‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 20 sur 103 · MonUeur,20 octobre 1795 (t. XIII, p · texte numérisé non relu

MonUeur,20 octobre 1795 (t. XIII, p

toire : tant ces deux systèmes également fondés sur la liberté ne pouvaient s'établir que par la ruine de l'un des deux !

S'ils proclamaient la liberté d'ailleurs, ces thermidoriens et particulièrement Lakanal, inspiré par Siéyès, constituaient alors avec les éléments qu'ils troavaient dans les décrets antérieurs des Comités de la Convention un vaste enseignement d'État : écoles élémentaires subventionnées par l^tat, proportionnelles au chiffre des habitants ; écoles normales destinées à leur fournir des maîtres que devaient instruire des professeurs appelés de tous les points de la France à l'École normale supérieure pour se former eux-mêmes auprès des premiers savants; écoles centrales dans chaque département avec des laboratoires, des bibhothèques et des archives ; tout cela, non plus à rétat de projet, mais de réalités qui ont vécu et sous celte forme ou d'autres ont duré.

Mais toujours, à l'épreuve, la même difficulté apparaissait, d'un État à qui on demandait tout, en ne lui donnant pour sa peine que des concurrents: « Si vous ouvrez des écoles particulières, avait dit au moment du vote le conventionnel Châles, il peut en résulter que les écoles publiques seront désertes. » — « C'est une institution, à côté

d'une institution », répétait Duhem*. On ne les écouta pas d'abord ; mais TÉtat se lassa très vite, et le législateur, avant la fin de la Convention, avait supprimé les écoles normales supérieures et secondes, laissé au département le soin d'ouvrir des écoles, à la charge des familles les trois quarts du salaire de l'instituteur, et par un calcul inverse, mais analogue à celui des hommes de l'an II, restreint aux écoles secondaires le budget de l'instruction publique.

Ainsi, c'est toujours la même faillite, à travers toute la Révolution, au devoir que la nation lui avait prescrit.

La Convention s'est attachée à ce devoir sans relâche : le nombre des projets d'instruction qu'elle a tour à tour formés, discutés, écartés, au milieu de tant d'autres besognes plus lourdes, demeure en témoignage de sa grande et sincère bonne volonté. Beaucoup de ces projets, depuis celui de Lanthenas^ tout au début, qui provoquait en décen^bre 1792 les discours de Ducos, de Leclerc, de Masuyer^ jusqu'au rapport de Romme qui les conclut*, selon les vues de

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