‹ La lèpre est contagieuse [electronic resource]Chapitre 32 sur 57 · RÉSUMÉ. LA LÈPRE EST CONTAGIEUSE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ. LA LÈPRE EST CONTAGIEUSE

La séparation est le remède souverain. De quelque manière qu'elle soit obtenue, si elle est complète, elle atteint le but. Elle est efficace pour Curaçao et le New- Brunswick; elle l'était pour les blancs des Guyanes, avant qu'ils fussent en rapport trop intime avec les esclaves affectés; elle l'est pour les déportés isolés de la Guyane française ; elle l'est pour les groupes assez nombreux que nous avons énumérés, et qui vivent à part au sein même de populations malades; elle l'est pour les Européens, tant qu'ils ne viennent pas dans les pays de lèpre, etc. Mais toutes ces immunités disparaissent, aussitôt que les groupes préservés se mêlent à ceux qui, ne le sont pas. Là on touche au doigt,

EST CONTAGIEUSK. -•J'J

que tout mal vient évidemment et uniquement par communication, et jamais par production spontanée. Cette dernière est invisible.

Ainsi, la loi est certaine: liberté, accroissement; séparation, extinction.

Ceux qui ont conseillé de laisser tomber les lois de séparation, conime des mesures déraisonnables et cruelles, peuvent, mieux informés, juger des suites de leur théorie. Il y a là des peuples que la liberté ou plutôt la licence a rendus incurables, et a perdus, tandis que d'autres se sont délivrés et se délivrent encore aujourd'hui par les mêmes moyens que dédaignent ceux qui périssent. Dieu veuille que la leçon soifc entendue.

On paraît n'avoir pas observé suffisamment, et s'être appuyé sur des données fort erronées. Telle T/ie British and foreign Medico-chirurgical Review^ qui dit sur ce sujet (1) : « Il n'y apas de preuve que les règles rigoureuses pour la séparation des lépreux^ telles quelles existent dans quelques-unes de nos îles des Indes occidentales^ et telles quelles ont été établies par les Hollandais à Surinam^ aient été trouvées d'une spéciale et pratique efficacité. » Deux propositions, deux grosses erreurs. T Dans les îles anglaises des Indes occidentales, imlle part il n'y a de règles rigoureuses pour la séparation. Nous prenons en main les rapports adressés au Royal Collège, et nous

(1) Loc. cit., p. 314.

RÉSUMÉ. — LA. LfcPUE

suivons ce qui est dit sur toutes ces îles, sans en omettre une seule :

Quelquefois il n'y a point de lazaret ; et quand il en existe un, il n'y a de séparés que quelques mendiants, non pas tous, et les malades qui s'offrent volontairement. De cette séparation partielle, on ne peut attendre évidemment qu'un bien partiel ; mais ce bien il n'y a pas de doute qu'il est produit. Lorsqu'un hospice, comme celui de Trinidad, contient i 20 patients, certes ce n'est pas un petit bénéfice pour la population que d'avoir au milieu d'elle 120 foyers d'infection de moins; et lorsqu'il y en a 280, comme dans la Guyane britannique, le bénéfice est encore plus grand. La seule colonie anglaise de l'Amérique qui ait des lois rigoureuses est le New-Brunswick, et elles y sont de la plus spéciale et pratique efficacité.

2° La Revue semble ne pas connaître Id^pratique efficacité des règles rigoureuses des Hollandais^ soit dans leur Guyane, qui est beaucoup moins affligée que la Guyane britannique et surtout que la Guyane française, soit à Curaçao, qui, dans la mer la plus

Bermudes, pas de restriction.

Eahama, —

Jamaïque, —

Tortola, —

Saint-KitLs, —

Nevis. , —

Montserrat, —

Barbade, Grenade, Tabago, Trinidad,

Antigoa, pas de restriction.

Dominique, — Suint-Vincent, —

dangereuse, a l'insigne honneur de se tirer sain et sauf du naufrage universel.

En résumé :

Les pages qu'on vient de lire établissent ce qui suit:

L Les peuples nombreux qui ont été ou sont maintenant victimes de la lèpre (et ne sont-ce pas presque tous les peuples ?) lui ont tous et toujours, et avec l'affirmation la plus énergique, reconnu un caractère contagieux. Cet accord général qui subsiste aujourd'hui comme autrefois, malgré l'opinion nouvelle de la plupart des médecins, ne. saurait être détruit par quelques exceptions qui se sont rencontrées de tous temps. Nous croyons de préférence au témoignage universel. Il s'agit de l'expérience d'un fait, et tout le monde peut l'acquérir ; on peut spécialement avoir celle des deux prétendues preuves sur lesquelles les docteurs s'appuient. Il est bon de remarquer que chez la grande majorité de ces derniers cette expérience n'est pas commune. Une autorité aussi restreinte ne saurait détruire celle du monde entier. Aussi ne ferait-on pas acte de témérité en pensant que, si la science est aujourd'hui pour la négative, elle pourra bien demain être pour l'affirmative.

II. Il n'est point du tout exact de dire « que la presque unanimité des observateurs les plus expérimentés est entièrement opposée à la croyance que la lèpre est contagieuse. »

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