‹ La lèpre est contagieuse [electronic resource]Chapitre 6 sur 57 · O LA LÈPRE ET LES ENQUÊTES OFFICIELLES · texte numérisé non relu

O LA LÈPRE ET LES ENQUÊTES OFFICIELLES

ses infortunés sujets. Nous connaissons un certain nombre de praticiens qui font comme tout le monde, et fuient le plus possible ces malades. De là une science fort limitée, un manque presque total de statistique, des horizons très circonscrits. Cependant il est parfaitement juste de dire que le gouvernement britannique (on vient au reste de le voir) a apporté à la question une attention et des soins vraiment remarquables et dignes d'admiration. Les choses ont été faites avec zèle, rapidité et sur une vaste échelle. Plût à Dieu qu'on eût répondu dignement à son appel !

Nous prenons le rapport du >• Royal Collège» pour point de départ, parce que la question y a été traitée et jugée ex auctoritate et fort largement ; et que, dans cette question encore pendante, onze années n'ont apporté aucun changement à la conclusion que le premier corps médical d'Angleterre en a tirée. Le rapport, qui a fait époque, est toujours plein d'actualité, et le vent est toujours à la non-contagion.

Ce travail était entièrement achevé, lorsque nous dûmes à la bienveillance de M. Bush, notre secrétaire colonial, la connaissance d'un document important et nouveau. Dans la Guyane britannique, le D"" Caraeron, commissaire visiteur de l'asile des lépreux à Mahaica et « acting surgeon gênerai » , avait signalé"à l'autorité des cas spéciaux qu"il attribuait à la contagion. L'autorité désigna trois

DU GOUVEUNEMEIST ANGLAIS. ^

docteurs pour les examiner et pour faire môme une recherche phis générale, afm d'élucider la question tant débattue. C'étaient le Manget, « surgeon •gênerai » , le D' Edge, « staff-surgeon-major », et le D' Watt, « médical officer to the immigration department» . Ils se livrèrent à leurs investigations personnelles, et envoyèrent aussi un questionnaire à tous les médecins de la colonie ; puis ils firent leur rapport. Le rapport concluait, comme avait conclu le Cameron, au caractère contagieux (août 1875). Le gouverneur Longden fit parvenir ce rapport au ministre des colonies, lord Carnarvon ; et celui-ci le remit au « Royal Collège » pour avoir son appréciation. Le « Collège» (juillet 1876) persista dans son ancienne opinion, et renvoya à sa solution de 1867. La conclusion contagionniste du rapport de la Guyane ne nous étonna pas, mais nous fûmes agréablement surpris de trouver dans ce rapport certaines vues non communes (sur Y infection, par exemple), que nous venions d'avancer dans notre petit travail. D'un autre côté, il dit très peu sur le point qui est la pierre angulaire des anticontagionnistes et du a Collège » , la prétendue remarquable exemption des personnes de service auprès des malades. Nous avons développé ce point, qui est toujours, faute d'observation, triomphalement objecté, mais qui, d'après notre conviction, au lieu d'être la preuve la plus forte contre la contagion, est l'arme la plus forte pour elle. Il

Page 1