire française.
Klein (Marie-Charles -Antoine), chef d'état-major ;
Galant (Abel-André), commissaire des guerres ;
Gault, capitaine;
Pogonowski, capitaine ;
Saint-Hilaire, lieutenant ;
Lagé, lieutenant.
Urbain, adjudant d'état-major ;
Eichacker, chirurgien-major ;
De Caprez, commandant le 4* bataillon ;
Montallegri, commandant le 5® bataillon ;
Cré, capitaine, commandant le 6*^ bataillon ;
Alexandre Franchechi, lieutenant au 4^ bataillon ;
Jean-Baptiste Mongin, lieutenant au 4^ bataillon ;
Léon de Noue, capitaine des grenadiers du 5® bataillon ;
Emile-Hippolyte Bon, sous-lieutenant du 5* bataillon ;
Gaspar Barbey, sous-lieutenant des grenadiers du 5* bataillon ;
Henry-Auguste Enzé, chirurgien aide-major du 4« bataillon ;
Charles Destez, sous- lieutenant du 4** bataillon ;
Georges Pfandler, lieutenant du 5* bataillon;
Michel Guédiii, lieutenant du ô® bataillon ;
Antoine Bravard, sous-lieutenant du 6* bataillon ;
Jean-Baptiste Mille, capitaine au 6^ bataillon ;
Jean-Baptiste de Colleville, capitaine adjudant-major du 5* bataillon ;
Jean-Etienne Bamberg, lieutenant du 6* bataillon ;
Majtin Favella, lieutenant du 6^ bataillon ;
Georges Lemonnier (1), lieutenant d'ambulance ;
François Beilk, lieutenant d'artillerie ;
Lagardd, sous-lieu t/cnant d'artillerie;
Eousseby capitaine commandant l'artillerie ;
Henri Kraiewski, chef d'escadrons die lanciers ;
Horain, chef d'escadrons de lanciers;
Constantin Ludechowski, capitaine de lanciers;
Charles Zareiubecki, adjudant-major de lanciers ;
Jacques Sirometnikoff, chirurgien aide-major ;
Francisco Fernandez, lieutenant conmiandant l'escorte de M. le général Lebeau.
Devant la plus grande partie des heureux résultats de cette journée pendant laquelle nous ne nous sommes pas séparés, aux inspirations et aux conseils de M. le général Iribarren, je croirais manquer aux devoirs de mon ancienneté sur ce bon compagnon d'armée de mon grade, si je ne le citais à la bienveillance de Sa Majesté comme un de sefi dévoués généraux, valeureux, capable et méritant : je demande pour lui la croix do 3* classe de San-Fernando.
Le Général commandant supérieur la légion auxiliaire française au service d'Espagne et le corps d'opérations de la Navarre^ Lebeau. "
Areliives de famille du lieutenant-colonel Chéri (copie signée par le capitaine Bazaine).
Ordre de la division du 16 novembre 1836. (Extrait) (S).