L'activité mentale, c. m
HIST. DU PROBLÈME AU XIX® SIÈCLE 17f>
(( trer dans une série de phrases résumant Thistoi- <c re de Tastronomie, mais nous pourrions aussi la « faire entrer dans une étude de la civilisation chaire déenne. De plus, chacun de ces éléments peut ^ dévenir le point de départ d-un nouveau cornet plexus, d*une nouvelle «érie » . Ainsi, les étali^ de conscience sont des buts qui déterminent leurs moyens.
Le propre de la vie mentale, c'est de s'exercer conformément à la finalité. Mais à quoi' tient la finalité? Elle ne tient pas à l'ensemble de l'esprit, mais à chacun des phénomènes qui le constituent* 1® Un fait psychique tend à s'associer et à susciter les éléments qui peuvent s'unir avec lui pour une fin commune. 2^ Un fait psychique tend à empêcher 4e se produire, à empêcher de se déve7 lopper ou à faire disparaître les éléments qui ne sont pas susceptibles de s'unijr à lui pour Une fin commune^ La finalité gît au sein des éléments de l'activité mentale. Une idée nous vient-elle à l'esprit, elle travaille aussitôt à grouper autour d'elle tout ce qui lui est sympathique, à détruire tout ce qui la combat, et le fait dans la mesure de son possible. Ainsi des émotions, ainsi des tendances, et de là plusieurs conséquences du plus vif intérêt..' i^ Lorsque les états de conscience supérieurs, c'est-
à-dire les états intellectuels et volitifs, ne sont pas solidement groupés, la première impressioo qui se produit passe facilement jtisqu'à Tactioa ; car elle ne rencontre pas d'obstacles sur son parcours ou n'en rencontre que de trèsrfaibles, h moins qu'elle ne vienne se heurter à des associations anciennes et profondément enracinées. Et de la une explication des phénomènes hypnotique». 2o Lorsque les états de conscience supérieurs ne sont pas solidement groupés, il se peut qu'une simple impression éveille sans trouble et sans obstacle une série systématisée de phénomènes, qui absorbe en quelque sorte tout le reste et finit par emplir à elle seule le champ de la conscience. De là le rêve, le somnanbulisme, le dédoublement de la personna^ lité, la folie.
L'activité finaliste des phénomènes psychiques n'explique pas seulement les maladies de l'esprit. Elle rend compte aussi de cet état normal de notre être, où nous nous déclarons maîtres de nos opérations : elle rend compte de la liberté.
(n La personnalité consiste essentiellement dans « un ensemble de tendances réunies et associées flt d'après quelques principes généraux, c'est un « système plus ou moins coordonné de tendances, « c'est-à-dire de phénomènes psychiques de toute
ist
« sorte ». Unité de but, stabilité des états qui Convergent vers ce but : tels sont les éléments de là personnalité. Quand le but est élevé et qu'il réussit â se faire un vaste système de grands moyens fortement liés, il en résulte des César, des Michel- Ange ou des Vincent de Paul : on voit apparaître le génie.
La personnalité est un système d^états psychiques. Dès lors, qu'un état nouveau vienne à se montrer : il sollicite en sa faveur le plus de conniyences possibles. Réussit- il à grouper autour de lui la plus grande somme des forces disponibles, il se traduit par une action ou bien une série d'actions. A-t-il le dessous au contraire dans sa lutte pour l'existence, ne \rouve-t-il dans la place qu'un nombre insuffisant d'intelligences, il est étouffé dans le conflit et l'on a un arrêt. C'est vrai des états qui tendent au mouvement, c'est également vrai des états qui ne s'adressent qu'à l'intelligence, c'est-à-dire de la croyance. On vient nous dire, par exemple, que des ossements humains ont été trouvés dans le terrain jurassique, nous refusons notre adhésion a celle nouvelle; elle ne trouve où prendre pied sur le domaine des opinions déjà consolidées dans notre esprit. Mais, si l'on annonce que des silex, ayant une certaine forme, ont été trouvés
dans des terrains pliocènes, cette idée pourra susciter une assez grande quantité d'états favorables pour mériter une place parmi les croyances antérieurement acceptées. Pendant qu'une idée nouvelle, soit de Tordre pratique, soit de Tordre spéculatif, essaie de se frayer sa route, il s'écoule un certain intervalle de temps : ce temps de la lutte, c'est la délibération.
Par conséquent, action voulue, arrêt, croyance, délibération, tous les phénomènes de la liberté s'expliquent par Vidée-fm.
