TROUPE
Sous-officiers
Caporaux
Tambours
Fusiliers
EnfantiS de troupe.
Total do TefFectif, officiers compris, hormis la batterie d'artillerie
Le Colonel commandant supérieur let débris de la légion française,
Ferrary.
DDCUMEXTS CONTEMPORAINS 375
A. H. G., Aff. d'Esp., carton 44 (copie écrite et signée par Ferrary, jointe à sa lettre au général Harispe, du 20 juillet 1838).
Le colonel Ferrary au Ministre de la guerre, à Madrid.
Madrid, le 13 juillet 1838.
Excellence,
J'ai eu rhonneur d'adrceeer à Votre Ezoellence en date du 27 février dernier une réclamation relative aux débris -de la légion française que j'ai Thonneur de commander ; où, après avoir exposé à Votre Excellence les services éminente rendus soit sur les différents champs de bataille, soit pour maintenir Tordre et la tranquillité pendant les moments les plue critiques des événements révolutionnaires de Pampelune et Jaca, je réclamai de Votre Excellence son puissant appui près de S. M. la Reine et dans l'intérêt de TEtat, afin qu'on avisât dans le plus bref délai à la réorganisation ou au licenciement légal de la légion ; vu qu'il n'était pas de la dignité des restes d*un corps de braves de se voir éteindre lentement, sans que le gouvernement songeât aux services qu'il avait rendus ou à ceux qu'il pourrait encore rendre.
En réponse, Sa ifajesté daigna en date du 14 mars dernier décréter qu'on aviserait à sa prompte réorganisation ; ainsi tout faisait espérer que bientôt elle reparaîtrait sur les champs .de bataille pour la défense d'une cause qu'elle a si bien défendue ; mais en échange, elle vient de nouveau d'être replongée dans l'oubli et la misère, car outre de lui avoir enlevé ses magasins par ordre de l'autorité supérieure de Pampelune, il est dû six mois de solde aux officiers et <|uatre à la troupe. Dans cet état de choses, la légion ne peut et ne doit plus prolonger son angoisse. Je viens en conséquence, au nom des débris de ce malheureux, mais vaillant corps, faire un appel à la bienveillance de Votre Excellence afin qu'elle daigne s'intéresser • auprès de Sa Majesté pour que des ordres positifs soient donnés à l'égard de la légion, pour sa prompte organisation ou son licenciement légal; mais si, par hasard, des considérations particulières s'y opposaient pour le moment, .il est de toute justice que Votre Excellence daigne donner, en attendant, des ordres pour que des fonds soient mis et au plus tôt à la- disposition de ce corps, afin de pouvoir attendre la décision définitive de son sort.
J'ai l'honneur d'être avec un profond respect, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.
Le Colonel commandant supérieur la lésion française,
Ferraby.
576 LA LÉGION ÉTBAirGÈSE EN ESPAGNE
A. K. G. y Aff. d'Esp., carton 44 (copie signée par Ferrary et jointe à la lettre du général Harispe au Ministre, du 22 septembre 1828.)
Le colonel Ferrary au président du conseil des Ministres,
à Madrid.
Madrid, 22 août 1838.
Excellence,
J'ai eu l'honneur d'ontretenir Votre Excellence, dès le commencement du mois de juillet dernier, de la position critique des débris de la légion française et de la nécessité, dans Tintérêt de TEtat, de prendre une décision à son égard.
Votre Excellence daigna me promettre :
1® Que, vu rétat de détresse dans lequel se trouve la légion, des ordres allaient être immédiatement donnés pour qu'un fort acompte de solde lui soit payé ;
2^ Qu'on statuerait définitivement sur sa position soit pour la réorganisation, soit pour le licenciement légal.
A cet effet j"ai adressé à Mu le Ministre de la guerre en date du 13 juillet dernier une demande dont copie est ci- jointe et j'avais lieu de croire, d'après les promesses formelles que Votre Excellence eut la bonté de me faire, ainsi que S. Ex. le Ministre de la guerre, que le gouvernement de S. M. la Reine s'empresserait, s'il ne voulait pas pour le moment la réorganisation ou le licenciement légal de ce corps, qu'il lui accorderait dans le plus bref délai et en ligne do justice un acompte de solde ; mais jusqu'à ce jour ni décision prise ni acompte de solde n'a été donné ; le tout s'est borné à des promesses et à, des ordres qui n'ont pas été exécutés.
