I.A LlUEinÉ COMMERCIALE
ImportatioiiK et exportations. (Valeurs en roillioDS de francs.)
Aij«;.Mi;NT.\noN i>i:s pnonriTS FAüRig»;f;s de 18(ïl a 18(17
Augmentation
Augmentation
sur l'imi>orlation.
sur l'exportation.
Verres et cristaux, passent de
Fils de lin, chanvre, pâle
jute.
Fils de coton
Fils de laine
Tis.sus de lin et de chanvre
Tissus de soie et bourre
Tissus de laine
Tissus de coton
Nattes, tresses, chapeaux de paille cl écorce.
Machines et mécaniques
Bâtiments de mer en fer
Outils de toute sorte
Peaux préparées
Exportations. (Accroissement de 1861 à 1867.)
Laines
Vins
Eaux-de-vie
Bestiaux
Œufs
Fromage
Beurre
Fruits de fable
Poisson de mer
Houille.
Houblon
Peaux préparées
Ouvrages de peaux et cuirs
Chapeaux de feutre. .
Horlogerie
Boutons, bimbeloterie, mercerie, tabletterie.
Modes, fleurs artificielles
Meubles
Confections, linge, habillements
Livres, gravures, lithographies
Faïence et poterie
Glaces
Parfumerie
Produits chimiques
20 à 50 (en 1866 à 52) 17 à 58 4 à 6.5 50 à 64 15 à 27 15 à 20
IJF, FlNTÉBftT DES OUVRIEHS
EN l'UÉSENCE F»E LA QUESTION DES DOUANES.
A Monsieur Baudrillart, rédacteur en chef du Constitutionnel.
Paris, 14 mai 1868.
Mon cher confrère,
Dans le débat qui s’agite au sujet de la liberté commerciale, vous avez posé la discussion sur le terrain véritable, celui de l’iiitérèt général. Il ne saurait être question de favoriser telle classe de la société ni telle industrie au détriment des autres; il faut sans cesse avoir en vue l’intérêt de celui que Luther nommait Mcin Herr Omnes (Monseigneur tout le monde), et devant lequel il ôtait respectueusement son bonnet. Les petites habiletés, comme les grandes erreurs, s’effacent à ce contact, et le problème devient d'une solution facile quand, au lieu de rechercher ce qui profite à quelques-uns, on étudie à la lumière des faits bien constatés, ce qui profite à tous.
Je ne veux aborder aujourd’hui qu’un point, point fondamental, dont on ne me semble pas s’être suffisamment occupé jusqu’ici. Quel est l’intérêt de la masse de ceux qui travaillent, en présence du système de douane? La réponse se simplifie singulièrement lorsqu’on sort des généralités, et que, au lieu d’em-
LA LIBKIITÉ OOMMEHCIALE.
ployer des dénominations vagues, élastiques, qui confondent dans une même catégorie des positions fort diverses, on analyse avec soin la manière dont se répartit la population française entre les diverses fractions qui la composent, et qu on étudie la position de chacune de ces fractions en présence de la liberté commerciale.
Commençons par les grandes masses, distinguons, parmi nos 38 millions d’habitants, 19 millions et demi d’agriculteurs, 11 millions qui tirent leur existence de l'industrie, 1,500,000 occupés au commerce, 1 million vivant de professions diverses, près de 2 millions qui se rattachent aux professions libérales, autant auxquels leur revenu fournit les moyens d’existence, 1 million enfin d’individus dont la profession est inconnue ou qui n’exercent aucune profession.
La seule partie de la population dont on puisse exciper sérieusement en faveur de la théorie protectionniste, qui consiste à dire : Il faut réserver le marché national au travail nationaf c’est le groupe industriel.
L’agriculture ne se laisse plus séduire par des artifices de langage; elle sait à merveille qu’elle ne pourrait tirer aucun avantage du régime protecteur; elle a été la première à condamner l’échelle mobile, cette importation anglaise qui date de la Restauration, tandis que le principe fondamental, pratiqué de tout temps en France, a été celui de la libre entrée des céréales.
Le commerce vit de la multiplicité et de la facilité