‹ La LévitationChapitre 6 sur 11 · C. — Les Lévitations de Home · texte numérisé non relu

C. — Les Lévitations de Home

Ces lévitations ont été constatées par un très grand nombre de témoins et notamment par M. Crookes qui donne à leur sujet les détails suivants dans ses Recherches sur le spiritua- Usine.

Ces faits se sont produits quatre fois en ma présence dans l’obscurité. Le contrôle sous lequel ils

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curent lieu fut tout à lait satisfaisant, autant du moins qu'on en peut juger ; mais la démonstration par les yeux d'un pareil fait est si nécessaire pour détruire nos idées préconçues siu^ ce qui est natiirelleiiiciitpossible et sur ce qui ne Vest pcis^ que je ne mentionnerai ici que les cas où les déductions de la raison furent confirmées par le sens de la vue.

En une occasion, je vis une chaise sur laquelle une dame était assise, s'élever à plusieurs pouces du sol. Une autre fois, pour écarter tout soupçon que cet enlèvement était produit par elle, cette dame s'agenouilla sur sa chaise, de telle façon que les quatre pieds en étaient visibles pour nous, alors elle s’éleva à environ trois pouces, demeura suS' pendue pendant dix secondes à peu près et ensuite descendit lentement. Une autre fois encore, deux enfants, en deux occasions dillérentes, s’élevèrent du sol avec leurs chaises, en plein jour et dans les conditions les plus satisfaisantes pour moi, car j’étais à genoux et je ne perdais de vue les pieds de la chaise, remarquant bien (jue personne ne pouvait y toucher.

Les cas d’enlèvements les plus frappants dont j’ai été témoin ont eu lieu avec M. Home. En trois circonstances dillérentes, je l'ai vu s’élever complètement au-dessus du plancher de la chambre. La première fois, il était assis sur une chaise longue ; la seconde, il était à genoux sur sa chaise, et la troisième, il était debout. A chaque occasion, j’eus toute la latitude possible d’observer le fait au moment où il se produisait.

il y a au moins cent cas bien constatés de l’enlèvement de M. Home ipii se sont produits en pré-

scnce de beaucoup de personnes différentes ; et j’ai entendu de la bouche même de trois témoins, le comte de Dimraven, lord Lindsay et le capitaine C. Wynne, le récit des faits de ce genre les plus frappants, accompagné des moindres détails de ce qui se passa. Rejeter l’évidence de ces manifestations équivaut à rejeter tout témoignage humain, quel qu’il soit, car il n’est pas de fait, dans l’histoire sacrée ou dans l’histoire profane, qui s’appuie sur des preuves plus imposantes.

L’accumulation des témoignages qui établissent les enlèvements de M. Home est énorme. Il serait bien à souhaiter que quelqu’un, dont le témoignage soit reconnu comme concluant par le monde scientifique (si toutefois il existe une personne dont le témoignage en faveur de pareils phénomènes puisse être admis), voulût sérieusement et patiemment étudier ce genre de faits. Beaucoup de témoins oculaires de ces enlèvements vivent encore et ne refuseraient certainement pas d’en donner le témoignage.

Les meilleurs cas de lévitation de Home eurent lieu chez moi. Une fois, entre autres, il se plaça dans la partie la plus visible de la salle, et après une minute, il dit qu’il se sentait enlever. Je le vis s’élever lentement, d’un mouvement continu ^t oblique, et rester pendant quelques secondes, environ à six pouces du sol ; ensuite, il redescendit, lentement. Aucun des assistants n’avait bougé de sa place. Le pouvoir de s’enlever ne s’est presque jamais communiqué aux voisins du médium; cependant une fois ma femme fut enlevée avec sa chaise, sur laquelle est était assise.

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Crookes écrivait à Home, le 12 avril 1871 :

Ne vous gênez pas pour me citer comme un de vos plus fermes adhérents. Une demi-douzaine de séances dans le genre de celles de hier soir, avec quelques hommes de sciences bien qualifiés, sufliraient pour faire admettre scientifiquement ces vérités, qui deviendraient alors aussi incontestables que les faits de Vélectricité.

Le récit détaillé de la lévitation qui eut lieu le 16 décembre i8()8, à Londres, dans une séance obscure, en présence de lord Lindsay, de lord Adare et du capitaine Wynne, a été rédigé par lord Lindsay pour la Société dialectique dans les termes^ suivants :

Home, qui était entransé depuis un certain temps, après s’être promené par la chambre, se dirigea vers la salle voisine. A. ce moment, une communication vint m’eflrayer.

J’entendis une voix murmurer à mon oreille :

— Il va sortir par une fenêtre et rentrer par l’autre. — Tout ahuri ii la pensée d’une expérience aussi dangereuse, je fis part à mes amis de ce que je venais d’entendre, et ce ne fut pas sans anxiété que nous attendions son retour. Nous entendons alors la fenêtre de l’autre chambre se soulever et, presqu’immédiatement, nous voyons Home flotter en Vair et dehors de notre fenêtre. La lune donnait en plein dans la chambre et, comme je tournais le dos à la lumière, l'appui de la fenêtre faisait ombre contre la paroi en face de moi, et je vis les pieds de Home

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qui vinrent se projeter au-dessus k une distance d’environ six pouces. Après être resté dans celte position pendant quelques secondes, il souleva la fenêtre, glissa dans la chambre, les pieds en avant, et vint s’asseoir. Lord Adare passa alors dans l’autre pièce et, remarquant que la lenetre par laquelle il venait de sortir était entr’ouverte k dix-huit pouces seulement de hauteur, il exprima sa surprise de ce que Home eût pu passer par cette ouverture. Le médium, toujours entransé, répondit : — Je vais vous montrer. — Tournant alors le dos k la fenêtre, il se pencha en arrière et fut projeté dehors, la tête la première, le corps entièrement rigide, puis revint k sa place. La fenêtre est k soixante-dix pouces du soi ; les deux fenêtres sont éloignées l’une de l’autre de sept pieds six pouces environ et n’ont chacune qu’une saillie d’une douzaine de pouces servant k recevoir des vases.

J'ajouterai encore ici (|iielques témoignages récemment publiés :

Home fut enlevé de sa chaise et je lui pris les pieds pendant qu’il llottait au-dessus de nos têtes.

