BOUSSET
A. H. G., carton : légion étrangère (original).
Ferrary au Ministre de la g^uerre.
Madrid, le 22 décembre 1838.
DIVISION ADXIUAinE FRANÇAISE.
À Monsieur le Lieutenant-Général Bernard, pair de France, minisf^ tre secrétaire d'Etat de la guerre, Farts,
Monsieur le Ministre,
La légion étrangère, que j'ai l'honneur de commander, fut cédée momentanément par le gouvernement français à l'Espagne, à l'appui d'un traité de cession passé entre les deux gouvernements,
lo 28 juin 1835, dont copie est ci-jointe. Ce oorpa, fidèle à son mandat, a été réduit par les nombreux combats à la pitus minime expression et vient d'être renvoyé en France et nullement licencié d'après le décret de 8. M. la Reine en date du 8 courant, dont copie est ci-jointe, afin d'être mis à la di&position de S. M. le Roi des Français <1' après l'article 3 du traité de cession.
L' avancement qui a eu lieu dans la légion pendant eon séjour en Espagne a été au détriment des braves qui mordirent la poussière et conformément aux articles additionnels du traité de cession dans lequel il est dit que l'avancement serait résolu par la hiérarchie des grades dans le même corps et conformément à la légiaiation qui régit lo6 régiments français employée aux colonies.
Je viens, en conséquence, plein de confiance dans votre bonté, réclamer en ligne do justice pour que ces braves malheureux qui vont rentrer en France puissent jouir, relativement à leur position militaire, des avantages de la loi du 16 mars dernier sur la position des officiers, mais nullement avec diminution de grades ; vu que ce corps qui vient d'être renvoyé par ordre a donné des preuves non équivoques et dans toutes les circonstances de son dévouement et de l'obéissance la plus complète pour l'exécution du mandat qui lui avait été confié, ayant par là, j'ose le dire, acquis des droite incontestables à la reconnaisBance du gouvernement français.
J'ai lieu d'espérer. Monsieur le Ministre, que vous m'appuierez de toute votre puissante protection près de S. M. le Roi des Français pour qu'il daigne prendre en considération l'exposé véridique de ces faits.
J'ai l'honneur d'être avec un profond respect, Monsieur le Ministre, votre très humble et très obéissant serviteur.
Le Colonel commandant supérieur la légion française, Fbbrabt.
A. A. G., cmrtoQ : légion étrangère (original).
Renseignements à consulter sur les officiers de la légion.
Noie de Vaitteur :
Les renseignements contenus dans la pièce ci-dessous ne sont pas, à proprement parler, officiels, bien qu'Ile aient été envoyés au ministère de la guerre.
Les notes des officiers sont écrites de la main du capitaine Bazaine, qui remplissait, à la fin de 1837, les fonctions d'adjoint auprès du lieutenant-colonel de Senilhes, et elles ont dû être rédigées par lui; il est peu probable qu'elles aient été dictées par le lieutenantcolonel Galant, et plusieurs détails prouvent qu'elles na sont pas l'œuvre de Ferrary. Quoi qu^il en soit, certains sentiments personnels, de rivalité ou de rancune, paraissent être intervenus dans cette rédaction, car les notes d'officiers très brillants, comme les chefs de bataillon Renault et de Noue, qui devinrent généraux, ne sont pas en concordance avec les jugements élogieux formulés dans les feuilles d'inspection conservées à leur dossier.
Ce document est le seul de ce volume qui n'ait pas pu être publié intégralement, en raison des appréciations parfois trop vives qui s'y trouvent; Bazaine s'y montre, en effet, très dur pour beaucoup de ses camarades.
Il est des officiers dont les notes ont été reproduites sans subir aucune suppression, parce qu'elles ne contiennent que des éloges; tels sont, dans l'ordre de la liste : Audonneau, Deletra, Chariatte, Anetb, Coppée, Compère, Courtois, Chenevard, Rousset, Bamberg, Gignoux, Clette, Guérillon, Allègre, Hurford, Perotti, Schmidt, de Damian, Grant de Vaux, Bon, Wolff, Beyderlinden, Forot, Monti, Lagarde, Ceccaldi, Zeffel, Azan, Peralo et Wagner.
Certains officiers sont, au contraire, l'objet de jugements si sévères que les termes n'en ont été reproduits qu'en partie ou même out été complètement supprimée. Tel d'entre eux, par exemple, est noté en une ligne : « Indigne d'être officier, ivrogne, joueur et crapuleux » ; tel autre, en une ligne aussi : « Mauvais officier, ivrogne, insubordonné et joueur ». Pour d'autres, les notes militaires sont suivies d'appréciations peu flatteuses qui ont été supprimées parce qu'elles s'appliquaient à leur conduite privée. L'historien désireux de se documenter pourra recourir, s'il le juge nécessaire, à la pièce originale.
L'état n'est pas daté ; mais trois mots" au crayon sont portés à la dernière page : « Fin de 1838 » ; c'est en effet la date à laquelle il a dû être envojié au ministère de la guerre.
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