Votre Excellence daignera permettre à un vieux soldat français de lui faire observer qu'il ne réclame en faveur de la légion que Texécution de Tarticlc 2 du traité de cession qui n'a nullement été observé à son égard, malgré le sang versé sur les 'champs de bataille et les services éminents rendus dans toutes les circonstances à la cause de S. M. la Heine.
Il prend également la respectueuse liberté de faire observer à Votre Excellence que la légion, après avoir été dévorée par les champs de bataille, ses malheiureux débris qui excitent la sympathie des hommes généreux ne peuvent pas même obtenir de la part du gouvernement espagnol une décision quelconque ; décision qui est prévue par l'article 3 du traité de cession, si, toutefois on ne veut pas la réorganisation de oe corps. Est-ce que le gouvernement espagnol aurait décidé de le faire périr victime du système de temporisation sans rien lui accorder? Non, la nation espagnole a trop de dignité et de générosité pour avoir une telle peni?ée. Or j'ose espérer que Votre Excellence daignera s'intéresser pour qu'un acompte de solde soit donné et qu'une décision prompte soit prise à l'égard de la lé-
DOCUMENTS COITTEMPORAIXS 577
gîon française, surtout si elle considère que ses magasins restés à Pampelune lui ont été enlevée par ordre dé l'autorité supérieure, que les soldats sont nu-pieds et qu'il est dû bientôt huit mois de solde aux officiers et cinq à la troupe. J'ai l'honneur, etc..
A. S. G., Aff. d'Esp., carton 44 (copie signée par Ferrary et jointe à la lettre du général Harispe au Ministre, du 22 septembre 1838).
Ferrary au duc de Fesensac, ambassadeur de France à Bfadrid.
Madrid, le 5 septembre 1838.
Monsieur l'Ambassadeur,
Dès mon arrivée à Madrid (le 8 juillet dernier), j*ai eu l'honneur de vous entretenir de la position critique des débris de la légion françai^se que j'ai l'honneur de oommajider et de l'abandon dans lequel le gouvernement de S. H. la Heine les laisse depuis si longtemps, sans avoir égard au sang versé sur les champs de bataille, ni aux services éminents rendus dans toutes les circonstanoes à la cause qu'ils ont été appelés à défendre ; néanmoins il était de mon devoir de m'adresser à LL. Ex. MM. les Ministres de S. M. la Reine, afin de réclamer leur p'uissant appui pour que l'on prenne une décision à l'égard de la légion française, soit pour sa réorganisation, soit pour son licenciement légal ; vu qu'elle est réduite, après tant de combats et de souffrances, à la plus minime expression et que pour toute récompense les soldats sont nu-pieds et Ton compte qu'il est dû bientôt neuf mois de solde aux officiers et six à la troupe. Mais ce qui est encore plus pénible, c'est de voir les braves malheureux de ce corps qui ont été retraités venir exposer leurs membres mutilés au gouvernement de la Reine, dans l'espoir d'être payés de leur traitentient et que pour toute récompense ils sont réduits à mendier leur existence') dans les rues de la capitale et ne recueillir pour tout fruit que le mépris.
Les quatre pièces que j'ai l'honneur de vous remettre ci- joint, Monsieur le Duc, ont été adressées à M. le Président du Conseil et aux Ministres de la guerre et des finances; ainsi qu'à M. l'Intendant général de l'armée ; elles prouvent les démarches que j'ai faites jusqu'à ce jour dans l'intérêt du service et en faveur des débris de la légion française, et, malgré cela, je n'ai eu de leur part que des promesses et des ordres qui n'ont point été exécutés.