{Lettre du comte Tolstoï à sa femme, i^ juin 1866 •)

Puis M. Home annonce qu’il se sent, lui-même, soulevé : son corps prend la position hoidzontale et il est transporté, les bras croisés sur la poitrine, jusqu’au milieu de Ta salle ; après y être resté quatre ou cinq minutes, il est ramené k sa place, transporté de la même manière.

{Procès-i>erbal rédigé par le D 'Karpoçitch d une séance tenue à Saint-Pétersbourg, chez la baronne

CAS COM’KMPOUAINS KX OGÇIDENÏ

Taanhij en présence du général Philosophojf et de la princesse Ilaçanschky.)

Le môme soir, Home s’élant mis au piano commença à jouer ; comme il nous avait engagés à nous approcher, j’allais me placer auprès de lui ; j’avais une de mes mains sur sa chaise et l’autre sur le piano ; pendant qu’il jouait, sa chaise et le piano s'élevèrent à une hauteur de trois pouces^ puis se remirent en place.

{Attestation de lord Crawford, depuis lord Lind~ say\ en i 86 y.)

Un célèl)re médecin anglais, le D** Hawksley, qui soignait, en iHfe, la première remme de Home, rapporte qu’un jour Home liL en sa présence, monter un visiteur qui désirait voir qucl- (jue phénomène, sur une Ibrte et lourde table « (pii s’éleva immédiatement, avec sa charge, à huit pouces au moins de hauteur. » LeD^'Hawksley se baissa et passa aisément la main entre les roulettes et le tapis ; puis, cet exercice terminé, la table redescendit et le monsieur quitta son poste.

Voici comment Dunglas Home décrit luiméme scs impressions (i).

Durant ces élévations ou lévitations, je n’éprouve rien de particulier en moi, excepté cette sensation ordinaire dont je renvoie la cause à une grande

(1) Hévclalions sur ma vie surnaluvclic. Paris, 1864, p. 52-53.

abondance d’électricité dans mes pieds ; je ne sens aucune main me supporter, et, depuis ma première ascension citée plus haut (i), je n’ai plus éprouvé de craintes, quoique, si je fusse tombé de certains plafonds où j’avais été élevé, je n’eusse pu éviter les blessures sérieuses.

Je suis en général soulevé perpendiculairement, mes bras raides et relevés par-dessus ma tête, comme s’ils voulaient saisir l’être invisible qui me lève doucement du sol. Quand j’atteins le plafond, mes pieds sont amenés au niveau de ma tête et je me trouve comme dans une position de repos. J’ai demeuré souvent ainsi suspendu pendant quatre ou cinq minutes ; on en trouvera un exemple dans un compte rendu de séances qui eurent lieu, en 1867, dans un château près de Bordeaux. Une seule fois mon ascension se fit en plein jour ; c’était en Amérique. J’ai été soulevé dans un appartement à Londres, Stoane Street, où brillaient quatre becs de gaz et en présence de cinq Messieurs qui sont prêts ù témoigner de ce qu’ils ont vu, sans compter une

(1) Elle eut lieu en Amérique, pays de D. Home, dans l’obscurité, à la fin de la soirée du 8 août 1852 (Home avait alors dix-neuf ans), où s’étaient produits des mouvements de tables et autres manifestations spirites ; voici comment la raconte un des témoins : « Tout à coup, à la grande surprise de rassemblée, M. Home fut enlevé en l’air î J’avais alors sa main dans la mienne, et je sentis, ainsi que d’autres, ses pieds suspendus à douze pouces du sol. Il tressaillait de la tête aux pieds, en proie évidemment aux émotions contraires de joie et de crainte qui étoutfaient sa voix. Deux fois encore son pied quitta le parquet ; à la dernière^ il atteignit le haut plafond de rappartement, où sa main et sa tête allèrent frapper doucement. » (Révél.y p. 52.) -

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tbiile de ténioigriages que je peux ensuite produire. En quelques occasions la rigidité de mes bras se relâche et j’ai fait avec un crayon des lettres et des signes sur le plafond, qui existent encore^ pour la plupart à Londres.

Home attribuait les lévitations et la plupart des autres phénomènes qu'il produisait, à des êtres intelligents et invisibles qui s’emparaient de sa force nerveuse pour se manifester. Telle était aussi l’opinion du D*" HaAvksley qui s’exprimait ainsi dans un rapport demandé par une société savante de Londres :

En consentant à faire ce rapport, je me suis réservé la latitude d’exprimer mon opinion sur la cause de ces phénomènes ; ce n’est pas celle qui a cours généralement. Après un sérieux examen, j’en suis venu à la conclusion que ces manifestations étaient provoquées par un esprit intelligent, qui s’emparait du corps de mon ami et pouvait le quitter pour opérer, à distance, certains actes, jouer d’un instrument, par exemple, soulever et projeter des objets matériels, lire dans la pensée ou répondre d’une manière intelligente par des rops, aux questions qui lui étaient posées. Les cas de possessions dont il est parlé dans les Ecritures donnent lieu de croire que ces phénomènes sont identiques a ceux qui se passaient du temps du Sauveur ; ces possessions, suivant l’Evangile, ne prouvaient pas qu’elles fussent, ni une preuve de la culpabilité de ceux qui en étaient victimes, ni une punition ; il fallait plutôt

()G L\ LKVlTAïlON

y voir une épreuve ou un malheur, qui doit avoir sa raison d’ètre, mais nous est resté jusqu’ici tout à fait incompréhensible. En ce qui concerne Home, quoique je sois porté ii eroire qu’il était possédé, ee que j’ai connu de sa vie et de ses qualités me laisse absolument convaincu de sa véracité, de son honnêteté, de sa bienveillance et de la noblesse de son caractère.

(Gardy, Le médium D. D. Home, p. 142.)

D. — Les léntations de M. SLainton Moses,

]\I. Stainton Moses (i) a également décrit les impressions qu’il a éprouvées dans le premier des cas de lévitations dont il fut le sujet, au cours des séances tenues avec quelques amis.

