DU GOUVERNEMENT ANGLAIS. O
Eii note, le Comité s'appuie sur l'autorité des D'^ Danielssen etBoeck(l), qui nient aussi le caracti're contagieux.
Ce grand rapport paraissait en 1867, et dès 1871 le (( Colonial Office » , noblement zélé pour ce grand sujet, envoyait un membre distingué du Comité lui-même, le D"" Gavin Milroy, en mission dans les Indes occidentales. Le Milroy, à son retour, publia son Report on Leprosij and Yaws in the Wesi Indies, qui concluait comme le Comité avait conclu quelques années auparavant.
Toujours vers la même époque, en 1872, le duc d'Argyle fit faire une autre enquête dans l'Inde et les stations coloniales ou étrangères sur les maladies de la peau. 11 avait chargé les D'^ Tilbury Fox et T. Farquhar de dresser un projet ou Scheme, afin de servir de base aux réponses, puis de faire sur ces réponses un rapport général. A la fin de 1875, les deux savants présentaient ce rapport.
Quoiqu'ils n'aient pas traité in extenso la question de la lèpre, dont une seconde mission postérieure encore avait investi le D' Van Dyke Carter, ils consignent cependant dans leur rapport que les communications nombreuses qui leur ont été faites ne renferment rien de nouveau ; et leur conclusion sur la contagion est, comme celle du « Royal Collège » , formellement négative. «La maladie peut
(I) Danielssen et Boeck, Traité de lu spedalskhcd on elrphantia- , fia des Grecs. Paris, 1848.
6 LA. LÈl'RE ET LES ENQUÊTES OFFICIELLES
être inoculable, disent-ils, mais jusqu'à présent nous ne voyons pas de raison, en ce qui concerne la contagion, pour que les tépreux ne soient pas admis dans nos hôpitaux généraux (1). »
Quant au D' Van Dike Carter, qui visita la Norwège, il incline fortement, dans son propre rapport, à la contagion.
Ce n'est pas seulement la plupart des médecins de l'empire britannique, leur Académie en tête, qui ont embrassé cette opinion : on la suit égalementàParis.
Rayer écrivait : « Aujourd'hui tous les observateurs s'accordent à regarder l'éléphantiasis comme non contagieux. » Puis il raconte un fait que tout le monde répète, et qui seul ne prouve pas grandchose, comment un de ses élèves porta plusieurs fois les habits d'un éléphantiaque, sans éprouver le plus léger dérangement dans sa santé.
A Berlin, l'illustre D' Virchow, qui, en même temps que le ministre anglais, procédait lui aussi à des recherches dans le monde entier, arrivait au même résultat. « Si nous parcourons les auteurs modernes à ce sujet, disent Danielssen et Boeck(2), nous les trouvons presque unanimes sur la nonexistence d'aucune contagion. »
Nous venons humblement travailler à la solution du délicat et important problème , et cependant
{i) Van Dike Carter, On certain endémie skin and other diseasrs ofindia, etc.
(2) Danielssen et Boeck, p. 91.