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— Où fait-on la poudre ? -- On n’en fait pas. — D'où la tire-t-on? — On la prend aux Bleus. — Quelle est la paye ? — Il n’y en a pas. — Qui
fournit les armes ? — Nous les prenons aux Bleus. J'allais d’étonnement en étonnement et je leur disais : il n’y a rien qui ressemble ici à une armée, mais je ne puis douter que nous venons de bien rosser les Républicains qui l'ont été hier à Vihiers. Toutes ces merveilles me confondaient. Dès le lendemain nous les battions à Montreuil, puis à Saumur. A présent je me suis accoutumé à cette façon de faire la guerre ».
En Espagne ces bandes étaient très nombreuses ; en novembre 1909 elles avaient pris un développement effrayant. Dans le tome XII de sa grande Histoire du Consulat et de l'Empire Thiers écrit : «Il se formait spontanément des troupes irrégulières que personne n'avait créées, ne songeait à nourrir ni à diriger ; qui, sorties pour ainsi dire du sol, conduites par l'instinct, agissant d’après les circonstances du moment, ne manquaient de rien parce qu'elles se nourrissaient elles-mêmes de leurs propres mains, réduisaient au contraire les Français à manquer de tout, paraissaient à l’improviste là où on les attendait le moins, se dispersaient si l’ennemi était en force, reparaissaient si elles le trouvaient disséminé pour la garde des postes ou l’escorte des convois ; renonçaient à le vaincre en masse, mais le