Un jour (le 3o juin i8;o)... je sentis ma chaise éloignée de la table et tournée dans le coin où j’étais

(l) M. William Stainton Moses, né dans le Lincolnshire, le 5 novembre 1839 et mort le 5 septembre 1892, est un clergyman qui professa à VUniversity Collège School de Cambridge. Il était allé étudier pendant six mois la théologie dans un monastère du Mont-Athos. A partir de'1870, il îïit Tobjet de phénomènes extraordinaires dont un résumé, fait parM. Fr. Myers, membre de la Société des Recherches psychiques de Londres, vient d’être publié dans les Annales des sciences 'psychiques. M. Myers fut pendant 17 ans son ami intime et il rond le témoignage le plus éclatant à son honorabilité. M. Moses a publié la plupart de ses livres sous le pseudonyme d'O.ron, qui signifie agrégé de füniversité, d’Oxford.

. CAS CONTKMPOnAIXS EX OCClDEiXT G'J

assis, de sorte que je tournais le dos au cercle et faisais face à Tangle du mur. Ensuite, la chaise fut élevée de terre à une hauteur qui, d’après ce que j’ai pu juger, devait être de 3 o à 4 o centimètres. Mes pieds touchaient la plinthe qui pouvait avoir 3 o centimètres de haut. La chaise resta suspendue quelques instants et alors je me sentis la quitter et monter toujours plus haut, toujours plus haut, dans un mouvement très doux et très lent. Je n’avais aucune appréhension et je ne me sentais pas mal à l’aise. J'avais parfaitement conscience de ce qui se passait et décrivais la marche du phénomène k ceux qui se trouvaient assis à la table. Le mouvement était très régulier et il nous parut assez long avant d’être complet. J’étais tout près du mur, si près même que j’ai pu, avec xin crayon solidement posé contre ma poitrine, marquer le coin opposé sur le papier du mur. Cette marque, mesurée après, se trouvait k un peu plus de i'"8o du parquet, et, d’après ma position, ma tête devait être dans l’angle de la chambre, k peu de distance du plafond. Je ne pense pas avoir été le moins du monde endormi. Mon esprit était parfaitement net et je me rendais parfaitement compte de ce curieux phénomène. Je n’ai senti sur le corps aucune pression, j’avais la sensation d’être dans un ascenseur et de voir les objets passer loin de moi. Je me rappelle seulement une légère diiïiculté k respirer, avec une sensation d’avoir la poitrine remplie et d’être plus léger que l’atmosphère. Je fus descendu très doucement et placé sur la chaise qui avait repris son ancienne position. Les mesures furent immédiatement prises, et les marcpies que j’avais faites au crayon, enregis-

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Irées. Ma voix, iii’a-t-on dit, résonnait comme si elle venait de l’angle du plafond.

Cette expérience fut répétée neuf fois avec plus ou moins de succès.

E. — ObseivaUons de Donald Mac-Nab.

Donald Mac-Nab, ingénieur des arts et manufactures, aussi remarcjuable par la droiture de son cœur (jiie par l’élévation de son esprit et que la mort a enlevé prématurément à la science, a fait une série d’expériences avec deux de ses amis^ jM. F..., compositeur de musique, et M. C..., sculpteur, dont plusieurs œuvres ont été admises au Salon des Champs-Elysées.

jMac-Nab publia, en 1888, le résultat de ces expériences dans le Lotus rouge, dirigé alors par ]M. Gaboriau. Voici cc qui a trait aux lévilafions.

Le médium M. F... est fréquemment enlevé en l’air pendant les séances; mais cela arrive plus souvent à un de mes amis, M. C..., sculpteur, qui est aussi médium. Une fois, celui-ci nous dit qu'il était enlevé avec sa chaise. Nous entendions en effet le son de sa voix qui changeait de place. Notez qu'il avait de gros souliers et qu’on n'entendait pas le moindre bruit de pas ; enfin ayant allumé, il se trouva assis sur sa chaise et celle-ci sur le lit. Une autre fois, ayant maladroitement allumé pendant qu'il était

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lévité sur le tabouret du piano, il tomba lourdement d’une hauteur de 5o à 6o centimètres; si lourdement que le pied du meuble fut cassé. Trois ingénieurs, MM. Labro, Th..., et M... en furent témoins.

11 me semblait important d’avoir des preuves plus palpables de cette lévitation et voici ce que j’imaginai. J’étendis par terre lin carré d’une étoile très peu solide qu’on appelle andrinople; c’est une espèce de calicot teint en rouge. Au milieu nous mîmes une chaise et nous fîmes asseoir M. C... dessus. L’autre médium, M. L.., n’était pas là. Nous tînmes cliacun un coin de rétolfc et, comme nous étions cinq, un des coins était tenu par deux personnes. J’éteignis, et presque aussitôt nous sentîmes la chaise s’enlever, rester quelque temps en l’air, puis redescendre doucement. L’étolfe n'était pas niênic tendue et au moindre ellbrt elle aurait été déchirée. Cette expérience remplissait M. G... de frayeur. Les personnes présentes étaient M. R.., M. G... deux dames et moi.

Je ne crois pas qu’on puisse rien objecter à cette expérience de la lévitation du médium , constatée au moyen d'une étofic tendue sous la chaise. 11 était déjà installé sur sa chaise quand nous avons éteint; le soulèvement a eu lieu presque immédiatement : nous étions cinq autour de lui et il lui était impossible de descendre puis de remonter sans que nous nous en apercevions.

La lévitation n’est pas une force nécessairement verticale, comme beaucoup de personnes le croient. Par exemple, en présence de M. de Rochas, se produisit le fait suivant que j'observe à presque toutes les séances :

M. C... était assis à côté de moi, contre la fe-

LA LKVITATION

nôtre, dans l’obscurité; tout d’un coup il fut enlève et posé contre le pia.no, avec sa chaise, tout près de M. Gaboriau (i). Cela se fit si rapidement, que nous entendîmes presque simultanément le bruit que fit la chaise en s’enlevant, et celui qu’elle fit en se posant ; et, pendant le transport, elle avait tourné de i8o% car M. G... avait le dos tourné contre le piano, tandis qu’un instant auparavant il l’avait contre la fenêtre..

Dans une séance M. Montorgueil, et dans une autre M. de Rochas , passèrent leur main sous les pieds du médium pendant son ascension, et purent s’assurer qu’il n’employait aucun des procédés ordinaires de la gymnastique.

