‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 19 sur 103 · opinion cilée précédemment, p. 50, noie · texte numérisé non relu

opinion cilée précédemment, p. 50, noie

2. Décret relatif aux Ecoles primaires. [Recueil des Lois et Décrets, t. V, p. 399.)

3. 25 octobre 179 1. Décret sur Torganisation de rinstruction publique. [Ibid. VI, p. 2fc5.)

54 LA LIBERTÉ d'eNSBIQNEMBNT

saires, installés d6 nouveau au Comité d'instruction présidé par Lakanal, qui travailla sans relâche à fonder des écoles primaires, à leur recruter, au moyen d'écoles normales supérieures et secondes, des maîtres (décret du 27 brumaire an III)y puis à constituer des maisons secondaires, les écoles centrales (7 ventôse an III), triomphant avec Daunou enân au moment où la Convention se sépara.

\ Tous ces décrets, de nouveau, proclamèrent la liberté d'enseignement. Décidément, à la fin de la Convention, cette liberté s'inscrivait dans la loi française. On s'étonnerait que des lois formulées par la C( nvention à deux époques si différentes, avant et après thermidor, fussent l'une et l'autre des lois de liberté, si l'on ne savait, par la contradiction absolue des systèmes de Mirabeau et de Condorcet, que ce même mot, au temps de la Révolution, a pu servir d'enseigne à des régimes très difierents et même contraires. Ce fut le cas, par rapport au décret de l'an II, des décrets de l'an III et de l'an IV, vraiment et foncièrement libéraux, les seuls que, de la Révolution, les libéraux de notre temps pourraient invoquer. Le décret de Lakanal, du 27 brumaire an III, disait à l'article 15 : t La loi ne peut

LA RÉVOLUTION FBJLliÇklSI^ l LBS LOIS 55

porter aucuno atteinte aux droits qa'ont les citoyens d'ouvrir des écoles particulières et libres, sous la surveillance des autorités particulières. » — « Il ne laut pas entraver la liberté des pères de famille », ajoutèrent Lakanal et son collègue Glauzel, dans la discussion qui fut très vive*. Daunou enfin, rapporteur de la loi du 27 vendémiaire an IV, réglée sur l'article 300 de la Constitution de Tan III, résumera les principes, formulera la doctrine avec une netteté et dans un ensemble parfaits : « Nous nous sommes dit : liberté d'éducation domestique, liberté des établissements particuliers d'instruction. Nous avons ajouté : liberté des méthodes*.»

Cette fois, la liberté d'enseignement formulée comme un droit naturel, pour les maîtres, les familles, conséquence nécessaire de la liberté de conscience, vint vraiment remplacer par une simple surveillance des pouvoirs publics le droit de l'État à enseigner ses doctrines. Et, sur la ruine du régime proposé à la Constituante, adopté par la Convention en l'an II, le régime proposé à la Législative s'établit avec le Direc-

Page 1