THÉORIES
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ce somnambule, dont les yeux étaient hermétiquement bouchés, se laissait rapidement entraîner... ou bien, obéissant à notre nouvelle intention, demeurait tout à coup si bien cloué sur le parquet que, courbé horizontalement et ne reposant plus que sur Textrémité de la pointe des pieds, tous nos eflbrts (et nous étions quatre) ne le faisaient plus avancer d'une seule ligne . « Vous attèleriez dessus six chevaux, nous disait le magnétiseur, que vous ne le feriez pas bouger davautage... »
Allan Kardec rapporte, dans le Lwre des ]\[édiiuns, qu’il a vu plusieurs fois des personnes faibles et délicates soulever avec deux doigts, sans effort et comme une plume, un homme fort et robuste avec le siège sur lequel il était assis ; cette faculté étant du reste intermittente chez les sujets. Il y aurait là un phénomène d’un autre ordre qu on peut rapprocher de l’expérience suivante rapportée par le célèbre physicien David Brewster, membre de la Société royale de Londres, dans une de ses Lettres à Walter Scott sur la Magie naturelle.
La personne la plus lourde de la société se couche sur deux chaises de telle façon que le bas de ses cuisses repose sur Tune et les épaules sur l’autre. Quatre personnes, une à chaque pied et à chaque épaule, cherchent à la soulever et constatent d’abord que la chose est très diflîcile. Quant elles entrepris, toutes les cinq, leurs positions primitives, la personne couchée donne deux signaux en frappant deux
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fois dans les iiiains Tune contre l’autre ; au premier signal, elle et les autres aspirent forlcment; dès que les pounions sont pleins d’air, elle donne le second signal pour l’élévation qui se fait sans la moindre dilliculté, comme si la personne soulevée était aussi légère qu’une plume.
J'ai eu plusieurs fois l’occasion de remarquer que, lorsqu’une des personnes qui soulevaient n’aspirait pas en même temps que les autres, la partie du corps qu’elle s’eflbi'çait de soulever restait audessous des autres.
Bien des personnes ont joué successivement le rôle de porteur ou de porté; elles ont toutes été convaincues que, par le procédé que je viens de décrire, ou bien le poids du fardeau était amoindri, ou bien la force des porteurs était augmentée.
A Venise, la même expérience fut répétée dans des conditions encore plus étonnantes. L’homme le plus lourd de la société fut élevé et porté a l’extrémité de l’index de six personnes. Le major H... déclare que l’expérience manque qimnd la personne à élever est couchée sur une planche, et que l’elfort des autres personnes s’exerce sur la planche. Il considère comme essentiel que les porteurs se trouvent en contact immédiat avec le corps humain a élever. L’occasion m’a manqué pour vérifier ce fait par moi-même.
Il est fort probable que le phénomène est très eomplexe (i) et qu’il n’est pas toujours clii aux
(1) Dans une des dernières séances qui ont eu lieu avec Eusapia à Ghoisy-Yvrac, près de Bordeaux, chez M. Maxwell, j’étais assis à la droite du médium dont on tenait les
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mômes causes ; aussi, n’cst-il point sans interet, dans une question encore si obscure, de rappeler ici d’autres laits ayant quelque ressemblance avec lui et qui sont évidemment dus à rélectricité.
B. — Phénomènes de répulsion produits par les courants alternatifs
(Extrait de la Physique Populaire de Desbeaux, p. 5G et s.)
Le prolesseur Elihu Thomson, de Lynn (Etat de Massachussets), a observé, en 1884, à Flnstitut de Washington, qu’un électro-aimant, excité par un courant alternatif et périodique^ repoussait un aimant, un disque de cuivre, un tube, etc., convenablement placés dans son champ.
Ces expériences ont fort intrigué les visiteurs de l’Exposition de 1889, peu habitués, pour la plupart, aux actions à distance, c’est-à-dire s’exerçant sans intermédiaire visible. L’échaulTement intense des objets repoussés était également pour eux une cause d’étonnement.
deux mains. Je sentis une main se glisser sous mon aisselle droite et, obéissant à cette indication, je-me dressai sur mes pieds. Aussitôt, ma chaise remonta le long de mon dos et vint me coitler de telle sorte que j'avais la tête entre ses quatre pieds. Eusapia prétendit qu’elle avait voulu m’enlever avec ma chaise et me porter sur la table, mais que je m’étais levé trop vite.
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L’électro-aimant employé n’était pas dilFérent de ceux que nous avons décrits. Il était placé verticalement sur un pied ; son noyau était formé par un gros faisceau de fils de fer isolés les uns des autres. Le fil de cuivre enroulé autour de ce noyau était très long ; ses extrémités aboutissaient aux deux bornes du pied reliées, d’autre part, aux extrémités du circuit extérieur, amenant le courant d’une puissante dynamo à effets alternatifs. Un tube de carton enfilé sur rélectro en cachait le fil.
Les choses étant ainsi préparées, si on abandonne à lui-meme un anneau entourant Télectro, il est violemment lancé en l’air.