F. — Observations de M. Z?..., ancièn élhe de VEcole polytechnique.

Dans le courant de raniiéc 1887, un de mes amis, ancien élève de l’École polytechnique, qui occupe une situation scientifique élevée, s’a-

(1) M. Gaboriau dit à ce propos dans une note : — « M. Mac- Nab ayant allumé brusquement, comme toujours, j’ai vu le médium qui était très essoufflé et en sueur, comme s’il venait de monter un fardeau; il fut quelque temps à se remettre. Autant que je me le rappelle, il a dû passer pardessus la table pour venir tomber à côté de moi, sur ma chaise. Je me rappelle parfaitement l’air ému et effrayé de M. G..., et je suis persuadé qu’il avait passé sur la table avec sa chaise, car, la chambre où nous étions étant fort petite, nous la remplissions presque complètement avec la table et nos sièges disposés tout autour; il n’aurait pu passer derrière nous sans nous frôler, surtout dans l’obscurité. »

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perçut, par hasard, qii’uii membre de sa famille présentait des facultés médianimiques. Il en étudia les diverses manifestations, et voici ce qu’il m’a écrit au sujet des phénomènes de lévitation.

Ces phéiioiuènes doivent être comptés parmi les plus intéressants de tous ceux dont nous fûmes témoins. Des tables pesantes, par une simple imposition de la main du médium, s’enlevaient des quatre pieds à une assez grande hauteur, et ne pouvaient être que dillicilement replacées sur le parquet, malgré nos elforts réunis.

Un soir, nous étions assis dans la chambre du médium, alors obscure, autour d’une petite table placée devant la cheminée ; sur le parquet, à l’im des angles de cette cheminée, reposaient deux obus vides ; l'im, du calibre de i6 centimètres, pesant 3o kilogrammes, et l’autre, plus petit, pesant 12 kilogrammes.

Après une série de coups frappés avec violence, j’entends des crépitations se produire sous la table, analogues à celles des étincelles d'une machine électrique, et, regardant à ma gauche, je vois le plus gros des deux obus entouré d’une vive lueur; je le sens s’élever en frôlant ma jambe, et je le vois se poser doucement sur la table. Le second obus, le plus petit, suivant le même chemin, vient presque aussitôt se placer auprès du premier.

Un instant après, nous entendons le médium s’écrier : « Je sens que je m’enlève. » Monté sur ma chaise, je suis son ascension jusqu’au plafond,

le long duquel il se trouve couché, et ma main peut parcourir son corps dans toute sa longueur, de la tête jusqu’aux pieds.

Il redescend lentement, en reprenant la position verticale, et se place debout sur la table où nous le trouvons après avoir augmenté la lumière du gaz ; les deux pieds exactement posés dans l’espace étroit qui sépare les deux obus.

Cette triple ascension, malgré rcHort considérable qu’elle suppose, s’est ellectuée sans aucun bruit, et le médium, quelqu’étrange que soit sa situation, n’en paraît ni surpris, ni eilrayé.

Le poids du médium pouvait être évalué, à l’époque de nos expériences, à 6o kilogrammes. En supposant de o“8o la hauteur de la table et de celle du plafond, le travail effectué par la force occulte pour produire les trois ascensions successives n’a pas été moindre de ( 3 o -f- 12) 0,8 60 X 3

2r4 kilogrammètres.

Dans deux autres séances distinctes , le médium lut également enlevé et couché contre le plafond de sa chambre, sans éprouver la sensation d’aucune poussée extérieure et sans pouvoir se rendre compte des raisons de son ascension.

G. — Lévitations d'Eiisapia Paladino.

Easapia Paladino est une femme de Naples, âgée aujourd’hui d’une quarantaine d’années et dont les propriétés médianimiques ont été étudiées par un grand nombre de savants à Naples,

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il Rome, à Milan, à Varsovie, à Caml)ridge et en France. J"ai réuni les diflérents rapports rédigés à la suite des expériences qui avaient été laites à ce moment-là dans un livre intitulé VExtérioriHatioji de la motricité, publié à Paris, chez Chamuel, en t8()5.

T** — IJxitations à Naples en iSSg. — M. le chevalier Chiaïa a adressé au Congrès spirite de 1889^ le récit d'expériences qu’il venait de faire à Naples avec ICusapia, en présence du professeur don ^lanuel Otéro Acèvédo de INIadrid et de M. Tassi de Pérouse.

Le médium était en trance et on avait baissé le gaz sur sa demande.

Au bout de peu d’instants, pendant lesquels on n’entendait que le grincement habituel des dents du médium qui était dans un état de léthargie, Eusapia, au lieu de causer comme toujours en très mauvais patois napolitain, commença à parler en pur italien, en priant les personnes assises à ses côtés de lui tenir les mains et les pieds. Puis, sans entendre le moindre frottement, ni aucun mouvement rapide de sa personne, ni même la plus légère ondulation de la table autour de laquelle nous nous trouvions, MM. Otéro et Tassi, les plus près du médium, s'aperçurent les premiers d'une ascension inattendue ; car ils se sentirent soulever tout doucement les bras; et, ne voulant jamais quitter les mains du médium, ils durent l’accompagner dans son ascension. Ce cas splendide de lévitation est d’autant plus

digue d’attention qu'il avait eu lieu sous la plus rigoureuse surveillance et avec une légèreté telle qu’on semblait soulever une plume. Ce qui surprit surtout ces messieurs, ce fut de sentir les deux pieds du médium posés sur la petite surface de la table (o*"8o sur o'"Go) déjà en partie couverte par les mains de quatre assistants, sans qii aucune de ces mains fut touchée^ quoiqu’on fiit dans l’obscurité la plus complète.

Bien qu’étourdis par un fait si extraordinaire et si imprévu, l’iin de nous demanda à John (i) s’il lui serait possible de soulever un peu le médium de dessus la table, à pieds joints, de manière à nous permettre de constater encore mieux le soulèvement. De suite, sans discuter la demande exigeante et malicieuse, Eusapia fut soulevée de dessus la table, de lo à i 5 centimètres; chacun de nous pût librement passer la main sous les pieds de la « magicienne » suspendue en l’air !

