PRINCIPALES MALADIES DU PAYS
Comme partout ailleurs le moustique se développe à l’ombre des bois l'humidité et la pourriture des feuilles lui étant un terrain propice de même que dans les endroits marécageux. C’est là où l’on trouve le paludisme la fièvre jaune plus rarement ainsi que la filariose. Les plantations de café sont également recherchées comme demeures des anophèles.
Le pian dans quelques régions, l’uncinariose, connue aussi sous le nom de jipatera, tun-tun ou anemie tropicale est une des plus abondantes dans le pays.
Dans les mêmes régions on trouve moins fréquemment la dysenterie aussi amibienne que bactérienne, les trichomonas, le Balantidium Coli, leishmanioses et vers nématodes dont la présence dans l'organisme humain, donne également les mêmes symptômes dysanteriques.
Dans plusieurs localités de Colombie les fièvres à spirochoetes, peuvent s’observer, dues à spirochoeti duttoni ou à d’autres espèces, qui semblent être transmises par les ornithodorus.
Il y a certains foyers de tuberculose; cependant
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la tuberculose pulmonaire a été rare à Bogota pendant les derniers trente ans.
L'hyperirophie du corps thyroïde avec ou sans crétinisme s’observe aussi dans certaines contrées.
Le Beri-beri dans quelques régions et comme il est rare, son diagnostic différentiel est difficile avec l’ataxie locomotrice, et la névrite alcoolique causée en grande partie par la « Chicha » (boisson fermentée de maïs) et la cachexie palustre.
Les fièvres éruptives, coqueluche, rougeole et scarlatine ne sont pas rares.
Une dermatose propre à l'Amérique Tropicale qui s'appelle Carate ou Pinta est très répandue dans certains départements (Huila, Tolima, Cauca), cette dermatose qui, au point de vue clinique se présente sous la forme de taches généralement symétriques de couleur variable (rouge, jaune, bleue, violette) a une grande ressemblance avec le vitiligo et en dehors de ses caractères disgrâcieux, n’a aucune répercussion sur l'organisme, car elles ne produisent même pas de prurit.
La espundia, de grande ressemblance avec la leishmaniose américaine qui diffère par la gravité de la première, se rencontre dans certains endroits chauds et humides; généralement elle commence par les membres inférieurs; le traitement stibié se montre incapable dans les cas avancés et alors l’amputation du membre s'impose,
en 2 Enfin la lèpre, contre. laquelle la Colombie a ee tous les moyens d'attaque: comme témoimu à cette patriotique lutte, nous offrons cet insuf- fisant travail, tiré des renseignements et ‘documents que nous avons centralisés et étudiés, grâce à de pré- : à cieux concours. nEHAISTe la distance qui nous seu -de more pays.
L'histoire de la lèpre en Colombie, comme du reste dans toute l'Amérique, est une question qui se prête encore à controverses.
Les civilisations primitives de l'Amérique en partant de la plus avancée, celle des Aztéques au Mexique, celle des Incas au Pérou et celle des Chibchas de la Colombie, n’ont pas laissé la preuve de l’existence de la terrible maladie.
L'hypothèse la plus acceptable et la plus logique, semble celle que la maladie a été apportée au Nouveau Monde au temps de la colonisation, par les Espagnols ét aussi avec l'introduction dans le pays, du grand nombre de nègres de l'Afrique, amenés par les colonisateurs pour l'exploitation des mines.
Virchou suggère l’idée que ladite maladie existait dans l'Amérique au moment de la colonisation, en se basant sur l’observation des figures statuaires faites en boue par les Indiens; ces figures qui représentaient des sujets humains, portaient des amputations du nez, des oreilles, des doigts et semblent vraiment reproduire les lésions mutilantes laissées par la lèpre; mais à cette hypothèse du savant Virchou, s'oppose
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celle de l’histoire qui raconte que les primitifs employaient des punitions barbares, telles que l’amputation des organes plus haut cités.
Une autre preuve qui vient corroborer celle de l'histoire, est celle que dans tous les dialectes indigènes on trouvait des vocabulaires pour désigner différentes maladies connues empiriquement pour leur fréquence par les Indiens, ces maladies étaient la fièvre, la pleurésie, les ulcères des membres, le carate, dematose de laquelle nous avons déjà parlé, et que, pour désigner la lèpre, il n'existait pas de vocable.
En enfin, même aujourd’hui, nous ne voyons pas de lèpre chez les quelques Indiens purs qu’on trouve encore à l’état primitif dans quelques contrées du pays; Indiens qui habitent les parties froides et sont les reliquaires des anciennes tribus précolombiennes.
C'était à Cartagena, principal port à ce moment de l'Amérique méridionnale, que se faisait en grand Île commerce de nègres; les bateaux provenant de l’Afrique, débarquaient des nègres par centaines et il est indiscutable qu'avec cette traite de nègres sans choix ni examen médical, il devait y avoir beaucoup d’individus atteints de lèpre, augmentant ainsi les cas de maladie.
De Cartagena qui était le foyer, la maladie se propagea vers l’intérieur au fur et à mesure que la facilité des communications le permettait.
— 20 — Pr TRE Le premier cas de lèpre constaté chez les colonisateurs, resta célèbre dans l’histoire, car il s’agissaît à du conquistador et fondateur de la capitale de Colombie, c'était Gonzalo Jiménez de Quesada. Il faut aussi tenir présent qu’à ce moment la clinique des maladies tropicales n'était pas aussi avancée qu'à l'heure actuelle et qu’il était difficile de faire un diagnostic différentiel entre les dermatoses, carates, lèpre, et la syphilis qui, sous les tropiques, se présente assez floride, sans oublier la espundia et les leishmanioses. ne. &