CAS EMPRUNTÉS A L’ORIENT
Philostrate (i) dit, eu parlant des sages de l’Inde : « Damis les a vus s’élever en l'air, à la hauteur de deux coudées, non pour étonner (car ils se défendent de ce genre de prétention), niais parce fine, selon eux, tout ce cpi ils lonl en l’honneur du soleil, à quelque distance de la terre, est plus digne de ce Dieu ».
La propriété de rester suspendu en l’air était un des caractères distinctifs des dieux et des héros ascètes. Dans la charmante Histoire de Nala, traduite par ICni. Burnouf, la belle Damayanti, recherchée en mariage par trois dieux en même temps cjue par le roi Nala, se trouve subitement en présence de quatre Nalas indiscernables; fort embarrassée, elle adjure les dieux de reprendre leur forme divine, et c’estalors que Damayanti les voit avec leurs attributs et ne touchant pas le sol.
On trouve, dans l’introduction à ïHistoire (2)
(1) Vie d'Apollonius de TijanCy 1. III, cb. xv.
(2) E. Burnouf, 1884, t. Ps p. 183. Voyez aussi p. 250, 312 et suiv.
du Bouddhisme indien , le récit siiivanl :
Alors Bhagavat entra dans une méditation telle qii’aussitôt que son esprit s‘y lut livré, il disparut de la place où il était assis et que, s’élançant dans l’air du coté de l'Occident, il y parut dans les (piatrc attitudes de la décence, c'est-à-dire qu’il marcha, qu'il se tint debout, qu’il s’assit, qu’il se coucha. H atteignit ensuite la région de la lumière... Ce qu’il avait fait à l'Occident, il l’opéra également au midi : il le répéta dans les quatre points de l’espace, et quand, par ces quatre miracles, il eut témoigné de sa puissance surnaturelle, il revint s’asseoir sur son siège.
Les anecdotes de ce genre sont assez nonibreuses dans les livres sacrés de l’Inde, mais elles s’y présentent généralement sous une forme mystique, qui permettrait à l’esprit de se méprendre sur le véritable caractère du phénomène, si des faits contemporains ne venaient en préciser la nature.
M. Louis Jacolliol rapporte le suivant dont il a été témoifi (i). L'acteur était un fakir nommé Govindassamy, qui venait de Trivanderam, jirès du cap Comorin à l’extrémité sud de rindoustan, et était seulement de passage à Bénarès ; il avait été chargé d’y ap[)ortcr les restes funèbres d’un riche Malabare et bal)itait provisoirement une
(1) Voungc au pays des Fakirs charmeurs, p. 61.