En vous racontant ceci, je ne sais quel sentiment est le plus fort en moi ; est-ce la satisfaction d’avoir obtenu un phénomène si magnifique, si merveilleux, ou bien est-ce le soupçon pénible d’étre pris pour visionnaire, même par mes plus intimes amis? — Heureusement nous étions quatre, y compris l’Espagnol, toujours soupçonneux, et deux demicroyants bien disposés à accepter l'évidence des faits.

Quand notre magicienne voulut descendre de la

(1) John est le nom d’une personnalité énigmatique et invisible, dont Eusapia se prétend possédée quand elle est en transe.

CAS CONTEMPORAINS EN OCCIDENT ^5

table, sans notre aide, avec une adresse non moins merveilleuse que celle employée pour monter, nous eûmes d’autres sujets d’étonnement. Nous trouvâmes le médium étendu, la tetc et une petite partie du dos appuyées sur le rebord de la table, le reste du corps, horizontalement, droit comme une barre et sans aucun autre appui à sa partie inférieure, tandis que la robe était adhérente aux jambes, comme si elle était liée ou cousue autour d’elle. Bien que produit dans l’obscurité, ce fait important fut (inutile de le répéter) surveillé scrupuleusement, avec le plus grand soin, par tous, et de manière à le rendre plus évidentque s’il eûteulieuen plein jour.

Du reste j’ai eu l’occasion d’être témoin d’une chose plus extraordinaire encore. Un soir, je vis le médium, étendu rigide dans l’état le plus complet de catalepsie, se tenir dans la position horizontale avec la tête seulement appuyée sur le rebord de la table, pendant cinq minutes à la lumière du gaz^ en présence des professeurs de Gintiis, D’’ Gapuano l’écrivain bien connu, M. Frédéric Yerdinois et autres personnages.

s'" — Léntations à Milan en i8g2. — Le rapport ofliciel des expériences de Milan, rédigé par INI. Aksakof, conseiller d’Etat de S. INI. TEinpereur de Paissie, est signé par : MM. Giovanni S cHiAPARELLi, directeur de l’Observatoire astronomique de Milan ; Carl du Prel, docteur en philosophie, de Munich ; Angelo Brofferio, professeur de philosophie ; Giuseppe Gérosa, professeur de pliysique à l’Ecole supérieure

crAgriculture de Portici ; Ermacora, docteur eu physique ; Giiarlel Richet, professeur à la Faculté de médecine de Paris; César Lomrroso, professeur à la Faculté de médecine de Turin.

Il constate, avec la lévitation, deux autres phénomènes qui lui sont connexes :

Variation de la pression exercée par tout le corps du inédiiun assis dans la balance. — L’expérience présentait beaucoup d’intérêt, mais aussi beaucoup de dillicultés, parce que l’on comprend que tout mouvement, volontaire ou non, du médium sur la plateiorme de la balance peut causer des oscillations de cette plateforme et, par suite, du levier. Pour que l’expérience fut concluante, il fallait que le levier, une fois dans sa nouvelle position, y restât ([uelqucs secondes pour permettre de mesurer le poids par le déplacement du contrepoids. On fit l’essai avec cette espérance. Le médium fut placé sur la balance, assis sur une chaise, et l’on trouva un poids de 6 a kilogrammes.

Après quelques oscillations, il se produisit un abaissement très prononcé du levier pendant plusieurs secondes, ce qui permet à M. Gérosa, placé près du levier, de peser le poids immédiatement ; il était de 52 kilog., ce qui indiquait une diminution de pression équivalente à lo kilog.

Sur le désir exprimé par nous d’obtenir le phénomène inverse, l'extrémité du levier ne tarda pas à s’élever en indiquant alors une augmentation de lo kilog. Cette expérience fut répétée plusieurs fois et dans cinq séances différentes : une fois, elle ne

CAS CONTEMPORAINS EN OCCIDENT

donna pas de résultats ; mais la dernière fois, un appai^eil enregistreur a permis cV obtenir deux coiu*~ bes du phénomène. Nous essayâmes de reproduire nous-mêmes de semblables dépressions, et nous ne pûmes y réussir qu’en nous tenant complètement debout sur la plateforme et appuyant alors, soit d’un côté, soit de l’autre, près du bord, avec des mouvements assez amples que nous n’avions jamais observés chez le médium et que n’aurait pas permis sa position sur sa chaise. Toutefois, reconnaissant que l’on ne pouvait déclarer l’expérience absolument satisfaisante, nous l’avons complétée par celle qui va être décrite plus loin.

Dans cette expérience delà balance, quelques-uns d’entre nous remarquèrent que son succès dépendait probablement du contact de la rolm du médium avec le plancher, sur lequel était directement placée la balance.

Cela fut vérifié par un observateur spécialement préposé à cet effet, le soir du 9 octobre. Le médium étant sur la balance, celui d’entre nous qui était chargé de surveiller ses pieds vit bientôt le bord inférieur de sa robe s’allonger jusqu'à pendre en bas de la plateforme. Tant que Ton s’opposa à cette opération, qui, certainement, iTétait pas produite par les pieds du médium, la lévitation n’eut pas lieu ; mais, dès qu’il fut permis au bas de la robe d’Eusapia de venir touclier le plancher, on vit se produire une lévitation répétée et évidente qui fut indiquée par une superbe courbe sur le cadran enregistreur des variations de poids.

Une autre fois, nous essayâmes d’obtenir la lévitation du médium^ en le plaçant sur une large

LA LÉVITATIOX

planche à dessin, et celle-ci sur la plateforme de la balance. La planche empêchant le contact de la robe avec le plancher, rexpérience ne réussit pas.

Enfin, le soir du i‘i octobre, on prépara une autre balance en forme de peson, avec une plateforme bien isolée du plancher et distante de celui-ci d’environ So centimètres. Comme on veillait soigneusement à empêcher tout contact fortuit entre la plateforme et le plancher, même par le rebord de la robe d’Eusapia, l’expérience manqua. Pourtant, dans ces conditions, nous crûmes obtenir, le i8 octobre, quelques résultats ; mais l’expérience ne fut pas bien nette.

Nous en concluons que pas une lévitation ne nous a réussi quand le médium était parfaitement isolé du plancher.

Mouvement du levier de la balance à bascule, — Cette expérience fut faite pour le première fois dans la séance du 2i septembre.

