‹ La libertéChapitre 51 sur 106 · Revue phiï., Janvier · texte numérisé non relu

Revue phiï., Janvier

ment, on ne sait encore rien de la conscience. Dé Tun ^ Tautre pas de passage direct.

Non seulement les faits psychiques se distinguent des faits physiologiques, mais encore ils sont doués d'activité ; bien plus, cette activité fait le fond de notre nature. C'est là une manière de voir qu'il est dijfficile de dégager des premiers ouvrages de Taine, mais qui se révèle clairement dans l'article déjà cité ; et voici par quel chemin il y aboutit. La pensée et le mouvement se manifestent à nous comme irréductibles l'une à l'autre. Mais ce n'est pas à dire qu'ils n'aient un fond commun par lequel ils s'identifient. Nous en jugeons du point de vue sous lequel ils nous apparaissent. Nous en jugeons par la conscience et par les sens. Mais ni la conscience ni les sens n'épuisent leur objet respectif. La réalité déborde toujours la connaissance, qu'il s'agisse du dedans ou du dehors. Il y a un endroit et un envers à tout ce que nous percevons. Par là même, il se peut que les faits psychiques et les faits physiologiques, bien qu'irréductibles pour nous, soient réductibles en eux-mêmes par cette face de leur réalité qui échappe aux prises de notre pensée. Il y a place et place égale a pour deux hypothèses, pour celle de deux événements hétérogènes et pour celle d'un seul et même événement

connu sous deux aspects » : il s'agit de choisir ; mais le choix ne semble pas difficile. On ne peut plus revenir aux hypothèses métaphysiques de Descartes, de Malebranche et de Leibnitz ; car elles n'ont rien que de fantaisiste. En outre, elles reçoivent de l'expérience un dényenti de plus en plus éclatant. Entre les phénomènes de la pensée et les phénomènes physiologiques l'expérience démontre avec une précision toujours croissante une solidarité intime, à la fois constante et universelle. Tout fait psychique a son retentissement dans le système nerveux ; tout fait physiologique réagit plus ou moins sur la pensée. C'est donc la seconde hypothèse qu'il faut admettre ; car elle est la seule qui présente un caractère scientifique : le physique et le mental sont deux aspects d'un seul et même événement.

Mais l'observation peut mener plus loin. Nous saisissons directement les faits psychiques, nous ne percevons qu'indirectement les faits physiologiques. Les faits physiologiques ne sont que des effets d'une cause qui nous échappe : ce sont des signes et indices d'inconnues. Où est la chose signifiée par le mouvement intestin des centimes nerveux? Apparemment, dans ce qui l'accompagne constamment, dans la conscience elle-même.^ Tout

Tavantage est donc pour révènement mental ; lui seul existe, puisque tout le reste n'en est que le signe, «c Pour les sens et l'imagination, la sensa- <( tion, la perception, bref, la pensée n'est qu'une « vibration des cellules cérébrales, une danse de « molécules ; mais la pensée n'est telle quç pour les « sens et l'imagination. En elle-même, elle est autre « chose. Elle ne se définit que par ses propres élé- « rnents, et si elle revêt l'apparence physiologique, (c c'est qu'on la traduit dans un langue étrangère, « où forcémentelle revêt un caractère qui n'est pas a le sien » ^ .

Ainsi, Taine, qui débute par de mordantes ironies à l'adresse des spiritualistes du bon vieux temps, finit par les dépasser en mettant tout dans l'esprit. Il n'a pas même le médiocre avantage 'de son positivisme ; car cet événement mental auquel tout le reste se réduit, ne passe pas avec chacun des phénomènes psycho-physiques qui en émanent ; il reste identique à travers la succession de ses modes. Si ce n'est pas une substance, c'est au moins un sujet, c'est-à-dire une de ses entités qu'il disait avoir reléguées dans le monde des rêves.

Toutefois, n'attendez pas que Taine aille don-

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