G. — Transport^ par laJoiidre, ^ d'objets inanimés
(Extraits de la notice sur (Ze Tonnerre^ par F. Arago, p. 124 et s.)
C’est une propriété de la foudre bien digne d’être étudiée, que celle en vertu de la((uelle le météore transporte quelquefois au loin des masses d’un grand poids. Je vais citer ici quelques exemples de ces transports.
Dans la nuit du i 4 au i 5 avril 1718, un coup de foudre fit sauter le toit et les murailles de l’église de Gouesnon, près de Brest, comme aurait fait une mine. Des pierres avaient été lancées dans tous les sens, jusqu’à la distance de 5 i mètres.
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Le coup de foudre qui frappa le château de Glermont-en-Beauvaisis, fit un trou de 65 centimètres de large et de 6o centimètres de profondeur, dans un mur, dont la construction, suivant la tradition générale, remontait au temps de César et qui, en tous cas, était si dur, que le pic l’entamait à peine. Les éclats provenant de ce trou se trouvèrent dispersés, en divers sens, à plus de i6 mètres de distance.
Pendant la nuit du 21 au 22 juin 1723, la foudre brisa un arbre dans la forêt de Nemours. Les deux fragments de la souche avaient, fun 5 et l’autre 7 mètres de long. Quatre hommes n’auraient pas soulevé le premier : la foudre le jeta, cependant, à i 5 mètres de distance. Le second était à 5 mètres de la première place, mais dans une direction opposée au premier fragment ; son poids surpassait celui que huit hommes parviendraient à remuer.
En janvier 1762, la foudre tomba sur le clocher de l’église de Bréâg dans le Cornouailles. La tourelle (pinacle) en maçonnerie de sud-ouest fut brisée en cent morceaux et totalement démolie.
Une pierre, du poids d’un quintal et demi, avait été jetée de dessus le toit deTéglise, dans la' direction du sud, â la distance de 55 mètres (sixty yards).
On trouva une autre pierre à 894 mètres ( 4 oo yards) du clocher, mais celle-ci vers le nord ; une troisième était au sud-ouest.
A Funzie, in Feltar (Ecosse), vers le milieu du dernier siècle, une roche de micaschiste, de 82 mètres de long, de 3 mètres de large et, sur quelques parties, de i m. 20 d'épaisseur, fut arrachée en un instant, par un coup de foudre, et brisée en trois grands fragments, sans compter les petits. Un de ces
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premiers fragments de 7 m. 90 de long, de 3 mètres de large et de i 111. 20 d’épaisseur, avait été simplement renversé sur lui-même ; le second de 8 m. 5o de long, de 2 m. 10 de large et de i m. 5 o d’épaisseur, lancé par-dessus un tertre, alla tomber à la distance de 4 ^ mètres. Un autre fragment, d’environ 12 mètres de long, fut projeté dans la même direction avec plus de force encore, et se perdit dans la mer. {Extrait par M. llibbert dès manuscrits du R. George Low, cité par M. Lyell dans le çoliime de ses Principes de Géologie.)
Le G août 1809, à Swinton, distant d’environ 8 kilomètres de Manchester, la foudre produisit, sur une partie de la maison de M. Cliadwick, des effets mécaniques remarquables, que nous allons décrire, sans nous occuper, pour le moment, de leur explication.
Un petit bâtiment en briques, servant â emmagasiner du charbon de terre, et terminé, dans sa partie supérieure, par une citerne, était adossé à la maison de M. Ghadwick. Les murs avaient o m. 90 d’épaisseur, et s’élevaient de 3 m. 3 o. Leurs fondations descendaient à 3 o centimètres environ audessous du sol.
Le G août, à deux heures après-midi, après des décharges répétées d’un tonnerre éloigné, et qui semblait s’approcher, une explosion épouvantable se lit entendre. Elle fut immédiatement suivie de torrents de pluie. Pendant quelques minutes, une vapeur sulfureuse entoura la maison.
Le mur extérieur du petit bâtiment, cave et citerne, fut arraché de ses fondations et soulevé en masse ; l’explosion le porta verticalement, et sans
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le renverser, à quelque distance de la place qu’il occupait d’abord. L’une de ses extrémités avait marché de 2 m. 70 ; l’autre de i 111. üo.
Le mur ainsi soulevé et transporté se composait, sans compter le mortier, de 7,000 briques et pouvait peser environ 26,000 kilogrammes.
Au moment du phénomène, la cave renfermait une tonne de charbon, et la citerne une certaine quantité d’eau (d/e'm. de Manchester, t. II, 2^ série).