Le même principe nous permet de voir le rapport de la liberté à l'automatisme, a Au début, Ten- <ï fant a de la peine à coordonner pour écrire les n mouvements de ses doigts, ces mouvements se « produisent à tort et à travers, automatique^ <( ment; la volonté n'a pas sur eux l'empire qu'il <^ faudrait. Ces éléments psychiques ont une exis-* « tence trop indépendante et ne sont pas soumis « au pouvoir personnel. A cette période d'anar- « chie succède une période d'organisation: peu « à peu le pouvoir de la volonté devient efficac( ce, l'intervention continue du moi, c'est-à-dire « des tendances, des désirs permanents, régularise « l'activité, coordonne les éléments; puis, à mesure ^ que Torganisation devient plus parfaite, les élé-
« ments psychiques ont une tendance à reprendre <( une certaine indépendance, à revenir, sinon à Face narchie, du moins à la liberté. C'est ainsi que les (( travailleurs unis pour la première fois dans une « œuvre commune tâtonnent, se trompent, ne sac( vent pas se reconnaître, mais une fois qu'un suce périeur les aura placés, installés, aura montré (( à chacun la tâche qu'il avait à faire, ils pourront <( apprendre à se passer de lui et finiront peut-être (( par exécuter leur travail sans ses instructioHs (( d'abord, sans son intervention directe, et plus (( tard sans sa surveillance J),
Ainsi, l'évolution mentale se fait par trois étapes : l'anarchie, le despotisme et la liberté.
Telles sont les principales formes sous lesquelles s'est présenté le déterminisme psychophysiologique. Les uns ont nié 1ê|, nature spécifique des phénomènes conscients ; d'autres l'ont admise, mais pour en faire un simple mirage ; d'autres, enfin, y ont vu de l'activité et même de la finalité. Personne n'y a soupçonné la présence du libre arbitre. Il semble même qu'on se soit évertué à en chasser la notion de partout. Néanmoins, il faut remarquer que les efforts des déterministes physiologiques n'ont pas été stériles, i^ Les recherches, qu'en a faites sur la nature, des phénomènes
psychiques, ont révélé avec une précision surprenante rintime solidarité du physique et du mental ; 2» Taine nous a donné du principe de causalité une analyse qui est un pas en avant, dans ce siècle d'empirisme outré ; 3^ M. Paulhan a mis dans un jour nouveau la finalité des états psychologiques : chacun de ces états s'adapte à un but déterminé, aussi bien que l'œil à la lumière.
On ne s'est pas contenté de défendre le principe du déterminisme psychophysiologique ; on en a fait l'application à la criminologie, qui, comme les autres sciences morales, s'est développée à notre époque avec une précision toute nouvelle. Pour la plupart des anthropologues contemporains, la liberté n'a plus rien à voir dans le crime. Le crime est le résultat d'une déviation congénitale de l'organisme. On est criminel à peu près comme on est myope ou boiteux: on naît criminel.
Les criminalistes, en effet, se sont livrés à de vastes et patientes recherches. lis ont visité les prisons , les bagnes, les colonies de déportation ; ils ont fouillé les archives des tribunaux et des préfectures de police. Quelques-uns d'entre eux, jetés sous les verrous par l'injustice, ont profité de
leur mauvais sort pour observer sur le vif. Or de tous ces travaux, entrepris à la fois dans tous les peuples,oht paru se dégager trois propositions principales : 1^ il y a un type criminel, aussi bien qu'il y a un type européen et un type malais ; 2» ce type est congénital : il tient à l'hérédité ; 3© ce type une fois donné, le crime s'ensuit fatalement, comme un réflexe de son excitation : « L'immoralité de l'action est le miroir parfait de la nature de l'agent ; « le criminel est insusceptible des sentiments qu'il a violés lui-même ».
D'abord, il y a un type criminel, et ce type se reconnaît en premier lieu à certains caractères anatomiques. Le criminel a le front petit, étroit et fuyant, les arcades des sourcils proéminentes, la mâchoire allongée, les cheveux laineux ou crépus ; il manque de barbe. En outre, on remarque très souvent chez lui une longueur excessive des bras et l'ambidextrisme ^ . Ce qu'il y a de plus frappant, c'est que ces anomalies subissent certaines variations, suivant qu'il s'agit du meurtrier ou du voleur. Le meurtrier, dit Lombroso, « a le regard froid, cristallisé, quelquefois l'œil injecté de sang, le nez souvent aquilin ou crochu, toujours volumineux ; les oreilles longues, les mâchoires fortes ;
1. Garofalo, le aHme, 2^ p?irt. , c. i ; — Revue phil., Mars 1887.
les zigomes espacés, les cheveux crépus, abondants, les dents canines très-développées, les lèvres fines, souvent des tics nerveux et des contractions d'un seul côté de la figure, qui ont pour effet de découvrir les dents canines en donnant au visage une expression de menace ou de ricanement ». Chez le voleur la capacité crânienne est moindre que chez le meurtrier. De plus, il présente le plus souvent leg anomalies désignées sous les noms de submicrocéphalie, oxycéphalie et trochocéphalie. En outre, il a le visage et les mains extrêmement mobiles, Tœil petit et vif, les sourcils épais et rapprochés, le nez camus, le front presque toujours petit etfuvant^.
On a également observé chez le criminel des anomalies significatives du crâne. M. Mingazzini, en étudiant 30 crânes criminels, trouve dans 16 pour 100 des cas de métopisme, dans 6 pour 100 la fusion des os du nez, une fois Tos basiotique, dans 20 pour 100 la tératologie complète du crâne. Teuchini et Benedikt ont rcTi arqué chez nombre de criminels la fossette occipitale moyenne, ce qui constir tue un trait certainement atavistique 2. « M« Tarnowscky, dans ses études sur les filles de joie, les
\. L'Uomodelinquente.