DIAGNOSTIC
Facile dans la lèpre tuberculeuse. — Le nombre des ‘bacilles, qui est si grand chez les lépreux nodulaires, rend bien facile le diagnostic microscopique. Examens de mucosités diverses, lames de sang recueillies d’un tubercule, soit par piqûre avec une aiguille, soit par ponction avec une fine pointe de verre comme l'ont conseillé Ehlers, Bourret et With”, biopsies, inoscopie du sang sont autant de moyens de se renseigner vite et complètement.
1. Jousser. — Nouvelle méthode pour isoler le bacille tuberculeux des tumeurs de l'organisme. Sem. méd:, 21 janvier 1903.
2, SouDAKEWITCH. — Vralch, 1884, n°9 47, et Veränderungen im Ganglion Gasseri uud im Ganglion cervicale suprem. bei Lepra arabum. Centralb. f. Chir., n° 32, 1885, p. 567.
— Beiträge zur patho'ogischen Anatomie der Lepra, Ziegler’s Beiträge, RU 1801.
3. BABEs. — Die Histologie der Lepra, 1e Conf. de la lèpre t. I, p. 137.
4. J. SAWTCHENKO. — Ueber Osteomyelitis leprosa, Cent. f. Baké., t. V, 1889, n° 18.
5. Eucers, Bourrer et Wir. — Recherches sur le mode de propagation
et les procédés de diagnostic bactériologique de la lèpre. Bull. Soc. Path. Exrot.;t. IV, août 1972.
18 D° MARCHOUX [898]
Difficile dans la lèpre nerveuse. — Mais quand il s’agit de lèpre anesthésique, la recherche des bacilles reste presque toujours infructueuse. S'il existe des macules hyperchromiques, une biopsie permet généralement d'y trouver des cellules parasitées disposées en une sorte de manchon autour des vaisseaux et des glandes sébacées”. En l'absence d’éruption, le diagnostic devient très délicat. On ne peut toujours songer à faire la résection d’un nerf pour y chercher le bacille. Aussi ne faut-il pas s'étonner que le domaine pathologique de la lèpre soit difficile à délimiter. |
Zambaco pacha” a voulu y faire entrer toute une série d'affections : l’atrophie progressive d’Aran-Duchène, la maladie de Raynaud, la sclérodermie, la syringomyélie, la maladie de Morvan et l’ainhum. Comme le fait remarquer si justement Jeanselme, il ya dans cette énumération des maladies et des syndromes qui peuvent relever de causes diverses parmi lesquelles la lèpre. Qu'il puisse y avoir des cas de lèpre pris pour des cas de syringomyélie, le fait n’est. pas niable. Pitres et Sabrazès * ont découvert, par biopsie d'un fragment du nerf musculo-cutané, des bacilles de Hansen chez un malade pour lequel le diagnostic de syringomyélie n'avait antérieurement pas fait de doute. De même, Camara Pestana et A. Bettencourt* ont découvert à l'autopsie des bacilles de Hansen dans la moelle d'un homme qui, durant toute sa vie, avait été considéré comme un syringomyélique. Maisles auteurs s'accordent à soutenir qu'il n'en est pas toujours ainsi, que la syringomyélie et la maladie de Morvan relèvent généralement d'une autre origine. L'aire de distribution de ces affections n'est pas celle de la lèpre et, dans les autopsies de syringomyéliques
1. J. Darter. — Recherches anatomo-pathologiques et bactériologiques sur les taches érythémato-pigmentées de la lèpre. Ze Lepraconferenz, {11 p. 396:
2. ZAMBACO PACHA. — 1° Lepraconferenz, t. I, 3e partie, p. 21.
8. Prrres. — De la valeur de l'examen bactériologique dans le diagnostic des formes frustes et anormales de la lèpre. Bull. Ac. de Méd.,
29 novembre 1892. — Syringomyélie et lèpre. Nouvelle iconographie de la Salpétrière, t. VI, 1893.
4. CAMARA PESTANA et A. BETTENCOURT. — Ueber die Anwesenheit des
Leprabacillus in der Medulla eines an Syringomyelites gestorbenen Indiviauums. Cent. f. Bakt., t. XIX, 1896.
vrais qui ont été faites, le bacille de Hansen n’a pas élé rencontré.
Quant à l’ainhum, cette curieuse affection presque spéciale à Ja race nègre, l'étiologie lépreuse n’en a jamais été établie. Les examens microscopiques sont restés muets, tant pour l’anneau fibreux dont la constriction amène l’amputation spontanée des orteils, que pour les phalanges extirpées.
SÉRO-DIAGNOSTIC.
Le clinicien reste donc dans l’indécision en présence d'un cas difficile de lèpre nerveuse et le microscope est impuissant à le renseigner. Aus«i l'article d'Eitner * où il annonçait la présence, dans le sérum des lépreux, d'anticorps spécifiques a-t-il été bien accueilli. La réaction d’Eitner est la réplique de celle de Wassermann pour la syphilis.
On sait, d'autre part, que la réaction de Wassermann est l'application au sérum des syphilitiques de la méthode imaginée par Bordet et Gengou pour rechercher dans le sérum des convalescents la présence d’anticorps spécifiques.
Travaux de Bordet et de Bordet-Gengou. — En inoculant à un animal du sang d’un animal d’une autre espèce, Bordet” a montré qu’on donnait au sérum du premier la propriété de dissoudre les globules rouges du second. Ce sérum hémolytique, chauffé à 55-60 degrés pendant une heure, devient inactif pour les globules qu'il hémolysait à condition que ces globules aient été préalablement lavés. Il suffit d'ajouter au mélange un peu de sérum normal pour lui rendre son pouvoir. Il faut donc, pour produire l’hémolyse, l'union de deux sub- Stances : l’une résistant à 58 degrés, thermostabile, que Bordet a appelée sensibilisatrice et que les auteurs allemands ont fâcheusement débaptisée pour lui donner le nom de fixateur;
1, Ertner. — Ueber den Nachweis von Antikôrpern im Serum eines Leprakranken mittels Komplementablenkung. Wien. klin. Woch., n° 51, 1906,
— Zur Frage der Anwendung der Komplementbindungsreaction auf Lepra. Wien. klin. Woch.,f1908, n° 29,