‹ La lèpreChapitre 135 sur 144 · PLANCHE V · texte numérisé non relu

PLANCHE V

Fig. i. — Tache lépreuse infiltrée

(Cf. pl. V, fïg. 2). — Ziehl. — Gross. ®5 .

Les différentes couches de l’épiderme sont normales ; mais celui-ci ne décrit pas de festons dans la profondeur parce que les papilles ne sont plus qu’à l’état d’ébauche. — Mince bande de tissu dermique normal interposée entre l’épiderme et la nappe d’infiltration. Celle-ci occupe uniformément tout l’étage dermique et pousse des prolongements dans l’hypoderme. — La nappe d’infiltration dermique est perforée comme un écumoire de grandes vacuoles arrondies ou ovalaires remplies de détritus informes dont on ne saurait préciser la nature et d’amas bacillaires plus ou moins volumineux. Au sujet de ces lacunes, M. Darier m’a remis la note suivante : « Les lacunes arrondies ou ovalaires (constatées sous l’infîltrat dermique et dans le glomérule à droite en bas) sont des cavités résultant de la fonte de cellules en nécrobiose ; ce sont des cavités de « colliquation » mot qui a cours dans la terminologie histologique internationale. Elles se voient particulièrement belles sur la figure 1, Pl. VIL Ces cavités contiennent souvent des vestiges indéfinissables des cellules qui ont été détruites, et qui sont probablement le plus souvent des cellules lépreuses écumeuses (Schaumzellen de Virchow). Il est remarquable que ces cavités colliquatives sont assez souvent comprises dans des cellules géantes, qui englobent ces amas d’éléments mortifiés et en dissolution comme elles feraient de corps étrangers. Le fait se voit particulièrement bien au 1 /3 inférieur de la figure 1, Pl. VII (où 2 cavités sont comprises chacune dans une cellule géante ; tandis qu’à droite une cellule géante englobe un amas écumeux non encore liquéfié). »

— Le nombre des amas bacillaires qui farcissent la nappe d’infiltration est tel que celle-ci, après décoloration, a gardé après la couleur rouge de la fuchsine. — Dans les trainées d’infiltration qui se prolongent dans l’hypoderme, le nombre des amas bacillaires est infiniment moins grand, de sorte que la coloration bleue prédomine. — Dans un filet nerveux de l’hvpoderme, on voit de nombreux bacilles acido-résistants granuleux.

Fig. 2. — Tache lépreuse infiltrée

(Cf. Pl. V, fig. 1). — Ziehl. — Gross. :

Les cellules en palissade de la couche basale de l’épiderme sont normales, sauf quelques-unes qui sont sphériques, œdémateuses avec un noyau en pvcnose. — Dans la bande sous-épidermique, on voit quelques bacilles isolés. — Tout le derme est infiltré d’innombrables amas bacillaires ; les uns sont arrondis en forme de globi, souvent on voit à leur périphérie le noyau de la cellule qui les contient ou qui les enveloppe ; les autres affectent une disposition allongée et sont vraisemblablement logés dans les espaces lymphatiques.

— A droite et en haut de la figure, dans la lumière d’un petit vaisseau sanguin, amas de bacilles acido-résistants. Dans l’épaisseur de la paroi d’un autre petit vaisseau sanguin, situé à gauche et en haut de la figure, quelques bacilles acido-résistants.

Fig. 3. — Tubercule lépreux

(Cf. pl. V, fig. 4). — Hémalun. — Erythrosine. — Safran. — Gross. — J- .

Gros nodule lépreux, occupant le derme proprement dit et l’hypoderme, remontant en un point jusqu’à la limite du corps papillaire. — L’infiltrat lépromateux est comme encapsulé par des travées conjonctives en apparence normales. Certaines de ces travées conjonctives non modifiées subsistent au centre même du nodule. — Au pourtour du foyer principal, existent des ilôts secondaires disséminés dans le derme. — Les formations lépromateuses ont pour axes des vaisseaux, artérioles et veinules, dont les parois épaissies présentent les lésions de l’endo-périvascularite. Le nodule principal est constitué par un réseau de cordons lépro mateux périvasculaires juxtaposés et fusionnés.

L’épiderme est tout à fait normal, sauf là où le léprome affleure le corps papillaire.- En ce point, le revêtement épidermique est aplati ; la couche des cellules basales, en palissade, n’est plus, bien ordonnée ; le nombre des assises de cellules épineuses est réduit ; la couche cornée est en légère hyperkératose. Les festons constitués par les saillies papillaires et les bourgeons épidermiques qui pénètrent normalement dans le derme ont disparu ; la limite dermo-épidermique est à peine onduleuse.

Fig. 4. — Tubercule lépreux

(Cf. pl. V, fig. 3). — - Fragment de la coupe précédente vue à un fort grossissement : -y-.

Les travées conjonctives, légèrement condensées du léprome sont dissociées par des amas de grosses cellules arrondies ou ovalaires. Celles-ci apparaissent bourrées de vacuoles juxtaposées qui se sont substituées en totalité au protoplasma. Le noyau peut faire défaut, être réduit à l’état de vestige et rejeté à la périphérie. Ces éléments sont des cellules lépreuses typiques ; elles méritent bien le nom de cellules écumeuses (Schaumzelle) que leur a donné Virchow. — Certaines des travées qui séparent les gros amas de cellules lépreuses sont elles-mêmes en voie de dissociation par de petits amas de cellules de Virchow.

On voit en outre, aussi bien dans les travées conjonctives que dans les îlots de cellules de Virchow, des fibroblastes, des cellules épithélioïdes, quelques polynucléaires dont l’un d’eux est incorporé dans une cellule lépreuse, quelques lymphocytes et un plasmocyte.

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Fig. 4.

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