‹ La Lèpre Dans L'Ancienne FranceChapitre 25 sur 32 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Dans l’ancienne France, les lépreux étaient des malades, et, comme tels, ils devaient attirer la pitié. . D'autre part, ils pouvaient transmettre la maladie, et il fallait prendre des mesures de sauvegarde.

Donc, deux sortes de mesures, mais :

Si les moyens de défense étaient multipliés, les moyens de secours n'étaient pas toujours à la hauteur des meilleures intentions. La thérapeutique était inefficace, et seul l’isolement a joué un rôle incontestable. Il y eut sans doute beaucoup de personnes, religieux et autres, dont le dévouement ne fait pas de doute, mais il y eut aussi la méfiance et la haine de la société (mot gluant et sans précision).

— Aujourd'hui,

— Nous devons agir comme si la lèpre était contagieuse.

— La thérapeutique s'étant jusqu'ici révélée inefficace, on doit veiller avec sévérité à une rigoureuse prophylaxie.

— La durée de l’incubation peut, comme pour la tuberculose, être très longue, et il est alors bien difficile de faire une enquête sur les sources de la contagion.

— Il semble que le climat joue un certain rôle, car il existe de nombreux lépreux à l'Hôpital Saint-Louis, et l’on n’a jamais observé de cas autochtones.

— L'’isolement défensif du moyen âge, adouci et plus humain, reste, avec une hygiène stricte, la meilleure garantie de régression de la lèpre.

— Le village de lépreux sans surveillance n’a aucune valeur prophylactique.

— « Jamais une léproserie ne doit être conçue sur le modèle d’une prison. » ().

— «Le malade doit entrer à l’asile par attirance et non par refoulement. » @).

Le meilleur système semble être le village-léproserie bien surveillé ou la léproserie avec pavillons ou habitations sépa-

rées, grands jardins pour occuper les malades et leur enlever l’obsession de leur mal, cependant que le traitement leur conserve l’espoir de la guérison. Les malades devraient pouvoir se livrer à certaines activités professionnelles (comme dans le village sanatorial) et même fabriquer certains objets soigneusement désinfectés par la suite.

On doit y trouver une bibliothèque, une salle de réunions, une salle d'opérations, un établissement de bains, une clinique dentaire, un logement particulier pour les médecins, pharmaciens et personnel infirmier.

Une colonie de « lépreux guéris » peut être annexée pour examiner pendant assez longtemps ceux dont la sortie pourra être accordée sous condition 6).

(1) Jeanselme, Loc. cit.

(2) Jeanselme, op. cit. >

(3) En France, le « Sanatorium de Vallonne occupe les bâtiments d’une ancienne abbaye de Chartreux et se rapproche assez de la conceplion que nous venons d’esquisser »,

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