CONCLUSIONS
Dans l’ancienne France, les lépreux étaient des malades, et, comme tels, ils devaient attirer la pitié. . D'autre part, ils pouvaient transmettre la maladie, et il fallait prendre des mesures de sauvegarde.
Donc, deux sortes de mesures, mais :
Si les moyens de défense étaient multipliés, les moyens de secours n'étaient pas toujours à la hauteur des meilleures intentions. La thérapeutique était inefficace, et seul l’isolement a joué un rôle incontestable. Il y eut sans doute beaucoup de personnes, religieux et autres, dont le dévouement ne fait pas de doute, mais il y eut aussi la méfiance et la haine de la société (mot gluant et sans précision).
— Aujourd'hui,
— Nous devons agir comme si la lèpre était contagieuse.
— La thérapeutique s'étant jusqu'ici révélée inefficace, on doit veiller avec sévérité à une rigoureuse prophylaxie.
— La durée de l’incubation peut, comme pour la tuberculose, être très longue, et il est alors bien difficile de faire une enquête sur les sources de la contagion.
— Il semble que le climat joue un certain rôle, car il existe de nombreux lépreux à l'Hôpital Saint-Louis, et l’on n’a jamais observé de cas autochtones.
— L'’isolement défensif du moyen âge, adouci et plus humain, reste, avec une hygiène stricte, la meilleure garantie de régression de la lèpre.
— Le village de lépreux sans surveillance n’a aucune valeur prophylactique.
— « Jamais une léproserie ne doit être conçue sur le modèle d’une prison. » ().
— «Le malade doit entrer à l’asile par attirance et non par refoulement. » @).
Le meilleur système semble être le village-léproserie bien surveillé ou la léproserie avec pavillons ou habitations sépa-
rées, grands jardins pour occuper les malades et leur enlever l’obsession de leur mal, cependant que le traitement leur conserve l’espoir de la guérison. Les malades devraient pouvoir se livrer à certaines activités professionnelles (comme dans le village sanatorial) et même fabriquer certains objets soigneusement désinfectés par la suite.
On doit y trouver une bibliothèque, une salle de réunions, une salle d'opérations, un établissement de bains, une clinique dentaire, un logement particulier pour les médecins, pharmaciens et personnel infirmier.
Une colonie de « lépreux guéris » peut être annexée pour examiner pendant assez longtemps ceux dont la sortie pourra être accordée sous condition 6).
(1) Jeanselme, Loc. cit.
(2) Jeanselme, op. cit. >
(3) En France, le « Sanatorium de Vallonne occupe les bâtiments d’une ancienne abbaye de Chartreux et se rapproche assez de la conceplion que nous venons d’esquisser »,