‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 1 sur 103 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Nous sommes au temps des ligues, sinon de la Ligue, où les doctrines de l'antisémitisme chères aux moines ont paru nous ramener de plusieurs siècles en arrière. Il s'est fait une ligue pour empêcher ce recul. Il s'en est Tait une autre, il est vrai, en sens contraire^ dont Tinspiration ressemblait fort aux intentions des champions de la « patrie française » et de Rome contre Henri IV. Récemment, il vient de s'en créer une troisième dont la composition pourrait faire croire à une simple transformation de la Patrie française et qui pourtant invoque, comme la Ligue des Droits de rhomme, les principes modernes de la Révolution française, la liberté de conscience, l'indépendance de la personne humaine et de la famille : c'est la Ligtie de la Liberté d* Enseignement.

Le titre est séduisant comme a pu l'être d'abord pour de bons Français, trompés par l'apparence,

rétiquette de la « Patrie française ». Et il a séduit de vrais et sincères amis de la liberté. Peu importe, à leurs yeux, le risque de rencontrer dans cette association nouvelle provoquée par la fer* meture d'écoles libres des hommes précédemment obstinés à refuser la liberté à qui n'avait point mérité de la perdre* L'avantage leur a paru singulièrement plus grand d'appuyer la brusque conversion que ces hommes ont été obligés de faire de la raison d'Etat et de la chose jugée, au respect du droit individuel et à l'équité. Quelle occasion, après avoir défendu ces principes contre eux, de les défendre avec eux, et pour leurs amis! Ils n'ont pas résisté à l'espérance de faire ainsi triompher deux fois leur doctrine*

Je ne veux pas être plus sévère, ni demander compte à tous ces nouveaux défenseurs de la liberté et du droit individuels, des motifs ni de la valeur de leur conversion récente et opportune. Ce que je dirais plutôt aux uns et aux autres, c'est que le besoin d'une nouvelle ligue, dans la circonstance, ne m'a pas un seul instant paru se faire sentir. Si la liberté d'enseigner est, comme ils le prétendent ou le croient, le corollaire de

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