Bans cet état de choses, il ne me reste qu'à m'adresser à vous,
Monsieur l'Ambassadeur, comme représentant du gouvernement de
8. M. le Roi des Français, et réclamer en ligne de justice votre
puissante protection en faveur des débris de ce corps qui a été
Légion étnoisère. 37
578 LA LÉ5I0N ÉTHANGàRB EN ESPAGNB
envoyé en .Espagne par ordre do la France à Tappui d'un traité de ceseion dont ks clauses n'ont nullement été exécutées par le gouvernement de S. M. la Reine, pour qu'une décision soit prise à regard de ces brave® malheureux et qu'en attendant un acompte de solde leur soit payé par le gouvernement espagnol ; d'autant plus si l'on considère que ce corps, réduit à la plus simple expression, combat enoore pour soutenir le mandat qui lui a été oonfié et qu'il ne «eraii pas juste de l'abandonner à son malheureux eort après tant de combats et de souffrances.
J'ai l'honneur, etc., etc.
Pour copie conforme :
Le Colonel commandant supérieur les débris de la légion française^
Ferrakt.
Archives espagnoles de Ségovie. Liasse : légion étrangière (original).
Le lieutenant-colonel Rousset au général comte de Lucliana.
Les lignes qui ont disparu par suite dos attelâtes du feu sont remplacôes approxImallTOment i.ar des mots entre crochets.)
BATTERIE FRAnÇAISE.
[ ], 20 décembre 1838.
A S. E, le comte de Luchana, capitaine général des armées nationalesy général en chef de celle du Nord,
Mon Général,
La copie que j'ai reçue de l'ordre royal en date du 8 courant m'apprend que la légion auxiliaire française est rendue à la France; mais que la batterie éoat le commandement m'est confié est exceptée de cette mesure.
Cette exception m'honore et j'en suis profondément reconnaissant; maie je ne puis accepter Tiiftigne honneur que Sa Majesté a daigné dispenser à ma batterie.
[Yoici quelles sont mee raisons :]
V* Ijb grand nombre de mes canonniers, de mes meilleurs, qui veulent rentrer en France avec la légion et qui semblent être pleinement dans leur droit quand ils demandent à suivre le sort d'un corps dont ils n'ont point ceesé de faire partie, avec lequel ils sont venus et avec lequel ils désirent s'en retourner ;
2^ L'agrégation, rendue inévitable par leur départ, d'une quantité considérable de soldats d'infanterie espagnols, lesquels ne peuvent être artilleurs qu'après beaucoup de temps et au moyen d'une
BOCtTMENTS CONTEKPOBAINS 579
instruction dont il est presqu» impoesible de leur faire suivre les détails à l'armée ;
3^ LcA conditioDs impoeées par ceux qui consentiraient à rester, conditions qui cessent d'être militairee dès que c'est le soldat qui les dicte ;
4® Le caractère onéreux de ces conditions;
5^ Cette condition générale que, pour avoir [à] sa solde un corps étranger, il convient que les services que ce corps peut rendre soient au moins en rapport avec les embarras qu'il entraîne, embarras qui surgiraient à chaque pas de la conservation de la [batterie] avec son organisation exceptionnelle au milieu de l'armée espagnole, sa comptabilité [particulière], sa discipline à part.
Par ces raisons, mon Général, et pour d'autres qu'il serait ti'op long d*énumérer, mais dont la sagesse de Votre Excellence se rendra facilement compte, [je vous demande] de daigner ordonner que [la batterie] soit comprime dans son ordre [de licenciement] sous les mêmes conditions que la [légion] dont elle faisait partie.
Mon dévouement personnel à la [cause] de la Heine, qui est celle de la liberté et de l'Espagne, ne saurait être douteux, car je pense l'avoir prouvé par quatre ans de combats et d« privations, et, en dernier lieu, par le refus constant d'aller partager à Saragosse le repos de la légion tant que je pourrais être utile à l'armée.
Si donc je viens moi-même aujourd'hui demander la rentrée en France de la partie française de la batterie, c'est que cette rentrée est une chose utile au serviœ d<e Sa Majesté.
J'ai l'honneur d'être, mon Qénéral, avec le plus profond respect, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.
Le Lieutenant-Colonel commandant supérieur^