M. Liais rapporte que, pendant l’orage qui éclata à Cherbourg dans la nuit du 11 au 12 juillet i 852 , la foudre tomba sur le mât de misaine du navire le Patriote, qui se trouvait dans le port. Le mât foudroyé a été fendu sur une longueur de 26 mètres entre l’extrémité du mât et la hune ; plusieurs fragments ont été lancés à une grande distance. La force de projection a été telle qu’un morceau long de 2 mètres, ayant 20 centimètres d’équarrissage par le bout le plus épais, terminé en pointe par l’autre extrémité, est venu, ii 80 mètres environ de distance, enfoncer la cloison en chêne du bâtiment de la tôlerie, cloison épaisse de 3 centimètres. Cet éclat est entré par le bout le plus gros, s’est enfoncé de près de moitié de longueur dans la cloison : un nœud Fa arrêté.
D. — Transport par la foudre de personnes vivantes
(Extraits de la Foudre, de ses formes et de ses effets,
par le D'* F. Sestier. — Paris 1866, tome II, p. 87.)
La foudre qui transmet au loin les corps inertes,
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exerce aussi sur riionime et sur les animaux des ellets de translation.
Au moment où le navire la Félicité fut foudroyé près de Boue, le second vit passer devant lui le mousse emporté avec J a rapidité de l’éclair, de l’arrière ù l’avant du navire où il tomba.
Le 8 juillet 1889, à 3 heures du matin, la foudre atteignit un chêne près de Boiremont, aux environs de Triel (Seine-et-Oise) et frappa deux ouvriers carriers réfugiés sous cet arbre. Le plus jeune, Athanase Pion, âgé de 22 ans, fut tué sur place ; il portait des traces de brfüure depuis l’épaule droite, jusqu’au pied du même côté, ses vêtements de coton tombaient en charpie. Son père, frappé du même coup, portait aussi des traces de la foudre, du front et de l’épaule gauche au pied gauche, dont le soulier fut percé d’un trou. Au même instant, il fut soulevé et transporté à 23 mètres de distance dans une touiïe de châtaigniers, d’où on le retira ù demi-mort: ce malheureux ouvrier resta estropié.
Quelquefois les foudroyés sont soulevés perpendiculairement et retombent ensuite à la même place; les docteurs Raymont et Tallibart en citent plusieurs exemples.
Le docteur Girault en rapporte un autre exemple.
Un cas plus ordinaire est celui où des personnes sont soulevées, lancées ou transportées à des distances variables.
Fort-Liceti rapporte que la foudre étant tombée pendant le service sur une église a Carpentras, un enfant fut enlevé des bras de sa mère et projeté à trois pas de distance.
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Un fait semblable a été relaté par le D"* Trencalye ; \u\ autre a été observé clans l’église Saint- Martin, à Dijon...
Un employé cl’iin poste de télégraphie électrique aurait reçu une si violente commotion qu’il aurait été enlevé de sa chaise et lancé avec force à travers un vasistas, dans un jardin voisin.
Trois hommes se trouvaient dans un cellier oii pénétra la foudre : l’un fut poussé en avant et jeté par terre oii il resta comme mort ; les [deux autres furent lancés dans des directions opposées, l’un contre la muraille, l’autre contre une cloison en planches (Lathrop).
La distance à laquelle est transporté le foudroyé est parfois assez grande (i)... Un bûcheron frappé par la foudre fut lancé à une distance de 20 pieds (Gœster).
Howard, Lathrop, BuissarL Hubert, Lozeran et Beyer citent des cas analogues.
Le suivant, rapporté par Sage, est assez intéressant.
Le 23 juin 1773, près de Chantilly, le chirurgien Brillonet fut surpris par un orage, accompagné de grêle et de vents impétueux. H descendiCde cheval et chercha un abri sous un arbre où s’était déjà réfugié un cultivateur ; afin d’opposer plus de résistance au vent ils se serrèrent l’un contre l’autre en embrassant l’arbre. Mais la foudre, en tombant sur eux, les sépara ; le cultivateur fut jeté à 6 pieds de l’arbre.
(1) On a vu des enfants h la mamelle enlevés des bras de leurs mères, transportés et déposés sans lésions, à plusieurs pas de distance, les mères ayant été tuées ou blessées par le météore [Id., tome I, p. 212).
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vers 1 orient et le clieval ii rocciclent dans un fossé qui était à la meme distance. Brillonet fut enlevé et transporté à 26 pas dans la direction du fossé en dessinant une parabole ; des bateliers Taperçurent de loin dans Fair comme une masse noire.
Pas plus (|iie nous n’expliquons la lévitation, nous ne saurions expliquer actuellement les effets de la foudre ainsi que beaucoup d’autres qui se rapprochent également des plicnomènes observés dans les séances médianimiques comme les boules de leu et les projections de caractères ou de dessins.
Quels que soient les rapports qu’ils peuvent avoir entre eux, ils doivent être envisagés d’un même œil par le pliysicien.
N’esbee point l’illustre William Thomson, aujourd’hui lord Kelvin qui, en 1871, dans son discours d’inauguration de la session à Edimbourg de l’Association britannique pour l’avaiicement des sciences, prononçait ces nobles paroles :
La Science est tenue, par Vélernelle loi de l honneur à regarder en fore et sans crainte tout problème qui peut franchement se présenter à elle, —