‹ La législation directe par le peuple et ses adversairesChapitre 2 sur 11 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

IB M* ALLYRlB BVBBAV k la première édition de la brochure Intitulée ( Eia Eiégistaiion ditreeie par te Fet^pMe ou Ma vériiabfe détnocraUe.

Le présent opuscule a été publié en trois articles dans la Démocratie pacifique. L'idée mère, qui en fait l'objet, est évidemment dans la ligne du principe radical de la Liberté individuelle et de la Souveraineté populaire. Pour tous ceux qui ne s'en tiennent pas aux préoccupations des nécessités plus ou moins démontrées, de ce qu'on est convenu d'appeler la Pratique dans nos sociétés imparfaites et vicieuses, le principe même de la Législation directe par le Peuple ne peut pas faire l'objet d'une discussion.

Il est clair que Liberté et Souveraineté populaire ne seront que de vains mots tant que le Peuple pourra être enchaîné par des lois émanées d'un pouvoir extérieur à lui, de quelque source d'ailleurs que ce pouvoir procède, droit divin, élection censitaire ou suffrage universel.

Le principe une fois admis, la question d'exécution reste

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tout entière, et sur ce terrain le nombre est encore grand de ceux qui, tout en confessant la justice, se retranchent derrière les impossibilités pour ne pas sortir de l'ornière des iniquités. Quant à nous qui basons sur notre ferme croyance en Dieu cette maxime absolue : tout ce qui est juste est nécessaire, et par conséquent possible, nous ne nous laisserons jamais arrêter par une fin de non-recevoir de cette espèce. D'ailleurs, rhistoire de toutes les sciences, de tous les arts est là pour constater que Vimpossibilité n'Si jamais été un obstacle pour le génie humain tant qu'il ne s'agit pas de sortir des lois naturelles. Or ici il s'agit , au contraire, de la réalisation d'un principe incontestable, nous dirions même indiscutable, quand on se place, armé de sa raison, en face des faits éternels et au-dessus des faits contingents. Nous ne pouvions donc pas hésiter à accueillir l'idée juste qui nous était offerte, sauf plus tard à tenir compte de l'état des éléments sociaux pour juger dans quelle mesure il convenait d'appliquer cette idée aux sociétés actuelles en général, et à la société française en particulier.

Toutes les réflexions que nous avons faites dans ce sens depuis que l'idée est produite nous conduisent à penser que non-seulement son application est possible, mais qu'elle est d'absolue nécessité , si l'on veut fermer enfin d'une manière définitive l'ère des révolutions violentes ; car il y aura des révolutions tant que des usurpations se produiront, et la Législation directe par le Peuple, c'est-àdire la souveraineté réelle du Peuple universel mise en action, aura seule puissance de rendre les usurpations impossibles.

Nous sommes pleinement confirmés dans cette manière

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de voir par le remarquable travail de notre ami Considérant, dont une grande partie a déjà été publiée dans la Démocratie pacifique, et qui, nous le savons, a déjà dissipé les doutes et les hésitations d'un grand nombre de démocrates.

Au surplus, la question est aujourd'hui nettement posée devant tous. Elle est digne de la discussion la plus approfondie, et Dieu veuille qu'elle soit complètement élucidée avant que de nouvelles crises gouvernementales viennent à se produire.

En terminant cette courte préface , nous reproduirons les deux épigraphes dont nous avons fait précéder le travail de M. Rittinghausen :

« La souveraineté ne peut être représentée par la même raison qu'elle « ne peut être aliénée. Les députés du peuple ne peuvent être que ses « commissaires. Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est « nulle. »

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