SCENE VIII
Les Mêmes, MÉLANIE, arrivant par le fond'.
mé lan i f., faisant des signes A Martial.
P»t! pst !
* MiLnn-, Maniai, Madeleine.
madeleine, apercevant J Mélanie.
Une jeune fille!... Ah ! jour de Dieu, je ne m’étonne plus!
MÉLANIE
Pst ! psi !
MARTIAL, à part.
L'autre maintenant!... quelle situation!
MADELEINB.
Dites donc, on vous appelle.
MARTIAL
Vous croyez? (Allant vert Mélanie.) Ahl pardon !... c’est que j’étais en discussion de ménage.
MÉLANIB.
De ménage f
MARTIAL
Oui, avec ma cuisinière.
MÉLANIB.
Alors, je puis parler devant elle : il faut que >ous vous déclariez, monsieur Martial.
madeleine, a part.
Qu’il se déclare !
MÉLANIB.
Mon père a des soupçons.
MARTIAL
fe m’en dontais.
MRI. AN IC.
Est-ce qu’il vous en a parlé?
MARTIAL
Oh! indirectement... en l’air... mais ça a porté.
Quoi donc?
MARTIAL, bat.
Madeleine, ça ne vous regarde pas, ma chère amie.
MADELEINB, à part.
Enfin, il me parle plus poliment.
MÉLANIE
Oui, mon père a découvert notre amour.
MADELEINE
Votre amour !
martial, marchant de l'une â l'autre t et repoustant chacune d’ellct vers une des extrémités du théâtre.
C'est iocroyable !... j’ai des fourmis dans les pieds, c’est comme une crampe.
MADELEINB.
C’est ça, marchez et frappez du pied.
martial, bas à Mélanie.
Ne dites rien devant Madeleine; c’est une vipère.
MÉLANIB.
Que nous importe!
Martial, allant vers Madeleine.
Madeleine, dit francs, si vous tournez les talons!
MADELEINB.
Par exemple!
martial, A Mélanie , de même.
Mélauic, de la discrétion.
MÉLANIB.
A quoi bon?... notre amour peut être avoué maintenant!
, madeleine, A Martial.
Vous auriez le projet...
MARTIAL
Taisez-vous! ( A Mélanie. ) Elle craint de perdre sa place.
MÉLANIB, d’un côté.
Mais rappelcz-la donc à la raison...
MADELEINB, de l'autre.
Mais faites-lui donc entendre...
martial, exaspéré , se tournant vers Mélanie. Vous m’ennuyez, A la fin ! (5c reprenant.) Je me trompe... oh! pardon! pardon! c’est à cetto vieille que je voulais dire ça. ( Se tournant vers Madeleine.) Oui, à cette vieille! Entendez-vous, Mélanie! (Se reprenant.) Allons, entendez-vou». Madeleine? A cause de vous, j’injurie mademoiselle... C’en est trop, sortez!
madeleine.
Comment î sortez!... Et où donc puis-je aller?
Allez vous promener... allez chez votre amoureux, si vous en avez un; et, si vous n’en avez pas, allez au diable I
A I ■ : Ah\ f étouffe de colère .
Allons, laisses-aous, ma chère!
Ou rciiouln ma colère !
C’est asseï t Finisses!
Je suis T maître, obéisses.
A part.
Pour mrs amours quel dommage !
Comment conjurer l’orage ?
Malheureux Martial 1 Tout ceci finira mal!
madeleine.
Rien n’e'gale ma colère,
A d’autres monsieur veut plaire!
A h ! cesses !
Finisses! •
Car à bout vous me pousses!
Vous avrx beau fair* tapage,
J’aurai raison de l’outrage;
Oui, monsieur Martial,
Tout ceci finira ruai!