Après avoir constaté rinfluencc que le corps du médium exerçait sur la balance, pendant qu’il s’y tenait assis, il était intéressant devoir si cette expérience pouvait réussir à distance. Pour cela la balance fut placée derrière le dos du médium assis à la table, de telle sorte que la plate-forme fût à JO centimètres de sa chaise.

On mit, en premier lieu, le bord de sa robe en contact avec la plate-forme : le levier commença à se mouvoir. Alors M. Brofferio se mit à terre et tint le bord avec la main : il constata qu’il n’était pas du tout tendu, puis il reprit sa place.

Les mouvements continuant avec assez de force, M. Aksakof se mit à terre derrière le médium, isola

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complètement la plate-forme du bord de sa robe, replia celui-ci sous la chaise et s’assura avec la main cpie l’espace était bien libre entre la plate-forme et la chaise, ce qu’il nous fit connaître aussitôt. Pendant qu’il restait dans cette position, le levier continuait k se mouvoir et à battre contre la barre d’arrêt, ce que nous avons tous vu et entendu.

Une seconde fois, la même expérience fut faite dans la séance du 2G septembre, devant le professeur Richet. Quand, après une certaine attente, le mouvement du levier se produisit à la vue de tous, battant contre l’arrêt, M. Richet quitta aussitôt sa place auprès du médium et s’assura, en passant la main en l’air et par terre, entre le médium et la plate-forme, que cet espace était libre de toute communication, de toute ficelle ou artifice.

Enlèvement du médium sur la table. — Nous plaçons parmi les faits les plus importants et les plus significatifs cet enlèvement qui s’est elléctué deux fois, le 23 septembre et le 3 octobre : le médium, qui étais assis à un bout de la table, faisant entendre de grands gémissements, fut soulevé avec sa chaise et placé avec sur la table, assis dans la même position, ayant toujours les mains tenues et accompagnées par ses voisins.

Le soir du 28 septembre le médium, tandis que ses deux mains étaient tenues par MM. Richet et Lombroso, se plaignit de mains qui le saisissaient sous les bras, puis dans un état de transe., il dit d'une voix changée qui lui est ordinaire dans cet état: « Maintenant j’apporte mou médium sur la table » Au bout de deux ou trois secondes, la

chaise, avec le médium qui y était assis, fut, non pas jetée, mais soulevée d’emblée et déposée sur la table, tandis que MM. Richet et Lombroso sont sûrs de n’avoir aidé en rien k cette ascension par leurs propres elforts. Après avoir parlé, toujours en état de transe, le médium annonça sa descente, et, M. Finzi s’étant substitué k M. Lombroso, le médium fut déposé k terre avec autant tout de sûreté et de précision, tandis que MM. Richet et Finzi accompagnaient, sans les aider en rien, les mouvements des mains et du corps et s’interrogeaient k cliaque instant sur la position des mains.

En outre, pendant la descente, tous deux sentirent k plusieurs reprises une main qui les touchait légèrement sur la tétc. Le soir du 3 octobre, le môme phénomène se renouvela dans des circonstances assez analogues, MM. du Prel et Finzi se tenant k côté du médium.

3 °. —Lévitations à \ arsoiHe en iSc )3 et — Eusapia se rendit k Varsovie k la lin de Pannée i 8()3 et y resta le mois de janvier 1894. l'Rle y lut examinée par beaucoup de personnes et il s’éleva k son sujet de très vives polémiques.

Il y eut plusieurs cas de lévitation assez mal décrits dans l’extrait du rapport donné par la Jîeme cVhypnotisme. En voici un bien net.

Une lois, raconte M. Matazewski, je fus témoin du soulèvement du médium en Pair au milieu de la chambre, sans aucun appui. 11 était alors a Pétat de transe et s’élevait graduellement, lentement, et lé-

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gèrement en l’air (tout en restant debout), et retombait ainsi lentement et légèrement sur le plancher. Gela faisait la même impression cpie si quelqu’un soulevait et abaissait le médium. Eusapia resta assez longtemps suspendue en l’air, pour qu'on pût passer librement la main sous ses pieds, pour constater qu’elle ne touchait absolument pas le plancher. La hauteur du soulèvement fut de quelques pouces. Le fait se répéta quatre fois.

INI. Ochorowicz a ainsi parlé de ces lévitations dans VIllustration de Varsovie :

Un autre fait des plus surprenants et des plus rares (obtenu ainsi au Congrès de Milan) fut la lévitation complète de la personne même du médium lequel , tenu toujours par les mains et par les pieds, fut soulevé de terre et porté avec sa chaise^ en état de catalepsie, sur la table.

« Je soulèverai mon médium en l’air », dit Eusapia en français assez correct (langue qu’elle ne connaît pas dans son état normal). Et en réalité elle fut soulevée. Telle fut, du moins, mon impression pendant plusieurs secondes. En passant ma main sous ses bottines, j'ai pu constater qu’entre celles-ci et la table, il y avait une distance de quatre à cinq pouces.

Une autre fois encore, le médium fut brusquement soulevé du sol. 11 était debout et M*”® Ochorowicz eut le temps de passer sa main entre les pieds d’Eusapia et le parquet. La lévitation terminée, le médium, toujours en état demi-conscient, marche vers la table et appuyant ses mains sur la table,

essaye de simuler très grossièrement ou peut-etre de provocpier un nouveau soulèvement en l'air. Cette particularité est à noter, dit M. de Sieniiradzki qui en fut témoin; et c’est à des mouvements automatiques analogues très faciles à distinguer des véritables phénomènes, qu’on doit, dans beaucoup de cas, en attribuer la fraude apparente dont on a souvent accusé Eusapia.

4 ^* — Lévitation à VAgnélas, — Au mois de septembre 1895, Eusapia se rendit en France dans ma maison de campagne, située à TAgnélas, prés de Voiron (Isère), afin d’y être étudiée par une commission composée de MM. Sabatier, doyen de la Faculté des sciences de Montpellier; P-colonel de Rochas, administrateur de l’École polytechnique ; comte Arnaud de Gramont, docteur ès sciences physiques; D' Daricx, docteur en médecine, directeur des Annales des Sciences psychiques ; INIaxwell, substitut du procureur général à Limoges; baron de Wattevillc, licencié CS sciences physiques et en droit.

