PRÉFACE V
la liberté de conscience, si elle est ainsi un des droits imprescriptibles que la Révolution a proclaméSy que la loi ne peut refuser à aucun citoyen, et l'une des bases de notre habeas corpus national, il ;^ufflsait, pour la garantir contre des lois ou on gouvernement injustes, de recourir bien vite et
de s'associer sans réserve à la Ligue des Droits
de Vhomme.
L'appel* que le comité des nouveaux ligueurs vient d'adresser aux Français « de toute opinion », établit qu'à leurs yeux, le < Droit d'enseigner » est une suite nécessaire et une forme du droit de parler, de penser et d'écrire librement. Puisque c'est à la Déclaration des Droits que, selon eux^ nous devons ces libertés, pourquoi encore, au lieu de fonder une association spéciale, ne se sont- ils pas adressés à la Ligue qui, à d'autres
1. « En adressant son premier appel — sans distinction d^opinion religieuse ou politique — à tous ceux qui voient dans la liberté d'enseignement ou, pour parler peut-être avec plus de précision, dans le libre exercice du c Droit d'enseip:ner •», une suite nécessaire et une forme du droit de parler, d'écrire et de penser librement, la « Ligue de la Liberié d'Enseignement » n'a pas entendu se borner à une protestation théorique et générale contre Tesprit de tyrannie dont s'inspire un gouvernement de « Jacobins dégénérés » ; mais elle s'est proposé d'agir, et, pour agir utilement, de limiter son effort actuel à un certain nombre de points expressément déflnis. »
tyrannies sans doute que celle des < Jacobins dégénérés », eut l'honneur d'opposer les principes protecteurs de la personne et de la conscience humaines? Pourquoi? — Par la gêne d'un souvenir pénible, pour avoir autrefois invoqué contre cette Ligue une autre liberté qu'ils définissent fort bien et condamnent aujourd'hui, < celle de se taire, de supporter et d'obéir ». Mais l'aveu de leur erreur ancienne eût doublé la force de leur protestation. — Serait-ce qu'il leur en coûte d'accepter toute la Déclaration des Droits, ou qu'ils préfèrent s'en tenir à îun seul article pour réunir à coup sûr, dans une commune action, libres penseurs et catholiques? On pourrait le croire à la définition qu'ils donnent de la liberté de conscience : il n'y manque qu'un mot, mais le mot essentiel, celui que la Constituante eut tant de peine à obtenir des catholiques et que l'Église a depuis rayé, la liberté des croyances, ce principe fondamental qui fait tous les Français égaux devant la loi et libres de leur foi comme de leurs opinions. Si c'est un oubli, il m'étonne.
En vérité, entre les citoyens qui revendiquent pour la société moderne et pour la République les