Il y eut une lévitation dans la séance du 27 septembre. — Le procès-verbal publié par la commission décrit ainsi le phénomène :

10 h. 5 o’. —MM. de Gramont, Sabatier, de Rochas, sont successivement touchés ii la tete, à l’épaule, dans le dos, au bras. A ce moment, M. Dariex, fatigué, quitte la séance.

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M. Maxwel cède sa place, à gauche d’Eusapia, à M. Ed.

Ed.de R. Roclias. M de Graiiiont abandonne sa situation de con- Maxw jambes d’Eusapia et

passe à droite, remplaçant M. Sabatier. M.Ed. de Rochas tient la main gauche d’Eusapia et M. de Gramont la main droite.

Eusapia demande que la table soit éloignée de la fenêtre et portée vers le milieu du salon. Les mains sont eontrolées comme ci-dessus ; les pie.ds d’Eusapia reposent, le droit sur le pied gauche de INI. de Gramont, le gauche, sur le pied droit de M. Ed. de Rochas.

Eusapia dit à plusieurs reprises « Altare, Altare », c’est-à-dire « S’élever, S’élever », pour indiquer qu’elle va s’edbreer de s’élever. Elle fait répéter à MM. de Gramont et Ed. de Rochas, qui tiennent ses deux mains, le mouvement cVacconipagner des mains en l’air, mais sans opérer de traction ou de résistance notable. Au bout de quelques minutes, et dans une obscurité à peu près complète qui permet à grand’peine de distinguer les silhouettes, Eusapia, sans prendre de point d'appui sur les mains des observateurs qui suivent simplement les siennes, ni sur les pieds des mêmes observateurs sur lesquels reposaient les siens, a paru à M. de Gramont, qui tenait sa main droite, être enlevée, assise, d’un mouvement continu assez rapide, non par un bond ou un saut appréciable, mais plutôt comme par un ascenseur. La chaise s'élève avec elle, et les pieds d’Eusapia parviennent à peu près

Gram.

Sab.

ù hauteur de la table. Les observateurs se lèvent en meme temps pour suivre le mouvement. A partir de ce moment, elle échappe au contrôle des deux observateurs, les mains étant lâchées. M. Sabatier, placé à la droite de M. de Graniont, cherche à se rendre compte par le toucher, dans robscurité, si Eusapia, pendant qu’elle s’élève, place un genou sur la table pour lui servir de levier; mais il n’a rien pu constater nettement. MM. de Gramont et Ed. de Rochas aHirment qu’Eusapia a été soulevée avec sa chaise, un peu moins haut que la table, sans opérer de pression sur eux et sans prendre point d’appui sur leurs mains ou leurs pieds.

La surprise amène dans le contrôle une confusion et un relâchement notables ; on constate seulement qu’Eusapia est debout avec sa chaise sur la table. Pille essaie de s’élever encore verticalement ; M. Sabatier passe rapidement la main sous la plante des pieds d’Eusapia et constate que les talons sont relevés au-dessus de la table, mais qu’Eusapia s’appuie sur l’extrémité des pieds et des orteils, comme on le fait lorsqu’on se hausse sur le bout des pieds.

Eusapia s’aft’aisse alors ; ses voisins la reçoivent dans leurs bras et l’asseyent par terre.

Nous devons ajouter qu’une des personnes qui SC trouvaient à proximité de la table s’est évanouie presque complèteiiMînt, non d’émotion, mais de faiblesse, disant qu’elle s’était sentie çider de forces sous l’inlluence dçs ellbrts d’Eusapia.

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H. — Expériences de Rome en i 8 () 3 .

jNI. Palazzi (de Naples) a publié, en décembre i8()3, le récit d'une séance à laquelle il venait d’assister à Rome, chez un peintre, M. Francesco Alégiani, en présence de M. Henri de Siemiradzki, du D‘’Nicola Sautangelo, médecin de Vénosa, des professeurs Ferri et Lorgi, de rUniversité romaine, de M. Hoirmann, directeur de la revue Lux, de M. Giorli et de quelques autres hommes ou femmes; en tout une vingtaine de personnes parmi lesquelles trois médiums, W. l’ingénieur Palmiani et deux jeunes étudiants, MM. Arturo Ruggieri et Alberto Fontana. Ce dernier était le médium le plus puissant.

Quatorze personnes formèrent la cliaine autour de la table éclairée par une lanterne rouge.

M. Fontana était à l’iin des angles; la main droite était tenue par M. Giorli et sa main gauche par le D’ Santangelo, qui se trouvait, par suite de l’angle de la table, sur le bord perpendiculaire à celui qu’occupaient les deux autres.

La table commença par craquer, se soulever partiellement, puis se souleva entièrement à trente centimètres du sol.

On lit alors Tobscurité complète sur la demande de la table par coups frappés.

Après très peu de temps, tout à coup, et sans que rien ne l’eût fait prévoir, les trois personnes ci-dessiis furent soulevées en même temps et portées sur la table^ MM. Fontanadebout, Santangelo à genoux. Cette différence de position pourrait trouver son explication dans l’effort que la force agissante n’avait pu se déployer entièrement sur Santangelo, lequel ne se trouvait pas dans la même ligne que Fontana ; elle avait dû laisser le docteur agenouillé, sans réussir à le mettre debout.

.De quelque manière que ce soit, il faut une force bien puissante pour soulever, d’un seul coup et à la fois, trois personnes dont deux, MM. Giorli et Santangelo, sont très lourdes.

Ce phénomène fut dûment constaté par plusieurs personnes, entr autres Mme Ferri et M. Siemiradzki. Pendant ce temps, le médium était soulevé au-dessus de la table, phénomène constaté et vérifié par la plupart des assistants, non seulement par ceux qui se trouvaient auprès du médium, mais encore par Mme Ferri, M. Siemiradzki et moi qui étions du côté opposé de la table. Nous avons passé plusieurs fois la main à plat au dessous des pieds du médium, entre ses pieds et la table: il était soulevé d’environ dix centimètres.

Comme Pobscurité complète pouvait laisser supposer (pie les deux pieds sous lescjuels on passait la main n’étaient pas ceux du médium, mais cpie l’iin appartenait au médium et l’autre

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à iM. Giorli debout à côte de lui, ou apporta la lumière roupie, ou lit deseeiidre les deux controleurs et ou pria la lorcc agissante, qui se disait un esprit nommé Oscar, de reproduire le phénomène sur le médium resté seul sur la table et toujours tenu par les contrôleurs de droite et de gauche : ce qui fut accepté.

I/obscurité faite à nouveau, le médium se sentit soulever au-dessus de la table. On vérilia alors très nettement qu’il avait été soulevé plus liant encoi’e que la première fois, puisque la plupart des assistants purent passer, sous ses pieds, la main, non plus à plat comme précédemment, mais debout et de côté.

Quand on eut bien constaté la lévitation, le médium redescendit sur la table.

Alors nous demandâmes à l’esprit de le descendre lui-mème de dessus la table, chose qui fut aussitôt faite. Dans le temps que le médium était descendu doucement, il ne cessait de crier que, par pitié, on ne lui lâchât pas les mains.

Peu d’instants après que le médium fut assis sur sa chaise, tout à coup, il lut lancé en long, sous la table, avec une violence telle quil entraîna avec lui M. Giorli et fit presque trébucher le D'’ Santangelo. Le médium etM. Giorli, vinrent avec leurs pieds, frapper les nôtres, et nous étions au bout opposé de la table.

Nous dîmes à M. Giorli de remettre sur pied

M. Fontaiia ; mais, après quelques eftorts, il nous dit que M. Fontana était d’une lourdeur telle qu’il n’avait pu réussir à le faire bouger.

Plusieurs autres personnes essayèrent aussi en vain de soulever le médium.

M. Giorli restait toujours étendu à côté du médium ; nous le fîmes retirer de là et se remettre debout dans la crainte qu’il ne contribuât à rendre lourd M. Fontana. Celui-ci, dans son épouvante éternelle, recommandait à MM. Giorli et Santangelo de ne pas lâcher les mains.

M. Siemiradzki, un homme grand et robuste, voulut alors soulever le médium, mais il ne tarda pas à déclarer que M. Fontana « était cloué au parquet », et qu’il ne réussissait pas à le remuer.

Mme Ferri voulut aussi tenter l’épreuve, mais elle aboutit au même résultat négatif. Le professeur Ferri, qui était assis à mon côté, s’écriait, plein de surprise : « Et pourtant, ma femme est plus forte qu’un homme ».

Nous priâmes enfin l’esprit Oscar de soulever luimême le médium ; en un clin d’œil, il fut remis sur sa chaise.

M. le D" Santangelo m’a confirmé les faits de lévitation, obtenus dans les séances du Set i5 décembre 1893, par une lettre dont j’extrais ce qui suit :

Dans la complète obscurité, tant dans la première que dans la deuxième séance, nous vérifiâmes la lévitation du médium Ruggieri, lequel s’éleva presque à la hauteur d’un mètre au-dessus du niveau

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de la table, comme je m’en assurai moi-même et que je le fis constater, à la première séance, par Possidoni qui était à ma gauche et, à la deuxième séance, par Ferri qui nous avait honorés de sa présence.

Dans le cours de la soirée^ le médium, après avoir été élevé en Pair, fut avec force tiré de dessous la table et obligé de rester immobile, couché sur le dos. Moi, Ferri M et Siemiradzki, nous nous efforcions à le mouvoir au moins d'un centimètre : tout fut inutile, il semblait de plomb et soudé fortement au sol.

Il y a plus encore : dans la deuxième soirée, il se produisit un fait qui m’impressionna beaucoup et qui m’impressionne encore toutes les fois que je le raconte.

Quand le médium M. Ruggieri commençait à s’élever, je le tenais fortement avec la main ; mais, me voyant tiré avec force jusqu’à perdre pied, je me cramponnai à son bras et ainsi je fus éle^é en Vair avec mon compagnon qui était de Vautre côté du médium. Nous étions tous trois élevés en Pair, jiisqiià une hauteur d'au moins trois mètres audessus du plancher, puisque je touchais distinctement avec mes pieds la lampe à suspension qui pendait au centre du plafond.

Dans la rapide descente, la lumière étant faite, je me trouvai agenouillé sur la table, presque en danger de me rompre le cou, sans que cependant rien ne me fût arrivé de désagréable.

Oui, à Rome, moi, moi-même, sans ailes, j’ai volé en Pair, et cela je puis l’attester à la face de Dieu et des hommes. Mais, avant moi, les trois médiums

Ceccchiiii, Uuggicri et l^oella (ureiit aussi soulevés dans l’espace jusqu’à toucher le platbnd.., Et c’était beau d’entendre venir leur voix de si haut, annonçant le phénomène. (Voir Lux, YI® année, 12e hisc.)

Voilà des faits et des faits sérieux ; incroyables, oui, mais cependant dignes de toutes les considérations possibles et imaginables. Quels avantages en auront la chimie, la physique, la physiologie, la psychologie, l’anthropologie, l’éthique, la morale, la politique, la religion, etc., et pourquoi on ne les étudie-t-on pas?.... Ce sont des choses éternellement incompréhensibles.

]\I. Falcomer, professeur au Royal Institut teehui([ue d’Alexandrie, m’a parlé de eette scanee dans une lettre portant la date du 10 novembre 1893.

Dans le cercle de mon ami Ilollmann, à Rome, un médium s’éleva au point de toucher avec la tête le plafond de la salle. Pendant qu’il s’élevait, deux personnes le tenaient, rime par la main droite, l’autre par la main gauche. Mon ami, le clievalier Santangelo, médecin chirurgien, et un autre soulevés par les bras, s’enlevèrent en meme temps que lui.

Dans la meme lettre, jM. Faleoiner me signale une autre lévitation (pii venait d’avoir lieu à Florence et dont l’issue fut si fâcheuse qu’il m’a prié de ne point publier les noms des victimes.

Un médecin, directeur d’une lievue cVhypnotisme, était venu assister à une séance, amenant

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avec lui son parent INI. X..., aussi incrédule que lui. ]\I. X... délia, en termes assez grossiers, la force inconnue de produire quelque chose devant lui. Le médium ne tarda pas à répondre par un argument irrésistible : il souleva jusqu'au plafond de la salle celui qui l’avait défié et le laissa tom^ ber si lourdement qiiil se cassa le bras.

J’espère avoir fait entrer la conviction dans l’esprit de nos lecteurs, par un procédé moins brutal.

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